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Algodystrophie : causes, symptômes et traitements

Encore appelée syndrome régional douloureux ou dystrophie sympathique, l’algodystrophie est une affection rare, qui se traduit par une douleur chronique. Elle s’observe généralement suite à une blessure, une crise cardiaque, etc. Bien que l’algodystrophie soit incurable, le traitement permet de soulager la personne atteinte. Quels sont les causes, symptômes et facteurs de risques de la maladie ? Comment prévenir et traiter l’algodystrophie ?

Algodystrophie : définition et causes 

L’algodystrophie est un type de douleur chronique, qui touche principalement les bras ainsi que les jambes. Les véritables causes de cette affection rare ne sont jusque-là pas connues. Elles seraient associées à un dysfonctionnement ou une atteinte du cerveau, de la moelle épinière, des nerfs ou des ganglions.

La plupart des cas d’algodystrophie se manifestent suite à un traumatisme au bras ou à la jambe, telle qu’une amputation ou une fracture. En outre, un coup, une infection, une intervention chirurgicale, une entorse, un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral peuvent aussi en être responsables. Hormis ces causes éventuelles, le stress constitue un facteur pouvant aggraver la douleur dont la maladie est à l’origine.

Il existe plusieurs types d’algodystrophie. L’algodystrophie de type I qui se présente chez 90% des cas, et apparaît après une maladie touchant les nerfs ou une blessure. Ensuite, l’algodystrophie de type II qui est occasionné par une atteinte des nerfs au niveau des tissus blessés.

Algodystrophie : personnes et facteurs à risques ?

Affectant rarement les personnes âgées et les enfants, l’algodystrophie touche principalement les adultes. Elle survient beaucoup plus chez les femmes (trois femmes concernées pour un homme). Cependant, certains sujets ont une prédisposition génétique de développement d’une d’algodystrophie.

Plusieurs facteurs peuvent aussi favoriser le développement de l’algodystrophie :

  • Le tabagisme ;
  • L’immobilisation prolongée ;
  • Le non-respect d’un traitement ou le repos ;
  • Une kinésithérapie trop agressive ou trop lascive ;
  • Les migraines, les troubles menstruels, la prescription d’IEC, l’asthme, les neuropathies ;
  • L’arrêt de travail concomitant traumatisme accompagné d’un repos sportif et d’une inoccupation inhabituelle ;
  • Le terrain psychique particulier pouvant être en rapport avec un comportement anxieux ;
  • Le non-respect de l’impotence fonctionnelle pendant un traitement initial.

Algodystrophie : comment se manifeste-t-elle ?

Les premiers signes qui peuvent faire soupçonner une algodystrophie sont :

  • Douleur intense apparentée aux piqûres d’aiguilles ;
  • Sensation de brûlure au niveau du bras, de la jambe, du pied ou de la main ;
  • Changement fréquent de la température de la peau (très chaude ou très froide) ;
  • Gonflement de la partie affectée ;
  • Changements de l’aspect de la peau, qui peut être, sèche, flétrie et brillante le long de la partie atteinte ;
  • Sensibilité de la peau au toucher, au froid et à la chaleur.
Syndrome douloureux régional complexe – © Crédit : informationhospitaliere.com
Syndrome douloureux régional complexe – © Crédit : informationhospitaliere.com

Plusieurs autres symptômes peuvent apparaître par la suite, et ceux-ci sont généralement irréversibles :

  • Changements de couleurs de la peau, passant de blanc tacheté au bleu ou au rouge ;
  • Augmentation de la sudation ;
  • Raideur, gonflement ainsi qu’une atteinte des articulations ;
  • Perte de mobilité de la zone affectée ;
  • Spasmes musculaires, atrophie voire contractures musculaires ;
  • Ongles cassants et épais ;
  • Augmentation accompagnée de réduction de la pilosité de la zone affectée.

Dans certains cas, l’algodystrophie peut se propager dans d’autres parties du corps, comme dans le membre opposé, ou s’intensifier avec le stress. Chez certains patients, les symptômes s’estompent, tandis que chez d’autres, ils persistent des mois voire des années.

Déroulement du diagnostic de l’algodystrophie

Plusieurs examens permettent d’établir le diagnostic du syndrome régional douloureux. En fonction du type d’algodystrophie, le médecin, pour évoquer la maladie, peut retrouver :

  • Un œdème le long de l’articulation douloureuse ;
  • Une hyperesthésie ;
  • Une chaleur anormale ou une hypersudation ;
  • Une douleur intense polymorphe inhabituelle de toutes les articulations atteintes.

