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Les allergies de saison et la désensibilisation

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Les allergies de saison et la désensibilisation
Jeune fille souffrant d'allergies de saison

L’allergie est une réaction du système immunitaire à des substances étrangères généralement inoffensives. Lorsqu’une personne allergique entre en contact avec un allergène, son corps le perçoit comme une menace et réagit en libérant des substances chimiques comme l’histamine. Si cette réaction se produit à une certaine saison, on parle d’allergie saisonnière. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Et à quel moment devrait-on envisager une désensibilisation ?

Quelles sont les causes d’une allergie saisonnière ?

L’allergie saisonnière, également connue sous le nom de rhinite allergique saisonnière ou « fièvre des foins », est une affection fréquemment mentionnée par les mutuelles d’assurance française, telles que la MAAF. Dans la plupart des cas, elle est due au pollen libéré dans l’air par de nombreuses plantes.

Une fois libérée, cette substance reste en suspension dans l’air pendant un certain temps. Elle devient ainsi inhalable par les personnes et les animaux qui passent. Dès lors, lorsque les gens respirent de l’air contenant du pollen, les grains de pollen entrent dans les voies respiratoires.

Chez les personnes qui présentent une allergie au pollen, le système immunitaire identifie immédiatement le pollen comme une menace. En réponse, il produit des anticorps et libère des substances chimiques telles que l’histamine pour combattre cette « menace ».

Il faut noter que les allergies saisonnières peuvent être provoquées par le pollen de divers types d’arbres, qui diffèrent en fonction des régions géographiques. Parmi les arbres allergènes, on peut citer :

  • Les pins ;
  • Le saule ;
  • Le bouleau blanc ;
  • Les différentes espèces d’érable, comme l’érable de Douglas.

Certaines espèces sont omniprésentes, comme le bouleau blanc qui se trouve dans tous les provinces et territoires du Canada. D’autres, comme l’érable de Douglas, sont plus spécifiques à certaines régions, comme l’ouest du Canada.

Quelle est la saison des allergies ?

Le printemps est la première grande saison qui marque généralement la libération du pollen des arbres comme le bouleau, le chêne et le frêne. Au cours de cette période, le temps se réchauffe. La nature commence à fleurir, ce qui libère beaucoup de pollen dans l’air.

Durant l’été, ce sont principalement les graminées qui libèrent leur pollen. Les pelouses, les champs et les prairies deviennent des sources importantes de pollen. Cela affecte les personnes allergiques. En dehors de ces périodes, les allergies peuvent aussi survenir pendant l’automne. À cette saison, elles sont souvent dues au pollen des mauvaises herbes, notamment l’ambroisie. De plus, la moisissure peut devenir un véritable problème, surtout dans les zones où les feuilles mortes s’accumulent et retiennent l’humidité.

Cependant,  certains allergènes, comme les acariens de la poussière ou les poils d’animaux, peuvent causer des symptômes tout au long de l’année, indépendamment des saisons. Ces derniers sont présents dans les environnements intérieurs et ne dépendent pas des changements saisonniers pour leur présence ou leur activité.

Par ailleurs, la « saison des allergies » peut différer d’une personne à l’autre, en fonction des spécificités de leurs allergies. Cela dépend principalement des allergènes auxquels une personne est sensible. Par exemple, certains sont allergiques au pollen des arbres, tandis que d’autres réagissent aux spores de moisissures ou aux allergènes d’animaux.

Qui sont les personnes les plus touchées par les allergies saisonnières ?

Bien qu’elles soient souvent diagnostiquées pour la première fois durant l’enfance ou l’adolescence, les allergies saisonnières peuvent se développer à tout âge. Il n’est donc pas rare que les adultes développent cette affection plus tard dans la vie, même s’ils n’en ont jamais eu auparavant.

Cependant, les allergies peuvent être en partie héréditaires. Si un parent ou un autre membre proche de la famille souffre d’allergies, il y a une chance accrue que vous puissiez également développer des allergies. Cela est dû à la transmission de gènes qui peuvent rendre le système immunitaire plus susceptible de réagir de manière excessive à des substances normalement inoffensives.

En outre, il existe des preuves que les femmes peuvent être plus susceptibles de développer certaines allergies, y compris les allergies saisonnières. Cette différence peut être liée à des facteurs hormonaux qui influencent le système immunitaire, bien que la recherche soit toujours en cours pour mieux comprendre ces mécanismes.

De plus, l’exposition à la fumée de tabac, en particulier pendant la petite enfance, peut altérer le système immunitaire et augmenter le risque de développer des allergies. En effet, les substances toxiques présentes dans la fumée de tabac peuvent provoquer une inflammation et une sensibilisation des voies respiratoires. Ainsi, les enfants restent vulnérables aux allergènes environnementaux.

Par ailleurs, les personnes vivant dans des zones avec de hauts niveaux de pollution aérienne sont  également susceptibles d’être touchées par des allergies saisonnières. Ce sont autant de facteurs qui peuvent influencer la façon dont le système immunitaire réagit aux allergènes saisonniers. Cela peut expliquer pourquoi certaines personnes peuvent très vite développer des allergies saisonnières que d’autres.

Quels sont les symptômes des allergies de saison ?

Les symptômes des allergies saisonnières sont variés. Elles peuvent affecter de nombreuses parties du corps, principalement le système respiratoire et oculaire.

Symptômes respiratoires

Parmi les symptômes respiratoires, on peut observer la production excessive de mucus par les membranes nasales. On note également la congestion nasale qui rend la respiration par le nez difficile. Ces signes peuvent être accompagnés d’une toux en réponse à l’irritation de la gorge ou des voies respiratoires supérieures. Certaines personnes peuvent présenter des éternuements répétés et une respiration sifflante.

