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Chirurgie bariatrique : Techniques, Complications et Traitements

La prévalence de l’obésité à travers le monde est assez élevée. Lorsque cette maladie est à un stade très avancé, on parle d’obésité morbide ou massive. Ainsi, dans le souci de traiter cette forme sévère d’obésité, différentes méthodes de prises en charge ont été développées. Parmi celles-ci se trouve la chirurgie bariatrique. Cette dernière prend en compte plusieurs techniques. Par ailleurs, il existe un risque de complications lié à la réalisation d’une chirurgie bariatrique. Qu’appelle-t-on chirurgie bariatrique et quelles sont les complications liées à sa réalisation ?

Définition de la chirurgie bariatrique

Chirurgie bariatrique  – Crédit : informationhospitaliere.com
Chirurgie bariatrique – Crédit : informationhospitaliere.com

On peut définir la chirurgie bariatrique comme étant une technique chirurgicale à laquelle on fait recours en cas d’obésité morbide. En d’autres termes, il s’agit d’une intervention dédiée aux patients atteints d’obésité sévère, lesquels sont menacés par leur condition de vie. Sa réalisation consiste à agir sur l’anatomie du système digestif, en la modifiant. Pour ce faire, différentes techniques opératoires sont envisageables. Il s’agit des techniques restrictives pures et des techniques mixtes.

Toutefois, la réalisation d’une chirurgie bariatrique nécessite un suivi préopératoire et postopératoire rigoureux. Chez les personnes adultes, le suivi en amont doit se faire six mois avant l’intervention, contre un an chez les adolescents. Au cours de cette période, le patient bénéficiera d’un suivi médical, qui sera marqué par l’intervention d’un :

  • Médecin-nutritionniste ;
  • Psychologue ;
  • Diététicien.

Ces différents experts vont jouer des rôles spécifiques, afin de limiter les complications liées à la réalisation de la chirurgie bariatrique, et surtout pour éviter une nouvelle prise de poids. La chirurgie bariatrique n’est donc pas à prendre à la légère. Sa réalisation exige un changement d’habitudes alimentaires ainsi qu’un suivi régulier.

Techniques de la chirurgie bariatrique

Elles regroupent les techniques mixtes et les techniques restrictives pures. Comme exemples de techniques restrictives pures, on peut citer l’anneau gastrique et la sleeve gastrectomie. Le but de ces deux techniques est de réduire la taille de l’estomac.

De façon spécifique, la technique de l’anneau gastrique vise à disposer un anneau aux alentours de l’estomac, pour diminuer son volume et surveiller la quantité d’aliments ingérée. L’anneau peut être placé de manière définitive ou temporaire. Après la pose de l’anneau, le patient ne ressentira plus de perturbations, lors de la digestion. Néanmoins, certains effets secondaires (stases gastriques ou vomissements par exemple) peuvent survenir, par moment.

En ce qui concerne la sleeve gastrectomie, elle est un peu plus à réaliser. Elle consiste à réduire, de manière chirurgicale, la taille de l’estomac.

Au sein des techniques mixtes de la chirurgie bariatrique, on retrouve principalement la technique du bypass gastrique (courtcircuit gastrique). Elle consiste en la diminution de la taille de l’estomac et la réduction de l’assimilation des aliments par l’organisme.

Bypass gastrique ou court-circuit gastrique – Crédit : informationhospitaliere.com
Bypass gastrique ou court-circuit gastrique – Crédit : informationhospitaliere.com

Pour ce faire, un pont est créé entre l’œsophage et l’intestin grêle. Les effets secondaires liés à cette technique sont, le plus souvent, des carences en certains nutriments et des troubles digestifs.

Indications de la chirurgie bariatrique

Pour bénéficier d’une chirurgie bariatrique, certaines conditions doivent être réunies :

  • Être atteint d’une obésité massive, qui a fait l’objet, au préalable, d’un traitement médical avec échec, pendant 6 mois à 1 an ;
  • Avoir un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 40 kilogrammes par mètre carré ;
  • Avoir un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 35 kg/m2, lequel est associé à un ou plusieurs troubles susceptibles d’être améliorés après l’intervention chirurgicale.

