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Opération d’un ongle incarné : le guide complet !

Encore appelé onychocryptose, l’ongle incarné est une maladie appartenant aux diverses pathologies du pied (mais aussi de la main) qui touchent deux Français sur trois. Généralement bénin, ce mal peut toutefois engendrer de graves complications lorsqu’il est soumis à un traitement inadéquat. Et dans bien des cas, ce traitement passe par une intervention chirurgicale. Voici l’essentiel à retenir sur l’opération d’un ongle incarné.

Ongle incarné : qu’est-ce que c’est ?

L’ongle incarné est une pathologie se manifestant par la pénétration d’une partie de l’ongle dans la peau environnante. Généralement, cette maladie touche le gros orteil (hallux). L’onychocryptose évolue en trois stades.

  • Premier stade: l’orteil ou le doigt atteint présente une petite inflammation (rougeur et gonflement minime) et le patient ressent une douleur à la pression.
  • Deuxième stade: l’orteil ou le doigt atteint présente une infection purulente alors que le gonflement, la rougeur, la douleur et la plaie prennent de l’ampleur.
  • Troisième stade: l’orteil malade est sujet à une inflammation chronique et à la formation de bourrelets (botryomycome) douloureux pouvant saigner au moindre contact. Dans certains cas (et en particulier chez les personnes diabétiques), un ulcère apparaît.

Les douleurs ressenties autour de l’ongle atteint s’amplifient avec le port de chaussures (notamment fermées). La chirurgie s’avère bien efficace pour en finir avec l’ongle incarné. Mais il vaut mieux prévenir que guérir et le meilleur moyen d’y parvenir n’est autre que lutter contre les causes de la maladie.

Quelles sont les causes de l’onychocryptose ?

L’onychocryptose peut découler de plusieurs facteurs isolés ou combinés.

  • La forme des ongles: les ongles larges, incurvés ou épais présentent globalement un plus grand risque d’onychocryptose. Cela ne signifie pas pour autant que les personnes ayant ce type d’ongles en souffriront forcément.
  • Le mauvais entretien des ongles et des pieds: que ce soit au niveau de la propreté ou de la coupure (trop courts, pointus ou en arrondis), un entretien mal fait peut favoriser la survenue d’un ongle incarné. En ce qui concerne les pieds, le port de chaussures inadaptées ou trop serrées peut également provoquer la maladie.
  • Les infections et l’hyperhidrose: certaines infections telles que l’onychomycose (mycose des ongles) peuvent contribuer à l’apparition d’une onychocryptose. Quant à elle, l’hyperhidrose (transpiration excessive) peut vous prédisposer à la pathologie en ramollissant les tissus.
  • Les mouvements et les traumatismes: au cours des mouvements les plus banals du pied, une légère déviation peut favoriser l’onychocryptose. Inutile alors de préciser que les traumatismes (et microtraumatismes) répétés constituent aussi un facteur de risque.
  • L’hallux valgus: communément appelée oignon du pied, il s’agit d’une déformation du gros orteil. Dans le cas particulier de l’ongle incarné, la déformation réduit l’espace dans la chaussure et rend le pied plus vulnérable à la pathologie.

À tout cela s’ajoute toute maladie causant une déformation des ongles ou une mauvaise vascularisation des extrémités du corps. Il s’agit notamment du diabète et des troubles artériels (tels que l’artériosclérose), mais aussi des maladies cardiaques, neurologiques ou immunitaires.

Quelles sont les complications d’une onychocryptose ?

Bien que l’ongle incarné soit bénin à l’origine, il peut déboucher sur de graves complications lorsqu’il est mal ou pas pris en charge. Il s’agit entre autres de :

  • l’ostéomyélite (infection de l’os) ;
  • l’infection des tissus environnants (tendons, articulations) ;
  • l’apparition d’une infection fongique comme la mycose de l’ongle ;
  • la nécrose des tissus de l’orteil (spécialement chez les personnes diabétiques), etc.

En ce qui concerne la dernière complication de la liste (nécrose des tissus chez le diabétique), une amputation peut être nécessaire en fonction de l’évolution du mal. C’est dire combien il est important de recevoir les traitements adéquats en temps et heure.

Ongle incarné : quand faut-il opérer ?

