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Don de moelle osseuse : déroulement et complications possibles

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Don de moelle osseuse : déroulement et complications possibles
Concept de don de la moelle osseuse

Le don de moelle osseuse est particulièrement évité parce qu’il est confondu avec la greffe de la moelle épinière. Pourtant, ce traitement des maladies du sang n’est pas si désagréable. Voici l’utilité, le déroulement et les autres détails importants sur cette solution médicale !

Généralités sur le don de moelle osseuse

Généralement, le don de la moelle osseuse est une opération médicale qui fait peur à de nombreuses personnes. Pourtant, la médecine moderne facilite grandement sa réalisation. Évidemment, il y a des conditions à remplir avant qu’une telle opération ne puisse se faire. 

Don de moelle osseuse : de quoi s’agit-il ?

Avant toute chose, il importe de connaître l’importance de la moelle osseuse. Elle est une pièce maîtresse dans le fonctionnement du corps humain. En effet, elle assure la production des souches à l’origine des cellules sanguines.

Ce rôle est assuré par les cellules souches hématopoïétiques (CSH) contenues dans la moelle osseuse. Ces précurseurs du sang représentent à la fois : 

  • les globules rouges porteurs de l’oxygène ;
  • les globules blancs protecteurs du corps contre les infections ;
  • les plaquettes stoppeuses des saignements.

 Le don de la moelle osseuse consiste à donner des cellules souches hématopoïétiques à un patient malade. Il est effectué par une personne adulte volontaire et anonyme. 

Après un don de la moelle osseuse, les cellules souches greffées vont se loger dans la propre moelle osseuse du bénéficiaire. Ensuite, elles vont se mettre à produire à nouveau des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes.

Faire un don : quelles sont les conditions pour ?

La délicatesse d’un don de moelle osseuse demande à ce que le donneur rassemble un certain nombre de conditions.

En premier lieu, le donneur de moelle osseuse doit être majeur. En d’autres termes, son âge doit être entre 18 et 50 ans.

En deuxième lieu, il doit être en parfaite santé. Pour s’en assurer, le professionnel de santé lui fait répondre à un questionnaire médical. Ce protocole favorise la détection d’éventuelles contre-indications.

En dernier lieu, le donneur doit être volontaire et désireux d’aider les personnes atteintes d’affections graves du sang. Cette condition est importante, car elle facilite la prise d’engagement sur le long terme.

En effet, en prenant ce type d’engagement, le donneur facilite la tâche pour des recherches de moelle osseuse. Toutefois, cela ne signifie pas que le don est fait de manière fréquente. Les personnes donneuses peuvent attendre plusieurs années avant d’être contactées pour aider un patient compatible.

Cependant, le donneur doitrépondre présent lorsqu’il est sollicité. Pour cette raison, tout changement d’adresse et de numéro doit être signalé. L’avantage de l’inscription en tant que donneur est la possibilité de venir en aide à un parent malade à tout moment.

En étant inscrit sur le fichier des donneurs volontaires, il est très facile de faire un don à un membre malade de sa famille. Évidemment, il ne doit y avoir aucune contre-indication et problème de compatibilité.

En outre, chaque donneur de moelle osseuse dispose d’une carte d’identité génétique. La compatibilité HLA est vérifiée à partir de cet élément capital. 

Bon à savoir : Pour déterminer la compatibilité génétique, l’analyse se fait sur un ensemble de gènes codés sur le chromosome numéro 6

Comment est déterminée la compatibilité entre le donneur et le receveur ?

Déterminer la compatibilité entre le donneur et le bénéficiaire revient à vérifier si leurs caractéristiques génétiques sont les plus identiques possible. En effet, chaque personne possède son propre système HLA (antigènes d’histocompatibilité humaine).

Composé de plusieurs marqueurs spécifiques, le dispositif HLA des deux parties est comparé. Cette étude peut se faire entre le patient et plusieurs potentiels donneurs afin d’en trouver le plus compatible.

Il importe de préciser que le HLA est différent du groupe sanguin. Contrairement à ce dernier, ce système génétique est assez complexe. En matière de compatibilité, les frères et sœurs peuvent l’être de façon automatique. Il subsiste toujours un doute, car il y a une chance sur quatre que le résultat soit positif.

Hormis la possibilité des liens fraternels, la compatibilité génétique entre deux individus pris au hasard est très infirme. L’estimation est d’une chance sur un million.

Donner de la moelle osseuse : quels sont les préliminaires ?

