Accueil Bien-être Oniomanie : comment traiter le besoin d’acheter ?

Oniomanie : comment traiter le besoin d’acheter ?

0
Oniomanie : comment traiter le besoin d’acheter ?
Oniomanie: femme achète et culpabilise

Certaines personnes développent une dépendance à l’alcool ou aux substances illégales. D’autres, par contre, ont une dépendance au sexe ou au travail. Il existe une autre catégorie de personnes qui ont tendance à faire des achats compulsifs. Ces dernières souffrent d’une pathologie appelée oniomanie, un trouble rare qui  est inconnu du grand public. Qu’est-ce que cette pathologie ? Quelles sont ses causes et quels sont les traitements pour soigner les patients ? Retrouvez notre analyse dans ce billet.

L’oniomanie : cette pathologie qui peut vous ruiner

Pour se faire plaisir, il est tout à fait normal de faire des achats de temps à autre. Cela dit, quand le fait d’acheter devient une obsession et prend le contrôle de votre vie, on parle de dépendance ou d’oniomanie.

L’oniomanie est un trouble chronique qui provoque chez la personne qui en souffre une tendance à faire des achats compulsifs, irréfléchis. Elle est caractérisée par un besoin ardent de dépenser de l’argent ou de faire des achats pour soi ou pour autrui. Le patient est incapable de contrôler ses pulsions et  ne contrôle nullement ses actes. Il est guidé par son envie irrépressible d’acheter, quitte à se ruiner ou même à contracter des dettes. Le plus ahurissant est que dans la majorité des cas, l’objet qu’il vient d’acquérir n’a pas une grande importance pour lui.

Les oniomanes, contrairement aux collectionneurs, ne font pas l’achat parce qu’ils ont absolument besoin de l’objet. Ils sont plutôt dirigés par l’excitation qu’ils ressentent lors de la transaction, maisaussi par le sentiment de soulagement et de puissance qui en découle, juste avant que cela ne se transforme en honte.  

Heureusement, ces crises ne se produisent pas de manière continue. En effet, le besoin de faire des achats se manifeste de manière épisodique et ne dure habituellement pas plus d’une heure. Ensuite, la personne reprend ses esprits et commence par avoir des regrets. En ce qui concerne la fréquence à laquelle les crises se produisent, tout dépend du patient. Les crises peuvent se manifester de manière passagère, une fois par semaine, ou même une fois chaque jour. Par ailleurs, il est important de faire la différence entre un acheteur impulsif et un acheteur compulsif.

L’acheteur impulsif

Un acheteur impulsif est une personne qui a des envies soudaines de faire des achats dont il n’en a pas vraiment besoin. Lorsque l’envie se fait ressentir, il fait l’achat de manière spontanée, sans réflexion préalable, avant de se sentir, quelques instants après, coupable de son acte. L’acheteur impulsif est, pour la plupart, motivé par des éléments externes comme la beauté de la chose, le prix ou la présentation.

L’acheteur compulsif

Contrairement à l’acheteur impulsif qui fait l’achat sans motif, l’acheteur compulsif le fait pour lutter contre ses émotions. C’est le genre de personne pour qui payer tout et rien est un moyen de vaincre ses émotions négatives comme le stress, la colère, la culpabilité ou le rejet.

Peu importe le type d’acheteur, l’addiction peut entraîner des difficultés financières au patient, et parfois, être source de conflit avec ses proches. Contrairement aux autres maladies de dépendance répertoriée, l’oniomanie n’est pas reconnue comme une addiction par les autorités. Toutefois, il s’agit d’une pathologie bien réelle qui fonctionne de la même manière que les autres dépendances. D’après les chiffres, la maladie toucherait beaucoup plus les femmes dans une tranche d’âge de 18 à 30 ans.

Quelles sont les causes de l’addiction à l’achat ?

Il n’existe pas, jusqu’à aujourd’hui, une étiologie de l’oniomanie. Cependant, une majorité de spécialistes s’accorde pour dire que la maladie vient d’un ensemble de facteurs qui peuvent être psychologiques, neurobiologiques et même culturels.

Les oniomanes sont des personnes qui ont du mal à gérer leurs émotions et qui ont une faible estime d’eux-mêmes. Les achats qu’ils effectuent sont donc un moyen pour eux de gérer un sentiment de culpabilité, le stress, un accès à la colère ou un sentiment d’humiliation. Selon une étude, les raisons psychologiques seraient la plus grande cause de l’oniomanie. Par ailleurs, une perturbation cérébrale au niveau des systèmes de neurotransmission d’hormone tels que la dopamine ou la sérotonine peut aussi être la cause de la pathologie. Enfin quelques rares fois, les contextes familiaux et sociologiques peuvent intervenir.

Comment reconnaître un oniomane ?

