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Précis d'anatomie

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ARCHITECTURE DU TRONC CÉRÉBRAL

Zone de transition entre la moelle spinale, bien métamérisée, et les hémisphères (avec le diencéphale), le tronc cérébral subit une série de modifications qui tiennent essentiellement d’une part à des changements de position (ou mieux de côté) des grandes voies de conduction nerveuses, tant sensitives que motrices, d’où décapitations des cornes de la substance grise, d’autre part à la fragmentation des colonnes grises isolées par le mécanisme de la décapitation, ensuite à la dilatation et à l’étalement du canal central de la moelle spinale devenu 4e ventricule à hauteur de la moelle allongée et du pont. Enfin un certain nombre de formations sont propres aux différents segments du tronc cérébral.

1° L’étalement du canal central de la moelle spinale entraîne le déjettement en dehors des cornes postérieures (sensitives) de la substance grise, qui se trouvent ainsi en dehors des cornes antérieures (motrices).

2° Les cornes antérieures sont décapitées dans la moelle allongée, par l’entrecroisement des tractus pyramidaux (moteurs) (voir p. 63).

3° Les fibres des faisceaux (sensitifs) gracile et cunéiforme s’arrêtent dans les noyaux du même nom, au niveau de la moelle allongée. Le noyau cunéiforme est doublé en dehors par le noyau cunéiforme accessoire.

De ces noyaux partent des fibres qui s’entrecroisent sur la ligne médiane en avant du canal central et constituent le lemniscus médial (voir p. 57) qui monte ensuite à travers pont et pédoncule vers l’hémisphère cérébral.

4° Il existe dans la moelle allongée des noyaux gris propres à ce segment de l’axe cérébro-spinal : l’olive (qui produit la saillie du même nom sur la face latérale de la moelle allongée) avec les noyaux olivaires accessoires médial et latéral.

5° Dans le pont on trouve de même le noyau dorsal du corps trapézoïde.

6° Les faisceaux qui traversent le pont, tractus pyramidal, lemniscus médial, tractus spinothalamiques (voir p. 56), sont dissociés par le passage de nombreuses fibres transversales nées dans de petits noyaux de substance grise, les noyaux du pont. Ces fibres transversales s’incurvent en dehors et en arrière pour pénétrer dans les pédoncules cérébelleux moyens.
7° Le tractus spino-cérébelleux postérieur, direct, est passé dans le cervelet, le tractus spinocérébelleux antérieur, croisé, ira contourner le pédoncule cérébelleux supérieur (voir p. 57).

8° Arrivé au mésencéphale, pour étudier son architecture, il faudra mener une ligne transversale passant par l’aqueduc du mésencéphale : en avant d’elle, c’est la région des pédoncules cérébraux ; en arrière, la région des colliculus.

Dans la région du mésencéphale, on est frappé par la présence d’un croissant noirâtre, à concavité postéro-interne, le locus niger. Il va du sillon latéral au sillon d’émergence du nerf oculo-moteur. Ce locus niger subdivise la région pédonculaire en une partie antérieure, ou crus du cerveau, qu’occupent les faisceaux moteurs et une partie postérieure appelée parfois
calotte, occupée par les faisceaux sensitifs.

Dans la partie haute de la calotte, on observe une masse ronde de substance grise dite le noyau rouge. Au contraire dans la partie basse de l’isthme, une coupe montrera à la face antérieure entre les pédoncules, au sommet de la substance perforée postérieure, le noyau interpédonculaire.

