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Malabsorption : causes, symptômes et traitements

Le syndrome de la malabsorption est un mal intestinal qui perturbe l’absorption des nutriments. Cette maladie engendre une mauvaise digestion des aliments consommés. Pire, elle peut entraîner des complications au niveau d’autres parties du corps. Bien qu’il existe des traitements, le réel problème de cette affection est sa détection. Comment diagnostiquer et traiter la malabsorption ?  

Malabsorption : Histoire et description

Évoquée par le célèbre Molière dans l’un de ses théâtres, cette affection était appelée la « lienterie » ou « lienteria ». Ce terme était aussi approprié pour les vers à soie atteints de ce mal. Ce qui implique qu’elle touchait les êtres humains, mais aussi les animaux. Autrement dit, cette expression était appliquée lorsque les bétails présentaient les symptômes de la maladie.

À cette époque, la malabsorption était définie comme la mauvaise ingestion des aliments. En d’autres termes, l’aliment consommé est rendu dans son état initial après le processus normal d’assimilation. Les aliments non ingurgités se retrouvaient dans les matières fécales du malade. Au fil des années, les recherches ont permis de trouver une explication plus exacte à ce problème de santé.

En effet, cette mauvaise assimilation intestinale est due à la fausse performance du tube digestif lors de l’ingurgitation. Il n’est donc pas capable d’absorber la grande partie des éléments situés dans le bol alimentaire. Le constat est que la malabsorption sélectionne les nutriments capables de maintenir le bon équilibre du corps. Ses cibles sont :

  • Les glucides ;
  • Les lipides ;
  • Les vitamines ;
  • Les sels minéraux.

Toutefois, le choix de substances peut s’étendre à toutes les composantes essentielles de la nourriture consommée. Par conséquent, un sévère amaigrissement devient remarquable chez le malade.

Malabsorption : quelles sont ses causes ?

Pour mieux comprendre la malabsorption, il faut d’abord avoir un aperçu du procédé d’une digestion normale. À ce propos, lorsque vous prenez un repas, il passe par trois étapes importantes avant de se retrouver dans la circulation sanguine. D’abord, les graisses, les glucides et les protéines subissent une hydrolyse intraluminale grâce à des enzymes spécifiques. En plus, les graisses sont rendues solubles par des sels biliaires.

Ensuite, d’autres diastases, positionnées au niveau de la bordure en brosse, agissent sur les nutriments. Ainsi, les produits finaux sont obtenus et ils sont prêts à être ingurgités. La surface d’absorption et le temps de transit sont les facteurs déterminants de la quantité de nutriments consommables. Il est important que les villosités et les microvillosités soient présentes sur l’espace d’assimilation. Enfin, le transport lymphatique des éléments nutritifs vers le sang est effectué.

Lorsque l’une de ces phases est perturbée, la malabsorption peut apparaître. De ce fait, les causes pouvant être à son origine sont nombreuses. Il peut s’agir de maladies, d’insuffisance pancréatique, ou d’infections.

Les affections à l’origine d’une malabsorption

La première affection pouvant causer une mauvaise absorption est la maladie cœliaque. Engendrée par l’absence des villosités et l’augmentation des cellules inflammatoires, cette affection altère l’assimilation des nutriments. La plupart d’entre eux sont les vitamines et les oligo-minéraux. Dans le second cas, la malabsorption devient globale. Par ailleurs, elle est aussi causée par une intolérance au gluten. Ce qui a pour conséquence une atrophie villeuse et une inflammation de la muqueuse intestinale.

Par contre, lorsqu’elle est issue d’une anémie nocive, la sélection des nutriments est moins précise. Outre ces deux maux, il y a également la maladie de Whipple qui est une origine possible de la malabsorption. Cependant, son apparition est vraiment rare, car son évolution est insidieuse. Aussi, est-elle un facteur démontrant de l’extrême gravité de la maladie.

L’insuffisance pancréatique

Cette cause probable de la maladie est avérée lorsque le pancréas perd plus de 90% de ses fonctions. Cela conduit à une hausse de l’acidité luminale, pouvant déboucher sur l’inhibition de la lipase et la digestion des lipides. Les affections comme le syndrome de Zollinger-Ellison peuvent surgir et aggraver l’inactivité pancréatique.

