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Frottis sanguin : quand parle-t-on des cellules malpighiennes ?

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Frottis sanguin : quand parle-t-on des cellules malpighiennes ?
Echantillon de sang pour le frottis sanguin

Encore appelées cellules squameuses, les cellules malpighiennes sont localisées sur le col de l’utérus. Lorsqu’elles sont sujettes à des anomalies, le thème médical utilisé pour les désigner est l’atypie. Leur présence pouvant être synonyme d’un risque de cancer du col de l’utérus, il importe d’entamer immédiatement un traitement.

Frottis sanguin et cellules malpighiennes : les éléments clés à connaître

Les cellules malpighiennes se retrouvent autour de l’utérus. Elles sont uniquement visibles par le biais du frottis. Grâce à cet examen, les professionnels de santé sont en mesure de dépister rapidement les cancers associés au sexe féminin.

À ce propos, il importe de souligner que le frottis sanguin permet d’identifier annuellement des lésions précancéreuses chez plus de 31 000 Françaises. Parallèlement, plus de 3 300 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués en France.

Malgré cet important avantage, cet examen gynécologique demeure négligé par 40% des femmes françaises. Pourtant, il a été prouvé que 90 % des cancers recensés pourraient être évités grâce à un dépistagerégulier par frottis.

Cellules malpighiennes : Définition et atypies

Par définition, les cellules malpighiennes sont celles qui se trouvent au niveau de l’utérus et ont une forme d’écailles de poisson. D’ailleurs, le surnom de « cellules squameuses » provient de ce détail caractériel. Leur positionnement exact au bas du corps se trouve au niveau de :

  • la peau du vagin ;
  • la paroi du vagin ;
  • le col de l’utérusmême.

En termes de typologie, les cellules malpighiennes se subdivisent en plusieurs sortes d’atypies des cellules squameuses. Il s’agit de l’ACS, l’ASC, l’ASC LSIL et l’AGC.

ACS

L’ACS de signification indéterminée signifie la présence d’une lésion de bas grade, maissans certitude. Les anomalies détectées sont donc peu inquiétantes. Il représente 1 à 2% des frottis réalisés dans les centres hospitaliers. Une fois que ce diagnostic est fait, le professionnel de santé peut demander un nouveau frottis pour vérification.

Ce contrôle est requis dans un délai de 6 mois. En plus du frottis, un examen microscopique du col de l’utérus (colposcopie) est aussi nécessaire. Grâce à cette analyse, le médecin essaye de rechercher la présence de papillomavirus sur les cellules malpighiennes à l’aide d’un test HPV.

Bon à savoir : le frottis pour l’ACS peut être fait par un médecin généraliste, une sage-femme ou un gynécologue.

ASC

L’ASC est une atypie de haut grade. Cela signifie que les frottis sont évocateurs d’une lésion de haut niveau. Par conséquent, les anomalies cellulaires sont bien visibles. Il en ressort que le potentiel précancéreux de ces lésions est important.

Pour cette raison, sa détection requiert automatiquement une colposcopie. Cela permet au professionnel de santé de vérifier le diagnostic obtenu au préalable. Il représente moins de 0,5 % des frottis réalisés.

Bon à savoir : ce type d’examen peut aboutir à la découverte des frottis ASC-H et des frottis ASC-U. Peu importe la forme des frottis, la marche à suivre par le professionnel de santé demeure la même.

ASC LSIL 

Cette atypie signifie la présence d’une lésion intraépithéliale de bas grade. Cela signifie que les frottis montrent de légères anomalies. L’ASC LSIL représente 1 à 2 % des cas de frottis.

De plus, il évoque la présence d’une infection à papillomavirus ou d’une dysplasie légère. L’identification de ce problème de santé requiert une colposcopie et de nouveaux frottis à réaliser ultérieurement (entre 6 et 12 mois plus tard).

AGC

La présence de l’atypie AGC correspond à une anomalie au niveau des cellules glandulaires. Il signifie que le frottis réalisé présente des anomalies modérées ou sévères. Toutefois, cette forme d’atypie concerne moins de 0,1 % des cas. Elle est donc très rare.

Les lésions à l’origine de cette anomalie se trouvent à l’intérieur du col de l’utérus. Elles sont donc difficilement visualisables. Pour confirmer son diagnostic, le cytologiste demande alors un test HPV. Il requiert aussi une évaluation globale de l’utérus si la patiente est âgée de 45 ans ou plus.

En plus d’être moins fréquentes, ces lésions sont assez difficiles à mettre en évidence. En effet, ces anomalies sont à prendre avec prudence dans l’établissement du diagnostic. Elles ne doivent pas être considérées comme l’élément principal du diagnostic. Elles servent plutôt d’indication nécessitant des examens complémentaires.

Anomalies des cellules malpighiennes : quelles en sont les causes ?