En face de ces signes inhabituels, le professionnel de santé demande des examens complémentaires :

  • Radiographie standard : les radiographies permettent d’obtenir des images caractéristiques de déminéralisations locorégionales ;
  • Scintigraphie : le recours à cet examen doit être systématique en cas de présence des signes d’hyperfixation ;
  • IRM : elle permet d’établir un diagnostic précoce et rapide des perturbations fracturaires, des œdèmes, voire, la périostite ou la fracture de fatigue ;
  • Ostéodensitométrie : elle permet d’éliminer un éventuel syndrome douloureux ostéoporotique ;
  • Bilan biologique : il n’est pas obligatoire, mais il permet d’établir un diagnostic différentiel.

En quoi consiste la prévention de l’algodystrophie ?

Plusieurs mesures peuvent aider à prévenir la dystrophie sympathique.

  • Mobilisation précoce

Il a été rapporté que, les personnes qui observent une immobilisation de petite durée et commencent rapidement une rééducation des membres, voient leurs risques d’être atteintes d’une algodystrophie réduits.

  • Arrêt de tabac

Puisque le tabagisme est un facteur favorisant l’apparition de l’algodystrophie, il faut arrêter de fumer.

  • Vitamine C après survenue d’une fracture

Plusieurs études ont rapporté que le risque des sujets atteints d’une fracture du poignet (qui prennent régulièrement des suppléments ou aliments riche en vitamine C) de développer la dystrophie sympathique est réduit.

Algodystrophie : quelles sont les prises en charge médicales et approches complémentaires ?

Aucun traitement spécifique permettant de guérir un patient atteint d’algodystrophie n’existe. Toutefois, il est possible de combiner les traitements de kinésithérapie et certains médicaments pour stopper la douleur et conserver la mobilité des articulations.

Lorsque les traitements sont démarrés immédiatement dès l’apparition du syndrome, ils sont efficaces. D’autant plus que ces traitements ont pour but de faire régresser le développement de la maladie, et même de faire disparaître les symptômes définitivement. La majorité des adultes souffrants trouvent guérison, mais certains patients conservent la douleur paralysante et constante.

Réadaptation

Avec un planning d’exercice adapté, le patient peut garder ses membres douloureux actifs, et il verra sa circulation sanguine améliorée. Les exercices peuvent permettre l’amélioration de la force et de la flexibilité des membres affectés.

Aquathérapie

Les programmes d’exercices relevant de l’aquathérapie sont très efficaces dans le cadre du traitement de l’algodystrophie. Pour les exercices, de nombreux patients sont sensibles à la température, mais ils sont plus confortables dans de l’eau chaude.

TENS (Transcutaneous electrical nerve stimulation ou stimulation électrique transcutanée)

C’est un traitement qui s’effectue à l’appareil. Ce dernier émet des petites décharges électriques vers les nerfs afin d’engourdir la douleur.

Psychothérapie

L’anxiété et la dépression peuvent survenir sur le long terme, chez les personnes atteintes de douleurs constantes. Ce qui peut avoir des répercussions sur la vie de celles-ci et leur entourage. Quant aux patients qui ont du mal à gérer leur quotidien, un suivi psychologique peut s’imposer à eux.

Médicaments pour diminuer la douleur

Les symptômes d’algodystrophie peuvent être soulagés à partir de la combinaison de différents médicaments :

  • AINS permettent de diminuer la douleur ainsi que l’inflammation : la naproxène, l’aspirine et l’ibuprofène ;
  • Injections de toxine botulique ;
  • Crèmes topiques anesthésiantes : kétamine et lidocaïne ;
  • Gabapentine (Neurotin) et prégabaline (Lyrica) ;
  • Corticostéroïdes permettent de soulager le patient du gonflement et de l’inflammation : la prednisone et la prednisolone ;
  • Opioïdes : morphine, tramadol ;
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline : la duloxétine ou la venlafaxine ;
  • Bisphosphonates ou calcitonine : elles permettent de maintenir la densité osseuse ou son renforcement.

 Toutefois, notez que l’efficacité de ces différents traitements varie d’un sujet à l’autre.

Thérapie d’injection

Plusieurs thérapies de bloc ou d’injections permettent de bloquer la douleur que le patient ressent. Ces thérapies ont pour but de faire une injection de substance, inhibant localement et temporairement l’activité du système nerveux sympathique. Parfois, le recours au bloc régional et à l’anesthésie tronculaire est fait dans le cadre de la prise en charge de l’algodystrophie.

D’autres techniques plus invasives et donc très risquées, comme la perfusion intrathécale de clonidine, la neurostimulation et la stimulation d’une partie de la moelle épinière sont proposées.  

Par ailleurs, les patients qui ont des douleurs persistantes depuis un moment, ne répondent généralement pas très bien aux traitements. Dans ce cas, les concernées doivent parfois suivre un procédé de prise en charge convenable à la douleur chronique.  

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