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2006-09-20
Dictionnaire médical

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Scarlatine

La scarlatine ou fièvre écarlate est une maladie infectieuse due à une bactérie : le streptocoque du groupe A. Elle est toxinique, c'est-à-dire que les streptocoques secrètent des toxines dites érythrogènes encore appelées exotoxines pyrogènes : A, B, C, D. Ces toxines sont immunogènes. Elles sont responsables d'une vasodilatation, associée à un œdème dermique et à un infiltrat lymphocytaire. Les formes bénignes de scarlatine sont associées aux toxines B et C alors que les rares formes plus virulentes sont associées à la toxine A. Son nom de scarlatine est dû à la coloration rouge-lilas caractéristique de la peau que confère cette affection, provoquée par des toxines érythrogènes secrétées par les streptocoques.

Histoire

Au XVIIIe siècle la scarlatine fut souvent confondue avec la diphtérie ou la chaude pisse de par la présence d'angine et la fréquence saisonnière identique des deux maladies. De nombreuses épidémies particulièrement virulentes sévirent de 1838 à 1870 et en firent la maladie infantile la plus redoutée. Ce n’est qu’au début du XXe siècle que l’hypothèse de l’origine streptococcique de la scarlatine, H. Bergé (1893), précédant les travaux de G. F. Dick en 1924, ont définitivement démontré le rôle du streptocoque hémolytique localisé dans la gorge (angine), qui sécrète une toxine dite érythrogène qui diffuse et atteint le système nerveux végétatif (éruption, éventuellement complications et syndrome malin).

Épidémiologie

Devenue rare en France, la scarlatine touche surtout les enfants de 5 à 10 ans, par petites épidémies scolaires pendant l'hiver. Elle est rare chez les enfants de moins de 2 ans en raison de la présence d’anticorps maternel dirigés contre les exotoxines pyrogènes et du manque de sensibilisation antérieure. A 10 ans, 80% des enfants ont développé des anticorps contre ces exotoxines, qui les protégeront tout au long de leur vie. Ainsi la scarlatine est possible chez l'adulte, mais très rare.

Contamination

L’infection survient surtout en période froide et se fait à partir d'un enfant atteint d'angine ou de scarlatine due au streptocoque, par voie aérienne («postillons»). L'éruption elle-même n'est pas contagieuse. L'incubation de la maladie est courte, de l'ordre de 2 à 5 jours. Les malades sont contaminants avant le début des symptômes, ce qui fait que des épidémies puissent se développer malgré l'isolement des malades.

Symptômes

On retrouve :

- une fièvre élevée (jusqu'à 40°C),
- des douleurs du pharynx ressemblant à une angine,
- des douleurs abdominales,
- des vomissements,
- une tachycardie,
- un possible phymosis,
- une tachycardie supra ventriculaire,
- des démences pré-séniles avant 5 ans
- exanthème : c'est une coloration rouge uniforme de la peau, qui commence au thorax et à la racine des membres, puis s'étend progressivement à tout le corps (sauf plante des pieds et paume des mains). Prédominant au niveau des plis de flexion (genou, coude, aine) et pouvant entraîner des démangeaisons,
- énanthème : c'est une coloration rouge des muqueuses, constante et caractéristique (il associe une langue épaisse et rouge à ressemblant à une framboise, une gorge rouge, des adénopathies cervicales).

Il est à noter que les formes atténuées sont fréquentes. La fièvre est moins importante. L'éruption est plus rose que rouge, souvent localisée aux plis de flexion. Par contre l'aspect de la gorge et de la langue reste souvent caractéristique.

Examen

L’examen de la gorge retrouve une angine rouge associée à des ganglions sous l’angle de la mâchoire. Blanche au début, la langue devient progressivement rouge. La palpation du pouls retrouve une augmentation de la fréquence cardiaque. L’examen de l’exanthème retrouve une peau chaude, sèche et rugueuse. Les examens biologiques ne montrent pas d’éléments spécifiques en faveur de l’infection. Par exemple le prélèvement de gorge, effectué avant toute antibiothérapie, retrouve le streptocoque mais sa présence n'est ni indispensable au diagnostic, ni suffisante (il existe des porteurs sains).

Diagnostic - detecter et confimer la maladie

Le diagnostic est essentiellement clinique (contexte épidémique, aspect caractéristique et constant de l’énanthème). Les signes de la maladie sont suffisants pour évoquer la scarlatine, aucun examen biologique n'est utile (sauf en cas de forme atypique). Il ne faut pas confondre la scarlatine avec d’autres infections bactériennes de la peau, notamment celles liées aux staphylocoques ou encore avec des infections virales responsables de manifestations cutanées : rubéole, mononucléose infectieuse. Dans tous les cas, l’énanthème caractéristique oriente le médecin vers le diagnostique de scarlatine.

Évolution

Les signes généraux (douleurs, fièvre) disparaissent en une semaine, alors que l'exanthème peut durer un mois. Il se termine avec une desquamation de la peau en grands lambeaux très significative. Les complications sont rares depuis la découverte des antibiotiques :

- Complications locales : adénite cervicale (infection des ganglions lymphatiques du cou), otite (infection de l’oreille), rhinite, sinusite,

- Complications précoces : elles sont liées à la diffusion de la toxine et touchent surtout le rein, les articulations,

- Complications tardives : elles sont représentées essentiellement par le rhumatisme articulaire aigu (infection de plusieurs articulations, risque d’atteinte cardiaque grave).

Quels sont les traitements les plus courants ?

Il est absolument indispensable afin d’éviter la survenue de complications potentiellement graves. Il repose sur une antibiothérapie anti-streptococcique. La durée du traitement est de 10 jours et doit être absolument respectée :

- pénicilline V par voie orale ou benzathine-pénicilline par voie intramusculaire (en cas de risque de mauvais suivi du traitement),

- En cas d’allergie à la pénicilline, le médecin peut prescrire des macrolides,

- Repos au lit et isolement pendant 15 jours (éviction scolaire),

- Une alimentation molle et non agressive est souvent nécessaire pour le confort du patient.

Le médecin s’attache tout particulièrement à surveiller le cœur, les articulations et les urines du sujet infecté 15 jours après l’infection, en raison du risque de complications graves. Chez les sujets en contact avec le malade, le médecin instaurera un traitement par pénicilline V ou macrolide pendant une semaine. Il n'existe pas de vaccin contre la scarlatine, mais une fois qu’on a eu la maladie, on demeure immunisé pour la vie.

Mis à jour le 2006-09-20
Source: © Copyright InformationHospitaliere.com - Source: InformationHospitaliere.com - wikipedia.org


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