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La pharmacophobie : la peur de prendre des médicaments

La médecine évolue de manière fulgurante, et des médicaments toujours plus innovants voient le jour. Il semble cependant que tout le monde ne soit pas prêt à les accepter. La société serait donc constituée de deux types de personnes.

D’un côté, on retrouve les pharmacophiles qui n’ont rien contre les médicaments et de l’autre, les pharmacophobes qui ont une peur panique de tout ce qui est traitement médicamenteux. D’où vient la pharmacophobie ? Comment naît-elle ? Quels sont ses symptômes ? Peut-on soigner cette attitude négative et radicale à l’égard des médicaments ?

La pharmacophobie : qu’est-ce que c’est ?

Au sens large, la pharmacophobie est la peur irrationnelle de la consommation et de l’application de médicaments. L’exposition à des médicaments provoque chez les personnes atteintes de cette phobie, une grande anxiété et une envie effrénée de s’éloigner des médicaments. Les pharmacophobes sont, la plupart du temps, conscients de leur peur et de son caractère irrationnel. Cependant, leur niveau de gène est tel qu’ils ont du mal à contrôler leurs pulsions.

Comme beaucoup d’autres phobies, la pharmacophobie ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde. En effet, certaines personnes peuvent tout simplement avoir peur d’un groupe de médicaments et en tolérer un autre. D’autres peuvent privilégier certaines voies d’administration, et réagir énergiquement lorsqu’on leur en propose d’autres.  

Quelles sont les causes de la phobie des médicaments ?

Les causes de la pharmacophobie ne sont pas encore connues ou ne font pas encore l’unanimité. Cependant, plusieurs chercheurs mettent en avant les antécédents familiaux, la santé mentale, et l’environnement. 

L’éducation

L’éducation forge une bonne partie de la conception que les gens ont de la vie. Des études ont d’ailleurs démontré que de nombreuses peurs irrationnelles avaient en réalité pour racines, des préjugés et appréhensions infondées. Les principes enseignés par les parents jouent ici un grand rôle. Ceci parce que, dans la plupart des cas, ils demeurent profondément ancrés dans l’inconscient des enfants, et modèlent leurs comportements à l’âge adulte.

Si une personne grandit dans un environnement dans lequel les maux sont soignés grâce à de la médecine traditionnelle par exemple, il y a de fortes chances qu’elle ne fasse pas systématiquement confiance à la médecine moderne et aux médicaments.

Une expérience antérieure

La pharmacophobie peut naître d’une expérience antérieure qui a mal tourné, ou qui s’est révélée traumatisante pour le sujet. Au cours d’un traitement, le résultat escompté n’a pas été le bon, ou il y a peut-être eu l’effet inverse. Si un comprimé ou une pilule a entraîné d’autres problèmes de santé plus graves, n’importe qui peut devenir réticent envers la prise de médicaments, et les considérer dans leur ensemble comme dangereux.

Le problème dans ce cas, est que très peu de personnes comprennent qu’un échec médicamenteux est une probabilité à considérer. Cela ne signifie pas que tous les médicaments sont défectueux et qu’il faut leur tourner le dos. D’un autre côté, la responsabilité peut incomber au consommateur qui s’est peut-être trompé dans son dosage, ou qui a consommé des médicaments sans ordonnance ni avis d’un spécialiste de la santé.

Le caractère

Certaines personnes sont beaucoup plus sensibles que d’autres et perméables aux informations inquiétantes sur toute sorte de sujets. Il suffit donc qu’un média ou des amis parlent d’informations concernant des contrefaçons de médicaments, des traitements qui se sont mal passés et autres, pour qu’une personne décide de fermer définitivement la porte aux médicaments. Dans ce cas, il ne s’agit pas toujours de pharmacophobie, mais d’une dérivée qui a pour nom, la néopharmacophobie ou la peur des médicaments inconnus.

Un néopharmacophobe aura uniquement peur de tout médicament qu’il ne connaît pas, et sera par contre tolérant envers ceux qu’il a déjà consommés.  

