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Boulimie : Causes et traitements du trouble du comportement alimentaire

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire, qui se traduit par des ingestions excessives d’aliments, de manière durable et répétitive. Appelées crises de boulimie, ces ingestions peuvent durer quelques minutes ou plusieurs heures. Ce trouble est souvent lié à une forme de dépendance, dans un contexte où la personne boulimique entretient avec la nourriture, un lien identique à la toxicomanie. Les causes de la boulimie sont multiples, mais il existe des traitements pour soulager les patients. Cet article fait le point sur les causes, les symptômes, les traitements possibles de la boulimie.

Boulimie : qu’est-ce que c’est ?

Tout comme l’hyperphagie ou l’anorexie mentale, la boulimie est une affection appartenant aux troubles du comportement alimentaires (TCA). Elle est caractérisée par l’apparition des crises de suralimentation, pendant lesquelles la personne atteinte avale de grandes quantités d’aliments sans s’arrêter. Plusieurs études effectuées ont rapporté que le volume de nourriture absorbé peut aller de 2000 à 3000 kcal par crise.

En effet, les individus atteints de la boulimie ont tendance à perdre complètement le contrôle, durant les crises et se sentent honteux suite à ces évènements. Après la crise, ces personnes adoptent des attitudes compensatoires non appropriées, pour essayer d’évacuer les calories avalées et éviter ainsi de prendre des kilos en trop. À cet effet, elles font recours à des activités physiques, au jeûne, à la prise des médicaments abusifs (diurétiques, lavements, purgatifs, laxatifs) ou aux vomissements.

Contrairement aux individus anorexiques en sous-poids, le patient boulimique présente généralement un poids normal.

Différence entre boulimie et les troubles apparentés ?

En dehors de la boulimie, il existe deux autres affections qui figurent dans la catégorie des troubles de la conduite alimentaire : l’hyperphagie boulimique et l’anorexie mentale avec crises de boulimie.

Hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique est une autre forme de trouble du comportement alimentaire, très apparentée à la boulimie. Elle se traduit par une présence de crises de suralimentation, mais le patient n’adopte pas des attitudes compensatoires pour éviter la prise de poids. Très souvent, ceux qui souffrent de l’hyperphagie boulimique affichent un excès de poids.

Anorexie mentale avec crises de boulimie

L’anorexie mentale est aussi un trouble de la conduite alimentaire, typiquement féminin, qui apparait à la puberté. Elle est caractérisée par la diminution ou la disparition de l’alimentation par refus ou absence d’envie de nourriture. Certains malades peuvent à la fois présenter les symptômes de la boulimie et de l’anorexie mentale. Dans ce contexte, on parle d’anorexie avec des crises de boulimie.

Quels sont les troubles liés à la boulimie ?

Les troubles en rapport avec la boulimie sont d’ordre psychopathologique. On distingue entres autres :

  • La dépression : environ 50% des personnes atteintes de la boulimie développent de la dépression durant leur vie ;
  • Une faible estime de soi : cela rend les personnes boulimiques très sensibles aux injures et principalement une estime de soi excessivement associée à l’image corporelle ;
  • Des troubles anxieux : ils sont présents chez environ 34% des personnes boulimiques ;
  • Des conduites à risque, comme l’abus des produits (drogue, alcool) qui affectent 41 % des individus atteints de la boulimie ;
  • Du trouble de la personnalité : il concerne environ 30% des personnes boulimiques.

Les attitudes compensatoires et le jeûne sont à l’origine des complications susceptibles d’entrainer des problèmes rénaux, gastro-intestinaux, dentaires et cardiaques.

Quelles sont les causes de la boulimie ?

Les vraies causes de la boulimie sont mises en évidence depuis les années 70, mais elles ne sont jusque-là pas connues.

Toutefois, de multiples hypothèses, encore à l’étude, tentent de donner l’origine de la maladie. À cet effet, les chercheurs évoquent de nombreux facteurs susceptibles de provoquer de la boulimie. Il s’agit des facteurs neuroendocriniens, génétiques, familiaux, psychologiques et sociaux.