Symptômes oculaires

Les symptômes oculaires incluent le larmoiement. Il s’agit d’une réaction des yeux à l’irritation, produisant plus de larmes. Celle-ci peut s’accompagner d’une inflammation due à l’allergène. Ainsi, les yeux rougissent et piquent, ce qui peut causer un véritable inconfort.

Symptômes cutanés et autres réactions corporelles

Plusieurs symptômes cutanés peuvent s’observer en cas d’allergies saisonnières. Entre autres, on a l’irritation de la peau et des éruptions cutanées soudaines et démangeantes. Chez certains individus, les allergènes peuvent déclencher une réaction asthmatique.

Symptômes au niveau de la tête et de la gorge

Parmi les symptômes visibles au niveau de la tête et de la gorge, on a les maux de tête. Ils peuvent être causés par la congestion sinusale. Ils sont parfois accompagnés des démangeaisons sur le palais et des maux de gorge. Il n’est également pas rare d’observer une inflammation  des cordes vocales causée par le drainage post-nasal ou la toux.

Symptômes généraux

En dehors de ces signes spécifiques, certains symptômes généraux sont remarquables en cas d’allergies saisonnières. C’est le cas du trouble du sommeil qui peut être causé par la congestion. Cela entraîne souvent une fatigue et un malaise général qui peuvent affecter l’humeur et la capacité de concentration. Ces divers symptômes sont la réponse du corps à l’invasion des allergènes.

Quand faut-il envisager une désensibilisation d’une allergie de saison ?

La désensibilisation est aussi connue sous le terme d’immunothérapie allergénique. Il s’agit d’une approche de traitement à long terme pour les allergies qui peut aider à diminuer la sensibilité de votre corps à des allergènes. Il existe des cas spécifiques dans lesquels il est important de l’envisager.

En effet, une désensibilisation peut être nécessaire lorsque les symptômes d’allergie sont sévères et affectent la qualité de vie, malgré l’usage de médicaments standards. Elle constitue aussi un recours idéal pour ceux qui préfèrent une solution plus durable aux traitements symptomatiques quotidiens. Elle est d’ailleurs très recommandée pour les allergies où l’agent allergène est bien identifié et difficile à éviter, comme :

  • Les pollens ;
  • Les acariens ;
  • Les poils d’animaux.

Dans un cas ou l’autre, le traitement commence par des doses très faibles de l’allergène, qui sont progressivement augmentées. Cela permet au système immunitaire de s’habituer à l’allergène et de réduire sa réactivité future. À cet effet, notons qu’il existe trois modes d’administration à savoir :

  • La voie orale avec des comprimés contenant un extrait de l’allergène à prendre quotidiennement ;
  • La voie sublinguale avec des gouttes ou des comprimés à placer sous la langue ;
  • La voie injectable avec des injections régulières administrées par un professionnel de santé.

Le traitement est généralement étalé sur plusieurs années. La première phase, souvent appelée phase d’escalade, implique une augmentation des doses. Elle est suivie par une phase de maintien où la dose efficace est administrée régulièrement pour consolider la tolérance.

Quelles sont les personnes qui ne peuvent pas bénéficier d’une désensibilisation ?

La désensibilisation n’est pas appropriée ou sûre pour tous les profils de patients. Par exemple, elle est déconseillée aux personnes qui sont touchées par un déficit immunitaire. En effet, les maladies auto-immunes, le VIH et d’autres conditions qui affectent le système immunitaire peuvent rendre les patients plus vulnérables aux infections et autres complications. Le système immunitaire de ces personnes ne réagit pas de manière typique, ce qui peut rendre la désensibilisation risquée ou inefficace.

De plus, les enfants ayant moins de 5 ans ne sont pas aptes à bénéficier d’une désensibilisation. Ces derniers ont un système immunitaire encore en développement. Ils peuvent ne pas être capables de tolérer les traitements d’immunothérapie. De plus, il peut être difficile d’administrer avec précision le traitement à des enfants très jeunes et de surveiller les éventuelles réactions sévères.

Enfin, les femmes enceintes doivent éviter l’immunothérapie allergénique. Cela est dû au fait que la grossesse modifie leur système immunitaire leur métabolisme et leur physiologie. Il est donc possible que cela influence la manière dont elles réagissent au traitement.  Par mesure de précaution, il faut alors éviter de commencer une désensibilisation pendant la grossesse.

Quelle est Importance de l’alimentation  dans la lutte contre l’allergie saisonnière ?

L’alimentation joue un rôle clé dans la gestion des allergies saisonnières. En effet, un régime riche en vitamines et minéraux est un meilleur choix pour un système immunitaire robuste. Les vitamines C et E, par exemple, sont des antioxydants aident à protéger les cellules. La vitamine C se trouve dans les agrumes, les kiwis et les légumes verts feuillus, tandis que la vitamine E est présente dans les noix, les graines et les huiles végétales.

De plus, certains aliments ont des propriétés anti-inflammatoires naturelles qui peuvent réduire les symptômes d’allergie. Par exemple, les acides gras oméga-3, trouvés dans les poissons gras comme le saumon et les sardines peuvent aider à réduire l’inflammation dans le corps.

Aussi, la quercétine, un flavonoïde présent dans les pommes, les oignons, les baies et le thé noir, peut agir comme un antihistaminique naturel. Il peut aider à réduire la libération d’histamine, ce qui est bénéfique pour atténuer les réactions allergiques. Cependant, il est important de boire suffisamment d’eau pour garder les voies nasales hydratées. Cela peut aider à éliminer les allergènes plus efficacement et peut réduire les symptômes de congestion.