Avant tout, il est important de savoir que l’onychocryptose ne nécessite pas toujours une intervention chirurgicale. Certains médecins affirment d’ailleurs qu’il n’est pas toujours impératif de consulter pour un ongle incarné. Par contre, cela implique une attention particulière aux signes d’infection ou de surinfection.

Il est donc préférable de consulter dans tous les cas puisqu’il n’est pas évident pour un non-médecin d’identifier les signes. Si toutefois vous choisissez de ne pas consulter dès le départ, certaines situations doivent vous interpeller.

  • Vous êtes une personne à risque souffrant notamment de pathologies telles que le diabète, les maladies cardio-vasculaires, neurologiques ou immunitaires.
  • L’orteil malade présente des signes évidents d’inflammation et/ou d’infection : gonflement, rougeur, douleur spontanée (sans toucher l’orteil), présence de pus, fièvre (à ne pas prendre à la légère).
  • Le botryomycome (bourrelet autour de l’ongle incarné) a un aspect de gros bourgeon rouge en forme de framboise.
  • Vous avez des signes de lymphangite : une ligne rouge et sensible (douloureuse) apparaît le long du pied et (ou) du mollet.

Les enfants, adolescents et personnes âgées sont les plus fréquemment touchés par la maladie. Étant donné que les premiers et les derniers sont particulièrement vulnérables, il vaut mieux ne pas attendre avant de consulter.

Afin d’évaluer la nécessité ou non d’une opération d’ongle incarné, le professionnel de santé se base sur un certain nombre de critères. De façon générale, une intervention chirurgicale est requise lorsque :

  • les précédents traitements (médical conservateur, pédicural) sont insuffisants ;
  • l’ongle incarné est extrêmement douloureux, voire invalidant ;
  • l’ongle incarné récidive malgré les traitements ;
  • l’affection est trop avancée.

Le professionnel de santé se base aussi sur des informations telles que l’histoire de la maladie pour repérer les circonstances de survenue. Par exemple, si c’est une maladie sous-jacente qui installe des conditions propices à l’ongle incarné, opérer ne suffira sans doute pas sur le long terme. Il faudra aussi traiter la cause au risque d’exposer le patient à une récidive.

Opération d’ongle incarné : à quels résultats faut-il s’attendre ?

Le traitement chirurgical représente le dernier recours en cas d’onychocryptose et se veut donc définitif. Lorsqu’il est correctement réalisé, on observe rarement une récidive. Cela implique bien entendu que tous les contours du mal spécifiques au patient soient cernés et pris en charge convenablement.

L’ongle n’est pas seulement esthétique. Il a également une fonction de contre-appui et de protection. L’opération ne consiste donc pas à retirer l’ongle, mais à éliminer les éléments participant à la pathologie.

Dans certains cas majeurs, le traitement peut rendre les ongles plus petits ou partiellement diminués. Mais peu importe l’approche utilisée par l’opérant, ce dernier vise le soulagement des maux et la conservation de la meilleure apparence possible. Cela ne lui fait pas pour autant perdre de vue l’objectif premier : supprimer la maladie et les risques de récidive.

Comment se déroule l’opération d’ongle incarné ?

Tout comme pour n’importe quelle intervention chirurgicale, de nombreuses personnes s’inquiètent ou en ont en parfois la phobie. Mais il n’y a pas de quoi être apeuré, à condition de recourir à un chirurgien compétent.

Avant l’opération

Une fois que le médecin a conclu qu’une intervention est nécessaire au traitement de l’ongle incarné, il y a un certain nombre d’étapes à passer avant l’opération. L’évaluation pré-chirurgicale est la première phase. Elle vous permet de prendre connaissance du plan de traitement et faire des choix éclairés.

Un examen clinique est aussi réalisé par le professionnel pour s’assurer que vous êtes apte à vous faire opérer. L’examen implique votre historique chirurgical, vos antécédents de santé, votre médication (traitements actuels, etc.), l’évaluation vasculaire de vos pieds, vos allergies et les autres paramètres jugés importants par le médecin. Certains examens (de sang ou en imagerie) peuvent être requis.

Une fois que vous avez accepté de vous faire opérer et que vous avez été jugé apte, la date d’intervention est programmée. Le médecin podologue ou dermatologue vous indiquera les directives à prendre pour que tout se passe au mieux.

