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2007-11-06
Droit et Santé

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PREMIERE MEDICALE EN FRANCE: GREFFE DU VISAGE  - Droit et Santé
PREMIERE MEDICALE EN FRANCE: GREFFE DU VISAGE

La première chirurgicale réalisée par une équipe du CHU d’Amiens en collaboration avec l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon (à l’initiative des greffes de mains) est au cœur d’une polémique. Fallait-il ou non autoriser une pareille intervention ? Une allogreffe, technique qui vise à prélever un organe ou un tissu sur un donneur et à le greffer sur un receveur est-elle licite ? Toutes les conditions préalables ont-elles été respectées ? Sur ces questions, il a été largement question d’éthique dans la presse. En droit, une seconde question doit être posée qui a trait à l’exploitation des photographies de la jeune opérée.

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§ I : Le droit de greffer un visage

La première allogreffe partielle de la face (triangle nez-lèvres-menton) a été réalisée le 27 novembre 2005 sur une femme de 38 ans, défigurée par une morsure de chien il y a six mois. Cette opération se justifiait à la fois pour des raisons esthétiques évidentes mais aussi médicales. En effet, ses blessures étaient extrêmement difficiles, voire impossibles à réparer par les procédés de reconstruction traditionnels. Or la patiente souffrait de lésions invalidantes au niveau de l’élocution et de la mastication.

Cette intervention suscite deux débats. D’une part, il faut se demander si les équipes pouvaient valablement agir, tout en réfléchissant à la licéité de la greffe du visage, d’autre part, mesurer les risques encourus par la patiente.

A- Le cadre légal de l’intervention

Les recherches biomédicales sur les personnes vivantes sont interdites en France depuis 1988 (loi Huriet-Sérusclat), date depuis laquelle il ne peut plus y avoir de cobayes humains destinés à la science pour ses recherches en médecine et en biologie.
En revanche, le corps médical œuvre constamment contre la souffrance et la mort. Face à la douleur de leur patiente, les médecins ont tenté cette opération pour lui venir en aide, non pour donner dans le spectaculaire. Il se trouve qu’une telle intervention n’avait jamais été réalisée, mais la patiente n’en est pas devenue cobaye pour autant. En effet, la technique utilisée est empruntée à d’autres prouesses médicales, notamment pour des greffes de main, de larynx, de langue, de paroi abdominale, autant de greffes dites composites, c'est-à-dire comprenant plusieurs tissus dont la peau, les vaisseaux, les muscles, les nerfs... Dès lors, il ne s’agissait en aucune façon d’une recherche mais d’une lutte contre le destin et contre la douleur physique et morale de se retrouver défiguré.

S’agissant très exactement de greffes ...

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Article écrit le 2007-11-06 par Isabelle Corpart, maitre de conférences à l'UHA, membre du Cerdacc
Source: http://www.jac.cerdacc.uha.fr/jac - Copyright: Cerdacc - La reproduction ou l'utilisation sous quelque forme que ce soit de nos articles ou informations est autorisée sous réserve de faire figurer leur origine.Accéder à la source


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