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Choléra : que savoir de la maladie bactérienne ?

Nombreuses sont ces maladies qui constituent de véritables dangers pour la santé publique à l’échelle mondiale. C’est le cas du choléra, une maladie bactérienne pouvant s’avérer fatale en l’absence de traitement. Quels sont les facteurs à l’origine de cette maladie ? Comment la reconnaît-on ? Quelles sont les solutions possibles pour son traitement et sa prévention ?

L’essentiel à savoir sur le choléra

Le choléra désigne une infection bactérienne qui survient notamment au niveau de l’intestin grêle. Il peut entraîner une forte déshydratation, ainsi qu’une diarrhée aiguë. Sa prévalence dans le monde, est estimée par les chercheurs, à près de 3 millions de cas par an. Les recherches stipulent également qu’environ 100 000 personnes malades meurent chaque année.

Le choléra – Crédit : informationhospitaliere.com
Le choléra – Crédit : informationhospitaliere.com

L’épidémie se propage presque partout où, une mauvaise hygiène conduit l’Homme, unique hôte de la bactérie, à être contaminé. La bactérie à l’origine du choléra est l’une des plus actives en temps d’émeutes, de guerres et d’inondations. En effet, la disponibilité d’eau saine est réduite par ces différents événements. Le choléra est surtout présent en Afrique, en Asie, en Amérique centrale, en Amérique du Sud et au Moyen-Orient.

Environ 4% des personnes qui présentent des symptômes graves du choléra dans le monde en meurent. Ce pourcentage inclut les patients qui reçoivent des soins de manière inappropriée ou trop lente, ainsi que ceux n’ayant pas accès à ces soins. Par contre, moins de 1% des patients gravement atteints décéderont de la maladie, s’ils reçoivent un traitement rapide et efficace.

Quelles sont les causes du choléra ?

Le choléra est provoqué par une bactérie du nom de Vibrio cholerae. La maladie est contractée suite à l’ingestion d’aliments ou d’eau souillés par cette bactérie. Après son absorption, la bactérie se répand sur la muqueuse de l’intestin grêle, et libère par suite une toxine. Cette dernière peut être à l’origine d’une diarrhée aqueuse et provoquer dans l’organisme, l’évacuation du liquide au sein de l’intestin grêle.

La maladie est généralement transmise par une eau souillée par des selles humaines. Sa transmission peut également avoir lieu par la consommation d’aliments contaminés tels que les fruits de mer et les crustacés crus ou pas correctement cuits.

On distingue plusieurs sérogroupes de la bactérie V. cholerae. Cependant, les flambées épidémiques proviennent uniquement de deux sérogroupes : O1 et O139. La plupart des dernières flambées sont issues du V. cholerae O1. Le O139, quant à lui, a été à l’origine de nombreuses flambées dans le passé. Il n’intervient désormais que dans des cas sporadiques et reste restreint à l’Asie. Toutefois, la maladie provoquée par les deux sérogroupes, demeure la même.

Choléra : quels sont les facteurs de risque ?

Un lien étroit existe entre la propagation du choléra et l’accès inadéquat à l’eau potable et aux installations sanitaires. De façon générale, les lieux à risque se résument aux bidonvilles périurbains ainsi qu’aux camps de réfugiés et de personnes déplacées au sein du pays. Les crises et conflits humanitaires peuvent également faire accroître le risque de propagation du choléra. Ces crises ont pour conséquence, la perturbation des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, ainsi que la réinstallation de personnes dans des camps non préparés et surpeuplés.

L’acide gastrique détruit les bactéries Vibrio. Les recherches ont montré que ceux qui ont de faibles niveaux d’acide dans leur œsophage (par exemple, ceux qui prennent des médicaments anti-acides), sont beaucoup plus susceptibles de développer le choléra. Les personnes appartenant au groupe sanguin O semblent également être plus à risque.

Comment se manifeste le choléra ?

Symptômes du choléra – Crédit : informationhospitaliere.com
Symptômes du choléra – Crédit : informationhospitaliere.com

Le principal symptôme du choléra est la diarrhée aqueuse, tellement grave qu’elle épuise rapidement le corps de ses minéraux, sels et d’eau. Un à trois jours après l’infection, on note l’apparition de la première selle liquide. À partir de ce moment, il est possible de perdre une quantité de liquide allant jusqu’à un litre par heure. La diarrhée peut être aussi accompagnée de vomissements. Un choléra avancé peut donner lieu à d’autres signes tels que :

  • Des crampes au niveau des muscles ;
  • Une salivation réduite ou altérée ;
  • Des yeux rétractés dans leurs orbites ;
  • Une hypovolémie et une hypokaliémie ;
  • Une peau rugueuse sur les doigts ;
  • Un pouls très faible ;
  • Une anurie et une oligurie.

La durée typique du choléra est de 3 à 6 jours. Mais, s’il n’est pas pris en charge à temps, il peut tuer par déshydratation, insuffisance rénale, coma et autres complications graves.

Par ailleurs, les symptômes de cette affection n’apparaissent que chez environ 25% des individus qui ingèrent la bactérie. De ce groupe, 80 % souffriront d’une diarrhée légère ou modérée, tandis que les 20 % restants souffriront d’une diarrhée sévère. Celle-ci pourrait d’ailleurs mettre leur vie en danger si elle n’est pas traitée de façon appropriée.

Les personnes qui ne présentent aucun symptôme, évacuent souvent le bacille à travers leurs selles. Cela peut sans doute entraîner sa transmission à d’autres personnes. Il n’existe actuellement aucune explication au fait que les symptômes soient présents chez certaines personnes, mais pas chez d’autres. Dans les zones de propagation du choléra, la majorité des adultes possèdent des anticorps qui les aident à se protéger de la maladie. Dans ces pays, les enfants et les individus souffrant d’une maladie connexe comme le SIDA, sont beaucoup plus susceptibles de présenter des symptômes graves.

