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2006-09-20
Dictionnaire médical

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Transfert (psychanalyse)

Le transfert est un phénomène découvert par Sigmund Freud au cours de son travail sur l'hystérie avec Joseph Breuer. Il en a fait le pilier de la science qu'il a fondée alors, la psychanalyse.

Il s'agit dans la cure psychanalytique de la projection, par l'analysé, du contenu de l'inconscient sur la personne du psychanalyste qui lui apparaît alors dotée de qualités bien différentes de sa réalité. C'est par l'analyse de ces projections que le processus analytique va aboutir, au fil du temps, à une prise de conscience progressive des problématiques auxquelles l'analysant est confronté.

Le transfert selon Freud

Contrairement à ce que l'on pense généralement, la notion de transfert n'a pas été inventée par Freud mais reprise par lui à des chercheurs qui tentaient d'expliciter ce qui se passait dans l'apprentissage, qu'il s'agisse d'une tâche à reproduire ou d'un contenu théorique à intégrer. En définissant cette notion de transfert, les physiologistes E.H. Weber (1834) puis R. Kleinpaul (1884) ont mis en évidence l'importance de la notion de représentation dans cet effort d'apprentissage.

Le transfert sera repensé comme névrose particulière à la cure psychanalytique : la névrose de transfert.

Un processus habituel dans les relations humaines

En transposant la notion de transfert dans la cure psychanalytique, Freud cherche d'abord dans les Études sur l'hystérie à comprendre ce qui résiste chez les patients dans la cure analytique, c'est à dire ce qui empêche le patient d'atteindre le but qu'il s'était fixé en venant consulter.

Freud rappelle d'abord que le transfert qu'il décèle dans la cure psychanalytique n'est qu'une exacerbation de phénomènes que l'on rencontre souvent dans la vie courante : «La faculté de concentrer l'énergie libidineuse sur des personnes doit être reconnue à tout homme normal. La tendance au transfert que nous avons rencontré dans les névroses (…) ne constitue qu'une exagération extraordinaire de cette faculté générale.» (Introduction à la psychanalyse). Mais dans le dispositif établi entre le psychanalyste et le patient, cette capacité générale au transfert prend un tour particulier : elle tend à se focaliser sur la personne du psychanalyste. Ceci s'explique notamment par l'attente de guérison qui a motivé la cure. Le patient plaçant ses espoirs dans le psychanalyste se trouve placé comme en position infantile à l'égard de celui-ci. Cette analogie avec la situation première du sujet, quand celui-ci dépendait de l'amour de ses parents pour survivre va déclencher une série d'associations, de résistances tout en constituant un moteur qui va faciliter le dénouement des symptômes.

Transfert et répétition

Le transfert n'est pourtant pas une pure répétition de la situation parentale. Au contraire, la demande de cure est, déjà, une prise de conscience explicite ou implicite, que quelque chose se répète dans la vie du sujet. La demande de cure est donc un premier coup d'arrêt à cette répétition vécue comme subie jusqu'alors. À partir de l'entrée en cure les symptômes, même répétés, sont interrogés et examinés d'une autre façon, ils ne sont plus pures répétitions mais variations d'un même problème, d'une même matrice intervenant dans la vie du sujet. En effet, dans la cure, les symptômes sont parlés, racontés, il sont l'objet d'un effort d'élucidation qui leur donne un autre statut, ils sont représentés, élaborés et perlaborés.

Transfert et amour

Il en est de même de l'amour de transfert. Ce qui motive le patient c'est l'amour de la vérité nous dit Freud. Le transfert n'est qu'un moyen d'y parvenir — et parfois un obstacle. C'est en effet dans le cadre de ce transfert que vont se réveiller chez le névrosé les dimensions non résolues de la situation œdipienne. Mais là encore, il ne saurait s'agir d'une pure répétition car c'est au psychanalyste qu'a affaire le patient. Dans la mesure où le désir de l'analyste reste énigmatique le rapport identificatoire qui avait été d'abord établi peut se dissoudre et le risque de dépendance qu'a pu craindre (et parfois désirer) le sujet peut être dépassé.

