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Anorexie mentale : causes, symptômes et traitements

L’anorexie mentale, comme la boulimie, est un trouble du comportement alimentaire qui touche principalement le sexe féminin et apparait à l’adolescence. Souvent liée à des troubles psychologiques, elle provoque un refus strict et volontaire de s’alimenter pendant des mois, voire des années. Ce refus est dû à l’impression qu’a la personne atteinte, d’être toujours en surpoids ; ce qui conduit à l’amaigrissement. Il existe néanmoins des traitements pour venir à bout de cette maladie. Comment se manifeste l’anorexie mentale et quels sont les traitements possibles pour s’en débarrasser ?

Qu’est-ce que l’anorexie mentale ?

L’anorexie mentale est une pathologie alimentaire d’ordre psychiatrique, se caractérisant par la disparition ou la réduction de l’alimentation, soit par rejet soit par manque d’appétit. Le sujet malade mène une lutte acharnée contre la prise de poids. Il est confronté à des peurs irraisonnées, donnant l’aspect d’une véritable phobie en rapport avec les effets de l’alimentation, comme devenir obèse ou prendre du poids.

En effet, l’individu souffrant d’anorexie mentale contrôle en permanence et de façon excessive son alimentation. En général, il ne perd pas l’appétit, mais il lutte contre le désir et le besoin de s’alimenter. D’autant plus qu’il se fixe un objectif de perte de poids graduelle, qui peut le conduire à un extrême amaigrissement.

La perception que le sujet malade a de son corps est déformée, il s’agit de dysmorphophobie. L’ensemble de ces comportements inadaptés vont favoriser des complications médicales graves (attaques de panique, malaises…), ce qui va le pousser à s’isoler, sur le plan social.

Cependant, il existe une différence entre l’anorexie et l’anorexie mentale. L’anorexie apparait comme un symptôme observé dans de multiples pathologies (cancer, gastroentérite, etc), qui se traduit par une perte d’appétit. La différence avec l’anorexie mentale est qu’ici, l’appétit est préservé, mais le sujet refuse de s’alimenter.

Quels sont les différents types d’anorexie mentale ?

On distingue deux types d’anorexie mentale.

Anorexie restrictive

Apparaissant comme la forme la plus fréquente de la maladie, l’anorexie restrictive se traduit par le rejet de tout aliment, la phobie de la prise de poids, etc. Elle est marquée par une impression de toute puissance et une volonté de maîtrise de son environnement relationnel, affectif, physique… Tout ceci, accompagné du rejet de tous types de plaisir : affectif, sexuel, alimentaire, etc.

Anorexie boulimique

L’anorexie boulimique est caractérisée par des attitudes de suralimentation, suivies de vomissements provoqués ou spontanés. Cette forme d’anorexie est accompagnée, chez la personne atteinte, d’une perte d’estime de soi pouvant favoriser la dépression. Ensuite, le dégoût et la honte peuvent la conduire à des actes suicidaires.

Quels sont les troubles associés à l’anorexie mentale ?

Les troubles associés à l’anorexie mentale sont notamment d’ordre psychopathologique. Toutefois, on ne peut affirmer que l’apparition de l’anorexie est due à ces troubles, ou si c’est la présence de ces troubles qui cautionne l’anorexie chez une personne.

Les principaux troubles, en rapport avec l’anorexie, rapportés par certaines recherches sont :

  • Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) qui affectent environ 15% à 30% des personnes anorexiques ;
  • La dépression : elle touche 60% à 90% des personnes anorexiques au cours de la maladie ;
  • La phobie sociale.

Les comportements compensatoires ainsi que le jeûne, engendrent de graves problèmes cardiaques, rénaux, dentaires et gastro-intestinaux.

Quelles sont les causes de l’anorexie mentale ?

Les origines de l’anorexie mentale sont complexes et ont été le sujet de plusieurs controverses.

Les chercheurs ont estimé que de nombreux facteurs sont susceptibles d’être à l’origine de ce trouble, principalement les facteurs génétiques, psychologiques, neuroendocriniens, sociaux et familiaux.  

Facteurs génétiques

Aucun gène n’a été identifié clairement, mais les études ont rapporté un risque familial. Lorsqu’un membre de la famille de sexe féminin est touché par la pathologie, le risque qu’une autre femme de la même famille en soit affecté, est multiplié par 4.  

De plus, une étude effectuée sur des jumelles identiques (monozygotes) révèle que si l’une des jumelles est touchée par l’anorexie mentale, il y a un risque de 56% pour que sa jumelle soit aussi anorexique. En cas de jumelles différentes, c’est-à-dire dizygotes, ce risque passe à 5%.

