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2011-03-07
Actualité médicale

Tags: ADN -  protéines cellulaires - 
De puissants mutateurs de l'ADN humain identifiés - Actualité médicale
De puissants mutateurs de l'ADN humain identifiés

Des chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS et de l’Inserm ont démontré qu’une protéine cellulaire connue pour son activité antivirale, APOBEC3A, peut également avoir une activité mutagène sur l’ADN de cellules humaines. Cette découverte laisse penser que cette protéine joue un rôle dans la dégradation de l’ADN cellulaire qui survient en cas d’apoptose, la mort programmée de la cellule, et dans la genèse des cancers.

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Des chercheurs de l’unité de Rétrovirologie moléculaire de
l’Institut Pasteur et du CNRS, et leurs collaborateurs de l’Inserm
ont mis en évidence un nouveau rôle pour l’APOBEC3A, une
protéine chargée de bloquer la réplication virale en cas
d’infection. Les équipes ont montré que cette protéine peut
induire des mutations de l’ADN de sa propre cellule.

Les protéines cellulaires APOBEC3 sont connues pour leur
activité antivirale. Ces protéines bloquent la réplication des
virus en provoquant de nombreuses mutations, « mitraillant »
ainsi le génome viral. Elles exercent cette action
principalement sur les virus du SIDA, de l’hépatite B et les papillomavirus.

Les chercheurs ont montré que sous certaines conditions cellulaires, APOBEC3A dirige son
activité mutagène contre l’ADN nucléaire et mitochondrial de sa propre cellule. Sachant
que l’ADN mitochondrial est impliqué de façon directe dans l’apoptose, la mort
programmée de la cellule, la mise en évidence de cette nouvelle cible pour APOBEC3A
permet de l’impliquer dans ce phénomène.

De plus, des analyses plus approfondies avaient déjà montré que les mutations observées le
plus fréquemment dans les cellules cancéreuses portent la même signature que celles
effectuées par l’APOBEC3A sur l’ADN nucléaire. Ceci indique l’implication éventuelle de
cette protéine dans les mécanismes liés à la genèse des cancers.

Ces travaux pourraient ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques pour la mise au point
de molécules capables de bloquer ce puissant mutateur de l’ADN humain.

Article écrit le 2011-03-07 par Institut Pasteur
Source: Institut Pasteur Accéder à la source

Mots clés: ADN protéines cellulaires


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En savoir plus

Somatic hypermutation of human mitochondrial and nuclear DNA by APOBEC3 cytidine
deaminases, a pathway for DNA catabolism, PNAS en ligne.

Rodolphe Suspène a, 1, Marie-Ming Aynaud a,1, Denise Guétard a, Michel Henry a, Grace Eckhoff a,
Agnès Marchio b, Pascal Pineau b, Anne Dejean b, Jean-Pierre Vartanian a, and Simon Wain-Hobson a
(a) Institut Pasteur, unité de Rétrovirologie moléculaire, Centre national de recherche scientifique URA
3015, 75724 Paris cedex 15, France
(b) Institut Pasteur, unité de recherche Organisation nucléaire et oncogenèse, Institut national de la
santé et de la recherche médicale U993, 75724 Paris cedex 15, France
1 Ces deux auteurs ont contribué de façon équivalente à cette étude.




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