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2006-09-20
Dictionnaire médical

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Pédopsychiatrie

La pédopsychiatrie est une branche particulière de la psychiatrie s'appliquant aux êtres humains de 0 à 20 ans (environ).

Comme la psychiatrie, c'est une discipline de frontières (médecine, psychologie, pégagogie). Mais en outre elle concerne des êtres en développement et en devenir, ce qui rend délicat l'appréciation de la pertinence des tableaux cliniques qui peuvent si vite se modifier. Comme la psychiatrie, elle se trouve, comme branche de la médecine, dans l'obligation de ne pouvoir faire l'impasse sur l'existence, scientifiquement problématique, de l'esprit, de la psyché.

Comme la psychiatrie, elle est tiraillée entre une vision privilégiant ce qu'on appelle le « hardware » (génétique, neuroanatomie et neurophysiologie, neuropsychologie, neurosciences ...) et une autre mettant l'accent sur le « software » (processus d'apprentissage, processus psychologiques, psychanalyse des enfants ; psychanalyse des adolescents ). C'est donc une discipline impossible, d'autant qu'elle s'adresse à l'enfant (ou l'adolescent), son objet apparent, mais également aux parents, ainsi qu'à l'entourage social, dont l'école, de l'enfant.

La pédopsychiatrie, ou psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (aussi appelée Adopsychiatrie) est marquée elle aussi par la tentative « moderne » destabilisante d'imposer de manière hégémonique une conception classificatoire descriptive par « troubles » (troubles obsessifs complusifs, hyperactivité et déficit d'attention...) au détriment d'un classement par type d'organisation des processus mentaux (organisation psychotique, névrotique ...), reflet de la domination idéologique actuelle.

La pédopsychiatrie prend son essor, en France, autour de l'école de la Salpétrière, entre les deux guerres mondiales, sous l'impulsion de Georges Heuyer qui s'émancipe à la fois des modèles psychiatriques centrés sur l'Asile, et de la pédagogie. Elle a bénéficié, dans les années 1960-1980, de l'apport de la psychanalyse, puis dans les années 1990-2000 de la primauté des visions centrées sur le trouble et sur l'abord neuro-scientifique.

La pédopsychiatrie interroge aussi rudement les modèles idéologiques. Il manque un ancrage clair et une voie simple de cause à effet entre les anomalies génétiques, anatomiques et physiologiques, et leur traduction en terme de troubles ou de conduites : c'est l'absence de la corrélation anatomo-clinique (mise en perspective des maladies et affections avec les modifications des organes, des tissus) propre à la médecine. Les correlations entre comportements et/ou troubles et imagerie cérébrale ne doivent pas abuser : ce qui se manifeste en trouble grave se manifeste également en anomalies ou particularités du fonctionnement cérébral. L'un est le décalque de l'autre, et n'apporte au fond aucune infirmation ou confirmation quelconque à une hylpothèse. Le psychisme niche dans le cerveau, ses troubles également, rien n'est immatériel si ce n'est peut-être la question du sens des symptômes et du vécu subjectif.

La pédopsychiatrie est une discipline où la parti pris idéologique est souvent au premier plan. Les classifications mêmes, censées être objectives, traduisent souvent ce parti pris de leurs auteurs. C'est que la discipline ne peut exister sans la constitution d'une modélisation de la pathologie pédo-psychiatrique. Le terme modélisation étant compris au sens des modélisations économiques ou météorologique, c’est-à-dire l'essai de saisir l'évolution de systèmes complexes d'interactions entre des forces élémentaires pourtant parfaitement repérables (monnaie, échanges,prix, quantité pour l'économie, pressions, masses d'air et de vapeur d'eau par exemple pour la météorologie) à l'aide parfois de la création d'objets abstraits mais qui, en tout cas, rendent possibles des modèles explicatifs. Cette modélisation (théories psychiatriques) est certes idéologique, mais elle est un outil indispensable. L'absence affichée d'une telle modélisation (système objectif ou athéorique...) est hautement suspecte. La clef de la modélisation gît dans la classification proposée, d'où les polémiques actuelles. L'appellation par exemple de « troubles obsessifs-compulsifs » en lieu et place de celui « d'obsessions » voire de « névrose obsessionnelle », loin d'être sans impact, oriente implicitement les choses. Ce qui compte dans les « T.O.C » ce sont justement les manifestations visibles, surtout quand elles sont envahissantes et gênantes. Le but du médecin est de les faire cesser. Le critère d'amélioration, voire de guérison sera la diminution, voire la disparition des troubles, le plus rapidement possible. Si l'on évoque une « névrose obsessionnelle », on postulera que les manifestations sont le reflet d'une certaine organisation de la psyché, possédant des causes et une articulation psychique interne. Le but du traitement sera la modification, même lente ou incomplète, de cette organisation psycho-pathologique. Le critère d'amélioration sera la modification de l'organisation, même si la sédation des troubles est un élément important.

Si la classification française actuelle (Classification Française des Troubles Mentaux de l'Enfant et de l'Adolescent) est d'inspiration psychanalytique, la Classification Internationale des Maladies, et la classification américaine (DSM IV) sont l'écho d'une vision par « trouble » existant par eux mêmes, à l'exception notable des troubles envahissants du développement, qui sont détachés en tant qu'entité clinique, alors que les tableaux observés sont assez disparates.

Dans tous les cas, c'est l'abord clinique qui constitue la richesse de la pédopsychiatrie. Abord clinique dont le principal est l'observation, l'écoute et le dialogue avec les jeunes patients et leurs familles.

Les traitements pédopsychiatriques sont essentiellement psychothérapeutique et adaptatifs (conditions de vie, relations familiales, insertion scolaire), plus rarement chimiothérapiques. Mais on connaît le succès de la promotion des amphétaminiques dans l'hyperactivité, ainsi que des antidepresseurs dans les états dépressifs.

Les principales affections que la pédopsychiatrie rencontre sont très variées. Elles vont des problèmes temporaires et/ou d'intensité modérées (troubles de l'alimentation, du sommeil, énurésie, encoprésie, angoisses, tristesse), à des tableaux très serieux : troubles envahissants de développement, tel l'autisme, troubles psychiques graves, telle l'inhibition, l'agitation, l'opposition, les troubles graves du comportement, en particulier à l'école. On aura garde d'omettre la déficience intellectuelle et ses multiples causes qui, bien souvent domine ou agrémente les tableaux cliniques observés. Dans tous les cas, il s'agit de troubles survenant dans l'évolution de l'enfant, et se modificant avec celle ci.



Mis à jour le 2006-09-20
Source: © Copyright InformationHospitaliere.com - Source: InformationHospitaliere.com - wikipedia.org


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