De manière générale, l’infection à Papillomavirus est la cause des anomalies des cellules malpighiennes. Dénommé l’Human Papillomavirus, le HPV est une affection virale sexuellement transmissible.

Ce virus s’introduit dans le vagin et infecte le col de l’utérus. De ce fait, il provoque des lésions pouvant évoluer vers un cancer. Ce développement est lent puisque le délai d’apparition du cancer est de 10 à 15 ans après l’infection.

Pour cette raison, la réalisation d’un frottis est recommandée tous les 2 ans dès 25 ans, et ce, jusqu’à l’âge de 65 ans. Parmi toutes les maladies gynécologiques, le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent chez la femme. Elle concerne surtout celles qui ont plusieurs partenaires sexuels.  

Bon à savoir : il faut souligner que les cellules cancérigènes apparaissent à la suite d’une infection persistante à HPV. Aussi, le virus peut guérir de manière spontanée.

Anomalies des cellules malpighiennes : Que faire ?

Après la découverte des anomalies sur le frottis cervico-vaginal, l’attitude à adopter dépend de leur stade d’évolution. Le cas échéant, il est préférable de faire un nouveau contrôle médical, notamment une colposcopie. 

Ainsi, les lésions précancéreuses sont rapidement détectées et traitées. Grâce à cela, le taux de guérison du cancer du col de l’utérus est plus élevé. Par ailleurs, la vaccination contre le Papillomavirus doit être développée chez la jeune fille.

Cette méthode offre la meilleure prévention contre le cancer du col de l’utérus. En outre, une sensibilisation est primordiale pour conscientiser les jeunes filles en âge d’avoir une sexualité.

Dépistage des cellules squameuses : un indispensable

Le dépistage des cellules malpighiennes est important pour éviter l’apparition des cancers du col de l’utérus. Cette opération est possible grâce à l’analyse de l’épithélium. Il s’agit d’un tissu composé de plusieurs couches cellulaires. Cet élément organique recouvre le corps humain tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Étant la muqueuse des organes, l’épithélium existe sous plusieurs formes. Les plus connues sont celles qui protègent :

  • la face externe de la rétine ;
  • la face externe de la cornée ;
  • l’intérieur de certains organes producteurs de différentes substances ;
  • l’épiderme ;
  • les poumons et la trachée ;
  • la cavité nasale ;

À cette liste s’ajoute l’épithélium malpighien qui s’occupe de la peau et d’autres parties corporelles comme la bouche, l’œsophage et le vagin.

Par conséquent, il existe deux types d’épithéliums malpighien. En premier lieu, il y a l’épithélium malpighien kératinisé. Il est chargé de recouvrir l’épiderme. En second lieu, il y a l’épithélium malpighien non kératinisé. Ce dernier est en charge du tapissage du vagin.

Bon à savoir : Pour un dépistage réussi, le prélèvement des cellules malpighiennes doit se faire au niveau de l’exocol (la partie basse du col de l’utérus). Cela permet de détecter précocement les lésions précancéreuses et certains cancers cachés.

Comment se déroule le dépistage ?

La réalisation du dépistage des anomalies des cellules malpighiennes se fait grâce à un prélèvement de cellules appelé frottis. Il convient de dire que cette extraction peut porter plusieurs autres appellations telles que :

  • le frottis cervico-utérin ;
  • le frottis cervical ;
  • le frottis cervico-vaginal.

L’opération de dépistage se fait en deux étapes :

1ere étape : le professionnel de santé ouvre le vagin et y place un spéculum afin de le maintenir ouvert. Ainsi, le col de l’utérus devient visible.

2e étape : Le médecin prélève un échantillon de cellules et de mucus à l’aide d’une spatule à usage unique. Pour obtenir des cellules qualitatives, l’extraction se fait au niveau de l’exocol et de l’endocol.

Au terme du prélèvement, les cellules sont ensuite mises dans un contenant spécial et envoyées en laboratoire. Elles vont y subir plusieurs tests médicaux, notamment l’examen cytologique.

Quels sont les résultats potentiels ?

À 95 %, les frottis analysés par les laboratoires sont normaux. Autrement dit, les cellules malpighiennes ne souffrent d’aucune anomalie visible. Dans certains cas, le frottis permet de révéler une infection vaginale bénigne comme la mycose. Cette dernière nécessite un traitement simple et efficace.

Par contre, différentes anomalies peuvent être détectées dans 5 % des cas de frottis réalisés. En fonction des problèmes de santé des patientes, les anomalies peuvent être de différents types (ASC-US, ASC-H, LSIL, HSIL, AGS).

En somme, on parle de cellules malpighiennes lorsque le frottis sanguin révèle des anomalies. En fonction de la gravité des lésions cellulaires, le professionnel de santé décide de la marche à suivre en termes d’examens gynécologiques et de traitements à suivre.