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Hépatite D : Modes de transmission et Préventions

De nombreuses infections atteignent le foie, principal organe permettant de régler le métabolisme des glucides. Parmi elles figurent l’Hépatite D, qui est une affection chronique du foie, provoquée par le virus de l’hépatite D ou delta (VHD) nécessitant au préalable la présence du virus de l’Hépatite B (VHB) comme complémentarité à son cycle vital. Les moyens de transmission du VHD sont similaires à ceux du VHB. Il existe néanmoins des traitements et des préventions contre ce virus. Qu’est-ce que l’Hépatite D ? Quels sont les causes, les symptômes, les traitements et les préventions du virus de l’Hépatite D ? Retrouvez ici quelques réponses.

Hépatite D : en quoi consiste-t-elle ?

L’Hépatite D est une maladie provoquée par l’inflammation des cellules du foie à travers le virus de l’Hépatite D ou Delta. Elle apparaît principalement chez les personnes infectées par le virus de l’Hépatite B, c’est pour cela qu’on appelle l’Hépatite D, l’Hépatite B-Delta. Ainsi, il ne peut y avoir infection au VHD en l’absence du VHB puisque le virus de l’Hépatite D-virus incomplet ne peut à lui seul intégrer l’hépatocyte (cellule du foie) pour pouvoir se répliquer.

Toutefois, chez une personne infectée, soit les deux virus ont apparus simultanément soit la personne est au préalable porteuse de VHB chronique : on parle alors de la surinfection. La co-infection VHB-VHD apparaît comme la forme la plus sévère de l’Hépatite virale chronique en raison de son développement rapide vers la mortalité par affection hépatique et carcinome hépatocellulaire.

Quels sont les caractéristiques et le cycle de vie du virus de l’Hépatite D ?

Le virus de l’Hépatite D est un virus de petite taille d’environ 36 cm de diamètre. Son génome est caractérisé par un simple brin d’ARN circulaire, composé d’environ 1700 nucléotides. Le génome de VHD présente 70% de nucléotides auto-complémentaires, ce qui lui permet de présenter une structure d’ARN dont tous les brins ne sont pas doubles. Il se présente en forme de bâtonnet. À cet effet, il apparaît comme un virus incomplet, car il peut se répliquer seul à l’intérieur des cellules du foie, mais le virus de l’Hépatite B (protéine de structure de VHB) est indispensable à son enveloppement.

Ce VHB stimule l’assemblement des virions et leurs sorties des hépatocytes afin de réinfecter d’autres cellules. Le virion quant à lui est constitué de l’ARN génomique du VHD ainsi que de l’enveloppe du virus de l’Hépatite B. Afin de rentrer dans les cellules du foie, le virus de l’Hépatite B-Delta exploite le rapport entre le cotransporteur polypeptidique du taurochocolate de sodium (situé au niveau des hépatocytes) et l’antigène de surface (HBsAg). Le processus de réplication se déroule dans le noyau des hépatocytes avec l’utilisation des polymérases de la personne infectée.

L’HDAg de l’Hépatite D est la seule protéine du VHD. Il existe en tout deux isoformes transcrites par la lecture sur un ARN-Messenger: HDAg-S (la petite) et HDAg-L (la grande). La première est un élément indispensable dans la réplication tandis que la deuxième est un inhibiteur dominant négatif de la réplication servant à assembler les virions. Pour l’assemblage des virions, une autre phase s’avère importante, celle de la modification post-traductionnelle de l’HDAg-L.

Quels sont les moyens de transmission ou de contamination de l’Hépatite D ?

Le virus de l’Hépatite D dispose du même mode de transmission et de contamination que le virus de l’Hépatite B. Il a principalement rapport à la présence du virus au niveau des liquides biologiques notamment : sang, sécrétions vaginales et sang du malade. Nous distinguons quatre principales voies de transmission que sont :

  • Actes sexuels non protégés : On parle à ce niveau des maladies sexuellement transmissibles (MST) ;
  • Transmission mère-enfant : La mère contractée, le transmet à son enfant lors de l’accouchement. Toutefois, ce mode de transmission est devenu rare puisque les dépistages au VHB sont obligatoires durant la grossesse ;
  • Transmission d’une personne contractée à son environnement : Généralement à travers des articles coupants ou piquants (coupe-ongle, rasoir, brosses à dents, etc) ou des petites plaies cutanées ;
  • Contact direct ou indirect : Avec un sang infecté par un personnel de santé, avec des équipements d’hôpitaux contaminés (lors des soins médicaux) ;
  • Partage des matériels d’usage de drogues par voie nasale ou intraveineuse ;
  • Réalisation de tatouage ou de piercing sans aucun respect des règles d’hygiène.

L’Hépatite D survient quasi exclusivement chez les personnes qui s’injectent des drogues. L’infection atteint un stade chronique et peut développer jusqu’à la cirrhose du foie chez plus de 80 % des cas.

Quelles sont les personnes à risques ?

Dans la population, les personnes à risques sont multiples. On distingue :

  • Les porteurs d’une infection VHB chronique : ce sont les plus exposés ;
  • Les personnes non immunisées contre le virus de l’Hépatite B : ils sont exposés au VHB, par conséquent au VHD ;
  • Les migrants des pays à forte prévalence (bassin méditerranéen, Afrique noire, Amérique du Sud et Europe de l’Est).

La population autochtone, les porteurs de VIH et ceux qui consomment des drogues par injection sont également susceptibles de contracter l’Hépatite D.

Quels sont les symptômes possibles de cette infection ?