Lorsque la chirurgie bariatrique est réalisée, le patient peut perdre une importante masse corporelle. Toutefois, la réalisation de celle-ci doit être également secondaire à une décision médicale partagée. Le médecin chargé de réaliser l’intervention doit avoir les informations nécessaires sur les différentes techniques de la chirurgie bariatrique (avantages, complications et inconvénients). La chirurgie sera efficace, seulement si le patient bénéficie d’un suivi adéquat, modifie ses habitudes alimentaires et pratique une activité physique adaptée.

Chez les enfants et adolescents, les experts préconisent la réalisation d’une chirurgie bariatrique en dernier recours.

Dans le cas de l’enfant, l’indice de masse corporelle doit être interprété en fonction de deux critères, à savoir, l’âge et le sexe. Par ailleurs, la chirurgie bariatrique ne doit pas être envisagée chez les enfants présentant des troubles psychiatriques. Les enfants qui échappent à cette condition doivent être traités dans un centre spécialisé.

Chez les adolescents, les conditions à remplir sont entre autres :

  • Avoir 13 ou 15 ans au minimum ;
  • Avoir un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 40 kg/m2 ou un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 35 kg/m2 associé à un trouble sévère ;
  • Être en mesure d’appréhender les conséquences de l’intervention (autrement dit, avoir une certaine maturité) ;
  • Avoir un stade de croissance précis.

Une fois ces conditions remplies, le patient pourra bénéficier d’un suivi pluridisciplinaire et pluriprofessionnel pendant 365 jours. En cas de non-amélioration au terme de ce délai, le recours à la chirurgie pourra être envisagé.

La chirurgie bariatrique fait perdre énormément de poids. Toutefois, c’est la régularité du suivi préopératoire et postopératoire qui permettra au patient de maintenir un poids optimal. Le risque de reprise de poids est beaucoup plus élevé lorsque le suivi en aval et en amont n’a pas été efficace.

À la suite de l’intervention, le patient devra, dans un premier temps, consommer uniquement des aliments liquides, pendant sept jours. Ensuite, il devra privilégier la consommation des aliments tendres ou mixés, durant deux semaines, soit quatorze jours. Ce n’est qu’après ces trois semaines qu’il pourra progressivement se nourrir de tout ou presque. Pour éviter les vomissements et douleurs, qui apparaissent habituellement à la suite de l’intervention, le patient sera obligé de suivre quelques conseils diététiques. Ainsi, il doit dorénavant avoir une alimentation équilibrée et saine, ingérer de petites quantités de repas (tout en prenant soin de bien mastiquer), s’hydrater entre les repas, privilégier la consommation des aliments riches en protéines (poisson, produits laitiers et œufs, en particulier) et interrompre le repas en cas de manifestation de tiraillements digestifs.

En outre, il doit s’éloigner de certains aliments tels que les gâteaux, les sucreries ou encore des aliments excessivement riches en graisse. À l’instar de ces aliments, le patient doit éviter d’absorber des boissons gazeuses.

Complications de la chirurgie bariatrique

La suite d’une chirurgie bariatrique peut être marquée par l’apparition de complications se manifestant des mois ou des années après. Certaines complications comme une carence vitaminique ou une embolie gazeuse surviennent, peu importe la technique de chirurgie bariatrique choisie. Les carences vitaminiques concernent, le plus souvent, les vitamines B1, B9, B12 et D. On note aussi une carence en fer, calcium et zinc. Toutefois, le manque de vitamine B12 ou de fer peut engendrer une anémie. Un déficit en vitamine B1 peut être source de troubles neurologiques sévères (syndrome de Gayet Wernicke par exemple).

 Les autres complications sont liées à la technique choisie par le médecin.

Complications de la pose d’un anneau gastrique

À la suite de la pose d’un anneau gastrique, on remarque chez certains patients un serrage trop important de l’anneau. Cela entraîne une dilatation de l’œsophage et de l’estomac. Celle-ci, à son tour, peut être responsable d’une perforation gastrique et d’un glissement de l’anneau. En outre, le patient est exposé à des stases gastriques et une infection du système digestif (dans 1 % des cas).