Facteurs neuroendocriniens

Plusieurs facteurs endocriniens, principalement un déficit hormonal semblerait intervenir dans l’anorexie mentale. A cet effet, la baisse du taux de l’hormone LH-RH, une hormone qui intervient dans la régulation de la fonction ovarienne, a été rapportée. Il faut noter néanmoins que cette baisse est observée uniquement dans un contexte de perte de poids, et le LH-RH revient à son taux normal, une fois la reprise de poids effective. Par conséquent, le déficit hormonal est une manifestation de l’anorexie mentale et non une cause.

Sur le plan neurologique, plusieurs études ont rapporté un dysfonctionnement sérotoninergique. La sérotonine est un stimulus du centre de la satiété. Ce dernier est la zone régulant l’appétit au niveau du cerveau. Pour diverses raisons encore non connues, une baisse de l’activité de la sérotonine s’observe chez les personnes atteintes de l’anorexie mentale. 

Facteurs psychologiques

Sur le plan psychologique, plusieurs études ont établi un rapport entre la survenue de l’anorexie mentale et un énorme besoin de perfectionnisme, ainsi qu’une estime négative de soi.

Ce trouble touche généralement les jeunes, fuyant des situations de danger (conflit avec l’un des parents, deuil dans l’entourage proche, problème scolaire, surpoids et incapacité à l’accepter) et qui sont très sensibles du jugement d’autrui.

Plus encore, des écrits psychanalytiques évoquent généralement un rejet du corps comme étant objet sexuel. Les adolescentes préfèreraient demeurer des petites filles et éprouveraient des difficultés à se faire une identité.

Facteurs familiaux et sociaux

Sur le plan cognitif, les recherches rapportent que des pensées automatiques négatives conduisent à des fausses croyances que l’on observe chez les personnes souffrant de la boulimie et de l’anorexie mentale. Il s’agit des croyances comme : la prise de graisse est mauvaise ou la minceur est une garantie de bonheur. L’anorexie mentale est une affection touchant principalement la population des pays industrialisés. Par conséquent, les facteurs socioculturels jouent un rôle capital dans le développement de ce trouble de la conduite alimentaire.

Par ailleurs, la prévalence de l’anorexie mentale chez les femmes est évaluée à 0,3% et la mortalité est élevée (entre 5,1% et 13%). La pathologie affecte dix fois plus les individus de sexe féminin que ceux de sexe masculin.

Quels sont les symptômes de l’anorexie mentale ?

Les symptômes de l’anorexie mentale se rapportent au refus du maintien d’un poids normal, à la peur de prendre du poids, etc… On peut également compter :

  • La dépression ;
  • La restriction alimentaire ;
  • Le repli sur soi et l’isolement ;
  • L’irritabilité ;
  • La peur obsédante de prendre du poids ;
  • Les pensées fréquentes ;
  • Les vomissements qui surviennent après avoir mangé ;
  • L’aménorrhée ou l’absence de règles ;
  • La prise de laxatifs, de diurétiques ;
  • L’amaigrissement important ;
  • L’intolérance au froid ;
  • La constipation ;
  • La pression artérielle trop basse ;
  • La perte de cheveux, la peau très sèche ;
  • La pratique sportive intense ;
  • Les problèmes bucco-dentaires.

En quoi consiste le diagnostic de l’anorexie mentale ?

Le diagnostic se déroule suivant plusieurs phases.

Évaluation psychopathologique

La pose du diagnostic de l’anorexie mentale est basée sur l’observation de certains facteurs dans l’attitude du malade.

Ainsi, le diagnostic de l’anorexie consiste à évaluer la présence de certains paramètres dont le principal reste le refus de garder un poids normal. En général, la personne atteinte de l’anorexie affiche un refus de maintien à 85% de son poids. Vous pourrez également relever une peur intense, ou la phobie de prendre du poids, liée à une atteinte importante de l’image corporelle (une vision déformée en ce qui concerne le poids, les formes corporelles et la taille).

Plusieurs autres attitudes en rapport avec les repas s’observent chez les personnes anorexiques comme, cacher le repas ou inciter autre personne à manger à sa place. Après chaque prise de nourriture, le patient est envahi par un sentiment de culpabilité, ce qui le pousse à adopter des attitudes compensatoires.

Évaluation somatique

Un examen physique complet est indispensable pour établir le diagnostic d’anorexie mentale, en plus du test psychopathologique. Cela permettra aussi de faire une évaluation de l’état de dénutrition, ainsi que celle des effets des refus d’alimentation sur la santé physique du patient. L’examen à effectuer à cet effet est fonction de l’âge.