Après son enregistrement dans le registre, la compatibilité du donneur avec le bénéficiaire est vérifiée. En cas de positivité, l’hôpital ou le centre contacte le donneur pour fixer un rendez-vous à la date de prélèvement. En règle générale, le jour d’extraction se trouve entre un et trois mois après l’appel.

Au jour du rendez-vous, le donneur effectue un entretien avec un médecin. Ce dernier réalise une panoplie d’examens médicaux (clinique et sanguin). Ces derniers se déroulent quelques semaines avant la greffe de la moelle osseuse.

Ainsi, le professionnel de la santé est certain de l’absence des contre-indications au don de moelle osseuse. Le jour du don, le donneur se rend au lieu prévu pour l’opération (hôpital ou centre de prélèvement).

Lorsque les cellules souches sont prises, elles sont transfusées au patient dans un intervalle de temps de douze à trente-six heures. Cette deuxième phase du don de moelle osseuse consiste en une simple perfusion. Elle dure entre quinze minutes et plusieurs heures.

Une fois dans le corps du malade, les cellules greffées trouvent naturellement leur place dans les os du patient. Le remplacement de la moelle osseuse n’est effectif que lorsque celle du donneur sain arrive à destination.

Ce qui veut dire qu’après la greffe, il faut un certain temps avant que les cellules ne s’installent convenablement. Par précaution, le médecin accorde au patient un temps de repos d’une semaine avant tout mouvement brusque.

Après la greffe de moelle osseuse, le donneur reçoit trois questionnaires pour le suivi médical. Les formulaires sont envoyés respectivement un jour, un mois et un an après le prélèvement de la moelle osseuse.

Don de la moelle osseuse : quel en est le déroulement ?

Pour effectuer une extraction de moelle osseuse, le professionnel de santé a le choix entre deux méthodes. Chacune d’elle permet d’obtenir différents types de greffons. Par ailleurs, les cellules souches doivent correspondre aux besoins du malade. Pour cette raison, seul le médecin choisit la méthode adaptée à son intérêt.

Première méthode : le prélèvement sanguin

Encore appelé cytaphérèse, le don de moelle osseuse par prélèvement sanguin est la technique la plus utilisée. Sa pratique requiert une étape préliminaire. En effet, le donneur doit prendre une thérapeutique prescrite par le docteur quelques jours avant le prélèvement.

Ce médicament stimule la production des cellules de la moelle osseuse. De plus, il facilite leur transfert des os vers le sang. Évidemment, il n’est pas dangereux pour le donneur. Il est identique à celui fabriqué naturellement par le corps.

Le jour du don de la moelle osseuse, le prélèvement dure environ quatre heures. La faille de cette méthode est qu’un seul échantillon n’est souvent pas suffisant. Par conséquent, un second prélèvement est parfois nécessaire afin d’augmenter les chances de guérison du receveur.

Deuxième méthode : prélèvement direct dans les os

La deuxième technique d’extraction consiste à chercher la moelle osseuse directement à la source. Autrement dit, le prélèvement se fait au niveau des os, plus précisément dans ceux du bassin.

Il s’agit d’une petite opération chirurgicale au cours de laquelle le donneur est placé sous anesthésie générale. Ensuite, le médecin prélève des cellules de la moelle osseuse. Il extrait également le milieu environnant.

Bon à savoir : la quantité de moelle osseuse prélevée dépend du poids du donneur et de celui du patient.

Extraction de moelle osseuse : Est-ce douloureux ?

Lors du prélèvement sanguin, le donneur ne ressent aucune douleur. Il va plutôt ressentir une sensation un peu contraignante. Par contre, le médicament stimulateur des cellules souches hématopoïétiques peut engendrer des douleurs. Pour les soulager, il suffit de prendre du paracétamol.

Quant au prélèvement sous anesthésie générale, il n’est évidemment pas douloureux. Cependant, le patient peut ressentir des douleurs au niveau des points de ponction à son réveil. La prise d’antalgiques permet de vite contrôler cette situation.

Attention : sur le plan de la douleur, le don de moelle osseuse est souvent confondu à celui de la moelle épinière. Ce dernier est bien plus désagréable.

Quels sont les risques et complications d’un don de moelle osseuse ?

Le don de moelle osseuse ne présente pas de risques au receveur ni au donneur. Cette garantie provient de l’existence des contre-indications à la greffe. Aussi, toutes les personnes ayant des antécédents médicaux ne sont pas éligibles. Le professionnel de santé s’assure à 100% que l’opération ne présente aucun risque.

Cependant, il ne faut pas ignorer les risques associés à toute forme d’anesthésie. En termes de complications possibles, il n’y a que le rejet de la greffe dû à une incompatibilité. À ce niveau aussi, toutes les précautions sont prises lors des vérifications pour éviter une telle situation.

