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Maladie de Fournier : causes, traitements et prévention !

De nombreuses maladies peuvent affecter différentes parties du corps. Souvent, lorsqu’elles sont privées d’oxygène notamment, ces parties du corps subissent des lésions graves. La gangrène notamment peut avoir de tels effets. Elle survient avec l’arrêt de la circulation sanguine au niveau d’un organe. Il s’en suit la mort et la putréfaction des tissus.

Cette affection atteint les tissus mous de l’organisme. Elle peut avoir une origine infectieuse ou bactérienne. Parmi les formes de gangrènes infectieuses, on retrouve la gangrène de Fournier. Elle est la plus rare et l’une des plus mortelles. On vous dit tout sur la maladie de Fournier !

Tout savoir de la gangrène de Fournier

Découverte par le médecin dermatologue Alfred de Fournier, la gangrène de Fournier est assez redoutable. Certains éléments permettent de la distinguer et d’autres, de s’en prémunir.

Définition

Encore connue sous le nom de fasciite nécrosante périnéale, la gangrène de Fournier s’attaque principalement au périnée et à d’autres organes génitaux externes. D’origine bactérienne, cette infection provoque la nécrose ou la mort des principaux tissus mous situés dans la région génitale. Cette maladie peut toucher toutes les tranches d’âge. Toutefois, ce sont les sujets âgés qui sont les plus exposés. En effet, des études scientifiques ont révélé que la gangrène atteint beaucoup plus les personnes de la tranche de 50 à 70 ans.

Circonstances de survenue

Les circonstances de survenue de cette maladie peuvent être de trois principaux types : post-traumatiques, post-opératoires et médicales. Les circonstances post-traumatiques concernent notamment :

  • les blessures souillées par les bactéries telluriques ;
  • le décollement pariétal ;
  • les grands délabrements.

Parmi ces éléments post-opératoires, on distingue les abcès de paroi causés par une contamination de salle d’opération et la cellulite du tronc localisé sur les orifices de stomie. Les circonstances médicales concernent l’ischémie préexistante favorisant une surinfection du revêtement cutané. Ceci est récurrent chez les diabétiques et les artériopathes.

Les facteurs favorables

Grangrène de Fournier

Malgré son origine bactérienne, la fasciite nécrosante périnéale peut être aggravée par un certain nombre de facteurs internes ou externes. Entre autres, on retient l’état général du malade et la présence de maladie telles que l’obésité, le diabète, le cancer, l’insuffisance cardiaque ou rénale chronique. La consommation d’alcool, le manque d’hygiène et la perte de substance tissulaire sont d’autres facteurs pouvant favoriser le développement des symptômes de cette maladie.

Les possibles germes à l’organe de la pathologie

La maladie de Fournier est une infection pluri microbienne. C’est la synergie entre les bactéries aérobies et anaérobies qui entrainent la nécrose périnéale. Souvent, ce sont les germes commensaux du tractus digestif devenus pathogènes qui provoquent une infection endogène le long des fascias. Cette infection endogène entraine une nécrose sans pus que d’autres bactéries pathogènes utilisent comme porte d’entrée.

Les germes anaérobies (le Clostridium Perfringens gram positif) présents à un stade tardif profitent de cette faille pour attaquer les tissus mous. Ils se servent de voie colorectale, cutanée ou urogénitale. Plusieurs heures après l’attaque du tissu mou, on note la prolifération des bactéries et l’apparition de la gangrène.

Les symptômes de la maladie de Fournier

Au début de l’infection, le scrotum présente des signes d’inflammations légères qui s’étendent ensuite au périnée. Au bout de quelques jours, les inflammations s’étendent au pénis puis à la paroi abdominale. L’un des premiers symptômes lorsque l’infection se propage, c’est la douleur périnéale vive et intense. Les autres signes qui devraient vous alerter sont l’apparition d’une odeur nauséabonde, des lésions de couleurs rouge, noires et vertes.

L’odeur purulente est caractéristique de la nécrose tissulaire et les lésions multicolores sont des signes avant-coureurs de la cellulite. Ainsi, les zones présentant ces lésions seront douloureuses. Après l’apparition de ces symptômes, l’état général du patient est dégradé. Il est fébrile, abattu et frissonnant. Les signes généraux remarquables sont :

  • la fièvre ;
  • la transpiration ;
  • l’abaissement de la tension artérielle ;
  • la fatigue intense ;
  • la perte d’appétit ;
  • l’accélération du rythme cardiaque.

S’il n’est pas pris en charge rapidement, la gangrène évoluera vers un choc septique irréversible. On en parle lorsque la fasciite s’accompagne d’une défaillance multiviscérale pouvant être fatale.

Quels examens complémentaires réaliser ?

Avant la prise en charge rapide, il est essentiel de réaliser des examens complémentaires pour connaître la gravité des symptômes et pour mieux orienter les traitements. Voici les diagnostics importants à réaliser.

Le diagnostic clinique

Il est recommandé de consulter un médecin dermatologue dès l’apparition de la douleur périnéale vive. Ce dernier effectuera un diagnostic clinique à la recherche des signes évocateurs de la maladie de Fournier. Il recherchera les symptômes pouvant servir de porte d’entrée aux bactéries telles que les fissures anales, la sténose urétrale, l’infection de balanites ou du scrotum.

