La télémédecine/ la prise en charge du diabète gestationnel

Définie dans le chapitre V du projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », la télémédecine est aujourd’hui reconnue comme une forme de pratique médicale.
Le point sur une technologie qui va permettre de répondre aux nouveaux enjeux de santé publique.

------------

La loi dite "Hôpital, Patients, Santé et Territoire" du 21 juillet en a en effet posé les principes de la télémédecine, spécifiant qu'elle « permet d'établir un diagnostic ; d'assurer, pour un patient à risque, un suivi à visée préventive ou un suivi post-thérapeutique ; de requérir un avis spé-interdit-é ; de préparer une décision thérapeutique ; de prescrire des produits ; de prescrire ou de réaliser des prestations ou des actes ; ou d'effectuer une surveillance de l'état des patients » (1). Terminé le temps des expérimentations, la télémédecine passe désormais à la vitesse supérieure. Les décrets d'application définissant les actes, les conditions de mise en œuvre et de prise en charge financière sont en cours d'élaboration. Mais les questions sont encore nombreuses.


Les enjeux de le Télémédecine
Le rapport sur la télémédecine (2) du Dr Pierre Simon et de Dominique Acker, conseillers généraux des établissements de santé, a été rendu public le 20 janvier 2009.
Ce rapport passe en revue les expérimentations conduites en France et à l’étranger depuis une dizaine d’années et souligne l’importance de la télémédecine dans le contexte actuel de restructuration de la santé dans l'hexagone : « Il apparaît, dans la plupart des pays étudiés, que la télémédecine est considérée comme une valeur ajoutée en matière de qualité et de sécurité dans l’organisation des soins, notamment lorsqu’elle favorise les soins au domicile des patients. »
Le rapport préconise notamment la télémédecine pour les maladies chroniques (insuffisance cardiaque et rénale, diabète, hypertension).

De son côté, le Conseil National de l'ordre des médecins rappelle dans son livre blanc de la télémédecine (3), publié en janvier dernier, qu'« il est aujourd’hui urgent et indispensable d’accélérer la mise en œuvre des composants essentiels de ce système : identifiant de santé du patient, dossiers médicaux professionnels communicants, à l’hôpital comme en ambulatoire, messageries sécurisées, voire plates-formes de services aux professionnels, sans oublier le chantier de la normalisation et des référentiels d’interopérabilité qui sous-tendent la qualité du système d’information ».


M. Hervé

Sources:
1)  Chapitre V- Télémédecine - Art. L. 6315-1.
2) http://www.sante-sports.gouv.fr/IMG/pdf ... decine.pdf
3) http://www.web.ordre.medecin.fr/rapport ... ne2009.pdf

La télémédecine/ la prise en charge du diabète gestationnel

Messagede administre le Mar Fév 08, 2011 1:21 pm

Pr Jean-Jacques Altman – La télémédecine peut améliorer la prise en charge du diabète gestationnel

Pr Jean-Jacques Altman - Responsable de l’unité fonctionnelle « Diabétologie, nutrition et endocrinologie » – Hôpital européen Georges-Pompidou – Paris
Contact : jean-jacques.altman@egp-aphp.fr


• Qu’est-ce que la télémédecine et pourquoi avoir mis en place cette technique ?

La télémédecine, étymologiquement « médecine à distance », utilise les méthodes modernes de communication pour améliorer de nombreuses facettes de la médecine, comme la consultation, la surveillance, l’assistance, l’expertise. Nous sommes amenés dans notre service à prendre en charge par an 150 femmes enceintes présentant un diabète gestationnel. Il est extrêmement difficile de répondre à toutes les interrogations que se posent quotidiennement ces femmes dans la surveillance de leur diabète et de repérer et traiter rapidement les problèmes qui peuvent apparaître. Grâce à la mise en place d’une télésurveillance et d’une téléconsultation via une astreinte électronique diab.gest@egp.aphp.fr nous pouvons faire face à l’afflux des demandes.

• Pratiquement comment avez-vous procédé ?

Dès la prise en charge initiale, les patientes reçoivent un carnet électronique (tableau Excel dynamique) personnalisé (nom de la patiente et de son diabétologue) permettant de noter les six glycémies réalisées avant et après les trois repas qu’elles se font elles-mêmes tous les jours à leur domicile. Un code couleur s’affiche automatiquement dès l’inscription de la glycémie pour alerter la patiente. Ce code est vert quand les résultats sont bons, orange quand ils sont douteux et rouges quand ils sont mauvais. Par ailleurs, les patientes peuvent noter dans ce fichier les types et doses d’insuline le cas échéant, ainsi que leurs commentaires ayant trait à l’alimentation ou à des événements intercurrents. Elles sont invitées à transmettre ce carnet électronique deux fois par semaine par couriel avec une garantie de réponse dans les 24 heures. Nous sommes trois médecins à assurer l’astreinte électronique. En pratique nous sommes amenés à répondre à 7 mails par jour en moyenne (2 à 25) et en particulier nous aidons à adapter les doses d’insuline.
Bien entendu, le suivi électronique est complété par les consultations classiques en face à face et les séances d’éducation thérapeutique.


• Avez-vous réalisé une évaluation de ce système ?
Toutes les patientes sont invitées à répondre par courriel après l’accouchement à un questionnaire d’évaluation de 30 items. Sur une période d’un an, 143 patientes ont pu bénéficier du suivi électronique : 113 à l’hôpital et 30 en ville. Nous avons reçu et analysé 75 questionnaires, 21 pour la ville et 54 pour l’hôpital.
Pour la très grande majorité des patientes, le carnet électronique est facile à comprendre et à remplir. Le code couleur automatique apporte une aide supplémentaire. Les avantages que les femmes mettent en avant sont le gain de temps, la suppression des déplacements pour consultation, le contact interactif permanent et rassurant. Moins de 20 % des femmes interrogées déplorent cependant la disparition du dialogue en tête-à-tête et, quelque chose d’impersonnel.
Les médecins peuvent rapidement réagir à des évolutions non satisfaisantes, en particulier en indiquant les adaptations à apporter en cas d’insulinothérapie. Au total, que ce soit en ville ou à l’hôpital, les nouveau-nés sont nés, en moyenne, à 38 semaines d’aménorrhée, avec des poids moyens normaux (3.200 kg). Aucune complication néonatale n’est à déplorer. Comparée à des stratégies de prises en charge différentes, nécessitant par exemple trois hôpitaux de jour, l’économie réalisée est de l’ordre de 2 000 euros par patiente. Enfin, la télé médecine est d’accès facile, équitable, indépendant des contraintes démographiques et géographiques, et permet un confort de haut niveau pour les patientes qui bénéficient d’une grande qualité d’expertise.

Source : HAS
administre
Administrateur - Site Admin
 
Messages: 5221
Inscription: Dim Jan 22, 2006 1:03 pm

Retourner vers La Télémédecine & télésanté

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 1 invité

cron