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Neuro-paludisme : comment traiter le paludisme grave ? 

Le neuro-paludisme est une variante plus virulente du paludisme. Elle est très meurtrière et dans la plupart des cas, s’accompagne d’un profond coma. Que savoir de ce type de paludisme et comment le traiter ?

Définition et causes du neuro-paludisme

Pour comprendre le paludisme grave, il faut d’abord cerner la définition du paludisme simple. Le paludisme peut être défini comme une maladie mortelle d’origine parasitaire. En effet, le principal vecteur du paludisme est appelé le Plasmodium, qui est transmis aux humains par la piqûre des moustiques anophèles femelles portant le parasite en elles. À la base, le paludisme est certes une maladie mortelle, mais elle peut être évitée et traitée.

Dans l’espèce humaine, les Plasmodiums responsables du déclenchement d’un paludisme sont au nombre de cinq, dont les plus dangereux sont le Plasmodium falciparum et le Plasmodium vivax. Le P falciparum est la variante la plus courante de Plasmodium rencontrée, le plus souvent en Afrique. À lui seul, il est responsable de la plupart des morts liées au paludisme à travers le monde entier. Le P vivax quant à lui, est une variante pas très courante dans la zone subsaharienne. C’est donc en dehors de cette zone que l’on rencontre le plus cette variante.

Revenant maintenant au neuro-paludisme, qui résulte d’un retard dans le traitement du paludisme simple. Il faut le rassemblement de certaines preuves cliniques, avant d’être certain de l’évolution de la maladie jusqu’à ce stade. Ces preuves consistent le plus souvent en un dysfonctionnement des organes vitaux. La plupart des cas de neuro-paludisme sont causés par les variantes suivantes du Plasmodium :

  • Le Plasmodium falciparum ;
  • Le Plasmodium vivax ;
  • Le Plasmodium knowlesi.

Il n’existe donc pas de causes cliniques spécifiques à cette maladie.

Symptômes du neuro-paludisme

Les symptômes causés par cette maladie sont nombreux et peuvent parfois s’apparenter à ceux de certaines autres maladies. Cependant, ne vous y trompez pas !

Une altération de la conscience

Le degré d’altération de la conscience est mesuré par l’échelle de Glasgow chez les adultes et par l’échelle de Blantyre chez les enfants. Ainsi, sur l’échelle des adultes, les personnes souffrant de neuro-paludisme ont souvent un score de Glasgow supérieur à 11. En ce qui concerne les enfants atteints de cette maladie, leur score de Blantyre s’élève au-dessus de 3. Il faut noter que dans ces deux cas, le score enregistré est largement supérieur à la norme.

L’acidose

L’acidose peut se définir comme la forte présence d’acide dans le sang. De nombreuses raisons peuvent expliquer son apparition. Ainsi, chez les personnes atteintes de paludisme grave, le déficit de base est, le plus souvent, supérieur à 8 méq/l. Dans le cas où cette mesure ne peut être effectuée, on peut assister à une augmentation du taux de bicarbonate dans le sang. Un taux qui peut excéder même les 15 mM. Le taux de lactate dans le sang veineux peut aussi servir d’indice. Dans le cas présent, ce taux peut atteindre même plus de 5 mM. Le paludisme grave peut aussi entraîner une acidose sévère, qui se caractérise par des difficultés respiratoires particulières.

L’hyperparasitémie

L’hyperparasitémie constitue un indicateur à part entière, en matière de paludisme grave. Cependant, le rapport entre l’hyperparasitémie et le pronostic de paludisme grave varie principalement, en fonction du taux de présence ou de transmission de ce dernier dans le sang.

Dans les zones où la transmission est à un taux faible, la mortalité liée au paludisme grave peut grimper lorsque le taux de parasitémie est supérieur à 100.000/µl, c’est-à-dire que plus de 2,5 % des globules rouges sont parasitées. À l’inverse, dans les zones où le taux de transmission est très élevé, les organismes sont beaucoup plus résistants face à un taux de parasitémie élevé. Il convient cependant de préciser ici que, quel que soit le niveau ou le taux de transmission d’un milieu, lorsque le taux de parasitémie est supérieur à 20% de globules rouges parasitées, le risque de décès est très élevé.

Une anémie sévère

Le paludisme s’accompagne très souvent d’anémie mais dans le cas du paludisme grave, l’anémie peut devenir particulièrement sévère et grave. Ici, le taux d’anémie varie selon que l’on soit en présence d’un enfant ou d’un adulte. Chez les enfants de moins de 12 ans, ce taux est souvent inférieur à 5 g/dl ; ce qui est largement en dessous de la norme.