Jung et le transfert

S'il est bien un point sur lequel Carl Gustav Jung n'a jamais contesté l'apport de Freud, c'est sur l'importance capitale du transfert dans le processus analytique. Cependant l'approche que Jung fait du transfert est significativement différente de celle de son aîné sur au moins deux points :

- Déjà, pour Jung, le transfert ne se réduit pas à la névrose de transfert décrite par Freud. Il ne s'agit pas, pour Jung, d'un phénomène pathologique qu'il s'agirait de réduire par l'analyse, mais d'un phénomène naturel dans la relation entre deux êtres humains, phénomène qui résulte du déploiement des dynamiques archétypiques entre deux personnes.

- Ensuite Jung ne considère pas que le transfert puisse être simplement appréhendé comme étant un mouvement à sens unique, de l'analysant vers l'analyste, mais bien plutôt comme un mouvement à double sens, qui implique tout autant la personnalité de l'analyste que celle de son patient. Ainsi la distinction freudienne entre transfert et contre-transfert n'a pas, dans la pensée jungienne, la même place que dans la pensée freudienne. Les jungiens réserveront ce terme à ce qui, de l'analyste, participe aux résistances, c'est-à-dire à la façon dont l'analyste fait inconsciemment obstacle à la poursuite du processus analytique.

Jung a consacré au transfert un ouvrage (1946), Psychologie du transfert, où il fait la synthèse de son approche de ce phénomène intersubjectif.

Le transfert chez Lacan

Jacques Lacan reprend pour beaucoup la conception Freudienne du transfert, en y renforçant quelques points. Lacan oppose le « transfert symbolique » au « transfert imaginaire »:

- Pour Lacan, le transfert est d’ordre symbolique, car sa force se trouve dans la fonction où l’analysant pose l’analyste, qu’il l’aime ou le déteste est secondaire.

Le transfert est fondamentalement en lien avec un autre connaissant. Sachant que l’analyste est un « sujet supposé savoir » pour Lacan, il dit que le transfert n’est autre que de « l’amour qui s’adresse à du savoir ».

- Pour Lacan, le transfert dit imaginaire est un obstacle, dans le sens où ce n’est qu’immobilisme du sujet. En effet, le sujet agit dans l’analyse pour ne pas avoir à dire, et plus le sujet résiste, et plus la répétition s'oblige à lui.

Evolutions récentes sur le transfert

Séduction et transfert

Jean Laplanche a repris la première idée de Freud au sujet de l'hystérie : un trouble psychique causé par une séduction sexuelle de l'enfant par un adulte. Il en a fait une théorie, la séduction originaire qui suppose que le bébé est séduit par la part sexuelle inconsciente de l'adulte sur lui, d'où il s'ensuit le refoulement originaire, soit l'avènement de l'inconscient tel que défini par Freud. Dans la relation analyste-patient ce processus se rejoue, permettant la reprise des troubles narcissiques profonds.

Le transfert adhésif

C'est en étudiant l'autisme que Frances Tustin a décrit une modalité particulière du transfert qu'elle a nommée transfert adhésif. Dans cette situation l'autisme se comporte comme si l'analyste était une part de lui-même, dont il ne peut aucunement se vivre séparément : la séparation est vécue comme un véritable arrachement physique, avec une angoisse envahissante entraînant soit des crises clastiques soit le retrait du monde. Ce type de transfert peut aussi se retrouver au décours de l'analyse d'une personne non autiste ni psychotique, quand des blessures de la toute petite enfance sont réveillées.

La chimère transférentielle

C'est un concept avancé par Michel de M'Uzan pour décrire une modalité particulière du contre-transfert où l'analyste est aux prises avec un type de pensée qu'il a appelée pensée paradoxale, soit une pensée se présentant comme venant de l'entre-deux du transfert plus que de la psyché même de l'analyste.

La psychose de transfert

Pendant longtemps les psychanalystes ont pensé que le transfert était uniquement une affaire de névrose, la névrose de transfert telle que décrite par S. Freud. Depuis il a été décrit des modalité de transfert particulières au travail psychanalytique avec les psychotiques, ces modalité pouvant d'ailleurs se retrouver avec des patients non psychotiques, ce qui a conduit de nombreux analystes à penser qu'il existe en chacun une part psychotique de la personnalité.

Mis à jour le 2006-09-20
Source: © Copyright InformationHospitaliere.com - Source: InformationHospitaliere.com - wikipedia.org


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