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2006-09-20
Dictionnaire médical

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Variole

La variole ou petite vérole est une maladie infectieuse d'origine virale, très contagieuse et épidémique, due à un pox-virus, et qui a été totalement éradiqué en 1977 (date du dernier cas connu) grâce à la vaccination.

La grande vérole est le surnom d'une maladie totalement différente : la syphilis.

Le virus

Il fait partie des pox-virus qui causent entre autre :

- le molluscum contagiosum, petite tumeur de la peau bénigne ;
- la variole ;
- la vaccine, qui a permis la création des premiers vaccins et qui atteint plusieurs espèces animales : vache, singe...

Mécanisme

Il s'agit d'une maladie exclusivement inter-humaine ; il n'y a aucun réservoir de virus animal. La porte d'entrée est usuellement les voies respiratoires, même si d'autres voies de contamination sont possibles. Une première réplication virale se fait au niveau de l'épithélium des bronches, sans occasionner aucun symptôme. Le virus se diffuse ensuite dans le système réticulo-endothélial et entraîne les premiers signes de la maladie. La première lésion se situe fréquemment au niveau du pharynx, permettant ainsi le relargage des virus dans l'atmosphère. La peau est atteinte par transfert du virus à ce niveau par les macrophages.

La maladie, si elle ne tue pas le patient, est immunisante : toute réinfection par le même virus est impossible pendant des années (voire des décennies).

Description

La période entre la contamination et l'apparition des premiers signes (durée d'incubation) est classiquement de 10 à 14 jours. L'éruption est précédée par une fièvre durant quelques jours, avec frissons, maux de tête, nausées… L'éruption est caractérisée par l'apparition de taches rouges sur la peau, devenant des vésicules, puis des pustules avant de former une croûte.

L'étendue en est variable et reste étroitement reliée à l'évolution de la maladie (une éruption de plus grande taille est un critère de gravité). Les lésions sont plus fréquentes au niveau du visage et des paumes. La lésion est rarement hémorragique (saignante), mais est, dans ce cas, gravissime.

La variole était un fléau redoutable et redouté. Elle tuait un malade sur cinq (chez les adultes, près d’un malade sur trois). Quand elle ne tuait pas, elle laissait souvent un visage grêlé, défiguré à vie. Elle est toujours restée hors de portée d’un traitement efficace.

Historique

Connue dans la Chine ancienne où elle aurait été introduite en l'an 49 de notre ère, il est généralement admis que la variole fut introduite en Europe par les invasions arabes, à la suite de l'épidémie de la Mecque en 572, d'où ce fléau s'est ensuite répandu dans le monde entier, causant, au cours des siècles, d'effroyables pandémies responsables de millions de morts. Elle est notamment la plus virulente des maladies qui décimèrent les populations amérindiennes lors de la conquête du Nouveau Monde, dès son arrivée en 1518.

Lutte contre la variole

L'histoire de la lutte contre la variole retiendra trois périodes : celle de la variolisation, celle de la vaccination, puis celle de la campagne mondiale d'éradication, lancée en 1967 et terminée en 1977 avec le dernier cas spontané observé en Somalie.

Variolisation

Sa première mention écrite a été effectuée par Aaron, médecin d'Alexandrie. Dès le ??e siècle, les chinois pratiquaient la variolisation : il s'agissait d'inoculer une forme qu'on espérait peu virulente de la maladie en mettant en contact la personne à immuniser avec le contenu de la substance suppurant des vésicules d'un malade. C'est le premier ministre Wang Dan qui après la perte d'un de ses fils de la variole avait convoqué divers praticiens de toute la chine pour mettre au point une prophylaxie. Un moine Taoïste apporta la technique d'inoculation qui se diffusa progressivement dans toute la chine. Le résultat restait cependant aléatoire et risqué, le taux de mortalité pouvait atteindre 1 ou 2 %. La pratique s'est progressivement diffusée le long de la route de la soie. En 1701, Giacomo Pylarini réalise la première inoculation à Constantinople.

