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Le noma: comment traiter la maladie de la pauvreté?

Le noma est une maladie liée à la pauvreté. Il conduit à une gangrène et entraîne la défiguration des enfants. Il est dû à une malnutrition et au manque d’hygiène dentaire. Le noma est présent dans certaines régions pauvres notamment l’Afrique subsaharienne, l’Asie du Sud-est et l’Inde. Si la maladie est vite diagnostiquée, un traitement à base d’antibiotiques permet d’empêcher la destruction du visage. Faute de soins, il peut malheureusement conduire au décès. 

C’est quoi le noma ?

Le noma, également connu sous le nom de cancrum oris est une maladie inconnue pour beaucoup de personnes. Dérivé du mot grec « nomein » qui veut dire dévorer, le noma désigne une gangrène buccale. C’est une maladie bactérienne infectieuse, toutefois non contagieuse. Le noma commence le plus souvent par une inflammation des gencives, laissant penser à un ulcère de la bouche.

La maladie évolue par la suite à une vitesse de croisière, si elle n’est pas traitée. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), on compte jusqu’à 140.000 nouveaux cas de noma chaque année (estimation de l’OMS en 2016). Le taux de mortalité tourne autour de 90%.  D’une manière générale, les enfants touchés par le noma meurent au cours des trois premières semaines, si aucun traitement n’est reçu.

Les sujets qui survivent gardent des séquelles stigmatisantes et mutilantes. Plusieurs conditions favorisent l’apparition du noma telles que la faiblesse du système immunitaire, les maladies infectieuses, le mauvais état bucco-dentaire etc.

La maladie noma affecte exclusivement les enfants qui ont généralement entre 2 et 6 ans.  

Le noma : quels sont les symptômes de la maladie cancrum oris

Cette maladie infantile présente essentiellement deux phases de symptôme : une phase initiale et une phase appelée gangreneuse.

Lors de la première phase dite initiale, de petites lésions (gingivites) font irruption à l’intérieur de la bouche. Rapidement, ces lésions se transforment en œdème du visage. En d’autres mots, les gencives et la joue de l’individu commencent à gonfler. S’en suivent alors une haleine puante, une forte fièvre, des ganglions, et des diarrhées.

A ce stade, l’enfant infecté peut encore être sauvé grâce à des traitements médicamenteux. 

La seconde phase qui est considérée comme grave est dite gangreneuse. Si rien n’est fait après la première phase, l’évolution de la maladie devient alors fulgurante. Avant même qu’une semaine ne s’écoule, la maladie ronge les tissus de la joue et laisse apparaître un trou. Dans les jours qui suivent, l’infection se propage subtilement. La zone d’infection commence alors à s’étendre tout autour de la bouche et va même jusqu’à déformer le visage de l’enfant de manière complète. 

La gangrène touche aussi bien les tissus musculaires que les os. Elle affecte les lèvres, la mâchoire, les joues, le nez, les yeux, selon l’endroit où la maladie a commencé. Un tel processus d’infection se conclut généralement par des cas de décès. 

Dans le meilleur des cas, quelques jours suffisent déjà pour que cette grave maladie laisse des survivants avec une défiguration terrible. En effet, Les réchappés présentent des formes mutilantes de leur visage. Ce qui les pousse à s’isoler du monde extérieur, en restant caché sous un voile.

Des actions autrefois faciles à accomplir comme le fait de manger, parler, voir et respirer, deviennent tout un calvaire. 

Une autre conséquence morale est que les survivants doivent faire face à la stigmatisation sociale, à cause des dommages horribles laissés par la maladie.

Les causes de la maladie noma

Les principales causes du noma sont le manque d’assainissement et la malnutrition. Il affecte essentiellement les familles extrêmement pauvres, qui sont mal nourries, dans les régions dites tropicales. D’autres facteurs qui prédisposent à cette maladie comprennent : 

  • Carence en vitamines (principalement les vitamines A et B) ;
  • Manque d’eau potable ;
  • Mauvaise hygiène buccale ;
  • Immunodéficience ;
  • Déshydratation ;
  • Maladies récentes(en particulier paludisme, rougeole, diarrhée sévère, gingivite ulcéro nécrosante aiguë) ;
  • La vie à proximité du bétail.

Noma :Traitement de la maladie cancrum oris

Il existe trois types de traitements adaptés à la maladie de noma.

Traitement d’urgence

Une prise en ch

arge rapide est indispensable pour traiter le cancrum oris.

Cette prise en charge rapide prévoit :

  • Arrêt de la progression de la maladie grâce aux antibiotiques ;
  • Apport nutritionnel adéquat ;
  • Réhydratation ;
  • Nettoyage des lésions orales grâce aux antiseptiques ;
  • Traiter les maladies sous-jacentes.

Chirurgie

Si la maladie laisse le sujet défiguré, il sera nécessaire de pratiquer une chirurgie reconstructive. La chirurgie reconstructive est généralement ardue et doit être repoussée jusqu’à la récupération totale du patient. Une telle récupération peut durer 1 à 2 ans, en fonction de l’intervention initiale apportée.

Grâce à la chirurgie, le patient pourra avoir une certaine mobilité de la mâchoire. Il pourra également manger et parler aisément.

Physiothérapie

Cela implique que le patient soit suivi par un physiothérapeute. En effet, le sujet doit effectuer des exercices de façon quotidienne lors du processus de cicatrisation des lésions. Cela empêche les tissus de se rétracter, facilitant ainsi l’ouverture de la mâchoire.

Les complications possibles de la maladie noma

Les personnes qui survivent au cancrum oris  courent le risque de mourir de complications secondaires. En effet, ces dernières subissent non seulement des conséquences physiques, mais sont également confrontées à des problèmes de santé mentale. Beaucoup font face à la discrimination, en raison de leur défiguration faciale. La plupart des enfants infectés ont des retards de développement compte tenu de l’isolement social.  Aussi, sont-ils sujets à l’anxiété et à la culpabilité.

Peut-on éviter la maladie de la pauvreté chez les enfants ?

La réponse est naturellement oui, si on adopte un meilleur mode de vie. Le cancrum oris survient essentiellement chez les communautés très pauvres, illettrées et dénutries. La vraie prévention passe par la lutte contre la pauvreté par les organisations internationales et l’information sur la maladie. En effet, selon des études réalisées, les familles touchées ignorent tout de la maladie.

Quelques actions à mener pour lutter efficacement contre le noma :

  • Campagnes d’information et de sensibilisation sur la maladie ;
  • Accessibilité à l’eau potable ;
  • Formation des personnels de santé des communautés vulnérables ;
  • Eloignement du bétail des lieux de résidence ;
  • Accès à la nutrition ;

Outre ces recommandations, les populations elles-mêmes doivent :

  • Avoir une bonne nutrition ;
  • Avoir une bonne hygiène bucco-dentaire ;
  • Se faire vacciner contre les maladies infantiles.

Le cancrum oris a disparu de l’occident depuis plusieurs années, à cause de la généralisation des antibiotiques mais aussi à cause des conditions de vie et l’accès aux soins de santé qui s’améliorent. Malheureusement, il continue de sévir dans les pays pauvres. Il est alors nécessaire que les gouvernements de ces pays remédient à cet état de choses.

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