Chez l’enfant de moins de huit ans

Le diagnostic chez les enfants de moins de huit ans consistera à rechercher les indices faisant suspecter une anorexie mentale. Entre autres, les éléments à rechercher sont :

  • Le ralentissement de la croissance structurale ;
  • La présence de douleurs abdominales et de nausées ;
  • Baisse ou stagnation de l’IMC.

Chez l’adolescent

Le médecin recherchera chez un adolescent suspecté de présenter une anorexie mentale, le retard pubertaire, l’aménorrhée, l’hyperactivité physique et/ou intellectuelle.

Chez l’adulte

Les indices qui vont orienter le diagnostic du médecin chez les adultes sont :

  • La perte de poids supérieure à 15 ;
  • Le refus de prendre du poids, malgré l’IMC faible ;
  • L’homme est confronté à des troubles de l’érection et à une baisse de libido ;
  • La femme présente une aménorrhée secondaire ;
  • L’hyperactivité physique et/ou intellectuelle ;
  • L’infertilité.

De plus, le sujet adopte des comportements pouvant réduire les apports de nourriture, ce qui peut avoir des conséquences graves sur sa santé. Face à cela, le médecin doit procéder à un examen paraclinique et clinique, afin de rechercher les problèmes :

  • Osseux, principalement une baisse de la densité minérale osseuse ;
  • Dentaires (spécialement l’érosion de l’émail des dents) ;
  • Rénaux ;
  • Dermatologiques ;
  • Cardiaques, comme les troubles du rythme cardiaque ;
  • Gastro-intestinaux, comme les troubles de la mobilité intestinale.

Test de dépistage EAT-26

Le test de dépistage EAT-26 permet de repérer les personnes susceptibles d’être atteintes par des troubles de conduite alimentaire. Il consiste à répondre à un questionnaire de vingt-six items par le patient, qui le donne ensuite à un spécialiste de santé pour analyse. 

D’après la version francophone du test de dépistage EAT-26, le questionnaire va permettre d’avoir une idée de la présence, ainsi que de la fréquence des diètes, des attitudes compensatoires et du contrôle que le sujet exerce sur sa conduite alimentaire.

Comment soigner l’anorexie mentale ?

Le traitement de l’anorexie mentale regroupe les disciplines suivantes : la psychothérapie, le suivi médical et la rééducation nutritionnelle. Ce traitement pluridisciplinaire permet d’éviter les complications en lien avec la dénutrition. Pour aider le malade à combattre la pathologie, la présence de ses proches s’avère nécessaire.

Psychothérapie

La psychothérapie consiste à mettre en place une stratégie permettant de dialoguer avec le malade. Les séances peuvent être faites individuellement, sous forme de thérapie familiale ou par le biais d’un groupe de parole. Il est également possible de faire recours à des ateliers de musicothérapie ou d’art thérapie. Cependant, le traitement doit être effectué par un pédopsychiatre ou psychiatre, spécialisé dans les troubles de la conduite alimentaire.

Suivi médical

Dans l’exercice de ses fonctions, le médecin généraliste assure le suivi de l’état de santé et du poids de l’individu. Il assure également la coordination de tous les spécialistes qui interviennent dans la prise en charge du patient, dans l’optique de veiller à ce que le traitement soit médical, psychologique et nutritionnel.

Rééducation nutritionnelle

Pour traiter l’anorexie mentale dans ce cadre, le thérapeute collabore avec un diététicien afin d’aider la personne atteinte du trouble à retrouver un rapport normal et sain avec les aliments. L’objectif de la rééducation nutritionnelle est d’aider le patient à chasser ses peurs liées aux aliments gras, sucrés et hypercaloriques.

Quelles sont les complications possibles de l’anorexie mentale ?

Les complications de l’anorexie mentale sont principalement des désordres physiologiques graves, entrainées par l’amaigrissement.

L’amaigrissement sévère peut provoquer un retard de croissance chez les enfants qui souffrent de l’anorexie mentale. Les désordres physiologiques sont engendrés par les compensatoires de purge et les attitudes de restrictions alimentaires. Ces dernières peuvent favoriser la fonte musculaire, l’anémie, le ralentissement cardiaque, l’hypotension et la baisse du niveau de calcium qui peut provoquer de l’ostéoporose.  

Plus encore, la prise de laxatifs favorise la survenue de plusieurs troubles, dont l’atonie intestinale (un manque de tonicité au niveau du tube digestif), la constipation, la déshydratation, les œdèmes et la baisse du taux de sodium qui peut entrainer une insuffisance rénale.

La mort reste la plus grave complication de l’anorexie mentale. Elle est observée principalement en cas de suicide ou d’anorexie chronique. Lorsque l’anorexie est détectée tôt et traitée, le pronostic est favorable. Une fois pris en charge, les symptômes du trouble disparaissent chez la plupart des patients, au bout de cinq à six ans.

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