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Précis d'anatomie

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Articulation scapulo-humérale

Cette articulation, qui met en présence la tête humérale et la cavité glénoïde de la scapula, est une sphéroïde.

SURFACES ARTICULAIRES (fig. 120, 121)

1° Tête humérale. — Elle représente les deux-cinquièmes d’une sphère de 30 millimètres de rayon, qui serait un peu plus étendue dans le sens vertical que dans le sens sagittal. Le col anatomique la limite en dedans. Lorsque le bras est pendant le long du corps, elle regarde en dedans, en haut et un peu en arrière. L’axe de la tête forme ainsi avec l’axe diaphysaire un angle de 130° ouvert en dedans et en bas. Son revêtement cartilagineux va jusqu’au col anatomique, où il est limité par une ligne régulière, sauf en avant, au-dessus du tubercule mineur, où elle est échancrée : la fossette supra-tuberculaire.

2° Cavité glénoïdale. — De forme ovalaire à grosse extrémité inférieure, avec l’échancrure glénoïdale de son bord antérieur, elle est portée par le pilier que constitue le bord latéral de la scapula, dont la sépare le col de la scapula. Elle regarde en dehors, en haut et un peu en avant. Elle est faiblement excavée, même sur l’os sec, un petit tubercule relève son centre,
mais il est nivelé par la couche cartilagineuse plus mince à son niveau. Elle est plus petite que la tête humérale et insuffisamment creuse. Aussi faut-il pour la compléter le labrum glénoïdal.

3° Labrum glénoïdal. — C’est un fibro-cartilage, triangulaire à la coupe, enroulé autour de la cavité glénoïdale. Il adhère au pourtour de celle-ci par sa base. Cette adhérence est forte, surtout dans sa demi-circonférence inférieure. Au pôle supérieur de la glène, en effet, il n’adhère guère que par son bord périphérique, et il passe même en pont devant l’échancrure
glénoïdale. De ses deux autres faces, l’une, interne, concave, recouverte de cartilage, continue la surface articulaire qu’elle évase tout en l’approfondissant ; l’autre, externe, donne insertion à la capsule.

Ce labrum est formé de fibres propres, circulaires, et d’autre part de nombreuses fibres provenant en haut du tendon du long biceps, en bas du tendon du long triceps, fibres qui se séparent respectivement en deux faisceaux pénétrant la partie antérieure et la partie postérieure du labrum.

CAPSULE

Elle constitue un manchon fibreux très étendu, car, lorsque le vide intra-articulaire est supprimé, on peut écarter les deux surfaces articulaires l’une de l’autre de plus de 2 centimètres. Sur l’humérus, son insertion se fait en haut tout près du col anatomique, en bas à une certaine distance, qui est maximale sur le bord inférieur du col. Là, si les fibres superficielles de la capsule s’insèrent à 1 centimètre de la surface cartilagineuse, les fibres profondes se réfléchissent contre l’os pour remonter jusqu’au cartilage. Ce sont les freins capsulaires ; nous verrons qu’ils guident en quelque sorte la synoviale en ces points. Sur la scapula, son insertion se fait : et à la face latérale du labrum, et, au-delà, au bord de la cavité glénoïdale ; en haut, elle remonte jusqu’au processus coracoïde en contournant le tendon du biceps. En bas, elle fusionne à l’insertion tricipitale.

LIGAMENTS (fig. 122, 123)

Ce manchon capsulaire est renforcé par des formations de deux ordres des ligaments propres et des tendons musculaires. Au-dessous de ceux-ci, la capsule est mince ; en certains points, nous la verrons même perforée.

A. LIGAMENTS PROPRES. — On distingue encore parmi eux : d’une part, un ligament facile à disséquer, placé en haut de l’articulation, le ligament coraco-huméral, d’autre part, trois ligaments gléno-huméraux, simples épaississements capsulaires, qui ne sont visibles qu’en étudiant la capsule par transparence.

1° Ligament coraco-huméral. — C’est une lame fibreuse résistante qui part de tout le bord latéral du processus coracoïde, donc à distance de la capsule articulaire, et qui se porte en dehors, un peu descendante. Elle bifurque en deux faisceaux allant s’insérer l’un au tubercule majeur, l’autre au tubercule mineur. Ces faisceaux adhèrent à la capsule.

Entre eux passe le tendon de la longue portion du biceps. Et il existe des fibres transversales, assez clairsemées, allant en pont d’un faisceau à l’autre, au-dessus du tendon, et se continuant plus bas d’une lèvre à l’autre de la coulisse bicipitale, c’est le ligament huméral transverse.

À son autre extrémité, sous le processus coracoïde, il s’adjoint au ligament coraco-huméral un trousseau de fibres qui, de la coracoïde, vont au pôle supérieur de la glène en arrondissant la base du processus, c’est le ligament coraco-glénoïdal.

2° Ligaments gléno-huméraux. — Ils sont supérieur, moyen et inférieur.

a) Le ligament gléno-huméral supérieur va du pôle supérieur de la glène et de la partie adjacente du labrum au pôle supérieur du tubercule mineur, où il rejoint le faisceau inférieur du ligament coraco-huméral, et à la fossette supra-tuberculaire.

b) Le ligament gléno-huméral moyen va du pourtour de la glène et du labrum, auxquels il se fixe immédiatement en avant du précédent, au pôle inférieur du tubercule mineur.

c) Le ligament gléno-huméral inférieur va du pourtour de la glène et du labrum, où ses origines s’étendent de l’échancrure glénoïdale au pôle inférieur, jusqu’à l’humérus, auquel il se fixe au-dessous et à partir de la terminaison du faisceau précédent. Ce ligament renforce donc la partie antéro-inférieure de la capsule, c’est le plus résistant des trois.

d) Au contraire, toute la face postérieure de la capsule est mince, et est renforcée par l’adhérence des trois muscles du tubercule majeur. Cette adhérence est intime pour le tendon supra-épineux, moyenne pour le tendon infra-épineux, faible pour le petit rond. Ces trois muscles sont de vrais ligaments actifs postérieurs de l’articulation.