Cependant, il est important de notifier que la perforation gastrique peut être aussi liée à une alimentation inadaptée.

Complications de la sleeve gastrectomie

La sleeve gastrectomie représente la technique de chirurgie bariatrique la plus utilisée. La complication la plus courante associée à celle-ci est la fistule. Cette dernière correspond à une fuite du liquide digestif, au niveau de la suture (ligne des agrafes). Une telle fuite peut engendrer une péritonite ou un abcès profond. Les patients fumeurs sont plus assujettis au développement de ces formes de complications.

En dehors des complications préalablement énumérées, une thrombose portale, une hémorragie au niveau de la suture, une remontée d’acide gastrique dans l’œsophage et une endobrachyosophage (qui peut évoluer en lésions précancéreuses) peuvent survenir. La remontée d’acide gastrique dans l’œsophage se manifeste chez près de 25 % des patients, âgés de 10 ans.

Le risque de mortalité à la suite d’une sleeve gastrectomie est de 0,1 %

Complications du bypass gastrique

Bypass gastrique – Crédit : informationhospitaliere.com
Bypass gastrique – Crédit : informationhospitaliere.com

Les fistules ainsi qu’une hémorragie au niveau de la ligne des agrafes représentent aussi des complications liées à la réalisation d’un bypass gastrique. En outre, le patient est exposé à une lithiase de la voie biliaire, une embolie pulmonaire, une occlusion intestinale et une infection de la paroi abdominale. À ces complications peut s’ajouter un risque d’ulcère.

Toutefois, il existe un risque de mortalité qui est estimé à 0,5 %.

Contre-indications de la chirurgie bariatrique

Cette forme de prise en charge n’est pas recommandée aux :

  • Patients atteints de troubles sévères du comportement alimentaire ;
  • Patients qui souffrent de troubles cognitifs et psychiatriques ;
  • Patients qui consomment des substances psychoactives ;
  • Patients souffrant de cancer ou d’un infarctus du myocarde ;
  • Femmes enceintes.

Le non-respect de ces contre-indications peut représenter un danger vis-à-vis de la santé du patient.

Diagnostic des complications de la chirurgie bariatrique

Pour établir le diagnostic des complications secondaires à une chirurgie bariatrique, les médecins réalisent, le plus souvent, une endoscopie. Celle-ci représente l’outil diagnostic le plus utilisé, dans le cadre de l’établissement du diagnostic des complications de la chirurgie bariatrique. La réalisation de l’endoscopie peut être précoce, autrement dit quelques jours après l’intervention. Elle doit être réalisée avec une insufflation au dioxyde de carbone. En cas de suspicion d’une fistule, l’endoscopie doit être associée à une radioscopie. Cela permettra de déterminer le trajet fistuleux et d’envisager un traitement adéquat.

En outre, le médecin peut opter aussi pour la réalisation d’un CTscan avec produit de contraste oral. Par ailleurs, en cas de dégradation accélérée de l’état du patient ou d’incertitude diagnostique, une laparoscopie exploratrice doit être effectuée rapidement.

Traitement des complications de la chirurgie bariatrique

Lorsque le patient souffre d’une hémorragie digestive, le médecin doit lui injecter une solution d’adrénaline, seulement après la réalisation d’une endoscopie, car c’est elle qui permettra d’identifier la source du saignement. La réalisation d’une thermocoagulation et l’usage de la poudre hémostatique hémospray peuvent être envisagés.

En cas de fistule, le médecin doit être en mesure de réaliser, en première intention, un drainage. Ce dernier consiste à poser une prothèse au niveau de l’orifice fistuleux. Alternativement, un drainage percutané, par voie radiologique, peut être aussi effectué.

Pour traiter les perforations, le médecin peut opter pour la réalisation d’un drainage externe et l’usage d’une eso éponge. L’eso éponge permet d’absorber les sécrétions infectées, facilitant ainsi la réduction progressive de la taille de la cavité perforatrice, jusqu’à fermeture complète.

Quant à la lithiase de la voie biliaire, une cholangio-pancréatographie rétrograde endoscopique (ERCP) peut permettre de la traiter.  

 

 

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