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Comment traiter le syndrome de Gilles de la Tourette ?

Le cerveau est probablement l’un des organes les plus sensibles de l’être humain. Il est constitué de plusieurs éléments, dont les neurones, qui représentent d’ailleurs son unité de base. Les neurones jouent un rôle prépondérant dans la transmission des influx nerveux. Cependant, il arrive parfois que cette partie du cerveau soit attaquée par des affections : le Syndrome de Gilles de la Tourette est l’une de celles-ci. Quelles sont les causes et manifestations de cette affection ? On vous explique tout dans cet article.

Description de la maladie

Connu sous le nom du syndrome de Gilles de la Tourette, le SGT est une affection neuropsychiatrique qui survient généralement au cours de l’enfance. La maladie de Gilles de la Tourette est caractérisée par des mouvements ou sons répétitifs compulsifs : il s’agit des tics. Notons que ces tics sont brefs, soudains, involontaires et intermittents. Plusieurs troubles comportementaux sont associés à cette maladie, notamment les troubles :

  •  Obsessionnels compulsifs ;
  •  De l’attention ;
  •  De l’apprentissage ;
  •  De l’hyperactivité.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette maladie neuropsychiatrique n’affecte aucunement les capacités intellectuelles du patient. Seule la coprolalie (émission inappropriée et courante de mots orduriers d’ordre scatologique ou sexuel), qui est l’une des manifestations de ce syndrome, se retrouve chez près de 25 % (approximativement) des patients.

Causes et prévalence du SGT

Cette affection neurologique n’est pas rare. Le SGT touche un nouveau-né sur 1500 naissances. Les garçons sont plus assujettis au développement de ce syndrome, qui touche une fille pour quatre garçons. Par ailleurs, certaines sources affirment que la maladie de Gilles de la Tourette est moins répandue en Afrique subsaharienne. Aussi, sur 250 individus atteints, seul un présente des formes mineures de la maladie.

Jusqu’à nos jours, l’origine exacte de cette maladie neuropsychiatrique n’est pas identifiée. Toutefois, certains experts médicaux émettent l’hypothèse selon laquelle cette maladie serait d’origine génétique. Outre les facteurs génétiques, quelques facteurs environnementaux peuvent expliquer la survenue de cette affection neurologique. Il s’agit entre autres :

  • De l’exposition aux produits toxiques ;
  • Des infections par streptocoques ;
  • Des réactions immunitaires exagérées.

Il se pourrait que l’interaction de ces deux facteurs (environnementaux et génétiques) préalablement énumérés explique la diversité des symptômes du syndrome de Gilles de la Tourette.

Mécanisme des tics du SGT

Des chercheurs essaient de mieux comprendre les anomalies responsables des tics sonores et moteurs de la maladie de Gilles de la Tourette. Pour ce fait, ils se sont plus concentrés sur le niveau moléculaire. Ainsi, ils pourront détecter les médicaments pouvant favoriser le traitement du syndrome.

Il semblerait qu’une hyperactivité de certaines régions cérébrales sécrétant de la dopamine soit à l’origine des tics du SGT. La dopamine a un effet sur la concentration, la motivation et la productivité. En d’autres termes, elle intervient dans les circuits neuronaux qui contrôlent certains comportements et mouvements. C’est au sein du locus niger (substance noire) que la dopamine est produite. Le locus niger (structure cérébrale) fait partie des noyaux gris centraux. Les tics dont souffrent les personnes atteintes de la maladie de Gilles de la Tourette seraient donc engendrés, par des dysfonctionnements de conduction neuronale au niveau des régions utilisant la dopamine.

Manifestations du SGT

Ce syndrome apparaît habituellement pendant l’enfance. La manifestation des symptômes primaires débute à partir des premières années d’école. De ce fait, les enseignants des classes primaires sont, le plus souvent, les premiers à faire face à ces symptômes.

Les symptômes de cette pathologie neuropsychiatrique ne se manifestent pas de manière identique chez tous les patients. Différentes parties de l’organisme sont touchées par l’expression des tics. De plus, les symptômes de cette pathologie peuvent varier durant toute l’existence du patient.

Chez l’enfant, les tics moteurs sont habituellement les premiers à apparaître. Ils attaquent le haut du corps et la face. Les tics vocaux émergent à la suite des tics moteurs, mais plus tardivement. L’intensité des tics est fonction de la gravité de la maladie. Ceux-ci peuvent s’aggraver ou disparaître soudainement avant de reparaitre des années plus tard.

L’entourage du patient doit clairement comprendre que les tics que celui-ci manifeste ne sont pas volontaires. Habituellement, ils apparaissent « brutalement ». Leur récurrence et leur intensité sont provoquées par :

  • La fatigue ;
  • Le stress ou encore
  • L’anxiété.

L’exposition à des contraintes défavorables à la maladie de Gilles de la Tourette entraîne une importante stimulation des mécanismes à l’origine des tics.

Tics moteurs

Toujours présents durant le SGT, les tics moteurs sont issus des contractions musculaires involontaires. Ils peuvent être simples ou complexes. Il est question de tics moteurs simples lorsqu’un seul groupe musculaire est affecté. Rapides et soudains, les tics moteurs simples sont également caractérisés par un manque de signification particulière. Comme exemple de tics moteurs simples, on peut citer :

  • Le roulement des yeux ;
  • Les secousses de la tête ;
  • Des mouvements de la bouche et des épaules.