Avec les pubs, les soldes et toutes les autres méthodes que mettent en place les sociétés pour attirer des clients, n’importe qui peut craquer et faire des achats incontrôlés de temps à autre. Mais, cela ne fait pas forcément de vous un oniomane. En effet, les personnes qui ont ce trouble ont une manière bien précise de se comporter. Par exemple, faire des achats pour eux devient une obsession. Lorsqu’elles s’apprêtent à conclure une transaction, elles ressentent des émotions diverses telles que la satisfaction, un sentiment de puissance et même une excitation sexuelle.

Également, les personnes souffrant d’oniomanie n’utilisent pas souvent l’objet qu’elles achètent, et parfois, elles n’en ont même pas envie. Aussi, pour ne pas subir les remarques de leurs proches, elles préfèrent effectuer leurs achats seuls.

Ensuite, lorsqu’elles finissent la transaction et que l’excitation passe, elles ont un sentiment de culpabilité et de honte pour s’être laissées emporter par leurs émotions. Par ailleurs, on remarque chez ces personnes qu’elles n’hésitent pas à s’endetter et mettre leur stabilité financière en péril pour des choses qui paraissent inutiles. En outre, le trouble des achats compulsifs s’accompagne, souvent, d’autres problèmes psychologiques tels que des épisodes maniaques, un trouble de bipolarité, l’anxiété et un état dépressif.

Enfin, l’addiction peut, dans certains cas, être associée avec un trouble de la personnalité, et dans d’autres cas, au développement d’un comportement criminel comme la cleptomanie. Dans les cas plus graves, l’oniomane peut avoir des idées suicidaires quand son comportement le met, lui ou sa famille, dans une situation délicate.

Commencer par prendre conscience de son addiction est sans nul doute le premier pas pour traiter la pathologie. Cela dit, lorsqu’il ne s’agit  que de suppositions, il est possible de passer des tests pour identifier la présence de la maladie ainsi que sa sévérité.

Le Compulsive Buying Scale (CBS) est particulièrement recommandé. Il s’agit d’un test de questions qui permet d’évaluer chez le patient son degré d’addiction aux achats. Le CBS évalue chez ce dernier le besoin qu’il a de dépenser, la sensation ressentie avant et après l’opération, les problèmes que lui cause son comportement et les raisons pour lesquelles il ne s’abstient pas.

Quels sont les moyens pour lutter contre l’oniomanie ?  

L’oniomanie est une pathologie assez dangereuse capable de ruiner la personne atteinte. Elle peut envoyer en prison lorsque des dettes sont contractées ou qu’on devient cleptomane. Il est possible d’essayer de remédier soi-même au problème en adoptant les bonnes habitudes. Il s’agit, entre autres, de :

Prendre la peine de se poser les bonnes questions avant tout achat

Lorsqu’on a des tendances à acheter tout ou rien, il est important de se fixer des limites. Il peut être question, par exemple, de prendre la résolution de ne payer que des choses dont on a véritablement besoin. Lorsqu’un objet n’apporte rien de nouveau, il est préférable de passer à autre chose !

Ne pas dépasser le budget du mois

Un autre moyen de faire pression sur soi et sur ses dépenses est de se fixer un quota à ne dépasser sous aucun prétexte. Avoir un budget préétabli pour ses achats du mois évite de rentrer dans la ligne rouge. Et quand on atteint la limite, il ne faut jamais aller au-delà même pour la plus belle robe ou la plus belle montre.

Faire une liste de ses besoins et toujours payer en liquide

Lorsqu’on a une idée plus ou moins précise de ce dont on a besoin, il est beaucoup plus facile de résister aux achats sans intérêt. En outre, un autre moyen d’avoir le contrôle sur ses dépenses est de payer ses achats en liquidité. Avec la carte de crédit, on est tenté de s’offrir quelques articles sous prétexte qu’ils ne sont pas chers.

En effet, les nombreux articles qui ne coûtent pas cher peuvent, à la longue, coûter une petite fortune. On ne se rend même pas compte dans l’immédiat parce que les sous-dépenses se retrouvent sur la carte. Le fait de payer en liquide aide au moins à visualiser ce qu’on dépense pour ne pas avoir des surprises désagréables. Aussi, il est conseillé de faire ses comptes régulièrement pour ne pas être pris au dépourvu.

Si toutes ces petites astuces ne vous aident pas à avoir le contrôle sur vos dépenses, le problème est peut-être alors plus grave et ancré plus profondément. Dans ces circonstances, le recours à un spécialiste est vivement recommandé.

Bien qu’il n’existe pas de traitement spécifique pour lutter contre l’oniomanie, plusieurs solutions connexes permettent d’en venir à bout ou d’en réduire la portée. C’est le cas notamment de la psychothérapie, de la pharmacothérapie pour lutter contre les troubles anxieux et de la dépression. Enfin, il est aussi possible de rejoindre un groupe de soutien ou encore un organisme de conseil en crédit pour vous aider à vaincre ce trouble.