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2006-09-20
Dictionnaire médical

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Brucellose

La brucellose, également appelée fièvre de Malte, fièvre sudoro-algique, fièvre ondulante, mélitococcie ou fièvre méditerranéenne est une anthropozoonose due à des coccobacilles du genre Brucella.

Historique

La brucellose a été décrite pour la première fois en 1861, sur l’île de Malte, par un médecin anglais nommé Marston. En 1887, David Bruce isola la bactérie responsable de la maladie à partir de la rate d’un soldat décédé. Le germe reçut le nom de Micrococcus melitensis. En 1897, la présence d’anticorps agglutinants dans le sérum des malades fut démontrée par Wright. En 1905, Zamitt, en voulant étudier la maladie sur le modèle animal de la chèvre à Malte, découvrit qu’elles étaient toutes positives au test de Wright et que la brucellose était donc une anthropozoonose.

Morphologie

Brucella est un très petit coccobacille à Gram négatif de 0,5-0,7 x 0,6-1,5 µm (7,5 µm pour un globule rouge). La bactérie est immobile, non encapsulée, non sporulée et aérobie stricte. Il en existe plusieurs espèces dont quatre sont pathogènes pour l’homme : B. melitensis, B. abortus bovis, B. suis et B. canis qui, en France, sont classées dans le groupe 3 de l’arrêté du 18 juillet 1994 (agents pathogènes pour l’homme pour lesquels existe une prophylaxie).

Survie à l’extérieur de l’hôte

La bactérie Brucella est sensible à la chaleur et à l’action des rayons ultraviolets mais elle est très résistante dans le milieu extérieur :

- Dans les milieux secs, non organiques (locaux, matériel…) Brucella peut vivre 32 jours.
- Dans les milieux organiques humides (lisier, fromage et lait crus, végétaux souillés) elle peut vivre plus de 125 jours.
- Dans les milieux organiques secs (souillures sèches dans une étable) elle peut vivre jusqu’à 135 jours.
- Enfin dans le sang conservé à +4 °C elle peut vivre jusqu’à 180 jours.

Pathogénie

Le mécanisme du pouvoir pathogène de Brucella reste encore mal connu. On sait que la bactérie est phagocytée par les macrophages et se développe dans le phagosome en inhibant la fusion lysosome/phagosome. La bactérie peut ainsi échapper au système immunitaire et entretenir la chronicité de la maladie. De plus, la bactérie synthétise des protéines dites « de choc septique » responsables de la phase aigüe de la maladie.

Épidémiologie

La maladie est très rarement transmise de manière interhumaine, le réservoir étant essentiellement animal. On dit que l’homme est un hôte accidentel.

Les réservoirs bactériens

Ovins et caprins

Ovins et caprins sont contaminés par Brucella melitensis. C’est l’espèce de Brucella la plus courante, la plus pathogène et la plus invasive pour l’homme (80% des brucelloses humaines).

Bovins

La bactérie responsable de la maladie chez les bovins est Brucella abortus bovis. On la trouve surtout en Afrique et en Amérique du Sud.

Suidés

La bactérie responsable de la maladie chez les suidés est Brucella suis. On la trouve surtout en Amérique du Nord et au centre de l’Europe.

Canidés

La bactérie responsable de la maladie chez les canidés est Brucella canis.

Transmission

Chez l’animal

Il existe une transmission directe qui est soit fœto-maternelle, soit génitale, soit digestive par absorption d’aliments contaminés (lait, placenta) et une transmission indirecte par l’environnement.

Chez l’homme

La contamination directe représente 75% des cas. Elle peut s’effectuer par voie cutanée ou muqueuse (favorisée par des blessures ou des excoriations) lors de contacts avec des animaux malades, des carcasses, des produits d’avortement ou par contact accidentel avec des prélèvements dans un laboratoire. Elle peut aussi s’effectuer par ingestion de produits laitiers non pasteurisés ou de viande insuffisamment cuite.

La contamination indirecte (25% des cas) est réalisée par l’ingestion de crudités souillées par du fumier, par des mains sales, par de la poussière de litière, dans une étable vide.

La transmission interhumaine est exceptionnelle.

Autres éléments d’épidémiologie

La brucellose a une répartition mondiale avec une prédominance dans le bassin méditerranéen, l’Asie de l’ouest, le Moyen-Orient, l’Amérique du sud, l’Amérique centrale et l’Afrique noire. L’OMS estime l’incidence mondiale de la maladie à 500 000 cas par ans. En France, la brucellose est une maladie a déclaration obligatoire (23 cas déclarés en 2001) considérée comme maladie professionnelle chez les éleveurs, les vétérinaires, le personnel d’abattoir et de laboratoire, les bouchers et les bergers. En 2001, 4 cas étaient dus à une exposition professionnelle.

Symptomathologie

Chez l’animal

La maladie est souvent inapparente mais donne lieu à des atteintes de l’appareil génital avec avortement chez les femelles et lésions testiculaires chez les mâles. Il existe des formes latentes dans lesquelles les animaux excrètent la bactérie dans le lait.

Chez l’Homme

La brucellose est une maladie d’expression très polymorphe (maladie aux cents visages) de longue durée et évoluant par poussée successives.

Incubation

Elle correspond à la multiplication du germe dans le premier ganglion lymphatique rencontré. Cette période peut varier de 1 à 4 semaines.