L’anémie peut aussi être mesurée par le taux d’hématocrite. Chez les enfants, ce taux est le plus souvent inférieur à 15%, ce qui est largement en dessous de la norme. En ce qui concerne les adultes, ils présentent souvent un taux d’anémie inférieur à 7 g/dl et leur taux d’hématocrite peut descendre jusqu’en dessous de 20%.

État de choc

On parle d’état de choc lorsque les capillaires sanguins n’arrivent plus à se remplir à la vitesse normale, ce qui provoque une sorte de panne générale dans le fonctionnement de l’organisme. Dans le cas d’un neuro-paludisme, la vitesse de remplissage des capillaires sanguins peut chuter jusqu’à dépasser les 3 secondes, ce qui est particulièrement très en dessous de la norme. Dans ce cas, on parle de l’état de choc compensé.

Quand il s’agit plutôt de l’état de choc décompensé, il est plutôt question de tension artérielle systolique. Chez les enfants, cette tension peut descendre en dessous de 70 mmHg. Dans le cas des adultes, la tension artérielle descend en dessous de 80 mmHg. Chez l’adulte, l’état de choc s’accompagne parfois de signes d’hypoperfusion. Ce phénomène se manifeste par la froideur des extrémités du corps, avec ou sans l’augmentation de la durée de remplissage des capillaires.

Il s’agit là des symptômes les plus fréquemment constatés. Il existe néanmoins d’autres symptômes graves tels que :

  • L’insuffisance rénale aiguë ;
  • La jaunisse ;
  • L’œdème pulmonaire ;
  • L’hypoglycémie ;
  • Les saignements.

Cependant, en dépit de son caractère très mortel et dangereux, le paludisme grave peut bel et bien être soigné.

Les traitements utilisés contre le neuro-paludisme

Il existe plusieurs traitements utilisés contre le neuro-paludisme. Toutefois, tous ces traitements n’ont pas encore prouvé leur réelle efficacité contre ce mal. Les traitements peuvent donc être déclinés en deux principales catégories que sont : le traitement principal par l’arténusate intraveineux et les traitements symptomatiques.

Le traitement à l’arténusate intraveineux

L’arténusate est une substance composée principalement de la dihydroartémisinine, encore appelée DHA, un puissant métabolite actif. Ce métabolite a une double action. D’une part, il empêche la progression des jeunes parasites en leur bloquant la voie et en stoppant leur développement. D’autre part, il permet d’inhiber correctement et en quelques heures, le phénomène de séquestration que subit la personne atteinte de paludisme grave.

Cependant, si ce médicament est utilisé comme principal traitement, c’est en raison des moindres risques sanitaires qu’il présente. En effet, l’administration de ce médicament n’entraîne presque pas d’effets secondaires. Il peut être administré, même en cas d’insuffisance rénale et n’a aucune incidence sur les nombreux symptômes que présente le neuro-paludisme. Il est beaucoup plus toléré par tous les âges et ne nécessite pas des adaptations de dose comme c’est le cas de la quinine. L’arténusate est donc le traitement par excellence, pour lutter contre le paludisme grave.

Le traitement à l’arténusate se fait par voie intraveineuse, et peut s’étendre sur une durée de 7 jours au maximum. Au bout de trois jours, ce traitement peut être relayé par un traitement oral à l’ACT (Artemisinin Combination Therapy). Ce dernier est la résultante d’une combinaison de l’artémisinine et d’autres substances antipaludiques. Au bout de trois jours de traitement régulier, la plupart des patients se retrouvent en meilleure forme. L’arténusate peut s’obtenir en France, sous la forme d’une ATU (autorisation temporaire d’utilisation).

Les traitements symptomatiques et adjuvants

Le traitement symptomatique vise à soulager l’organisme de certains symptômes spécifiques de la maladie. Les traitements varient donc ici en fonction du symptôme à éliminer.

Par exemple, en ce qui concerne le coma, il faut procéder à de nombreux sous-traitements comme la recherche d’une intubation orotrachéale précoce, la recherche d’une hypoglycémie, la prévention de l’œdème et des autres agressions secondaires.

Cependant, certains traitements sont déconseillés ici. Il s’agit notamment des traitements anticonvulsivants préventifs systématiques et du traitement par osmothérapie. Dans ce dernier cas, on peut y faire recours seulement lorsqu’il y a nécessité de sauvetage devant certains signes d’engagement cérébral.  

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