Si la recherche des symptômes révèle la présence des crépitations, de l’œdème ou encore des lésions multicolores, un diagnostic paraclinique devient nécessaire pour comprendre ce qui se passe en profondeur.

Le diagnostic paraclinique

Au cours du diagnostic paraclinique, des examens de laboratoires et l’imagerie doivent être effectués pour savoir s’il s’agit d’une gangrène de Fournier ou d’une dermo-hypodermite bactérienne. Les examens de laboratoires consistent en un dosage de la créatinine, de l’urée et de la NFS du patient. Si le dosage révèle une augmentation de la leucocytose, de la créatinine et du CRP, le médecin peut penser à une gangrène de Fournier en attendant le scanner.

De plus, si le bilan hépatique, de coagulation et des gaz sanguins révèle une anémie ou encore une baisse de la natrémie, alors le doute du médecin est confirmé. Si après la réalisation de la radiographie le professionnel traitant remarque la présence d’abcès ou d’air dans les tissus sous-cutanés, il peut évoquer une fasciite nécrosante.

Dans certains cas, le médecin peut effectuer des prélèvements de sérosité et procéder à une hémoculture pour rechercher la présence de germes anaérobies. Après ces différents tests, le patient doit rapidement être pris en charge.

Les différentes options de prise en charge

La prise en charge du patient malade peut nécessiter la combinaison de plusieurs modes de traitements.

L’antibiothérapie

Il est recommandé de mettre le patient sous traitement intraveineux d’antibiotiques pour empêcher que l’infection atteigne les zones saines. En général, les médecins font une combinaison d’antibiotiques. Les plus utilisés sont le céfotaxime, le métronidazole, la gentamicine haute dose et la pipéracilline. Pour le traitement des symptômes de la maladie de Fournier, les médecins combinent les antibiotiques tels que l’amoxicilline et l’acide clavulanique ou encore la ticarcilline-acide clavulanique.

Le traitement chirurgical

Après le recours aux antibiotiques, il est indispensable de passer au traitement chirurgical. Ce type de traitement est « agressif » et permet d’éliminer les parties infectées de façon à arrêter la progression de la gangrène. En général, les médecins pratiquent des excisions avec débridement total jusqu’au tissu sain, de manière à explorer la porte d’entrée.

Au cours du traitement chirurgical, les professionnels traitants font des prélèvements bactériologiques pour des examens complémentaires. Le traitement chirurgical est important parmi les méthodes de lutte parce qu’elle permet une prise en charge réelle et effective du patient. La chirurgie est donc incontournable dans le traitement de cette infection.

En outre, il est recommandé de la pratiquer rapidement après la stabilisation de l’état du patient pour éviter la survenue de complications plus graves.

La colostomie


Encore appelée dérivation des matières fécales, la colostomie n’est pas obligatoire. Toutefois, elle peut être nécessaire dans certains cas. En effet, elle peut être réalisée en cas de délabrement ou encore si le patient est atteint de marge anale. Les médecins la pratiquent également s’il y a un risque de contamination des incisions de drainage ou des lésions infectées par les matières fécales.

Bien que la colostomie n’ait aucun impact sur la propagation de l’affection, le recours à cette méthode permet de faciliter la nutrition entérale hypercalorique qui aide les patients à cicatriser plus vite.

Pansement, réanimation nutritive et reconstruction

Dans la majorité des cas de fasciite nécrosante, les besoins des patients malades augmentent en raison de nombreux facteurs comme :

  • l’hospitalisation ;
  • le choc septique ;
  • les interventions chirurgicales récidivantes.

On recommande de nourrir les patients au moins à hauteur de 25 kcal/kg/jour. Toutefois, pour atteindre de tels apports calorifiques recommandés, il faut privilégier la technique de la nutrition entérale hypercalorique.

Mettre des pansements aux patients après l’intervention chirurgicale est essentiel pour éviter de nouvelles contaminations. La fréquence de mise en place des pansements dépend de la tolérance du malade et de l’évolution de la cicatrisation. Si d’autres zones ne sont pas infectées, le changement peut se faire tous les deux ou trois jours. Dans le contraire, il faut le faire une fois par jour.

Après la phase de résection, les médecins privilégient le système de pansement aspiratif type VAC en raison de ses bienfaits pour le patient.

Pour traiter les séquelles de la maladie de Fournier après cicatrisation totale des plaies, les professionnels pratiquent une greffe de peau en filet sur le patient afin de reconstruire les zones infectées.

Les moyens de se prévenir de la maladie de Fournier

La fasciite nécrosante périnéale est très dangereuse et elle peut être fatale si le patient manque de prise en charge réelle. Le respect d’un certain nombre de règles pourrait aider à prévenir cette pathologie. Entre autres, il faut le nettoyage minutieux et la désinfection correcte des blessures, l’élimination des tissus nécrosés et des corps étrangers autour des plaies.

On recommande également de privilégier l’utilisation d’antibiotiques à titre préventif en cas de blessures profondes ou encore d’intervention chirurgicale comportant des risques. D’autre part, la surveillance de la cicatrisation des blessures et la prise en charge des pathologies à risque (diabète, surpoids, etc.) sont essentielles pour éviter la survenue de la gangrène de Fournier.

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