La cholestase et la cirrhose sont aussi des maux qui pouvant apparaître. Leur action consiste à diminuer la sécrétion des sels biliaires dans le duodénum. Ils sont également à la base de la réduction de la synthèse de la bile hépatique. De cette façon, ils entraînent la malabsorption de façon lente, mais certaine.

Les infections

Les types d’infections mis en relief sont :

  • Ceux causés par les virus ;
  • Ceux engendrés par les bactéries ;
  • Ceux d’origine parasitaire.

Que l’infection soit modérée ou aiguë, elle entraîne une malabsorption momentanée. Les agents pathogènes s’insèrent dans l’appareil digestif par le biais des lésions superficielles. Elles se trouvent généralement sur les microvillosités et les villosités. Toutefois, il peut arriver que la maladie dure plus longtemps que prévu. En effet, cette conséquence est due à la prolifération des infections bactériennes chroniques dans l’intestin grêle.

La présence de bactéries dans l’intestin grêle entraîne une suppression de toute la vitamine B12 présente. D’autres éléments nutritionnels sont aussi absorbés par ces microorganismes intestinaux. Les lésions des muqueuses qui en résultent sont les facteurs déclencheurs d’une perturbation enzymatique. Néanmoins, il faudrait exclure certains cas d’infections bactériennes dans lesquels, la maladie reste passagère. Il s’agit notamment de diverticules, de sclérodermie, et des anses borgnes.  

Mauvaise absorption nutritionnelle : quels sont les symptômes ?

Les signes cliniques de cette affection sont les ballonnements, les gaz, la diarrhée et la constipation. Les douleurs abdominales sont également des manifestations régulières de la malabsorption. Une perte de poids est souvent remarquable à cause de la carence nutritionnelle. Bien que l’alimentation du malade soit adéquate, l’amaigrissement reste constant, voire grandissant. 

Parmi ces symptômes, les plus fréquents sont la diarrhée chronique et la stéatorrhée. Cette dernière n’apparaît qu’à une condition : 7 grammes de graisses dans les selles. Autrement dit, lorsque les matières fécales sont volumineuses, blanchâtres, odorantes, et épaisses. Lorsque ce critère est respecté, et ce de manière journalière, il est évident que le malade est atteint de malabsorption.

En cas de carences en vitamines ou minéraux, il faut noter que le mal est à un stade très évolué. Par conséquent, les signes cliniques varient en fonction de la carence existante. De ce fait, l’inexistence de la vitamine B12 peut être du fait d’une résection étendue de l’estomac ou de l’iléon distal. Toutefois, une carence en fer est le seul symptôme témoignant d’une malabsorption légère

Comment se fait le diagnostic de la malabsorption ?

Plusieurs étapes sont nécessaires à la détermination de ce mal. En effet, le médecin va procéder à une anamnèse, à des tests sanguins, et à la recherche de graisses dans les selles. La dernière phase s’impose lorsque les deux premières ne révèlent pas la maladie de manière évidente. Une fois la présence de la malabsorption confirmée, sa cause est recherchée par d’autres moyens. Les méthodes utilisées dépendent des symptômes accompagnant la maladie.

L’anamnèse

Au cours de cette première étape, le spécialiste vérifie les antécédents médicaux du patient. Ensuite, il passe à une consultation, puis il pose une série de questions à son interlocuteur. Le but est de pouvoir déterminer l’étiologie, en se basant sur les réponses aux interrogations et les signes cliniques constatés chez le malade.

Au nombre des constats indicateurs de la malabsorption, il y a l’ictère, les épisodes de pancréatite aiguë, et la dermatite herpétiforme. Un dysfonctionnement de la lactase, enzyme dissociative du lactose et du glucose, est aussi un facteur à prendre au sérieux. Une flatulence extrême et une diarrhée aqueuse sont aussi des éléments auxquels s’intéresse le professionnel de la santé.

Les tests sanguins

Après l’auscultation, le médecin procède à des analyses du sang afin de connaître la cause du mal. Le choix des tests à faire est guidé par les symptômes remarqués chez le patient. Néanmoins, l’exploration de la piste sanguine se fait grâce à :

  • La numération formule sanguine ;
  • La ferritine ;
  • L’albumine ;
  • La TQ ;
  • Le dosage de l’acide folique (folates) ;
  • La recherche des indices des globules rouges.

