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Comment traiter la porphyrie ?

Maladie génétique rare, la porphyrie est un mal qui touche selon de récentes études, moins d’une personne sur 75 000 en Europe. Cette pathologie se révèle assez grave et peut, dans les cas extrêmes, conduire à la mort du sujet atteint. Qu’est-ce que la porphyrie ? Quels sont les causes et symptômes de cette affection ? Quels sont les moyens de traitements de cette maladie ?

La porphyrie : qu’est-ce que c’est ?

Touchant généralement le système nerveux et la peau, la porphyrie est une maladie rare caractérisée par une accumulation de porphyrines dans le corps. En effet, les porphyrines sont les principaux précurseurs de l’hème. Celui-ci représente une substance présente dans l’hémoglobine, et qui sert de transport de gaz dans le sang. Il s’agit également de ce pigment qui donne au sang, sa couleur rouge. Constituant essentiel de plusieurs protéines, il se relève très important dans le fonctionnement de certains enzymes typiques du foie.

En effet, la synthèse de l’hème est possible grâce à l’action de huit différentes enzymes. Celles-ci agissent distinctement l’une après l’autre, pour transformer certains constituants initiaux en d’autres composés intermédiaires (porphyrines) pour former l’hème. En cas de porphyrie, les porphyrines ne sont plus totalement converties en hème, car l’organisme ne dispose plus suffisamment de ces enzymes. Ainsi, l’absence de l’un de ces huit enzymes provoque une accumulation de certaines porphyrines dans les tissus du corps. Cette accumulation entraîne des lésions du système nerveux ou des affectations cutanées.

Les porphyries existent sous deux formes : les porphyries aiguës qui affectent le système nerveux et les porphyries cutanées qui, comme l’indique le nom, touchent la peau. Parmi les porphyries aiguës, on distingue entre autres : la porphyrie aigüe intermittente (PAI, forme plus courante), la coproporphyrie héréditaire (HCP), la porphyrie variegata et la porphyrie par déficit en ALA déshydratase (PDA).

Les porphyries cutanées quant à elles, existent également sous diverses formes. On peut citer:

  • La porphyrie cutanée tardive (PCT, plus courante dans ce cas) ;
  • La porphyrie erythropoïétique ; congénitale ;
  • La photoporphyrie et
  • La protoporphyrie erythropoïétique dominante.

La porphyrie, lorsqu’elle est chronique, peut durer des années ou même toute la vie, et peut conduire à une mort subite. Dans tous les cas, un traitement adéquat peut aider le patient.

La porphyrie : quelles sont les causes ?

Très souvent, les diverses formes de porphyrie observées sont héréditaires. En effet, elles proviennent d’un disfonctionnement de gènes responsables des enzymes de fabrication de l’hème. En effet, ce dysfonctionnement se traduit par le déficit de l’un de ces enzymes à l’origine de la porphyrie.

Le gène responsable de cette pathologie peut se transmettre par un seul parent, lorsqu’il est autosomique dominant, et selon le modèle autosomique récessif, par les deux parents.

Par ailleurs, hormis le risque génétique, il existe d’autres facteurs qui peuvent déclencher ou accentuer les porphyries. On note entre autres :

  • La carence en enzyme ; porphobilinogene désaminase PBG ;
  • L’excès de fer dans l’organisme ;
  • Les maladies chroniques du foie ;
  • L’exposition accrue à certaines toxines comme le plomb, le mercure…) ;
  • Les troubles liées à l’hémoglobine (thalassémie, drépanocytose…) ;
  • Les infections récurrentes ;
  • Les changements hormonaux chez la femme.

Par ailleurs, la prise de certaines drogues ou produits chimiques, un régime faible en glucides et en colories, une forte consommation d’alcool, le tabagisme et l’exposition au soleil, sont également de potentiels facteurs responsables d’une porphyrie.

Symptômes de la porphyrie

Les porphyries se manifestent de diverses manières selon le type. Ainsi, les cas de porphyries aigües touchent principalement le système nerveux. Les symptômes de cette forme apparaissent très rapidement puis, peuvent être mortels. Parmi ces signes, on distingue principalement :

  • Des émissions urinaires, qui, à la lumière, se colorent en rouge ou en brun ;
  • Des douleurs abdominales atroces ;
  • Un gonflement de l’abdomen ;
  • Des problèmes liés à la cage thoracique ;
  • Des difficultés respiratoires ;
  • Une hypertension artérielle ;
  • Une modification du rythme respiratoire.

En outre, on peut également citer les crises d’épilepsie, les nausées suivies de vomissements, des douleurs dans les jambes, dans le ventre et dans le dos comme étant des manifestations de la porphyrie aigüe. Les diarrhées chroniques et l’insomnie en sont de même.