La technique est importée en occident au début du XVIIIe siècle, par Lady Mary Wortley Montagu la femme de l'ambassadeur d'Angleterre en Turquie qui l'apprend du docteur Emmanuel Timoni (ca 1670-1718)<1>, médecin de l'ambassade d'Angleterre à Istanbul. Diplômé de l'université de Padoue, membre de la Royal Society de Londres depuis 1703, le docteur Timoni publie en 1713 dans les Philosophical transactions de la Royal Society son traité sur l'inoculation. Son travail est publié de nouveau l'année suivante à Leipzig. A partir de cette date, les publications sur ce sujet se multiplient, Pylarino en 1715, Leduc et Maitland en 1722... Elle est introduite en france par le docteur Théodore Tronchin en 1756. En 1760, Daniel Bernoulli démontra que, malgré les risques, la généralisation de cette pratique permettrait de gagner un peu plus de trois ans d'espérance de vie à la naissance. Elle suscita cependant l'hostilité de nombreux médecins.

La variole est décrite dans les livres ayurvédiques. Le Traitement curatif ayurvédique passait par l'inoculation d'un "matériau varioleux" vieux d'un an, issu des pustules de personnes ayant contracté la variole l'année précédente. L'efficacité de cette méthode a été attestée par le médecin britanique J.Z. Holwell dans un rapport au College of Physicians à Londres en 1767.

Vaccination de Jenner

Lui-même très favorable à la variolisation, le médecin anglais Edward Jenner entend parler d'une croyance populaire selon laquelle attraper la variole des vaches (cow pox) préserverait de la forme humaine. Le 14 mai 1796, il inocula à un enfant du pus prélevé sur la main d'une fermière infectée par la vaccine (via le contact avec les pis de la vache, infestée par le cow pox), ou variole des vaches. Trois mois plus tard, il innocula la variole à l'enfant qui s'est révélé immunisé. Cette pratique s'est répandue progressivement dans toute l'Europe. La variole est restée endémique pendant tout le XIXe siècle et n’a disparu qu’après la Première Guerre mondiale. Pour l'anecdote, la vaccination à cette époque consistait à prélever du pus directement des pustules et à infecter les hommes avec (ne pas oublier que Louis Pasteur et l'aseptie ne vinrent que plus tard). Et plutôt que de transporter une vache infestée, il était plus simple de se déplacer avec un homme récemment « vacciné » et qui présentait les pustules. Et c'est ainsi que l'intégralité d'un couvent fut un jour vacciné contre la variole mais fut par contre infesté par la syphilis.

Vaccination antivariolique moderne

La vaccination antivariolique fut rendue obligatoire en France en 1902.

Éradication totale de la variole

En 1980, l'OMS a déclaré que la variole était éradiquée dans le monde entier et, de ce fait, la vaccination supprimée.

Dernière épidémie en France

La dernière épidémie de variole date de novembre 1954 à Vannes. Le sergent Roger Debuigny rendait visite à sa famille dans le Morbihan, apportant avec lui de la soie de Saigon qui aurait été contaminée. Il y eut 16 morts sur 73 cas.

Après 1980

Officiellement, deux souches sont conservées dans des laboratoires américain et russe, à des fins de recherche (Center for Disease Control (CDC) à Atlanta, et l'institut d'état de virologie et de biotechnologie à Koltsovo en Russie). L'origine de ces laboratoires vient de la volonté de créer des armes biologiques par les deux pôles lors de la Guerre Froide. Aujourd'hui, la variole est considérée comme l'une des armes ultimes des terroristes en matière de terrorisme biologique. Après les attentats de 2001, les États-Unis, la France et d'autres pays ont relancé la production de vaccin contre cette maladie. En France, un "plan gouvernemental de vaccination collective contre la variole" prévoit, dans l'hypothèse d'une réapparition du virus, un dispositif de vaccination de l'ensemble de la population en 14 jours au sein d'unités de vaccination de base (UVB) réparties sur le territoire.

Mis à jour le 2006-09-20
Source: © Copyright InformationHospitaliere.com - Source: InformationHospitaliere.com - wikipedia.org


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