Facteurs génétiques

Malgré qu’aucun gène n’ait été réellement identifié comme cause de la boulimie, les recherches évoquent un risque familial. Ainsi, lorsqu’un membre d’une famille est atteint de la boulimie, un autre membre de la famille présente un risque accru de la maladie.

Une autre recherche effectuée sur des jumelles identiques révèle que si l’une des jumelles est affectée par la boulimie, la probabilité pour que sa jumelle soit également atteinte est évaluée à 23%. En cas de jumelles différentes, c’est à dire dizygotes, ce risque passe à 9%. Par conséquent, les facteurs génétiques sembleraient jouer un rôle dans la survenue de la boulimie.

Facteurs neuroendocriniens

Il semblerait que les facteurs endocriniens, comme le déficit hormonal, soient impliqués dans ce trouble de la conduite alimentaire. Dans ce cas, c’est la baisse d’une hormone (RH-LH) participant à la régulation des fonctions ovariennes qui est mise en évidence. Ce déficit survient néanmoins en cas de perte de poids, mais les observations révèlent un taux de LH-RH normal, une fois que le patient reprend du poids. On en déduit donc que ce trouble est une conséquence de la boulimie et non une cause.

Sur le plan neurologique, plusieurs études ont mis en évidence un rapport entre un trouble de la satiété qu’on observe habituellement chez les personnes souffrant de la boulimie et un dysfonctionnement sérotoninergique. Rappelons que la sérotonine assure le passage du message nerveux entre les neurones. Fondamentalement, elle intervient dans la stimulation du centre de la satiété (partie du cerveau qui assure la régulation de l’appétit).

Ces études rapportent une réduction du volume de sérotonine chez les patients boulimiques et ce neurotransmetteur a tendance à augmenter après la guérison.  

Facteurs psychologiques

Au niveau psychologique, plusieurs études ont fait un rapport entre la survenue de la boulimie et la faible estime de soi, axée majoritairement sur l’image corporelle. Des recherches analytiques et des hypothèses révèlent des constantes au niveau de la personnalité, ainsi qu’au niveau des sentiments qu’éprouvent les adolescents atteints de la boulimie.

Le trouble de la conduite alimentaire affecte les jeunes personnes qui ont de difficultés à exprimer leurs sentiments et qui sont souvent incapables de cerner leurs propres sensations corporelles (sensations de satiété et de faim). Les jeunes adolescentes préfèrent rester inconsciemment des petites filles. Les affections provoquées par des troubles de la conduite alimentaire entrainent certains dysfonctionnements dans le corps (perte de formes, accompagnées de la baisse de poids, absence des menstruations, etc).

Facteurs sociaux

D’après des études effectuées sur la personnalité des individus atteints de la boulimie, il en ressort certains aspects de personnalité communs. Il s’agit du conformisme, du manque d’initiatives, d’inhibition des émotions et du comportement, du manque de spontanéité, etc.

Sur le plan cognitif, les études ont mis en évidence des pensées automatiques négatives (comme la prise de graisse n’est pas une bonne chose ou la minceur est un signe de bonheur), conduisant à des fausses croyances que l’on constate souvent chez les personnes souffrant de la boulimie.

De plus, il a été rapporté que la boulimie est une affection qui est plus présente dans les pays industrialisés. On peut donc en déduire que les facteurs socioculturels jouent un rôle considérable dans l’évolution du trouble de la conduite alimentaire.

Quels sont les facteurs de risques et les personnes à risque de la boulimie ?

Affectant beaucoup plus le sexe féminin que le sexe masculin (un garçon pour dix-neuf filles), la boulimie est une pathologie qui survient généralement vers la fin de l’adolescence. Comme tout trouble de l’attitude alimentaire, elle touche plus les personnes des pays industrialisés.

Cependant, certains corps de profession, tels que l’athlétisme, la danse, le mannequinat, le cinéma, enregistrent plus de patients de la boulimie que d’autres métiers, puisqu’ils nécessitent une certaine maitrise de son image corporelle et de son poids.

Quels sont les symptômes de la boulimie ?

