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2006-09-20
Dictionnaire médical

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Syphilis (MST)

La syphilis, vérole ou mal napolitain est une maladie infectieuse et contagieuse, vénérienne, due au tréponème pâle (Treponema pallidum), bactérie spirochète, identifiée par Fritz Schaudinn et Erich Hoffman à Berlin en 1905 et se manifestant par un chancre initial et par des atteintes viscérales et nerveuses tardives, certaines manifestations survenant plusieurs années après.

Histoire

Les origines de la syphilis ne sont pas connues. Pendant longtemps la théorie qui a prévalue était que la maladie avait été apportée du Nouveau Monde dans l'Ancien à l'occasion du premier voyage de Christophe Colomb. Cette théorie semble aujourd'hui remise en question.

Pour l'anecdote, certains pensent que les conquistadors l'ont ramenée du nouveau monde en l'attrapant avec les femmes indigènes. La légende voudrait qu'elles l'attrapèrent par leurs époux bergers, qui allaient vivre seuls plusieurs semaines en montagne... Sachant que le colon de lama est connu pour être un endroit où le germe de la syphilis semble naturellement se plaire. Difficile à croire.

Hippocrate semble avoir fait la description de la forme tertiaire de la maladie. Des recherches archéologiques semblent indiquer que la maladie était présente dans la ville grecque de Metaponto en Italie au VIe siècle av. J.-C. De plus, la découverte à Pompéi de dents présentant des cannelures, déformations caractéristiques d'enfants infectés durant la grossesse par leur mère atteinte de la maladie, paraît confirmer cette antériorité.

Cependant, la preuve la plus marquante de la présence de la syphilis dans l'Europe médiévale a été trouvée lors des fouilles du monastère augustinien datant du XIIIe siècle et XIVe siècle dans le port de Kingston-upon-Hull au nord-est de l'Angleterre.

À cette époque, Kingston-upon-Hull était le deuxième port le plus important d'Angleterre après Londres et une ville portuaire à vocation internationale. Son monastère, comme beaucoup d'autres, fut détruit sur ordre d'Henri VIII en 1539, suite à la réforme anglicane.

Les deux tiers des squelettes mis à jour au cours des fouilles présentent des déformations osseuses typiques du troisième stade de la maladie. On découvre ces marques caractéristiques en particulier sur les squelettes inhumés au plus près de l'autel, ce qui signifie que les riches donateurs du monastère, les membres de la classe privilégiée de Kingston-upon-Hull, étaient parmi les personnes touchées par la maladie. La datation au carbone confirme que ces squelettes ont été enterrés pendant la période active du monastère, ce qui s'accorde difficilement avec la théorie américaine<1>.

Avant ces découvertes récentes, on considérait que la syphilis avait fait son apparition en 1494 à Naples et qu'elle y avait été apportée par des marins espagnols de l'équipage de Christophe Colomb qui participaient à une campagne militaire de Charles VIII. Selon les pays, elle est appelée « mal de Naples », « mal des Anglais », « mal des Français ». Personne ne veut en revendiquer la paternité. Elle n'épargne pas leurs royales altesses François Ier et Charles Quint.

Le nom de syphilis est utilisé pour la première fois par Girolamo Fracastoro en 1530 dans son œuvre « Syphilis sive de morbo gallico » où il décrit la maladie.

Ce n'est qu'au XIXe siècle que l'affection sera reconnue cliniquement et bien définie dans sa symptomatologie. Avant 1870, rien du contenu des écrits médicaux ne donne une image angoissante de la syphilis. Elle pose un grave problème de santé publique associée à la propagation vénérienne habituelle. Les traitements à base de mercure sont largement diffusés mais les médecins ont souvent des difficultés à convaincre leurs patients de traiter cette maladie peu spectaculaire. Le mercure, remède pluricentenaire et l'iodure de potassium semblaient capables à eux deux de régler toutes les situations. En fait, le mercure tuait autant que la syphilis elle-même. La syphilis était une maladie grave (mortelle), qui se transmet facilement mais qui se guérit facilement (quelques injections d'antibiotique). Elle est actuellement en recrudescence en France et dans la plupart des pays. Elle peut être associée à l'infection par le VIH. Comme pour le VIH, le préservatif ou la connaissance du statut sérologique de son partenaire stable sont les meilleurs moyens de s'en protéger.

Epidémiologie

La syphilis est en recrudescence en France depuis les années 2000 . Une enquête, coordonnée par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), fait état d’une augmentation préoccupante du nombre de cas de syphilis. Dans ce contexte, le Ministère délégué à la santé a décidé de mettre en place une stratégie de prévention sous forme d'actions de communication et d'actions ciblées vers les populations à risque. En France, la séroprévalence de la syphilis chez l'adulte était faible (0,28% en 1994) et est restée stable depuis le début des années 90, jusqu'en 2000. Elle augmente depuis quelques années dans les grandes villes des États-Unis. En 1995, on aurait dénombré quelques 12 millions de nouveaux cas de syphilis dans la population adulte mondiale, et le plus grand nombre en Asie du Sud et du Sud-Est, suivie par l'Afrique subsaharienne (Chiffre OMS).

Transmission, stades et traitement de la maladie

La syphilis se transmet par des rapports sexuels non protégés (vaginal, anal et bucco génital), par voie sanguine (transfusion ou rarement usage de matériel souillé) et pendant la grossesse, de la mère à l'enfant.

