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Catatonie : causes, symptômes et traitements

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Catatonie : causes, symptômes et traitements
Femme ayant un problème psychiatrique: concept de catatonie

Ayant des impacts sur le comportement, la mobilité et le pronostic vital, la catatonie est une affection psychiatrique sérieuse. Quelles en sont les causes ? Comment se manifeste-t-elle ? Existe-t-il des traitements efficaces ?

Définition de la catatonie

Encore appelée le syndrome catatonique, la catatonie est un ensemble de problèmes mentaux d’ordre :

  • comportemental ;
  • moteur ;
  •  physique.

Selon un grand nombre de psychiatres, notamment le Dr Anne Sauvaget, la catatonie peut apparaître à tous les âges. Les causes de ce syndrome sont nombreuses.

Bon à savoir : les enfants et les adolescents sont rarement touchés par cette affection

Les causes de la catatonie

Sur le plan physiopathologique, ce trouble est le résultat d’un déséquilibre au niveau des neurotransmetteurs cérébraux. Ces derniers sont impliqués dans le fonctionnement des circuits contrôlant particulièrement les mouvements moteurs volontaires.

Nombreuses sont les pathologies ou affections à l’origine de la catatonie. Ces maladies sont principalement psychiatriques, mais aussi neurologiques. Outre ces causes, il existe aussi des facteurs non psychiatriques.

Causes associées à la psychiatrie

Principalement, les causes pathologiques sont au nombre de deux à savoir : lestroubles bipolaires et la schizophrénie (les troubles schizophréniques). Toutefois, il existe d’autres affections telles que :

  • la manie ;
  • la dépression mélancolique ;
  • le syndrome de Gilles de la Tourette ;
  • les troubles obsessionnels compulsifs.

 Les troubles spectres autistiques sont aussi des pathologies pouvant causer la catatonie.

Causes non associées à la psychiatrie

En dehors des origines pathologiques psychiatriques, certaines anomalies génétiques favorisent l’apparition du syndrome catatonique. En effet, elles provoquent des troubles psychomoteurs, lesquels requièrent des bilans complémentaires.

Ce sont en occurrence :

  • la prise de sang ;
  • l’imagerie cérébrale ;
  • la ponction lombaire.

Ces examens sont fortement recommandés pour la recherche d’une cause infectieuse, toxique ou inflammatoire.

En d’autres termes, les éléments non psychiatriques du syndrome catatonique sont entre autres les lésions et les infections du système nerveux central. Il y a aussi :

  • la sclérose en plaques ;
  • la maladie de Wilson ;
  • l’encéphalopathie auto-immune ;
  • les affections neuro-dégénératives ;
  • le déficit vitaminique en PP et B12 ;
  • le lupus systémique érythémateux ;
  • l’épilepsie.

Le sevrage de clozapine et de benzodiazépines peut aussi conduire à la catatonie. En outre, une forte toxicité de stéroïdes, d’antipsychotiques, de disulfirame et de phencyclidine facilite également l’apparition de cette affection psychiatrique. 

Attention : il arrive que malgré le bilan, la cause de la catatonie ne soit pas être découverte.

Syndrome catatonique : Quels en sont les symptômes ?

La catatonie possède des symptômes difficiles à identifier. En effet, ils sont tantôt évidents, tantôt subtils. Pour les détecter, il faut un examen complet du patient afin d’y trouver un quelconque problème.

Pour commencer, des signes de négativisme sont remarquables sur le plan moteur lors de l’apparition de cette affection ou trouble. Ils se traduisent par un patient qui offre une forte opposition ou qui ne répond pas du tout. En guise d’exemple, une personne atteinte de catatonie ne bouge pas lorsqu’on lui tend la main pour serrer la sienne ou quand on le salue de la tête.

Ensuite, le malade de catatonie peut présenter une immobilité partielle ou totale. En d’autres termes, une absence totale ou partielle d’activité psychomotrice. De manière plus claire, il ressemble à une statue de cire et il ne bouge absolument pas.

Le patient catatonique peut aussi être en proie à un trouble caractéristique. Il s’agit du signe del’oreiller. Ce symptôme consiste en ce que le malade maintient sa tête en l’air comme sur un oreiller.

De manière plus concrète, lorsque le haut du corps du patient est soulevé, il ne repose pas sa tête au terme de l’action. Il réagit exactement comme s’il avait bel et bien un oreiller sous sa tête. Dénommé la catalepsie, ce phénomène se définit par un maintien des postures imposées.

La personne atteinte de catatonie subit aussi un autre type de trouble. Il s’agit du maintien en l’air de sa main lorsque cette posture lui est astreinte par autrui. En effet, au lieu de reposer la main systématiquement, le patient peut la garder ainsi durant de nombreuses heures.

Une flexibilité cireuse est observée au niveau des articulations d’une personne catatonique, notamment au niveau de la main. Autrement dit, le professionnel de santé a l’impression de manipuler un bonhomme en cire ou en pâte à modeler.

