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Alors que la plupart des victimes attendent l’ouverture devant le tribunal correctionnel de Nanterre du premier procès pénal de l’affaire du Médiator®, le 14 mai prochain, le Journal du dimanche révèle que les laboratoires Servier auraient bien testé sur l’homme les propriétés anorexigènes de leur antidiabétique. Des documents retrouvés lors de la perquisition, qui a eu lieu au siège du groupe, le confirmeraient.
Selon l’édition du 1er avril du Journal du dimanche, les perquisitions menées au siège du groupe pharmaceutique auraient été particulièrement fructueuses. En effet, les enquêteurs auraient trouvé la preuve que les laboratoires Servier auraient bien testé sur l’être humain l’effet anorexigènes du Médiator®, malgré leurs dénégations lorsque que le scandale sanitaire à éclater, il y a plus d’un an. Trois rapports médicaux, qui auraient été rédigés entre 1968 et 1973, font référence à un certain nombre d’essais cliniques qui auraient inclus au total 64 personnes obèses.
Les extraits publiés dans l’hebdomadaire ne laissent pas place aux doutes. Ainsi, dès 1968, un premier papier établit que « grâce à cet anorexique » utilisé en « cures d'amaigrissement », on obtient « 62,5 % d'excellents résultats ».Par ailleurs, dans un document daté de septembre 1971, on apprend que « le 780 SE, nom de code donné au principe actif du Médiator®, peut être considéré comme un anorexique des plus satisfaisants et mérite d'être retenu comme adjuvant des plus précieux dans le traitement de l'obésité. » Dans un autre rapport, les experts des laboratoires Servier estimaient que « l'introduction de ce produit nous paraît un progrès certain dans la thérapeutique de l'obésité. »
Dans un communiqué, le groupe Servier a aussitôt démenti la version de l’hebdomadaire. Les différents documents dont fait état le Journal du dimanche n’ont jamais été dissimulés à la justice. Bien au contraire, ils ont été présentés comme faisant parti des différentes analyses qui ne permettaient pas de conclure que le Médiator® pouvait être un anorexigène chez l’homme.
Qui croire ? C’est maintenant à la justice de démêler cet imbroglio sanitaire. Utilisé par plus de 5 millions de français, le Médiator® serait responsable de 500 à 2 000 décès.
Article écrit le 2012-04-02 par Olivier Frégaville-Arcas - Information hospitalière
Source: Le Journal du dimancheAccéder à la source