Des symptômes psychiques de porphyrie aigüe peuvent s’exprimer sous forme d’une anxiété, d’hallucinations ou encore sous forme d’un sentiment de désorientation

Par ailleurs, lorsque la porphyrie est liée à la peau (porphyrie cutanée), les manifestations sont les suivantes :

  • Des brûlures liées à la sensibilité au soleil et à la lumière artificielle ;
  • Des rougeurs et une tuméfaction douloureuse au niveau de la peau ;
  • Une peau mince et fragile ;
  • Un changement de couleur de la peau ;
  • Une apparition de cloques (ampoules) au niveau de la main, des bras et parfois sur le visage ;
  • Une pilosité constatée au niveau de la zone infectée.

La porphyrie : quel diagnostic ?

Pour établir un diagnostic de la porphyrie, des échantillons de sang, d’urine ou de selles sont généralement prélevés par le médecin. Pour une analyse d’urine par exemple, le médecin vérifie le taux des précurseurs de porphyrines tels que l’acide delta-aminolevulinique et le porphobilinogene PBG. En cas de crises, leurs taux sont souvent très élevés.

A partir du même prélèvement, une vérification de la quantité d’ALA déshydratase et de la créatinine urinaire est necessaire, lorsqu’une quelconque suspicion clinique est observée. Des taux d’ALA cinq fois supérieurs au taux normal, indiquent une crise aigüe, sauf si l’individu est génétiquement porteur de la maladie.

Lorsque les résultats des analyses de type PBG/créatinine et ALA/créatinine de l’urine sont à la normale, on possède alors à une mesure des porphyrines urinaires. Un nombre important de ceux-ci dans l’urine indique une crise de porphyrie aigüe.

Par ailleurs, un taux élevé d’ALA urinaire et une coproporphyrie associé à un PBG normal ou légèrement élevé, indique une intoxication par le plomb.

Lorsqu’il est remarqué une augmentation d’ALA et de PBG, lors de l’analyse de l’urine, une étude des porphyrines se retrouvant dans les matières fécales est recommandée. Le nombre de ces porphyrines est généralement à la normale, dans le cas d’une porphyrie aigüe intermittente. Par contre, on observe un nombre très élevé de ces porphyrines, dans le cas d’unecoproporphyrie héréditaire ou d’une porphyrie variegata.

Mesurer l’activité des enzymes ALA Déshydratase et PBG désaminase dans les globules rouges, est utile pour établir un diagnostic de porphyrie aigüe intermittente. En cas de crises, leur activité diminue d’au moins 10 % de la normale.

Par ailleurs, le médecin, en cas de porphyrie cutanée, fait recours aux techniques d’imagerie telles que le scanner et les radiographies.

Comment traiter la porphyrie ?

Il n’existe aucun traitement curatif de la porphyrie. Toutefois, ses symptômes peuvent être traités. Le traitement dépend donc du type de porphyrie et du type de symptôme observé. Dans le cas d’une porphyrie aigüe, un traitement particulier est prescrit. Il s’agit de la prise :

  • Des bêta-bloquants contre l’hypertension artérielle et les problèmes liés au cœur ;
  • Des médicaments permettant de réduire l’anxiété ;
  • Des antiémétiques pour la prévention des nausées et vomissements ;
  • Des analgésiques contre la douleur.

Par ailleurs, 300 à 500 g de dextrose ou de glucose par jour, permettent de réguler négativement l’ALA synthétase hépatique (ALAS1) et de soulager les symptômes. Lorsque l’individu ne fait pas de vomissements, ce glucose peut être administré par voie orale. Dans le cas contraire, on peut l’administrer en IV.

Plus efficace que le dextrose et le glucose, l’hème IV est conseillé lorsque la crise est sévère ou a conduit à une faiblesse musculaire. La dose est de 3,5 à 5,5mg/kg IV, injectable une fois par jour pour une durée de quatre (04) jours. Cette dose soulage les symptômes habituellement après 3 à 4 jours. Outre l’hème IV, une autre solution aussi efficace est l’hème arginate.

D’autre part, le givosiran est également une substance disponible pour le traitement des personnes adultes atteintes de la porphyrie aigüe. Il s’agit d’un ARN interférant, qui a pour rôle de cibler et de réguler l’ALAS1. Administré à une dose mensuelle de 2,5 mg/kg par injection sous cutanée, il réduit la fréquence des crises récurrentes de porphyrie aigüe intermittente.

En cas de crises graves, de lésions rénales ou neurologiques, on peut faire le recours à une option de traitement appellée la transplantation hépatique. Il s’agit d’une méthode qui corrige le déficit en PBG désaminase, et résout ainsi les troubles biochimiques.

Contrairement à la porphyrie aigüe, la porphyrie de type cutané, est traitée par la prise de médicaments pouvant réduire la sensibilité au soleil.

 

 

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