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La nomophobie : comment traiter la dépendance au téléphone ?

Le téléphone mobile, grande innovation du XXIè siècle, est aujourd’hui devenu une source d’addiction pour certaines personnes. Le terme nomophobie est utilisé pour désigner la crainte de se séparer de son téléphone portable. C’est étonnant, mais, de nombreuses personnes sont très dépendantes de leur téléphone.

La nomophobie peut être une source d’angoisse ou d’anxiété. Comment donc déterminer les caractéristiques de la nomophobie chez une personne ? Les traits de personnalité sont-ils liés à ce trouble ? Existe-t-il des moyens de venir à bout de cette phobie ?

Qu’est-ce que la nomophobie ?

La nomophobie est un nom issu de la contraction des deux expressions que sont « no mobile phone » et « phobia ». Il s’agit d’un phénomène qui s’est révélé avec l’avènement des nouvelles technologies et qui traduit la peur d’une personne de se retrouver sans son téléphone mobile. Il est vrai que la nomophobie n’a pas encore été reconnu comme un trouble mental, mais les chercheurs psychiatres s’accordent à dire, qu’il s’agit d’une maladie moderne qui trouve ses sources dans l’ampleur que prennent les communications virtuelles de nos jours.

Également reconnu comme une forme de cyberdépendance, la nomophobie a fait l’objet de nombreuses recherches dont une marquante, qui a publié ses résultats en 2015. C’est cette recherche qui dévoile au grand jour le terme de nomophobie. Les résultats de cette recherche stipulent aussi que lorsqu’un nomophobe est séparé de son téléphone mobile, il ressent un grand vide, aussi grand que celui qu’on ressent quand on perd un être cher ou une partie de soi-même.

Par ailleurs, les nomophobes sont généralement des personnes qui ont développé une certaine addiction à leur téléphone, à tel point que la simple idée d’en être séparées, crée en eux une panique excessive. La nomophobie peut même se manifester quand la batterie du téléphone se décharge, ou lorsque le téléphone se trouve dans une zone où il n’y a pas de réseau.

Si ce phénomène ne provoque majoritairement que des souffrances psychologiques, elle peut également être source de danger physique. Par exemple, lorsqu’un nomophobe ne résiste pas à l’envie de manipuler son téléphone alors même qu’il conduit une moto ou une voiture, il s’expose à des accidents de la circulation.

Les causes de la nomophobie

Comme elle n’est pas encore reconnue comme une maladie à part entière, la nomophobie n’a pas encore été étudiée comme telle. Cependant, quelques théories existent pour ce qui est des causes de ce trouble : il s’agit notamment de la théorie des causes sociales et celle des causes neurobiologiques.

Concernant les causes sociales, il est important de préciser que la société d’aujourd’hui devient de plus en plus connectée. La composante sociale et cognitive a donc un grand impact dans l’apparition de la nomophobie. En effet, le fait de pouvoir interagir avec les gens, au moyen de l’information mobile, rend certaines personnes totalement dépendantes de leur téléphone.

On peut aussi évoquer les traits de personnalité qui peuvent avoir une incidence. Il est en effet démontré qu’une personne qui ressent souvent le besoin de récompenses, a plus de chances de développer une nomophobie. L’ennui peut aussi être responsable du déclenchement de la nomophobie.

Pour ce qui est des causes neurobiologiques de la nomophobie, la théorie décrit le problème exactement comme celui des addictions à la drogue ou au jeu. Les spécialistes expliquent ce raisonnement par le fait que l’utilisation des smartphones a un effet direct sur les circuits de récompense du cerveau. Chaque fois que le téléphone sonne (un appel, un message, une notification), le cerveau secrète une substance qui fait ressentir au propriétaire du plaisir et du bienêtre : il s’agit de l’endorphine. Le plus grand problème est que cette substance peut devenir addictive au fil du temps, de manière à ce que l’on se sente troublé quand le cerveau n’en secrète plus.

Quelques symptômes de la nomophobie

Lorsqu’une personne est atteinte de nomophobie, il existe de nombreux symptômes qui permettent de le savoir. Pour commencer, cette personne a tendance à consulter son téléphone et ce, quel que soit l’endroit où il se trouve. Il garde par ailleurs, le téléphone allumé et près de lui, absolument tout le temps, et ressent un grand manque lorsqu’il n’y a pas accès. A la longue, un nomophobe préférera les communications par téléphone, plutôt que d’aller à la rencontre des gens de manière physique.

Aussi, le nomophobe met en place de nombreuses stratégies pour ne jamais se séparer de son téléphone. Il peut même en avoir un de secours, pour les moments ou la batterie du premier est déchargée. Il a toujours sur lui son chargeur, et évite au maximum les zones sans réseaux dans lesquelles, il ne pourrait pas utiliser son smartphone à pleine puissance.

