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2010-02-25
Actualité médicale

Tags: Chikungunya -  maladie - 
Chikungunya : du nouveau sur la maladie - Actualité médicale
Chikungunya : du nouveau sur la maladie

Des chercheurs du CEA(1), de l'Université Paris-Sud 11, de l'INRA(2) et de l'Ecole nationale vétérinaire de Nantes-Oniris, avec la collaboration de partenaires de l'IRD, du CNRS, et des universités de la Méditerranée et de Paris Descartes, viennent de décrypter certains mécanismes de la pathologie du Chikungunya(3) grâce à un modèle animal particulièrement représentatif de ce qui se passe chez l'Homme. Les chercheurs ont montré pour la première fois que les macrophages(4) sont le siège de la conservation du virus dans l'organisme, suggérant leur rôle dans la persistance des symptômes observés plusieurs mois après la phase aiguë de l'infection. Ces travaux, publiés online par la revue Journal of Clinical Investigation, ouvrent des pistes pour le développement de thérapies, aussi bien préventives que curatives, pour cette pathologie qui représente un véritable enjeu de santé publique.

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Entre 2005 et 2006, près de 300 000 cas de Chikungunya ont été recensés sur l'Ile de la Réunion, ce qui correspond à 38 % de la population. Près de 2 200 patients ont dû être hospitalisés et 250 sont décédés. À ce jour, il n'existe aucun vaccin ou traitement spécifique de l'infection chez l'Homme. L'émergence récente, ou la réémergence, du virus responsable du Chikungunya en Inde et dans les îles de l'Océan Indien, rend urgente la nécessité de mieux comprendre cette maladie afin de trouver ensuite les moyens de la prévenir.

Comprendre les mécanismes de mise en place de la maladie (pathogénèse) est particulièrement difficile chez l'Homme. D'une part parce qu'il est impossible d'obtenir des échantillons biologiques pertinents, comme les tissus profonds (foie, rate…) dans lesquels le virus se réplique et, d'autre part, du fait de la multiplicité des antécédents médicaux et des maladies chroniques des patients. En effet, les cas les plus sévères de Chikungunya sont plus fréquents chez des patients âgés et fragilisés par d'autres pathologies préexistantes (cardiaques, rénales et hépatiques…). Comment alors trouver le virus dans l'organisme, caractériser ses interactions avec les cellules de l'hôte dans leur contexte tissulaire, comprendre les mécanismes de défense que l'individu met naturellement en place et discriminer les atteintes dues spécifiquement au virus de celles déjà existantes liées à d'autres pathologies? Quelques éléments de réponse sont apportés par des modèles de l'infection développés chez les rongeurs. Ces modèles, qui font appel à des animaux soit nouveaux nés, soit adultes mais dépourvus de défenses naturelles du fait de modifications génétiques, ne sont que très partiellement représentatifs de ce qui se passe chez l'Homme. De plus, ils sont généralement inappropriés pour tester un vaccin ou un traitement.

Forts de leur expérience sur la pathogénèse du Sida, les chercheurs ont développé un modèle ...

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Article écrit le 2010-02-25 par Journal of Clinical Investigation - CNRS
Source: Journal of Clinical Investigation - CNRS Accéder à la source

Mots clés: Chikungunya maladie


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En savoir plus

Notes :
1) Service d'immuno virologie de l'Institut des maladies émergentes et thérapies innovantes (iMETI), Direction des sciences du vivant du CEA, Fontenay-aux-Roses.

2) UMR 703 INRA /Ecole nationale Vétérinaire, Agroalimentaire et de l'Alimentation Nantes Atlantique - Oniris

3) Chikungunya : maladie infectieuse tropicale, due à un alphavirus (noté CHIKV, pour Chikungunya virus) transmis par des moustiques du genre Aedes.

4) Macrophages : cellules du système immunitaire.

Références :
Chikungunya disease in nonhuman primates due to long-term viral persistence in macrophages. K. Labadie, T. Larcher, C. Joubert, A. Mannioui, B. Delache, P. Brochard, L. Guigand, L. Dubreil, P. Lebon, B. Verrier, X. de Lamballerie, A. Suhrbier, Y. Cherel, R. Le Grand, and P. Roques. Journal of Clinical Investigation, online, 2010.