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Comment prévenir le cancer du col de l’utérus avec la conisation ?

La conisation est une intervention préventive bénigne. Elle consiste à retirer chirurgicalement une partie du col de l’utérus, principalement les dysplasies cervicales. En effet, ces dernières sont susceptibles d’évoluer de façon non systématique vers un cancer du col de l’utérus. Qu’est-ce que le cancer du col de l’utérus ? Qu’est-ce que la conisation et comment se déroule-t-elle ?

Présentation du cancer du col de l’utérus

Cancer du col de l’utérus – © Crédit : informationhospitaliere.com

Localisé au niveau de la muqueuse utérine, le cancer du col de l’utérus est une tumeur. Il apparaît suite à une longue exposition au papillomavirus humain. C’est un cancer très répandu. Chaque année, près de 250 000 décès sont liés à cette pathologie.

Faisant partie des organes reproducteurs de la femme, l’utérus est destiné à recevoir l’ovule fécondé et à garder le fœtus durant tout son développement. L’organe est situé en arrière de la vessie et en avant du rectum, au niveau du petit bassin. C’est une cavité creuse de forme triangulaire qui mesure environ 5 centimètres de large et 10 centimètres de haut.

Partie la plus inférieure de l’organe, le col utérin débouche sur le vagin. Le corps utérin constitue la partie la plus volumineuse de l’utérus. Celui-ci est relié par ses extrémités supérieures gauches et droites aux trompes utérines. Trois couches forment la paroi utérine. Il s’agit de la :

  • séreuse utérine, qui représente la paroi externe;
  • muqueuse utérine (endomètre), qui est la paroi interne ;
  • couche intermédiaire musculaire (myomètre).

Le col de l’utérus est recouvert d’une muqueuse. Cette dernière est chargée de secréter la glaire cervicale. Le rôle de cette muqueuse est indispensable dans les fonctions biologiques de l’utérus. Elle est composée :

  • d’une première couche externe appelée épithélium ;
  • d’une seconde couche interne appelée tissu conjonctif.

C’est au niveau de l’épithélium que naît la majorité des cancers du col de l’utérus. Il est divisé en deux parties que sont :

  • l’exocol, qui est orienté en direction du vagin ;
  • l’endocol, qui est orienté vers l’utérus.

La quasi-totalité des cancers naît au niveau de la muqueuse du col. Ce sont des tumeurs de type carcinome. On en distingue également deux variantes. Il s’agit entre autres des :

  • Adénocarcinomes, quise développant au niveau de l’endocol et qui représentent environ 15 % des cas ;
  • Carcinomes épidermoïdes, qui se développant dans l’exocol et constituent plus de 85 % des cas.

En France, par exemple, le cancer du col de l’utérus est la 12e maladie tumorale la plus courante. Actuellement, le taux de survie serait de 62 %.

Les facteurs de risque de ce cancer

Être exposé au papillomavirus humain représente un facteur de risque majeur du cancer du col de l’utérus. Ce virus est transmis par :

  • un contact avec la peau ;
  • un contact avec les muqueuses, généralement par voie sexuelle.

Il est vrai que le préservatif limite le contact avec la peau, mais celui-ci ne permet pas pour autant une protection complète. Les papillomavirus 16 et 18 sont généralement à l’origine de 70 % des cas du cancer du col de l’utérus. Ils ne causent donc pas la totalité des tumeurs.

L’infection au papillomavirus est extrêmement fréquente. D’après certaines estimations, environ 80 % des femmes auraient été infectées au moins une fois dans leur vie. Cependant, le virus persiste au niveau de la muqueuse du col utérin, dans environ 10 % des cas. Ce virus peut provoquer une modification de l’épithélium. Dans ce cas, on parle de lésions cancéreuses. Ces lésions peuvent évoluer ou pas en cancer du col de l’utérus.

Par ailleurs, outre le papillomavirus, d’autres facteurs augmenteraient le risque de contracter ce cancer. Il s’agit :

  • du tabac ;
  • d’une précocité des rapports sexuels ;
  • d’un traitement immunosuppresseur (ce genre de traitement rend l’organisme plus vulnérable aux infections, car il affaiblit les défenses immunitaires) ;
  • du nombre de partenaires des rapports sexuels ;
  • d’une utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux ;
  • de certaines infections sexuellement transmissibles comme l’herpès.

De plus, avoir plusieurs enfants et être porteur du VIH peuvent déclencher cette tumeur. Cependant, dans l’optique de prévenir le cancer du col de l’utérus, les médecins recommandent, généralement une conisation.

La conisation : qu’est-ce que c’est ?

La conisation est une technique chirurgicale visant à retirer une partie du col de l’utérus. On réalise généralement ce genre d’intervention en cas de localisation d’une dysplasie. La dysplasie est une anomalie du col de l’utérus. Selon son évolution, elle est classée (du grade I au grade III) en Cervical Intraépithélial Neoplasia (CIN).

  • Les dysplasies légères

Elles représentent les dysplasies de bas grade. Cette forme n’est pas traitée. Elle est tout simplement surveillée par le gynécologue. Environ 10 % des dysplasies de grade I évoluent en lésions précancéreuses.