Des tests sur la teneur en vitamine B12, en calcium, et en cholestérol sont aussi faisables. Les résultats obtenus, après la réalisation de ces différents examens, peuvent aboutir à une enquête approfondie. Le spécialiste peut encore continuer à avoir des doutes sur l’origine de la malabsorption

La recherche de graisse dans les selles

Cette étape requiert une collecte des matières fécales, afin de déterminer l’existence ou non d’une stéatorrhée. Pour la réaliser, le médecin a recours à trois techniques à savoir : le dosage direct des graisses fécales, la coloration au Soudan III, la mesure de l’élastase et la chymotrypsine.

Dans le cadre du dosage direct des graisses fécales, le processus est long et désagréable, car il dure 72 heures. En plus, les résultats ne procurent pas toujours la cause de la maladie. Ils évoquent tout simplement les pistes de plusieurs causes impliquant un approfondissement de la recherche à faire.

La coloration au Soudan III d’un échantillon fécal permet de détecter la graisse. Cependant, ce test n’apporte aucune donnée quantitative. Il s’agit d’une analyse à haute sensibilité et d’une particularité élevée.

Quant à la mesure de l’élastase et de la chymotrypsine, elle permet de distinguer les causes intestinales de celles pancréatiques. Ainsi, le professionnel de la santé augmente ses chances de trouvaille de la cause principale du syndrome de la malabsorption.

Autres tests

Cette phase regroupe les tests spécifiques pouvant permettre le diagnostic exact de l’étiologie du mal. Il n’est pas rare que plusieurs causes soient révélées après la réalisation de ces examens. Il s’agit de :

  • Une endoscopie haute ;
  • Une coloscopie ;
  • Un rx du grêle avec contraste baryté.

Après avoir effectué ces analyses, le médecin est fixé sur le problème et le traitement à proposer. Par ailleurs, une vidéo-endoscopie est envisageable si la portée de l’endoscopie classique n’est pas suffisante. Il faut également préciser qu’une biopsie de l’intestin grêle peut être pratiquée.

Malabsorption : les traitements possibles

Deux types de traitements sont à recevoir par le patient. La première thérapeutique est l’ensemble des médicaments pouvant atténuer les symptômes ou guérir l’affection. La seconde médication prend une forme nutritionnelle. Elle sert à contrer les conséquences de la malabsorption.

Thérapeutiques à prendre

Les médicaments prescrits tiennent compte des sources de la maladie. En effet, pour traiter l’insuffisance pancréatique, il faut la prise d’enzymes digestives gastro-protégées. Dans 80% des cas, cette solution est combinée avec une alimentation équilibrée. Les 10% des malades associent ce traitement à des compléments nutritionnels oraux. Les 5% des patients ont, quant à eux, besoin de nutrition parentérale.

Pour contrer les cas de diarrhée chronique, il faut un antidiarrhéique oral pour calmer le symptôme. Cette forme de traitement se fait en urgence, en attendant que la cause principale soit connue. Pour ce qui est des résections étendues, il faut une assistance nutritionnelle. Une analyse pertinente de la quantité et de la qualité des apports nutritionnels doit être faite par le spécialiste. Ainsi, la récupération du segment d’intestin restant se fait aisément.

Intervention nutritionnelle

Plusieurs points sont à voir dans ce mode de traitement :

  • Une éviction du gluten pour les personnes souffrant d’une maladie cœliaque ;
  • Une bonne hydratation, la consommation d’aliments réducteurs de résidus, et les suppléments vitaminiques sont les options en cas de diarrhée chronique ;
  • Une alternative nutritive composée de repas faciles à digérer et à absorber est requise pour les cas de pancréatite, d’insuffisance pancréatique, et de syndrome de grêle court. Il est primordial que l’alimentation soit fractionnée en des quantités minimes.

Les malades les plus dénutris sont contraints d’adopter une nutrition artificielle. Les dosages appropriés sont établis en fonction des conditions physiques de chaque patient.

En somme, la malabsorption est une affection qui influe négativement sur tout le corps. Souvent confondue à une mauvaise digestion, cette maladie a des répercussions assez graves. Les adultes sont les plus exposés à ce problème. Heureusement, elle se traite, mais son traitement nécessite une forte rigueur sur le plan nutritionnel.

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