Le jour de l’opération

Le jour J, le médecin s’assure que tout est en ordre et que vous avez suivi toutes les directives (médication, arrêt de tabac, etc.). Il est vraiment important de suivre les recommandations à la lettre. Autrement, cela pourrait avoir un impact regrettable sur le déroulement de l’opération ou vos chances de rétablissement.

Une fois que vous êtes sur place, l’équipe chargée de votre intervention vous accueille et assure votre préparation chirurgicale. Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une opération du pied que le processus peut être bâclé ou que le patient n’a pas besoin d’assistance.

Les différents professionnels présents s’assurent que vous êtes dans un état confortable tout au long du processus. Cela implique aussi bien la période préopératoire que celles per et post-opératoire.

De coutume, l’opération d’ongle incarne se fait sous anesthésie locale. Cela signifie que seul le pied ou une partie du pied portant l’ongle incarné sera « endormi ». Dans de rares cas, une légère sédation par comprimés oraux peut être préconisée par les professionnels chargés de votre traitement.

Après l’intervention

Après une opération d’ongle incarné, la convalescence dure généralement entre deux et quatre semaines. Votre podologue ou dermatologue vous fait clairement connaître les attitudes à adopter pour une bonne récupération.

Un aide-mémoire peut vous être remis pour la maison et un rendez-vous de suivi est généralement organisé entre 7 et 14 jours après l’opération. La plaie opératoire n’empêche souvent pas les activités du quotidien. Toutefois, il faut en prendre grand soin pour éviter les complications. Le médecin vous donnera également les informations liées aux soins post-opératoires.

Ces derniers ne doivent pas être pris à la légère. Ils assurent une guérison correcte et évitent les infections post-opératoires qui peuvent être fatales. Si cela est nécessaire, un proche peut rester près de vous et s’assurer que les soins prescrits sont suivis à la lettre. Votre médecin vous donnera sans doute des instructions plus précises, mais il faudra de façon générale :

  • désinfecter la plaie sur 2 à 3 semaines ;
  • éviter de porter certains types de chaussures ;
  • et éviter de pratiquer certaines activités sportives.

Si au cours de la convalescence, vous repérez des signes inquiétants, pensez à contacter votre médecin au plus tôt. Il peut être question de douleurs particulièrement intenses, d’écoulement de liquides, etc.

Opération d’ongle incarné : quelles sont les différentes procédures chirurgicales ?


Même si le but de l’opération d’ongle incarné est le même pour tous les professionnels, ces derniers peuvent recourir à diverses procédures. Dans la majorité des cas, la procédure utilisée touche les tissus entourant l’ongle incarné, sa tablette et sa matrice (matricectomie).

La chirurgie sur les tissus autour de l’ongle est souvent requise en cas d’hypertrophie du bourrelet ou d’ongle enfoui. Le chirurgien retire alors une partie de la pulpe ou du bourrelet périunguéal pour libérer l’ongle.

La chirurgie sur la tablette et la matrice de l’ongle permet de supprimer la partie de l’ongle incarné qui endommage la peau. Le chirurgien fait une ablation partielle de la matrice qui est essentielle à la production de l’ongle. L’ablation peut être réalisée à la lame froide, avec une électrode semi-isolée côté dorsal, au laser CO2 ou chimiquement (au phénol).

Plastie de Emmert

Procédure chirurgicale la plus pratiquée, la plastie de Emmert consiste en une résection cunéiforme. Cette dernière emporte à la fois le tissu de granulation, la partie latérale de l’ongle et son lit, ainsi que la matrice correspondante. L’excision s’étend jusqu’au périoste sous-jacent sans léser le tendon extenseur de la phalange distale.

Il est important que toute la matrice correspondante soit excisée, y compris sa corne pouvant être profonde. Un bout de matrice oubliée (à cause d’un curetage à l’aveugle par exemple) peut engendrer la repousse d’un spicule latéral très gênant. Une fois la résection finie, la plaie est suturée par des points séparés puis recouverte d’un pansement antiseptique ou antibiotique.

