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Détersion : La procédure médicale pour panser les plaies chroniques

Les plaies font partie des affections les plus fréquentes que les professionnels de santé doivent prendre en charge. En fonction de leur aspect et de la condition du patient, il faut intervenir par un nettoyage ou un pansement, ou encore administrer des antibiotiques pour accélérer la guérison. Lorsqu’il s’agit de plaies chroniques, il est parfois indispensable de procéder à une détersion afin de faciliter la cicatrisation. On vous dit tout sur cette procédure médicale

Définition de la détersion

L’expression « détersion » vient du latin « detergere » qui signifie nettoyer. La détersion est un acte médical de nettoyage, qui consiste à éliminer les débris et tissus inertes présents sur une plaie chronique, afin d’obtenir un milieu propice à la cicatrisation.

Pour rappel, une plaie chronique est une lésion dont le délai de cicatrisation est dépassée. En général, ce diagnostic est posé lorsque la plaie n’a toujours pas cicatrisé après 4 à 6 semaines de traitement local approprié.

Les causes des plaies chroniques

Les lésions chroniques se développent la plupart du temps chez les patients atteints :

  • des ulcères des jambes ;
  • des escarres (dus au manque d’irrigation sanguine des tissus, et entraînant la nécrose) ;
  • d’artériopathie oblitérant les membres inférieurs ;
  • d’insuffisance veineuse chronique ;
  • du syndrome du pied diabétique.

Un moignon de membre amputé peut également se transformer en plaies chroniques.

Intérêt de la détersion

La détersion intervient sur les lésions nécrotiques, bourgeonnantes ou fibrineuses, ainsi que sur l’hyperkératose. Elle permet :

  • d’évaluer la profondeur et la gravité de la plaie ;
  • d’éliminer les tissus infectés, la fibrine, la nécrose ou les débris tissulaires qui empêchent la plaie de cicatriser normalement ;
  • de réduire la charge bactérienne de la partie lésée ;
  • de réduire l’inflammation.

Tous ces éléments vont permettre de réactiver le processus de cicatrisation.

Cependant, il ne sera pas possible de déterger les plaies des patients en stade 4 distal de l’artériopathie ou souffrant de certains types de plaies cancéreuses. La détersion est également contre-indiquée chez les malades en soins palliatifs ou internés pour soins de confort.

Les différents types de détersion

Il existe six manières de procéder à une détersion.

La détersion naturelle

Il s’agit de la cicatrisation physiologique « normale ». Durant ce processus, la vasodilatation des artérioles entraîne l’élévation du métabolisme local, la sécrétion de plasma sanguin et le déplacement des neutrophiles vers la plaie. Ces derniers activent les monocytes et sécrètent des agents qui provoquent une inflammation. Les monocytes quant à eux remontent vers la plaie et se transforment en macrophages pour assurer son nettoyage et sécréter des facteurs de croissance tissulaire. L’inflammation s’arrête après deux ou trois jours, lorsque la plaie est propre.

La détersion mécanique

Ce type de détersion est réalisé par les infirmiers au lit du malade. En vertu du Code de Santé Publique et du Code civil, cette procédure doit respecter les protocoles sanitaires et ne porter atteinte à l’intégrité physique du patient que par absolue nécessité thérapeutique. Le consentement de ce dernier doit par ailleurs être recueilli préalablement.

La détersion mécanique se fait à l’aide d’un bistouri, de ciseaux ou de tout autre matériel adapté. Ces outils sont utilisés pour gratter la plaie afin d’en retirer la nécrose ou la fibrine qui empêchent la cicatrisation.

Il est essentiel que celui qui pratique cet acte possède les connaissances anatomiques suffisantes pour ne pas effectuer de gestes aux conséquences irréversibles. L’utilisation de matériel adapté de qualité et la prise en charge de la douleur influencent aussi la qualité de la détersion.

La détersion autolytique

C’est une méthode qui favorise la détersion naturelle, car elle contribue au maintien de la chaleur et de l’humidité sur la plaie par l’application de pansements. Les dispositifs de pansements sont variés et doivent être choisis en fonction de l’étiologie de la plaie. Ainsi :

  • sur les nécroses sèches ou de la fibrine adhérente, il faut privilégier les hydrogels ;
  • sur les lésions fibrineuses ou nécrotiques modérément exsudatives, optez pour les irrigoabsorbants ;
  • sur les plaies fibrineuses très exsudatives, utilisez des fibres HPA ou des alginates qui par ailleurs permettent de mieux gérer les saignements modérés.

L’utilisation d’hydrocolloïdes est possible, mais contre-indiquée sur les lésions infectées et les artériopathies distales.

La détersion chirurgicale

C’est un chirurgien qui s’occupe de cette intervention qui a d’ailleurs lieu au bloc opératoire. Le patient subit au préalable une anesthésie locale, régionale ou générale. Grâce à cette technique, la nécrose est entièrement retirée, de même que les tissus nobles nécrosés. La détersion chirurgicale intervient lorsque la détersion mécanique se révèle insuffisante, et peut représenter un cap décisif dans le processus de cicatrisation.

La détersion enzymatique

Pour réaliser une détersion enzymatique, il faut appliquer au quotidien une crème protéolytique qui permettra de supprimer les tissus nécrotiques et fibrineux. Toutefois, l’usage de tels dispositifs doit être précautionneux, car ils ne font pas de différence entre la peau nécrosée et la peau saine. Cette technique est d’ailleurs peu utilisée en France, car les crèmes protéolytiques peuvent causer des douleurs locales nécessitant la prise permanente d’antalgiques.

La larvothérapie ou luciliathérapie

Utilisée en France depuis 2006, la larvothérapie consiste à déposer sur la fibrine ou la nécrose des larves stérilisées (Lucilia seritica ou Phormis regina) qui se nourrissent de tissus morts. Seulement cette technique ne peut être employée :

  • sur les nécroses sèches, car les larves ne survivent que dans un milieu humide ;
  • sur les plaies situées dans des cavités ;
  • sur les parties lésées proches de gros vaisseaux sanguins.

Les patients et les soignants ont souvent du mal à accepter cette pratique qui doit nécessairement se faire par des équipes bien formées et organisées.

Quel que soit le type de détersion choisi pour soigner une lésion chronique, il est important de minimiser la douleur ressentie par le patient. Pour cela, l’usage de lidocaïne 2 % sous forme de gel urétral ou de lidocaïne 5 % en forme de spray est recommandé. Ces produits doivent être appliqués sur la partie lésée. En milieu hospitalier, il est plus fréquent d’utiliser un mélange équimolaire à base de 50 % d’oxygène et de 50 % de protoxyde d’azote.

Pour finir, notez qu’il est vital que la prise en charge de telles affections soit faite par du personnel hospitalier compétent. Rendez-vous donc au plus vite chez un médecin en cas de plaie qui ne cicatrise pas normalement.

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