Syphilis primaire

Elle n'a pas toujours de signes apparents, et lorsqu'ils existent, ils n'apparaissent en général que 3 semaines après la contamination. Il s'agit d'une lésion caractéristique des muqueuses appelée le chancre d'inoculation (petite plaie rosée, creuse, atone, à fond induré, et indolore) : il correspond au point d'entrée de la bactérie. Cette ulcération généralement unique, se retrouve au niveau du fourreau de la verge, sur le gland, dans l'urètre (invisible), au niveau du col cervical, du vagin, de la vulve. D'autres localisations sont possibles, anus, amygdale, lèvres, langue...etc. Cette lésion s'accompagne d'une adénopathie importante, entouré de plusieurs autres plus petites dans la région de drainage lymphatique du chancre. (Préfet de l'aine est le qualificatif pour le plus gros ganglion de l'aine). Ces adénophathies sont légèrement inflammatoires et indolores.

Attention, chez la femme, la lésion peut être intra-vaginale et donc ne pas se voir.

Les lésions syphilitiques sont toutes extrêmement contagieuses. Le prélèvement à la recherche de la bactérie en est donc facilité.

Syphilis secondaire

Elle s'accompagne d'éruptions multiples sur la peau et/ou sur les muqueuses sans démangeaison (petites taches rose pâle sur la peau et rouge sur les muqueuses du gland, de l'anus, de la gorge, de la langue, des lèvres). Ces lésions peuvent se voir sur les paumes et la plante des pieds , ce qui est assez rare pour une éruption dermatologique. Les signes visibles peuvent disparaître même sans traitement, mais la syphilis reste présente dans l'organisme et transmissible.

Syphilis latente

Il s’agit de la persistance du tréponème dans certains sites (œil, cerveau, aorte…). C’est une période asymptomatique qui est souvent décelée à l'occasion d'un examen sérologique de routine (prénuptial, prénatal, d'embauche…).

Syphilis tertiaire

Elle s'aggrave sérieusement sans traitement par des atteintes cardio-vasculaires, nerveuses (en particulier céphalées intenses et dysarthrie ), articulaires. Des épisodes parétiques transitoires sont caractéristiques ( aphasie, hémiplégie, hémiparésie etc...) Elle augmente également sérieusement le risque de transmission du VIH et elle se complique chez les personnes séropositives par une évolution plus rapide et des complications neurologiques plus fréquentes. La syphilis neurologique commence donc dès la phase tertiaire.

Syphilis quaternaire

Sans traitement, de 8% à 10% des personnes atteintes éprouvent des troubles neurologiques importants dix à vingt ans après le début de la maladie (voir Neurosyphilis). Un quart des patients non traités sont victime d'une méningo-encéphalite (Syphilis cerebrospinalis) qui aboutit à la démence (avec quelquefois une augmentation transitoire des capacités mentales et cognitives des individus contaminés). Des changements extraordinaires dans la sensibilité ou le psychisme ont été décrits au cours de cette phase, mais ils ne sont pas systématiques. L'augmentation excessive de la libido et différentes sortes d'hallucinations ont été rapportées. Les malades peuvent aussi présenter une ataxie locomotrice, dite tabes syphilitique par destruction progressive des racines postérieures ou une dégénérescence des cordons postérieurs de la moelle épinière qui s'accompagne de douleurs invalidantes avec dysfonctionnements et de pertes de contrôle de la vessie et des intestins. L'évolution se fait vers la paralysie générale. Par ailleurs des troubles de la circulation ou des dommages au squelette sont fréquents. Dans les pays occidentaux ce n'est que rarement que nous observons une telle évolution car les antibiotiques permettent une thérapie suffisante.

Moins souvent, la syphilis peut atteindre le cœur et les gros vaisseaux (Aorte par exemple) entraînant une insuffisance cardiaque qui peut être mortelle. Les atteintes ostéo articulaires avec des dommages au squelette sont fréquents avec fractures spontanées et maux perforants plantaires.

Syphilis congénitale

Touchant les enfants pendant le 2ème et 3ème trimestre de la grossesse, si la mère présente une
syphilis primaire ou secondaire. elle peut être fulminante et entraîner la mort du nouveau-né ou se transformer en syphilis latente et entraîner des malformation acquise congénitalement et après la naissance.

Méthodes diagnostiques

- Examen direct au microscope sur fond noir : Tréponème facilement identifiable
- Dépistage par une prise de sang (sérologies syphilitiques)

Il faut faire diagnostiquer ses partenaires et se faire tester pour les autres Maladies sexuellement transmissibles qui ne sont pas symptomatiques telles que le virus du SIDA, des hépatites B et C et de Chlamydiae trachomatis. La syphilis est une maladie à déclaration obligatoire (nominale si le patient refuse de se traiter).

Quels sont les traitements les plus courants ?

C’est la Pénicilline parentérale qui représente le traitement de choix de la Syphilis à tous ses stades. Cependant pour la syphilis précoce (primo-secondaire), l’OMS conseille ce protocole : injection en intra musculaire de benzathine pénicilline (extencilline), en cas d’allergie les cyclines peuvent être justifiées sauf pour les enfants et les femmes enceintes. Pour la syphilis tardive, l'extencilline est recommandée, il est à noter que les cyclines ou l’érythromycine peuvent se substituer à elles en cas d’allergie. Pour une neurosyphilis, syphilis chez un immunodéprimé (SIDA) la pénicilline G en intraveineuse est recommandée. En cas de diagnostique de syphilis, il est important que le ou les partenaires du patient (comtemporain(s) ou ancien(s)) soient pris en charge par un médecin pour qu'un dépistage soient fait et qu'ils soient traités s'ils sont positifs.

Mis à jour le 2006-09-20
Source: © Copyright InformationHospitaliere.com - Source: InformationHospitaliere.com - wikipedia.org


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