Tout comme l’Hépatite B, les symptômes de l’Hépatite D sont multiples, mais ils passent pour la plupart du temps inaperçus. La durée de l’incubation du VHD est comprise entre 45 et 180 jours. La co-infection du VHD et VHB peut provoquer une hépatite aigüe plus ou moins grave. Elle se manifeste aussi par :

  • La fatigue ;
  • L’urine plus sombre ;
  • Les nausées ;
  • Le syndrome pseudo-grippal , courbatures et fièvre ;
  • Les vomissements et les pertes d’appétits ;
  • La jaunisse et les selles blanchâtres ;
  • L’exacerbation aigüe chez les individus portant le VHB chronique (surinfection) ;
  • Hépatite fulminante comme encéphalopathie hépatique (porto-systémique) ;
  • Évolution agressive de l’infection chronique comme cicatrisation sévère du foie (cirrhose).

Plusieurs autres symptômes peuvent parfois se présenter. Il s’agit de : gène au côté droit de l’abdomen, sensation de malaise, troubles de sommeil, la perte de poids, la dépression, démangeaisons, anxiété ou irritabilité, maux de tête. Toutefois, le développement de l’Hépatite D vers une phase chronique est un phénomène rare. Cela survient d’ailleurs dans moins de 5% des cas selon les estimations.

Quel diagnostic pour le VHD ?

Au vu des symptômes énumérés, le médecin procède au diagnostic d’infection Delta à travers un examen visant à trouver les anticorps anti-Delta (sérologie) qui devraient être présents chez toute personne ayant contracté le virus de l’Hépatite B. Il recherche principalement la présence d’un ictère et vérifie si le foie a augmenté de volume.

Cependant, la confirmation du diagnostic passe par des examens biologiques consistant à faire des prélèvements de sang. Le test consiste à faire un premier dosage sur un échantillon de sang prélevé. Cela permet de retrouver le virus présent à travers la mise en évidence des anticorps dirigés contre le VHD. Une fois que le gène du virus est détecté, on peut confirmer que le patient a bel et bien l’Hépatite D.

Quels spécialistes consulter pour l’Hépatite D ?

Le spécialiste auquel faire recours dans le cadre du diagnostic et traitement du virus de l’Hépatite D est un gastro-entérologue ou un médecin spécialisé en hépatologie, c’est-à-dire un hépatologue. Dans certains cas, vous pouvez être amené à consulter d’autres spécialistes comme : un médecin généraliste, un addictologue, un médecin du travail, un infectiologue ou même un psychiatre pour des prises en charge spécifiques.

Un deuxième avis pour l’Hépatite D : pourquoi demander ?

Lors de l’infection à l’Hépatite D aigüe, les signes sont moins visibles, ce qui fait d’elle une infection difficile à diagnostiquer. Il n’existe pas assez de traitements pour ce virus et un diagnostic rapide est donc essentiel dans le cadre de la prolifération du virus. À cet effet, un deuxième est indispensable pour confirmer le plus tôt possible le diagnostic établi afin de démarrer une prise en charge. De plus, il permet d’éviter une probable transplantation de greffe de foie, qui reste la seule solution si l’Hépatite D devient chronique ou très grave.

Hépatite D : Quels traitements ?

Malgré de nombreux progrès remarquables en matière de traitements des hépatites virales aujourd’hui, le traitement spécifique du virus de l’Hépatite D (chronique ou aigüe) n’existe pas encore. Chez chaque patient, le traitement à faire ainsi que le pronostic de l’infection sont faits en fonction du potentiel du virus à se développer. Les antiviraux utilisés contre la réplication du virus de l’Hépatite B ne sont pas efficaces dans le cadre du VHD.

Le seul médicament commercialisé et efficace sur le virus est l’interféron alpha pégylé. Selon les recommandations, le traitement de l’Hépatite D doit être fait pendant au moins quarante-huit semaines, mais la durée optimale reste encore floue. En pratique, le traitement doit continuer tant que le virus Delta est toujours présent dans le sang. Autrement dit, le patient sera déclaré guéri une fois qu’il est testé négatif au matériel génétique du VHD, ce qui peut prendre des années. Généralement, la plupart des malades (soient 25% à 30%) rechutent quelques mois après avoir arrêté le traitement.

Par ailleurs, l’interféron alpha a quelques effets secondaires. L’utilisation du médicament parait en effet difficile si une cirrhose y est présente, surtout en cas de coinfection B-Delta. Il s’agit dès lors d’une maladie hépatique en phase terminale ou d’une Hépatite fulminante, et la transplantation hépatique peut être faite dans ce cas.

Quelles sont les préventions possibles contre cette infection ?

Que ce soit pour prévenir ou combattre l’infection au virus de l’Hépatite D, quelques mesures s’imposent. Ainsi, il s’agira de :

  • Se faire vacciner contre l’Hépatite B, mais cela ne confère pas une immunité contre le VHD chez les personnes déjà infectées au VHB ;
  • Ne plus partager ses aiguilles d’injection de drogues ainsi que tout équipement que vous utilisez sur la peau (rasoir, coupe-ongle…..) ;
  • Éviter les rapports sexuels avec plusieurs partenaires et opter pour les rapports protégés ;
  • Éviter les chirurgies dentaires, cosmétiques, médicales pénétrant la peau si le matériel n’est pas stérilisé.

Ensuite, veillez à ces différentes précautions lors de vos voyages dans les pays où le VHB est prévalent. Il faut savoir nettoyer les objets que vous partagez, d’autant plus que le javel ne détruit pas toujours le virus.

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