La boulimie se manifeste par :

  • Une demande de régime de perte de poids ou amaigrissant ;
  • Des phases de suralimentation pendant lesquelles la personne boulimique mange jusqu’à parvenir au point d’inconfort ou sentir la douleur ;
  • Des vomissements après avoir mangé ;
  • De l’isolement ;
  • De l’irritabilité, de la culpabilité, de la honte, des sautes d’humeur ;
  • De la pratique d’activité sportive intense ;
  • Du signe de Russell (abrasions sur le dos de la main, associées aux vomissements) ;
  • Des habitudes alimentaires restrictives, des recours inappropriés à des produits : diurétiques, laxatifs, détox ou encore des compléments alimentaires ;
  • De l’angle sous-mandibulaire gonflé, c’est un signe indirect de la boulimie ;
  • D’une inquiétude des parents et proches, vis-à-vis de la conduite alimentaire.

En quoi consiste le diagnostic de la boulimie ?

Le diagnostic du trouble de la conduite alimentaire est basé sur la fréquence des épisodes de crises, ainsi que sur des essais de contrôle du poids. À cet effet, le médecin fera un interrogatoire afin d’écarter les pathologies apparentées à la boulimie telles que : la consommation compulsive de boissons, l’hyperphagie ou l’anorexie mentale. Chez les adolescents et les jeunes, il est recommandé de se faire consulter en plusieurs temps.  

Comment traiter la boulimie ?

Contre la boulimie, les psychothérapies cognitivo comportementales apparaissent comme les assistances les mieux évaluées. Elles semblent plus efficaces contre le trouble, comparativement à des traitements médicamenteux (comme la fluoxétine).

Les thérapies qui se réfèrent à l’hypnose ericksonnienne sont également efficaces contre le trouble de la conduite alimentaire, parce qu’elles sont capables de modifier les croyances qu’ont les personnes boulimiques. Plus encore, ce genre de thérapie prend moins de temps que les autres traitements. Plusieurs autres thérapies telles que les thérapies systémiques familiales, la physiothérapie interpersonnelle et l’inspiration psychanalytique ou la psychothérapie psychanalytique peuvent être effectuées. Toutefois, l’évaluation comparative de ces psychothérapies est très pauvre.

Il est aussi possible de faire une thérapie nutritionnelle, mais les résultats de celle-ci ne durent pas. Vous pouvez opter plutôt pour la thérapie visant à traiter spécialement le trouble de la personnalité ayant causé la boulimie, car elle donne plus de résultats. Il est préférable de faire cette thérapie en groupe, puisqu’elle est plus efficace dans ce cadre. L’essentiel est d’opter pour un traitement qui inclut l’insertion sociale, scolaire et familiale.

En ce qui concerne le traitement médicamenteux, il n’existe pas de médicaments spécifiques pour guérir la boulimie. Mais lorsque les symptômes de l’anxiété ou de la dépression surviennent chez le sujet, un traitement anxiolytique ou antidépresseur peut avoir un impact positif.

Autre traitement possible est la nutrition entérale exclusive. Elle consiste à faire la pose d’une sonde naso-gastrique dans l’habitation du patient. Pendant quelques semaines, le sujet sera nourri particulièrement par poche, tout en ayant le droit de boire uniquement de l’eau. Ensuite, le sujet apprendra à manger de nouveau au fil du temps. Cette prise en charge favorise 50% à 60% de guérison. Parallèlement aux soins, il est recommandé de faire un suivi psychologique au patient.

Quelles sont les complications possibles ?

À long terme, les crises de boulimie peuvent engendrer :

  • Un trouble du cycle menstruel ;
  • La dépression ou l’anxiété (des tentatives de suicide peuvent survenir par la suite, en cas de formes sévères) ;
  • De l’œsophagite : inflammation de l’œsophage ;
  • De la baisse de potassium, susceptible d’entrainer des troubles du rythme cardiaque ou encore de l’insuffisance rénale ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • L’érosion des dents en cas de vomissements répétitifs ;

Plusieurs autres symptômes du comportement alimentaire ou une addiction (comme alcoolisme, kleptomanie), peuvent survenir sur le long terme.

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