Comment diagnostiquer le choléra ?

Plusieurs examens peuvent être pratiqués dans le but de diagnostiquer le choléra. En face d’une diarrhée cholériforme et des signes de déshydratation, une prise de sang peut être réalisée. Cette dernière permet d’évaluer l’importance de la déshydratation qui représente toute la gravité du choléra. Un examen effectué sur les selles à l’état frais permet d’identifier de façon rapide, la présence de vibrions à l’intérieur des selles. Enfin, une coproculture (culture des selles) est réalisée pour mettre en évidence le vibrion cholérique, et confirmer ainsi le diagnostic du choléra.

Quels sont les traitements possibles contre le choléra ?

Des traitements pour le choléra – Crédit : informationhospitaliere.com
Des traitements pour le choléra – Crédit : informationhospitaliere.com

Le traitement de base du choléra repose sur la compensation des pertes digestives d’eau et d’électrolytes, à partir d’une réhydratation par voie orale ou intraveineuse.  La voie orale peut être utilisée pour traiter les cas bénins, en se servant des produits de réhydratation normaux. Il est aussi possible de faire usage de la solution de réhydratation orale (SRO) que recommande l’OMS (Organisation mondiale de la santé). Cette solution est composée de 13,5 g de glucose, de 2,5 g de bicarbonate de potassium, de 2,6 g de NaCl et de 1,5 g de KCl, pour chaque litre d’eau potable.

La réhydratation IV par liquides isotoniques doit être employée en cas d’hypovolémie ou d’extrême déshydratation chez le patient. Une solution de KCl à 10 à 15 mEq/L peut être introduite dans une perfusion IV, en vue de compenser les pertes en potassium. On peut également envisager l’administration de 1 mL/kg de KHCO3 par voie orale, quatre fois par jour. La compensation du potassium est d’une grande importance, notamment chez les enfants qui tolèrent mal l’hypokaliémie.

Une fois la volémie rétablie, les quantités à prévoir pour remplacer les pertes de liquide doivent correspondre au volume des selles mesuré. Des évaluations cliniques habituelles (taille et fréquence des pulsations, volume d’urines émises en 24h…), permettent de confirmer l’adéquation de l’hydratation. En outre, les réserves d’hydro-électrolytes ne doivent pas être substituées par des solutés plasmatiques ou des vasopresseurs.

Par ailleurs, des antibiotiques sont généralement prescrits en traitement précoce. Ils permettent notamment d’éradiquer les vibrions, de réduire d’au moins 50% le volume des selles, et de mettre fin à la diarrhée dans les 48 heures. L’antibiotique à choisir dépend de la sensibilité des V. cholerae mis en isolement dans une population. Chez les adultes, les enfants, tout comme chez la femme enceinte, la doxycycline est indiquée en traitement standard. En cas de résistance à la doxycycline, des alternatives comme la ciprofloxacine et l’azithromycine peuvent être envisagées.

Quelques moyens de prévention du choléra

Le choléra peut être contrôlé et prévenu, en évacuant correctement les selles humaines et en purifiant les différentes réserves d’eau. Dans les régions endémiques, il est important de bouillir ou de chlorer l’eau avant de la boire ou d’en faire un autre usage.  Des comprimés désinfectants disponibles en pharmacie, peuvent également être employés. D’autres précautions peuvent encore être prises pour améliorer les chances de prévention du choléra.

  • Éplucher tous les fruits et légumes avant consommation ;
  • Mettre la nourriture hors de portée des mouches ;
  • Éviter la consommation d’aliments et de boissons provenant des vendeurs ambulants ;
  • Éviter la consommation du ceviche (poisson cru constituant un repas délicat en Amérique du Sud) ;
  • Se laver les mains à l’eau et au savon de façon régulière ;
  • Se méfier de façon particulière des crustacés d’où proviennent fréquemment les vibrions.

Les glaçons (excepté ceux faits avec de l’eau purifiée), les produits laitiers non pasteurisés et les crèmes glacées sont également à éviter.

Des vaccins anticholériques ont été élaborés dans la lutte et la prévention du choléra. Il en existe actuellement trois qui sont préqualifiés par l’OMS : Shanchol™, Dukoral® et Euvichol®. Chacun de ces trois vaccins doit être administré en deux doses, pour parvenir à une protection complète.

L’administration du Dukoral® s’effectue à l’aide d’une solution tampon nécessitant chez l’adulte, 150 ml d’eau potable. Dukoral® peut être administré à tout individu de plus de 2 ans. Un intervalle d’une semaine au minimum et d’un mois et demi au maximum doit être respecté entre l’administration des deux doses. Chez l’enfant entre 2 et 5 ans, une troisième dose est souvent nécessaire. Les voyageurs sont les plus concernés par l’utilisation du Dukoral®.

Les vaccins Shanchol™ et Euvichol® quant à eux, ne nécessitent pas de solution tampon pour leur administration. Ils peuvent être employés sur tout individu de plus d’un an. Un intervalle d’au moins deux semaines est requis entre les deux doses de chacun de ces deux vaccins. Une double dose d’Euvichol® et de Shanchol™ permettent d’acquérir une protection anticholérique durant trois ans. Par contre, la dose unique assure une protection à court terme.

Notons qu’en plus de la vaccination anticholérique, les autres moyens de lutte contre la maladie doivent être pris en compte. Toutefois, ces vaccinations ne doivent pas entraver le déroulement d’autres interventions sanitaires de grande importance, destinées à combattre les crises du choléra.

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