La primo invasion

Cette phase est aussi appelée brucellose aigüe, période septicémique ou fièvre sudoro-algique. Elle correspond à la dissémination hématogène du germe vers d’autres ganglions lymphatiques et vers les organes du système réticulo-endothélial (foie, rate, tissu osseux, organes génitaux…) Une fièvre ondulante est observée. La température du malade augmente par paliers de 0,5 °C jusqu’à 39 °C ou elle se maintient pendant une quinzaine de jours pour redescendre graduellement. Chaque onde fébrile est séparée de la suivante par une période d’apyrexie d’environ une semaine. Sans traitement, les ondes s’espacent de plus en plus jusqu’à leur disparition. Des sueurs abondantes sont présentes. Elles ont une odeur caractéristique de paille mouillée et sont surtout nocturnes. Il existe aussi un état de malaise avec courbatures, asthénie, douleurs mobiles, spléno-hépato-mégalie et adénopathie.

La brucellose focalisée secondaire et tardive

Cette phase survient 6 mois après la septicémie en l’absence de traitement ou lorsque celui-ci a été insuffisant. Il y a constitution de foyers infectieux isolés ou multiples. Ces foyers peuvent être ostéoarticulaires (75 %), neurologiques, hépatiques, génitaux ou cardiaques (mortels dans 80 % des cas).

La phase tertiaire ou chronique

Elle survient parfois après les deux premières phases mais elle peut être aussi inaugurale. Les manifestations sont une asthénie persistante avec troubles du caractère, douleurs musculaires, névralgies, douleurs ostéo-articulaires, sueur au moindre effort et fébricule. On parle de patraquerie brucellienne. Il s’agit d’une hypersensibilité retardée aux toxines secrétées par Brucella.

Le Diagnostic

Le diagnostic sérologique est le plus fréquemment réalisé mais seul le diagnostic bactériologique par culture et isolement de la souche de Brucella apporte une certitude. Il existe pendant la phase septicémique une leuco-neutropénie.

Diagnostic direct

C’est un diagnostic bactériologique par hémoculture ou par prélèvement au niveau des foyers infectieux. Il existe aussi un test de détection par amplification génique.

Diagnostic indirect

Il repose sur la sérologie. Plusieurs techniques existent : la séro-agglutination de Wright, la méthode de fixation du complément, la méthode du rose de Bengale, la méthode ELISA et l’intradermoréaction (IDR). Ces techniques visent à mettre en évidence des immunoglobulines spécifiquement dirigées contre Brucella.

Quels sont les traitements les plus courants ?

Les antibiotiques sont utilisés pour traiter la brucellose. Il est important de mettre en place un traitement rapide pour éviter une infection chronique. Comme Brucella est une bactérie intracellulaire, il faut utiliser des antibiotiques à la fois actifs sur la bactérie et pénétrant dans les cellules. On utilise les tétracyclines et la rifampicine souvent associées à la streptomycine au chloramphénicol et aux sulfamidés. Par exemple, l’OMS recommande rifampicine 600mg/j et doxycycline 200mg/j. Les traitements sont adaptés si le malade est une femme enceinte ou un jeune enfant. Le traitement dure environ 6 semaines pour la brucellose en phase septique. En phase focalisée, le traitement dure de 2 à 4 mois car la majorité des bactéries est alors intracellulaire et donc plus difficile d’accès aux molécules. Enfin, pour la brucellose chronique l’antibiothérapie est inutile car la bactérie est devenue inaccessible. On réalise un traitement symptomatique de l’asthénie, des douleurs et éventuellement une désensibilisation par antigéno-thérapie et une exérèse des foyers infectieux. La mise en place précoce du traitement antibiotique permet de faire disparaître rapidement la fièvre ondulante de la phase aigüe et aussi de diminuer la fréquence des atteintes viscérales et ostéo-articulaires. Il existe cependant 3 à 4 % de rechute après traitement.

Prophylaxie

Le meilleur moyen d’éviter les cas de brucellose humaine est d’agir directement sur le réservoir animal afin d’éradiquer l’épizootie et donc la transmission à l’homme. Il existe en France une règlementation consistant en une surveillance régulière des troupeaux de bovins, ovins et caprins par dépistages sérologiques réguliers.
Les animaux séropositifs sont abattus et en cas de troupeau très infecté, le directeur des services vétérinaires départementaux peut décider de l’abattage de la totalité du cheptel. La vaccination des animaux contre la brucellose est interdite en France car elle fausse le dépistage par sérodiagnostic (ce sont les anticorps vaccinaux qui sont décelés). Enfin, seule l’importation d’animaux issus de troupeaux reconnus indemnes est autorisée.

Chez l’Homme, la prévention est basée sur des règles d’hygiène et de sécurité :

- Port de gants et de masque pour les professionnels en contact avec des produits biologiques potentiellement infectés.
- Lavage des mains.
- Hygiène des étables.
- Consommation de produits laitiers pasteurisés.
- Eviter la consommation de crudités en région endémique.
- Il existait un vaccin préventif humain qui n’est plus commercialisé depuis 1992.
- La déclaration des cas humains de brucellose permet d’apprécier l’impact des programmes de contrôle de la brucellose animale.

Conclusions

La brucellose humaine, bien que devenue plus rare en France depuis la mise en place de mesures prophylactiques sévères en 1978, reste une maladie pouvant entraîner des complications graves si un traitement n’est pas rapidement mis en place. Comme pour toute maladie infectieuse, la prophylaxie reste le meilleur moyen de lutte.

Mis à jour le 2006-09-20
Source: © Copyright InformationHospitaliere.com - Source: InformationHospitaliere.com - wikipedia.org


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