9° Enfin, c’est à différentes hauteurs du tronc cérébral que nous allons trouver les origines réelles des dix dernières paires de nerfs crâniens. Pour bien comprendre ces origines, il faut connaître les données suivantes.

a) On classe les nerfs en moteurs purs, sensitifs purs et mixtes. En allant de bas en haut, on rencontre :

– comme nerfs moteurs purs : le nerf hypoglosse, nerf moteur de la langue ; le nerf abducens, le nerf trochléaire et le nerf oculo-moteur, c’est-à-dire les trois nerfs moteurs du bulbe de l’oeil ;
– comme nerfs mixtes : le nerf accessoire, les nerfs vague et glosso-pharyngien, c’est-à-dire les trois nerfs du foramen jugulaire ; les nerfs facial et trijumeau, c’est-à-dire les deux nerfs de la face ;
– comme nerf sensitif pur : le nerf vestibulo-cochléaire.

b) Remarquer l’analogie entre eux et les nerfs spinaux : ceux-ci, mixtes, naissent par deux racines, l’une motrice venue de la corne antérieure, l’autre sensitive allant à la corne postérieure de la moelle ; il en sera de même pour les nerfs crâniens mixtes qui naîtront de deux colonnes cellulaires prolongeant dans l’encéphale les cornes spinales.

c) Dans la corne antérieure, il y a deux groupes cellulaires, l’un antéro-interne, l’autre antéro-externe. Les nerfs crâniens purement moteurs naîtront d’une colonne cellulaire continuant le groupe antéro-interne de la moelle ; de la colonne antéro-externe naîtront les racines motrices des nerfs mixtes. Quant au nerf sensitif pur, c’est-à-dire le nerf vestibulocochléaire,
il naît de façon semblable d’une colonne continuant le groupe cellulaire interne de la corne postérieure.

Or si l’on se souvient d’un double remaniement subi par la moelle allongée : d’une part, la décapitation des cornes par la décussation pyramidale, d’autre part, l’éversement en dehors des zones postérieures spinales par suite de la formation du 4e ventricule, on comprendra aisément qu’au lieu des cornes de substance grise unies par leur base on trouve des colonnes isolées, et que les colonnes sensitives soient en dehors des colonnes motrices, la colonne postéro-interne étant reportée en dehors de la colonne primitivement postéro-externe.

Cela établi, voici comment se superposent les noyaux d’origine des nerfs crâniens (fig. 74) :

La colonne cellulaire antéro-interne, adjacente au canal central, est fragmentée en quatre noyaux ou groupes de noyaux.

– au niveau de la moelle allongée, le noyau de l’hypoglosse ;
– au niveau du pont, le noyau de l’abducens ;
– au niveau du mésencéphale : à hauteur des colliculus inférieurs, le noyau du nerf trochléaire ; à hauteur des colliculus supérieurs, les noyaux du nerf oculo-moteur.

La colonne cellulaire antéro-externe comprend de même :

– au niveau de la moelle allongée, une haute colonne donnant naissance aux fibres motrices des trois nerfs du foramen jugulaire, c’est le noyau ambigu des nerfs (de bas en haut) accessoire, vague et glosso-pharyngien ;
– au niveau du pont, le noyau d’origine du nerf facial moteur, puis ceux du nerf trijumeau moteur, dont la série se prolonge jusque dans l’isthme du rhombencéphale.

La colonne cellulaire postéro-externe est subdivisée en deux colonnes secondaires répondant à la moelle allongée :

– le noyau du tractus solitaire représentant la terminaison des fibres sensitives du nerf vague, du nerf glosso-pharyngien et du nerf facial ;
– le noyau sensitif principal du nerf trijumeau, situé un peu en dehors du précédent et remontant en haut jusque dans le pont.

La colonne cellulaire postéro-interne est formée uniquement des noyaux terminaux du nerf vestibulo-cochléaire, lesquels répondent à la moelle allongée. 10° En dehors des grandes voies ascendantes et descendantes qui le traversent, le tronc cérébral présente des voies longitudinales qui lui sont propres, destinées à relier entre eux les divers noyaux disséminés à son intérieur. Leur ensemble constitue le faisceau longitudinal médial.

11° Enfin, les grands faisceaux ascendants ou descendants contenus dans le pédoncule cérébral arrivent au-dessous du diencéphale. Grosso modo une partie des fibres ascendantes s’arrête au thalamus, les fibres descendantes, motrices, passent entre les noyaux basaux pour aller aux hémisphères (fig. 36).


© Grégoire & Oberlin - Précis d’anatomie - 11e édition - Editions EMInter
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