Enfin, les moments de stéréotypies sont aussi un symptôme de la catatonie. Ils signifient la répétition de petits mouvements moteurs comme les tics.

Par ailleurs, sur le plan neurovégétatif, les patients peuvent avoir :

  • des sueurs importantes ;
  • des problèmes au niveau de la tension artérielle ;
  • des troubles respiratoires et cardiaques.

Il convient de préciser que les constantes du patient sont perturbées. Lors d’un cas sévère de catatonie, la personne touchée peut entrer dans le coma, voire mourir.

Bon à savoir : De façon générale, le patient ne se rappelle rien après une crise de catatonie. Aussi, l’intensité des symptômes varie d’un patient psychotique à un autre. Sur le plan comportemental, le patient peut soudainement s’agiter ou être totalement abattu. Quant à son humeur, il est souventinstable.

Comment est fait le diagnostic de la catatonie ?

La catatonie se diagnostique grâce à des examens cliniques et à l’histoire du patient psychotique. Le bilan médical idéal doit comporter :

  • une analyse sanguine ;
  • une observation faite sur la base d’imagerie cérébrale ;
  • un examen d’échantillon obtenu grâce à une ponction lombaire ou une biopsie.

Pour les formes sévères de catatonie, le diagnostic se fait assez facilement. Cela est possible grâce aux impressionnants symptômes et aux changements d’humeur brusques.

Par contre, les signes cliniques catatoniques légers sont difficiles à déceler. Leur subtilité rend le diagnostic plus complexe. Majoritairement, le médecin doit rechercher entre autres un évitement, de petits mouvements légèrement répétitifs et un refus de communiquer subtil.

Syndrome catatonique : quel est le traitement approprié ?

La prise en charge de la catatonie dépend de sa gravité. En effet, un syndrome catatonique peu important passe parfois inaperçu. Par conséquent, il ne nécessite aucun traitement. De ce fait, un traitement en fonction de la cause est le plus adapté. S’il est correctement mené, cette maladie disparaît spontanément.

Pour les cas plus sévères, un traitement symptomatique est d’abord nécessaire. Il sert à lever la catatonie. Cette solution doit être appliquée urgemment lorsque les troubles neurovégétatifs mettent en jeu le pronostic vital du patient.

Pour le mettre en pratique, le professionnel de santé fait usage des benzodiazépines, en particulier le lorazépam. Ils sont inoculés à des doses élevées comparativement à l’indication anxiolytique. Évidemment, ce traitement tient compte du diagnostic de chaque patient.

Une telle prise en charge demande une surveillance médicale pointilleuse. Ainsi, il est possible d’observer et d’anticiper sur d’éventuels effets indésirables comme la dépression respiratoire.

En cas d’insuffisance du traitement, une technique de neurostimulation est proposée par le médecin. La plus efficace et la plus populaire est l’électro-convulsivothérapie. Le but de cette méthode est de déclencher une crise convulsive généralisée d’environ 20 secondes.

Autrefois appelée sismothérapie, elle se fait sous anesthésie générale pendant quelques minutes. Pour obtenir une guérison complète, il faut plusieurs séances. Cependant, il est primordial de ne pas dépasser le seuil épileptogène de la personne atteinte de la catatonie.

Catatonie chez l’enfant : ce qu’il faut savoir

Il est très rare que la catatonie apparaisse chez l’enfant et l’adolescent. Même si les symptômes semblent similaires à ceux d’un adulte, certains sont plus importants chez l’enfant. Il s’agit notamment des signes de régression sur le plan du développement. 

Quant aux affections psychiatriques associées, elles sont les mêmes que celles retrouvées chez l’adulte. Néanmoins, la schizophrénie est plus prononcée que le trouble d’humeur. En psychiatrie de l’enfant, les autres graves problèmes rencontrés sont :

  • des antécédents de problème du neuro-développement ;
  • la morbidité ;
  • la mortalité.

En outre, une pathologie organique sous-jacente apparaît très fréquemment. Une estimation porte le pourcentage à 20% des cas.

Par conséquent, la recherche doit être systématique lorsque les signes précurseurs de la catatonie sont visibles. Ainsi, un traitement spécifique est immédiatement entamé afin de limiter la progression, voire supprimer la maladie. Par exemple, la prise d’immunosuppresseurs est nécessaire en cas de maladie auto-immune comme cause.

Il importe de préciser que les traitements symptomatiques sont aussi efficaces chez l’enfant que chez l’adulte. Cependant, les cliniciens psychiatres doivent en avoir une meilleure connaissance. Ainsi, ils sont en mesure de prescrire les dosages appropriés.

La catatonie est une maladie psychiatrique qui regroupe plusieurs autres affections du même type. Elle agit tant sur le mental que sur le comportemental (répétition de mouvements). L’impact s’étend aussi sur les paroles sous la forme d’un mutisme ou d’une écholalie (répétition de paroles). Heureusement, un bon diagnostic suivi du traitement adéquat permet d’y mettre un terme.