SYNOVIALE (fig. 124)

C’est un manchon séreux qui double le manchon fibreux, et se réfléchit à ses deux extrémités pour rejoindre le revêtement cartilagineux. Ces réflexions sont surtout étendues au pôle inférieur du col huméral, et là les freins capsulaires guident la réflexion synoviale. Cette synoviale présente trois particularités

a) Elle engaine complètement la portion intracapsulaire du tendon du biceps, qui reste donc extra-articulaire (il n’est pas au contact du liquide synovial).

b) Par le foramen de Weitbrecht, elle touche à la face postérieure du sub-scapulaire.

c) Elle communique avec un certain nombre de bourses séreuses adjacentes.

Constamment : 1. avec la bourse du sub-scapulaire placée entre la capsule et la partie supérieure du tendon de ce muscle ; 2. avec la bourse séreuse du biceps qui entoure le tendon dans la coulisse bicipitale. Fréquemment : 3. avec la bourse séreuse sub-deltoïdienne ; 4. avec la bourse sous-coracoïdienne placée entre ce processus et le bord supérieur du subscapulaire.
Rarement avec : 5. la bourse de l’infra-épineux. Toutes ces communications sont intéressantes, car elles expliquent les extensions possibles des arthrites scapulo-humérales.

Quant aux bourses séreuses annexées aux tendons du grand pectoral, du grand dorsal et du grand rond, elles n’ont que des rapports indirects avec l’articulation.

RAPPORTS (fig. 125)

Indépendamment du manchon périarticulaire que constituent les muscles tuberculaires, nous voulons seulement signaler, à ce propos, la voûte coraco-acromiale et le deltoïde. Le sommet de l’acromion est en effet uni à tout le bord latéral du processus coracoïde par un ligament coraco-acromial très résistant, triangulaire à sommet acromial. De son bord latéral
part une lame aponévrotique qui tapisse la face profonde du deltoïde, et se continue en avant avec le fascia clavi-pectoral. Entre elle et les muscles péri-articulaires s’interpose la grande bourse séreuse sub-deltoïdienne et sous-coraco-acromiale.

Ainsi acromion, ligament coraco-acromial et processus coracoïde forment une voûte qui protège l’articulation et sert de repère en clinique ; on sait que, normalement, la tête humérale est au-dessous des trois quarts antérieurs de l’acromion, et que sous le quart postérieur il y a une dépressibilité sous-acromiale normale.

En dedans, par l’intermédiaire du tendon du sub-scapulaire, l’articulation répond au paquet vasculo-nerveux du creux de l’aisselle. La tête humérale luxée peut venir en léser les divers éléments. Enfin, en remontant par la palpation sous le sub-scapulaire, on peut explorer la partie interne de l’articulation.

Cartilages épiphysaires. — Le cartilage de conjugaison de l’extrémité supérieure de l’humérus commence en dehors, extra-capsulaire, et finit au contraire en dedans à l’intérieur de la capsule. Ses décollements sont donc mixtes, à la fois extra et intra-capsulaires.

ANATOMIE FONCTIONNELLE

Tête humérale et cavité glénoïde sont maintenues en présence par le vide intra-articulaire, la tonicité des muscles péri-articulaires et par la capsule et ses ligaments. Comme toute énarthrose, cette articulation est susceptible d’un nombre de mouvements extrêmement divers. En pratique, on distingue :

– des mouvements de projection du bras en avant et en arrière (ou encore mouvements de flexion et d’extension) qui sont limités à un angle de 50° par la tension des ligaments ;

– des mouvements d’adduction, faibles, puisque limités par le contact du bras et du thorax ;

– des mouvements d’abduction, qui amènent le bras jusqu’à l’horizontale, mais pas plus loin, le tubercule majeur butant contre le pôle supérieur de la glène ;

– des mouvements de rotation en dehors et en dedans, exécutés autour de l’axe longitudinal de l’humérus, mais vite arrêtés par l’enroulement des parties antérieure ou postérieure de la capsule ;

– des mouvements de circumduction, combinaison des précédents.

Tous ces mouvements se font dans la scapulo-humérale seule, ce dont on doit s’assurer en immobilisant l’angle inférieur de la scapula. Au-delà – et ceci concerne les mouvements de projection du bras en avant et en arrière, mais surtout, fait capital, l’abduction et l’élévation du bras – s’ajoutent les mouvements de la ceinture scapulaire par rapport au thorax. La scapula glisse alors par l’intermédiaire du tissu cellulaire qui sépare la face antérieure du dentelé antérieur du gril costal ; et la clavicule joue dans l’articulation sterno-costo-claviculaire comme nous l’avons étudié plus haut. Donc, en pratique, se souvenir qu’on porte le bras dans l’attitude horizontale, la scapula étant fixée, grâce à la scapulo-humérale ; mais audelà,
la scapula suivant fatalement, on élève davantage le bras grâce à la sterno-costo-claviculaire.



© Grégoire & Oberlin - Précis d’anatomie - 11e édition - Editions EMInter
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