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État de sidération : causes, symptômes et traitements

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État de sidération : causes, symptômes et traitements
Femme surprise dans un état de sidération

L’état de sidération est l’une des sensations les plus dangereuses pour une personne. Le fait que les nazis l’utilisaient pour effrayer, immobiliser et arrêter les juifs en est la preuve. Cependant, la sidération n’est pas incurable. Voici le processus à suivre pour un meilleur traitement !

La sidération : de quoi s’agit-il ?

La sidération est un état émotionnel qui peut se définir sur deux plans, à savoir : biologie et psychologie.

Définition biologique

La sidération est le résultat d’un niveau d’hormones de stress très élevé, activateur d’un état de choc. Une fois cette condition remplie, la personne touchée n’est plus en mesure de comprendre ni d’expliquer de manière cohérente son ressenti.

Évidemment, le seuil d’hormones à dépasser varie d’un individu à un autre. En majorité, un état de sidération est activé par un stress violent. Ce dernier représente un risque vital pour l’organisme, notamment cardio-vasculaire et neurologique.

En effet, l’organisme réagit par surchauffe ou par une surproduction des hormones de stress dès l’apparition de l’état de sidération. Pour assurer la survie de la victime, le cerveau saturé disjoncte le circuit émotionnel comme un fusible électrique. Par conséquent, il se bloque grâce à la création d’un état d’anesthésie.

Définition psychologique

Sur le plan psychologique, la sidération est une situation au cours de laquelle une personne ne peut ni :

  • ressentir ;
  • raisonner ;
  • enregistrer un évènement.

La sidération est donc une sorte de déconnexion momentanée tant sur le plan physique que sur le plan psychique. Par conséquent, la victime n’est pas en mesure de réagir ni de se défendre en cas de danger.

Quelles sont les situations pouvant conduire à la sidération ?

Les situations pouvant entraîner un état de sidération sont multiples. Elles vont d’un événement terrifiant à des discours insensés passant par des éléments choquants d’intensité moyenne.

État de sidération dû à une situation horrible

En premier lieu, l’état de sidération découle d’un événement terrifiant. Il s’agit d’une situation de vie capable de produire l’effet d’un violent choc émotionnel. Selon certaines études, un événement pouvant créer un état de vide psychique équivaut à une confrontation à la mort.

Vide émotionnel dû à une situation moyennement brutale

Un état de sidération peut aussi surgir lors de certains évènements moins frontaux. Il se traduit par de petits chocs liés à des éléments comme des images violentes vues à la télévision par exemple.

Il existe d’autres exemples de situations pouvant conduire à un état de sidération. D’abord, il y a un deuil inattendu et brutal entrainé par le suicide d’un enfant. Ensuite, selon la Dre Maria Hejnar, un enfant peut être aussi sidéré lorsqu’il a assisté à une scène sexuelle.

N’ayant pas encore la capacité de comprendre la situation, il va subir une perte de sens et être en proie à un sentiment de culpabilité ou d’humiliation. Toute cette combinaison d’émotions peut le sidérer et le geler cognitivement et affectivement.

Les discours pouvant aboutir à des sidérations mineures

En dernier lieu, un discours insensé peut aboutir à des « micros sidérations ». Il s’agit de propos dépourvus de sens et qui font perdre les repères à son destinataire. Par exemple, les paroles paradoxales ou blessantes peuvent temporairement empêcher leur destinataire de : 

  • réfléchir ;
  • penser ;
  • répondre ou se défendre.

En guise d’exemple, il y a les propos incohérents utilisés par les pervers et les harceleurs. Grâce à leur discours paradoxal et incohérent, ils ont tendance à déstabiliser leurs victimes afin de les soumettre ou de garder une emprise sur elles.

En outre, la sidération peut aussi provenir du harcèlement et des messages paradoxaux. Répétés plusieurs fois, ces éléments engendrent une rupture des liens associatifs et/ou un blocage durable des processus cognitifs. Ils peuvent aussi être à l’origine d’un débordement émotionnel.

Quels sont les symptômes de l’état de sidération ?

Le premier signe clinique d’un état de sidération est la paralysie totale de l’organisme. Cette immobilité se manifeste sous toutes ses formes, à savoir :

  • la perception ;
  • la motricité ;
  • la cognition ;
  • l’affection.