Symptômes et manifestations de la pharmacophobie 

L’anxiété est un symptôme commun à presque toutes les phobies. La pharmacophobie se reconnaît également à d’autres tels que :

  • Une transpiration abondante ;
  • Des problèmes gastriques ;
  • Des malaises ;
  • Le déni de la maladie ;
  • Une tension musculaire évidente ;
  • Etc.

Lorsque l’anxiété et la peur sont à leur paroxysme, certains sujets peuvent même s’évanouir en face de leur traitement. Une peur extrême des médicaments peut donner lieu à des situations plus ou moins invraisemblables. Ne pas accepter la médecine moderne signifie être prêt à endurer les symptômes de toute sorte de maladies tels que les fièvres, les maux de tête, etc.

De plus, le pharmacophobe ne prendra jamais la bonne décision, celle qui est d’aller à l’hôpital. En cas de malaise, sa solution sera de se renfermer sur lui-même tout en espérant que le mal disparaisse miraculeusement. Un pharmacophobe trouvera également une multitude de raisons (parfois absurdes et illogiques), pour se substituer à un traitement médicamenteux.

Il faut également comprendre que dans certains cas, cette peur irrationnelle des médicaments ne repose sur aucun fondement logique. Par conséquent, en demandant à un pharmacophobe pourquoi il refuse systématiquement de se faire soigner à l’aide de médicaments, il faut s’attendre aux réponses les plus irréalistes.

Quelles sont les conséquences de la pharmacophobie ?

La pharmacophobie est une limitation qui peut avoir d’importantes conséquences sur le comportement social des pharmacophobes. La plupart d’entre eux développent une aversion aux situations qui les mettent en face de médicaments, même s’ils ne sont pas sous traitement.

En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la pharmacophobie de se limite pas à la peur de prendre des médicaments. Leur simple nom (en dehors d’un traitement) peut provoquer les symptômes mentionnés plus haut.

On remarque également que les pharmacophobes ont tendance à éviter les endroits dans lesquels ils peuvent se retrouver entourés de médicaments tels que les hôpitaux.

La pharmacophobie n’est pas non plus réservée à un genre. Cela signifie qu’elle peut toucher aussi bien les hommes que les femmes. Cette situation pose un véritable problème, surtout au niveau de ces dernières. En effet, une femme pharmacophobe représente déjà un danger pour elle-même, mais peut aussi l’être pour son enfant.

Rien ne prouve que si elle a une peur maladive des médicaments, elle sera prête à les utiliser sur son enfant, lorsque celui-ci en aura besoin. Tout ceci soulève de nombreuses questions, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle la pharmacophobie chez les jeunes filles doit être rapidement prise en charge.

En outre, lorsqu’une notice évoque certains effets secondaires liés à des médicaments, les personnes atteintes de pharmacophobie prennent peur et pensent qu’elles vont développer ces effets secondaires. Cette anxiété maladive peut entraîner des effets secondaires, ou provoquer une réaction négative et un rejet du médicament par l’organisme.

Il est également important de rappeler que contrairement à d’autres phobies, celle liée aux médicaments est très inquiétante, car le comportement des pharmacophobes peut mettre leur vie en danger. Après tout, un patient souffrant d’un diabète, d’un problème cardiaque ou d’une maladie chronique et qui refuse de suivre son traitement s’expose à d’importantes complications.

Comment gérer (ou vaincre) sa pharmacophobie ?

La pharmacophobie est loin d’être une fatalité. Avec de la volonté et grâce à certaines stratégies, il est tout à fait possible de la surmonter avec le temps.

Retourner à la genèse de la phobie

La pharmacophobie est presque toujours liée à un élément déclencheur. Comme mentionné dans les causes, la phobie peut se manifester suite à des expériences négatives en rapport avec le pharmacophobe ou l’une de ses connaissances. La crainte de revivre la même expérience est souvent à la base de la peur des médicaments.

Pour y remédier, il est important de se remémorer cette expérience, et d’essayer de réprimer la peur qui en a découlé. Cela est peut-être difficile dans l’exécution mais pas impossible.

Commencer le traitement directement en pharmacie

Cette méthode est assez brutale et peut mettre le pharmacophobe à rude épreuve. Pourtant, c’est un moyen d’affronter sa peur des médicaments qui peut se révéler bénéfique sur le long terme.