La personne atteinte de nomophobie peut aussi développer des crises d’angoisse, lorsqu’il n’est pas avec son téléphone. Ces crises se manifestent notamment par des sensations d’étouffement, les transpirations excessives, les tremblements, la tachycardie et même des troubles du sommeil.

La nomophobie peut, par ailleurs, se manifester de différentes manières, que sont :

  • La perte de confiance en soi, lorsqu’on est séparé du téléphone portable ;
  • Une hyperactivité sur les réseaux sociaux ;
  • Le fait de surfer sur internet sans avoir un objectif précis ;
  • L’usage du téléphone portable pour toute sorte d’activités : vérification de compte bancaire, achats, etc ;
  • La vérification de l’écran du téléphone à chaque moment pour s’assurer qu’on n’ait pas reçu de notifications.

Comme le montrent ces manifestations, le nomophobe devient totalement esclave de son téléphone, il ne peut plus s’en passer.

Même s’il est vrai que certains abusent de l’utilisation de ce joyau technologique, il faut avouer que c’est en parti parce qu’il s’est vraiment imposé. On en a besoin presque partout et pour tout : au travail, en réunion, en cours et même en famille. Certains emploient même leur téléphone dans les moments les plus intimes.

Les conséquences de la nomophobie

Les différents symptômes de la nomophobie sont assez illustratifs des conséquences qu’elle peut avoir sur la santé de l’homme. Si ce trouble n’est pas rapidement découvert et les essais de traitements engagés très tôt, la victime peut entrer dans un cercle vicieux dont il est difficile, voire impossible de sortir.

Il est important de préciser que tous les domaines de la vie de la victime peuvent être affectés par sa dépendance à son téléphone mobile. L’un de ces domaines est le social, un des plus importants. Un nomophobe devient naturellement incapable ou presque, de construire des relations sociales en dehors de son téléphone. Il est d’ailleurs plus conscient des notifications de son téléphone que des personnes qui essaient d’interagir avec lui dans la vie réelle.

Les relations du nomophobe avec son entourage finissent par se détériorer, et il finit généralement seul. Dans les cas extrêmes, ce dernier ne se rend même pas compte de la situation, trop occupé avec son téléphone.

Au niveau de la vie professionnelle, les conséquences de la nomophobie sont tout aussi déplorables. Le fait de passer la majorité de leurs temps sur un téléphone portable fait que la productivité des nomophobes baisse considérablement. Ils sont donc, tout le temps, stressés au travail, et finissent généralement par se faire licencier.

Par ailleurs, la nomophobie peut conduire la victime vers des pathologies plus graves comme la dépression et les troubles obsessionnels compulsifs. En dehors de ces pathologies, le nomophobe peut également :

  • Être atteint des troubles du sommeil ;
  • Avoir des migraines ophtalmiques ;
  • Perdre progressivement ses capacités auditives ;
  • Développer les troubles musculosquelettiques, qui affectent les mains, les épaules, les coudes et même le pouce.

Outre ces conséquences, on peut évoquer le burnout numérique, un épuisement général issu de l’utilisation professionnelle des technologies de l’information et de la communication. Ce trouble se retrouve beaucoup plus chez les personnes qui, en raison de leur travail, passent énormément de temps avec leur téléphone ou leur ordinateur. Il peut par ailleurs conduire à des maladies cardiovasculaires.

Comment prévenir la nomophobie

Même s’il existe aujourd’hui de nombreuses méthodes pour se débarrasser d’une addiction au téléphone, il reste toujours préférable de la prévenir. La prévention doit se faire par les gouvernements et les autorités à divers niveaux, qui doivent organiser des campagnes de sensibilisation pour informer les jeunes sur les risques liés à l’utilisation abusive des nouvelles technologies.

Les utilisateurs de téléphones doivent eux même prendre des dispositions, et participer à des loisirs qui ne nécessitent pas l’utilisation des nouvelles technologies (téléphones ou ordinateurs).

Le traitement de la nomophobie

Il existe de nombreuses psychothérapies servant à traiter des phobies, qui sont capables de soigner les problèmes de dépendance aux portables.

Il s’agit par exemple des thérapies cognitivo-comportementales, dont la procédure permet de modifier les manières d’agir du patient. On l’utilise donc pour amener le nomophobe à créer des relations physiques et à se passer de son téléphone.

On distingue aussi les thérapies interpersonnelles, qui sont utilisées pour aider le nomophobe à resserrer ses liens avec son environnement physique, et surmonter l’isolement social créé par la nomophobie. Il est aussi possible que le patient suive un traitement à l’anxiolytique, pour faire passer les angoisses causées par le trouble.

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