De manière générale, la sidération dure principalement le temps de l’événement traumatique. Quelquefois, elle peut aller au-delà de quelques minutes ou de quelques heures. 

Cependant, il arrive que le trauma soit plus intense, irreprésentable et indicible. Dans ce cas, la sidération entraîne une dissociation plus durable. Par conséquent, la victime ressent une angoisse insurmontable. Son psychisme, qualifié de « pétrifié », se divise alors en plusieurs parties. La personne sidérée paraît hors du temps et indifférente.

Bon à savoir : une sidération durable du psychisme se manifeste essentiellement par une rupture des liens associatifs, une perte des repères et une confusion psychique. Dans les cas extrêmes, une rupture du sentiment d’identité est aussi remarquable.

État de sidération : quelles en sont les conséquences ?

Les conséquences d’un état de sidération sont nombreuses. Toutefois, celles qui sont les plus récurrentes sont un état dépressif et le développement d’un grand nombre d’addictions.

Sur la liste des inconvénients apparaissent également :

  • l’amnésie ;
  • les attaques de panique ;
  • les réminiscences de l’événement ;
  • la somatisation. 

Par ailleurs, des souvenirs traumatiques sont piégés dans l’inconscient et demeurent inaccessibles. En effet, la sidération ne permet pas de se débarrasser du traumatisme. Au contraire, elle coupe la victime de son vécu et en fait un automate.

En outre, les conséquences d’un tel état peuvent être majorées à cause de la pétrification liée à l’état de sidération. Une telle aggravation est due à deux faits importants. En premier lieu, la personne sidérée n’arrive pas à se défendre. En second lieu, elle se sent ensuite coupable de ne pas avoir réagi.

Une femme ayant subi un viol et qui n’a pas pu se défendre ni même crier au secours est un parfait exemple. Elle va ressentir une extrême culpabilité parce qu’elle n’a pas été en mesure de se défendre. Ce sentiment est encore plus vif à cause de la sidération traumatique qui a fait disjoncter son système psychique.

Quel traitement pour un état de sidération ?

Pour remédier à un état de sidération, la victime doit faire une thérapie. Lors de la prise en charge, il est essentiel que la victime se réapproprie son histoire. Autrement dit, elle doit être à nouveau en capacité de donner du sens à l’événement traumatique.

Pour y arriver, la situation traumatique doit être reprise dans un discours au cours d’un entretien. Cependant, il faut prendre en compte que les souvenirs bloqués dans l’inconscient sont inaccessibles. Ils sont donc difficiles à exprimer.

Le professionnel de santé doit donc aider le patient à retrouver les souvenirs enfouis. Ce dernier doit se les remémorer et exprimer les émotions qui y sont liées. Le meilleur outil pour atteindre cet objectif est la psychothérapie.

Son utilisation permet d’aider le patient à se rappeler l’événement traumatique dans les moindres détails. Ainsi, il est en mesure de reconstruire la « continuité psychique ». Pour une meilleure efficacité, les psychothérapies de type EMDR sont les plus adaptées. L’hypnose est aussi utile pour activer les processus psychiques bloqués.

Sidération vs dissociation

Après un événement traumatique, la victime peut être en proie à deux états, à savoir : la sidération et la dissociation. Dans bien des cas, ces deux notions sont confondues. Pourtant, elles divergent sur plusieurs points.

En effet, la dissociation est la conséquence directe d’un état de sidération aggravé. Au cours de la situation traumatique, le cerveau va s’éteindre pour éviter la mort ou une atteinte neurologique grave à la victime.

Par la suite, une alarme va se déclencher et résonner de plus en plus fort dans la tête de la victime. La dissociation traumatique provient de cette continuité. Elle donne l’impression à la victime d’être spectatrice de l’événement.

Le patient est comme déconnecté de son corps ou comme « déjà mort », pour reprendre les mots souvent utilisés par les personnes touchées par cet état.

Bon à savoir : La dissociation est un état qui profite à l’agresseur. Selon les spécialistes, cet état d’âme de sa victime lui permet d’agir à sa guise. Cette facilité est appuyée par la certitude que la victime ne pourra pas se défendre. Pour cette raison, il va donc travailler cette stratégie.

À présent, vous savez tout sur l’état de sidération et ses répercussions sur les victimes. Il faut ajouter qu’il faut énormément de temps à une personne sidérée pour guérir complètement. Durant le processus, ses proches doivent faire preuve de patience et de solidarité.