En effet, plusieurs études ont démontré que les personnes atteintes de pharmacophobie paniquaient, surtout au moment de la première dose de leur traitement. Par contre, lorsqu’elles arrivent à surmonter l’étape de la première dose et ne constatent aucun effet secondaire, la raison peut prendre le dessus sur la peur.

C’est la raison pour laquelle, il ne faut pas hésiter à prendre sa première dose en pharmacie. De plus, chez certaines personnes, la peur des médicaments vient également de la peur de se retrouver seules et sans assistante, si tout ne se passe pas bien. En pharmacie, ils seront entourés d’un personnel de santé, ce qui est plus ou moins rassurant pour commencer un traitement.

Changer de dosage

Certaines pharmacophobies sont liées à une forme de médicaments précise. Un pharmacophobe peut avoir du mal à accepter des comprimés et être à l’aise avec les injections. Les recherches sur le sujet n’expliquent toujours pas la raison derrière cette variation de la pharmacophobie. Toutefois, dans ce cas, il suffit généralement d’utiliser une approche différente, en ce qui concerne le mode d’administration des médicaments. Lorsque la pharmacophobie concerne un enfant, vous pouvez lui proposer un médicament qui a un goût sucré afin de calmer son anxiété.  

La thérapie d’exposition

La thérapie d’exposition a montré ses preuves à plusieurs reprises. Il s’agit d’une thérapie qui consiste essentiellement à confronter le sujet à ses peurs, mais avec à ses côtés, un thérapeute pour le soutenir.

La pharmacophobie étant une phobie extrême, la thérapie d’exposition peut s’avérer très utile pour la surmonter. Il faut toutefois bien comprendre que cette thérapie ne fait pas de miracle. De plus, elle est progressive et s’adapte au sujet en fonctions de ses évolutions. Ainsi, chez un pharmacophobe, l’une des premières démarches du thérapeute sera par exemple de lui faire tenir des médicaments dans la paume de sa main.

La thérapie cognitivo-comportementale

De manière générale, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) s’adresse aux personnes qui ont une santé mentale fragile, ou qui souffrent de stress et d’anxiété. Cette thérapie peut se révéler bénéfique pour traiter la pharmacophobie, car elle peut aider le pharmacophobe à comprendre son mal et calmer sa peur excessive.

Les symptômes de la pharmacophobie sont presque toujours incontrôlables. Tant que ce qui lui arrive échappe totalement à son contrôle, une personne qui a peur des médicaments aura du mal à se défaire de sa phobie. Avec la TCC, on peut faire preuve d’introspection ; prendre un certain recul et s’analyser avec plus de froideur. A travers la thérapie cognitivo-comportementale, le pharmacophobe va également acquérir des compétences qui lui seront utiles pour éviter de succomber à l’anxiété lorsque celle-ci veut le submerger.   

Par ailleurs, quel que soit le type de thérapie envisagé, il est important de bien choisir le thérapeute. En effet, avec ce type de phobie, un mauvais suivi peut malheureusement faire plus de mal que de bien, et faire empirer l’état du sujet. De plus, dans le cas d’une thérapie comme celle cognitivo-comportementale, une bonne entente entre le pharmacophobe et le thérapeute est très importante.

Essayer la méditation de pleine conscience

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une méthode qui fait fusionner la méditation et la pleine conscience. Elle consiste à s’adonner tout type d’activité, à partir du moment où elles permettent à l’esprit de s’éloigner des pensées négatives et handicapantes.

L’objectif avec la méditation de pleine conscience est d’atteindre une paix de l’esprit, qui peut aider le pharmacophobe à progressivement surmonter son anxiété. Un programme de méditation de pleine conscience peut s’étaler sur plusieurs mois. Cependant, s’il est bien pensé et structuré, il est tout à fait possible de venir progressivement à bout de sa peur des médicaments.

Prendre des antidépresseurs

Il n’y a pas que les dépressifs qui aient besoin d’antidépresseurs. Ces médicaments sont aussi utiles pour les personnes dont l’anxiété devient maladive lorsqu’elles doivent prendre des médicaments.

Si vous voulez vaincre votre pharmacophobie, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin, afin qu’il vous prescrive les antidépresseurs qu’il faut pour votre mal.  

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