  • Les dysplasies modérées et sévères

Elles sont qualifiées de « dysplasies de haut grade ». Chez les plus jeunes et les femmes, elles peuvent ne pas évoluer ou disparaître. Cependant, au fil du temps (10 à 15 ans d’évolution), approximativement 5 à 12 % d’entre elles déclencheront un cancer invasif.

Le médecin recommande, le plus souvent une conisation après :

  • la découverte d’une dysplasie du col utérin au cours d’un frottis vaginal ;
  • la découverte d’un cancer micro-invasif du col utérin (durant un frottis cervico-vaginal), d’une lésion précancéreuse ou encore suite à une biopsie effectuée sous colposcopie.

En absence de prise en charge, ces lésions peuvent entraîner un véritable cancer du col de l’utérus. La conisation permet :

  • d’analyser entièrement le fragment prélevé. Elle favorise une connaissance précise du type exact de lésion. Cette connaissance évitera une discordance entre l’analyse définitive et les biopsies préopératoires ;
  • de retirer la lésion précancéreuse du col utérin. Elle vise à éliminer et à freiner l’évolution des lésions dysplasiques.

Déroulement de la conisation

Dans la majorité des cas, l’intervention s’effectue sous anesthésie locale ou générale du col, selon :

  • les décisions du chirurgien, de l’anesthésiste ;
  • le choix du patient.

Cependant, l’intervention est exécutée en salle d’opération (sous anesthésie générale) en cas de risque hémorragique élevé. Le gynécologue-chirurgien est l’expert qui se charge de réaliser cette intervention. La conisation s’effectue par voie vaginale. En effet, le médecin expert (gynécologue-chirurgien) met en place un spéculum pour accéder au col par le vagin. Par conséquent, aucune cicatrice externe n’est visible.

  •  Le gynécologue commence par une observation visuelle du col de l’utérus (colposcopie). Celle-ci vise à déterminer les limites des lésions à retirer.

Pour retirer la totalité des lésions, la conisation doit être assez profonde et dépasser d’au moins 3 millimètres la périphérie de la zone anormale. Par ailleurs, si la patiente envisage de porter une grossesse à l’avenir, le gynécologue-chirurgien doit être plus prévoyant. Dans ce cas, une nouvelle colposcopie sera exécutée. Celle-ci permet de délimiter les lésions. Elle est réalisée au début de l’intervention.

Le médecin peut se servir d’un laser ou d’un bistouri électrique pour faire l’intervention. Suite à cela, il se peut que la patiente saigne pendant plusieurs jours, car le col est particulièrement vascularisé. Les suites de cette opération sont habituellement douloureuses. En effet, l’extérieur du col de l’utérus est légèrement innervé. Pour soulager ces maux, le médecin prescrit généralement des antidouleurs.

Sur une durée de quatre à six semaines, la patiente doit éviter de :

  • prendre des bains ;
  • se rendre à la piscine ;
  • avoir des rapports sexuels.

Elle doit aussi éviter l’utilisation des tampons périodiques et toutes les pratiques susceptibles de ralentir la cicatrisation. Elle ne doit pas prendre l’avion dans cette période également.

Enfin, il y a le suivi post-opération. Le chirurgien est chargé de communiquer à la patiente les résultats de l’analyse cytopathologiques, une semaine après l’intervention. Trois à six mois après, la patiente doit prendre rendez-vous avec son chirurgien pour une consultation de contrôle. Cette dernière vise à vérifier la bonne cicatrisation du col ainsi que l’absence de lésion. Souvent, la conisation peut entraîner un rétrécissement de l’orifice du col. On parle de sténose.

Les effets indésirables

La conisation comporte des risques (rares) qui doivent être connus. Il s’agit :

  •  du risque d’hémorragie qui se manifeste pendant 10 jours en période postopératoire. L’apparition d’un saignement peut nécessiter l’installation d’une mèche vaginale par le chirurgien ;
  • du risque d’infection : se manifestant par des douleurs pelviennes, une fièvre et des pertes vaginales ;
  • du risque d’accouchement prématuré et de fausse couche spontanée ;
  • des risques liés à l’anesthésie ou les allergies ;
  • de la sténose du col : elle se caractérise par un resserrement du canal du col de l’utérus. La sténose est susceptible d’empêcher l’apparition des règles, de gêner l’ouverture du col lors de la grossesse, de nuire à la qualité des frottis de surveillance.

La conisation n’a pas un réel impact sur la fertilité. En revanche, les femmes opérées ont deux fois plus de risque d’accoucher avant terme. Les femmes dans la trentaine sont les plus exposées. Ce risque ne doit pas être négligé.

En somme, la conisation est une intervention chirurgicale qui vise à prévenir le cancer du col de l’utérus. Elle est réalisée par un gynéco-chirurgien. L’intervention s’effectue sous anesthésie locale ou générale. Durant l’opération, le médecin expert se sert le plus souvent d’un laser et d’un bistouri électrique. Par ailleurs, il se peut que les jours qui précèdent l’opération, la patiente saigne. Celle-ci doit par conséquent avertir son médecin. Quoi qu’il en soit, le bon déroulement de cette opération préserve la patiente du cancer du col de l’utérus.

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