Contre-indications d’un don de moelle osseuse ?

Lors des phases préliminaires du choix d’un donneur, toutes les personnes ayant une maladie chronique sont contre-indiquées. Cette interdiction concerne surtout les affections suivantes :

  • l’hypertension artérielle ;
  • le diabète ;
  • l’insuffisance hépatique ;
  • les cancers ;
  • les maladies cardiaques et respiratoires ;
  • les troubles du système nerveux.

Les personnes ayant des antécédents de phlébites à répétition ou d’embolie pulmonaire sont aussi interdites de la fonction de donneur.

Les problèmes dorso-lombaires, les affections neuromusculaires et l’œdème de Quincke obligent leur porteur à ne pas donner leur moelle osseuse. Une surcharge pondérale importante ainsi que tout traitement à long terme sont des facteurs d’exclusion. Il faut y ajouter également une exposition au risque infectieux.

Attention : la contraception n’est pas un facteur d’exclusion malgré qu’il s’agisse d’une prise en charge à longue durée.

Don de moelle osseuse : utilité et période de rémission

Les maladies de sang sont à l’origine de la pratique du don de moelle osseuse. Toutefois, il faut reconnaître que cette opération n’est requise que pour les affections extrêmement graves.

Pourquoi faire un don de moelle osseuse ?

En premier lieu, le don de moelle osseuse est utile pour le traitement d’une aplasie médullaire. Cette affection sanguine réduit peu à peu le nombre de cellules souches présentes dans la moelle osseuse.

Par conséquent, la fabrication des cellules sanguines est amoindrie entraînant une forte diminution des cellules dans le sang. Dans la majorité des cas, la cause de l’aplasie n’est pas connue. Aussi, elle touche les hommes et les femmes de tout âge.

En second lieu, ce type de traitement est opportun pour une leucémie. Cette affection touchant les cellules de la moelle osseuse existe sous plusieurs formes. Elle désigne aussi un cancer du sang. Elle est causée par une production de globules blancs immatures.

Une fois créés, ces globules blancs dysfonctionnels prolifèrent de manière incontrôlée. Ce phénomène est entièrement dû à des altérations génétiques au cours de la maturation des cellules souches. 

Des cellules cancéreuses font leur apparition et perturbent la formation des cellules sanguines. La conséquence est la forte réduction du nombre de cellules sanguines dans l’organisme.

Hormis ces deux affections, il en existe d’autres qui nécessitent un don de moelle osseuse. Ce sont :

  • un lymphome non-hodgkinien ;
  • une anomalie congénitale du dispositif immunitaire ;
  • un syndrome myéloblastique.

Certaines de ces maladies touchent plus les enfants que les adultes. Parmi elles, il en existe dont l’unique espoir de guérison est la greffe de moelle osseuse. Dans 80% des cas, le don de moelle osseuse est décidé pour le traitement de cancers tels que la leucémie ou autre cancer du sang.

Bon à savoir : En France, plus de 2 000 personnes bénéficient d’un don de moelle osseuse par an. Ces gens sont essentiellement des malades dont la moelle est dysfonctionnelle ou remplie de cellules cancéreuses.

Se remettre d’un don de moelle osseuse : combien de temps faut-il ?

Après une opération d’extraction de la moelle osseuse, le donneur en recouvre la totalité les six semaines suivantes. Toutefois, il ne lui faut que quelques jours pour reprendre ses activités habituelles.

Pour le bénéficiaire du don, il faut compter entre deux et six semaines pour un retour à une vie normale. Au terme de cette période, le nombre de cellules sanguines normales devient stable. Néanmoins, par prudence, il est hospitalisé durant ce laps de temps.

Un état de fatigue ou de malaise général peut être ressenti par le receveur pendant un certain temps. Une petite fièvre, une anémie et quelques saignements sont des symptômes susceptibles d’apparaître.

En outre, le patient est isolé à cause de sa vulnérabilité aux risques d’infection. Pour vérifier son état de santé général, des analyses sanguines sont à faire de manière quotidienne.

Aussi, pendant sa convalescence le patient :

  • prend des antibiotiques, antifongiques et antiviraux pour prévenir et traiter les infections ;
  • reçoit des transfusions sanguines ou de plaquettes ;
  • consomme des thérapeutiques de prévention à la réaction du greffon contre l’hôte.

Voilà, vous savez tout sur le don de moelle osseuse ! Comme vous l’avez compris, il n’est requis que dans les cas extrêmes de maladies du sang. Il ne nécessite pas une lourde chirurgie et les risques et complications sont quasi-inexistants.