Quant aux tics moteurs complexes, ils concernent plusieurs groupements musculaires. Ceux-ci sont plus coordonnés. En raison de la signification qu’ils dégagent, les individus extérieurs perçoivent les tics moteurs complexes comme étant des mouvements volontaires. Voici ci-dessous quelques exemples de tics moteurs complexes :

  • L’échopraxie (tic de celui qui reproduit automatiquement et involontairement les gestes exécutés devant lui par autrui) ;
  • Les gestes obscènes ;
  • Le besoin d’allumer et d’éteindre les lumières.

À ces exemples de tics moteurs complexes préalablement cités, on peut ajouter la manie de tout sentir et de tout toucher.

Tics sonores

Tout comme ceux moteurs, les tics sonores peuvent être dotés de complexité et de simplicité. Les tics sonores simples regroupent l’ensemble des bruits involontaires :

  • Grognements ;
  • Raclements de gorge ;
  • Rires involontaires ;
  • Reniflements.

Les tics sonores complexes sont caractérisés par des répétitions de termes ou mots ou de sections de phrases. Il s’agit :

  • Des répétitions rapides de mots ou syllabes (palilalie) ;
  • De la répétition des mots d’une tierce personne (écholalie) ;
  • De l’émission de grossièretés ou insultes involontaires (coprolalie).

Le SGT est principalement connu, par la majorité des individus en raison de la coprolalie. Pourtant, il y a que 25 % des individus atteints qui présentent ce symptôme.

Dès la fin de la puberté et au début de l’âge adulte, l’association des tics sonores et moteurs a tendance à régresser chez les patients. Au fil du temps, ceux-ci arrivent en effet, à « maîtriser » les facteurs déclenchant les tics.

Troubles du comportement associés au SGT

La gravité du syndrome de Gilles de la Tourette dépend également des troubles comportementaux qui lui sont associés. De tous les troubles comportementaux, les troubles obsessionnels compulsifs sont les plus courants.

Entre autres, on peut citer :

  • Les changements d’humeur brutaux ;
  • L’impulsivité ;
  • Des accès de rage et colère (lorsqu’elle se manifeste, le patient perd le contrôle et détruit tout ce qui l’entoure ; une fois cet épisode terminé, il ne se rappelle plus l’acte posé) ;

On peut aussi parler des déficits de l’attention et des automutilations.

Diagnostic du SGT

Le diagnostic de cette affection neuropsychiatrique est clinique. Il est préférable de se rendre chez un médecin qui a l’habitude de détecter la maladie. Étant donné que cette maladie a un caractère génétique, le médecin pourrait procéder à un interrogatoire à l’ensemble de la famille, afin de détecter d’autres éventuels cas. Ensuite, les troubles comportementaux associés au syndrome, les tics moteurs et sonores prennent toute l’attention du médecin. Plusieurs critères ont été établis pour faciliter le diagnostic du SGT :

  • Fréquence des tics (tous les jours et plusieurs fois par jour) ;
  • Apparition des tics avant l’âge de 18 ans ;
  • Plusieurs tics moteurs et au moins un tic vocal ;
  • Absences de causes que l’on pourrait identifier.

Le médecin pourrait prescrire aux patients des scanners ou IRM en vue d’éliminer d’autres causes potentielles de la maladie.

Traitement du SGT

Actuellement, aucun traitement ne permet de guérir ou de traiter entièrement la maladie de Gilles de la Tourette. Toutefois, certains médicaments sont utilisés pour agir sur les troubles comportementaux (associés à la maladie) et sur les tics. Par ailleurs, ces traitements sont administrés lorsque les symptômes de la maladie impactent significativement la vie du patient. Lorsque le syndrome est à un stade mineur, les médecins n’exigent habituellement aucun traitement particulier.

Traitement médicamenteux des tics

Selon la gravité des tics et leur retentissement sur la vie du patient, le médecin pourra prescrire des neuroleptiques ou des agonistes alpha-2 adrénergiques.

Les neuroleptiques sont utilisés pour traiter les tics qui sont à un stade modéré ou sévère, à travers le blocage du circuit de la dopamine. Rospéridone et Halopéridol sont des formes de médicaments neuroleptiques utilisés dans ce type de traitement.

Quant aux agonistes alpha2 adrénergiques, ils permettent de traiter les tics légers. Par ailleurs, il est important de notifier que ces médicaments peuvent produire des effets indésirables, notamment la fatigue, des états dépressifs ou une forte prise de poids chez le patient.

Traitement médicamenteux des troubles du comportement associés au SGT

À ce niveau, le médecin peut prescrire aux patients des antidépresseurs pour lutter contre les troubles obsessionnels et compulsifs. Ils ont un effet efficace sur la sérotonine (5-hydroxytryptamine). Pour ce qui est de l’hyperactivité et des troubles de l’attention, le médecin recommande aux personnes atteintes du SGT la prise de médicaments aux effets stimulants, comme la ritaline. Outre les stimulants, elles peuvent également ingérer les médicaments ayant un effet sur le circuit de la noradrénaline.

En dehors des traitements médicamenteux, le médecin peut recommander à son patient des séances de thérapies cognitives et comportementales. C’est généralement le premier mode de traitement auquel les médecins font recours. Ces séances de thérapies sur une période de 3 mois au moins, sous la conduite d’un praticien qualifié. Durant cette période, le patient doit participer à au moins 10 séances.

À ces séances de thérapies s’ajoutent des exercices, que le patient doit être en mesure de reproduire chez lui. Par ailleurs, il est important de rappeler que l’effectif des thérapeutes spécialisés dans le domaine de la maladie de Gilles de la Tourette est très limité.

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