Excision et cautérisation du bourgeon charnu douloureux

Cette procédure utilise un bistouri ou de l’électrocautérisation pour retirer le bourgeon charnu qui provoque la douleur. Il est également possible d’utiliser du nitrate d’argent pour le détruire chimiquement. Cependant, ce type d’opération d’ongle incarné est souvent suivi de récidives lorsque les facteurs en cause ne sont pas corrigés par des soins de podologie adaptés.

Excision cunéiforme des bourrelets latéraux

Au cours de cette procédure, le chirurgien excise un fragment losangique de peau avec du derme profond dans la partie molle adjacente aux bourrelets. La plaie est ensuite fermée par des points séparés. Les suites opératoires de cette technique sont généralement simples (sans conséquence) et peu douloureuses.

Cette procédure a l’avantage de conserver l’intégrité de l’ongle et d’offrir des résultats fonctionnels et esthétiques. Il n’y a pas de risque de dystrophie et le tissu cicatrise spontanément en quelques jours. Toutefois, la méthode n’est pas applicable en cas d’hypertrophie excessive du paronychium (tissu périunguéal).

Destruction chimique de la matrice au phénol

Naturellement, l’effet du phénol est neutralisé par le sang. Il est donc essentiel de réaliser une exsanguination de l’orteil et de poser un garrot à la base. Le chirurgien pratique ensuite une avulsion de l’ongle dans sa partie latérale afin d’exposer le lit et la matrice de l’ongle malade.

Il ne faut surtout pas oublier de protéger la peau avoisinante avec de la vaseline, au risque de provoquer des nécroses. Puis, à l’aide d’un coton-tige, le phénol (80-90 %) est appliqué sur la matrice durant trois minutes.

De l’alcool isopropylique 70 % est utilisé pour rincer la zone traitée avant de recouvrir la plaie avec un pansement antiseptique ou antibiotique. À cause de l’action anesthésique du phénol, la douleur postopératoire est généralement minime.

Cette technique est généralement suivie de suintement postopératoire relativement important. Il faut en moyenne deux à quatre semaines pour que la plaie cicatrise. Les résultats à long terme sont satisfaisants, mais il existe un risque de brûlure sévère lorsque les précautions ne sont pas bien prises.

Vaporisation de la matrice au laser CO2 ou Er : AG

La vaporisation au laser suit une procédure similaire à celle de la destruction chimique au phénol. Mais ici, le chirurgien vaporise au laser CO2 ou Er : AG. Cette technique permet d’avoir plus de contrôle sur le degré et la profondeur du traitement. Les suintements post-opératoires sont moins importants et les résultats sont similaires à ceux du phénol.

Résection sélective de la matrice selon Haneke

Cette procédure demande de l’habileté. Une fois que le chirurgien a effectué une avulsion de la partie latéro-proximale de la tablette, il expose la corne de la matrice qui est complètement disséquée et réséquée jusqu’à l’os. Il ferme ensuite la plaie par deux points de suture ou des Steri-strips avant de la recouvrir avec un pansement antiseptique ou antibiotique.

Plastie de l’orteil avec préservation de la matrice

Cette procédure chirurgicale correspond particulièrement aux orteils hypertrophiques. Il préserve l’intégralité de l’ongle et de sa matrice. Par contre, les bourrelets latéraux sont largement excisés en profondeur pour réduire leur épaisseur au maximum.

Il s’ensuit une réduction du volume de l’orteil qui a donc un aspect plus affiné en fin d’intervention. La plaie est fermée par des points séparés puis recouverte par un pansement antiseptique. En matière de résultats esthétiques et fonctionnels, cette technique est excellente.

Comme on peut le constater, aucune de ces procédures chirurgicales ne retire complètement l’ongle. Pourtant, l’avulsion soulage rapidement le patient. Bémol, en absence d’ongle, la pulpe distale de l’hallux est poussée dorsalement durant la marche. Cela peut entraîner une récidive et empirer le mal. Toutefois, une avulsion simple peut être nécessaire en cas d’onychodystrophie importante ou d’infection.

Il existe de nombreuses discussions à propos de ces diverses techniques, notamment en ce qui concerne le taux de récidives. Ces chiffres ne sont pas figés puisque la médecine ne cesse d’évoluer. Le médecin a l’obligation de vous donner des informations claires. N’hésitez donc pas à lui poser autant de questions que nécessaire. Cela vous permet d’avoir pleine conscience de vos choix.

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