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Polypes intestinaux : causes, manifestations et traitements

Les polypes intestinaux sont des tumeurs qui se forment au niveau de la paroi intestinale. Ils touchent le plus souvent les individus de plus de 50 ans et peuvent rapidement évoluer en cancer dans certains cas. Quelles sont les causes de cette affection ? Comment se manifeste-t-elle ? Quels sont les traitements et mesures de prévention à adopter pour y remédier ?

Polypes intestinaux : qu’est-ce que c’est ?

Les polypes intestinaux sont des amas ou excroissances de tissus, survenant dans la paroi interne de l’intestin, au niveau du côlon et du rectum. C’est une maladie qu’on retrouve chez 30 à 50 % des adultes, dans les pays industrialisés. Les polypes sont d’une forme plus ou moins arrondie et font en général quelques millimètres, voire plusieurs centimètres de diamètre.

Les différents types de polypes

On distingue essentiellement trois types de polypes intestinaux :

  • Les polypes adénomateux ;
  • Les polypes hyperplasiques ;
  • Les polypes inflammatoires.

Les deux derniers types sont généralement regroupés sous l’appellation de polypes non adénomateux. En effet, ce sont des polypes qui n’évoluent pas vers un cancer du côlon et demeurent toujours bénins. Ils surviennent souvent suite à des maladies chroniques et inflammatoires liées à l’intestin telles que la maladie de Crohn. Les polypes adénomateux quant à eux, sont les plus malins et susceptibles d’évoluer en lésions cancéreuses. Ils représentent environ 70 à 75 % des cas de polypes.

En réalité, les polypes de type adénomateux ou adénomes se transforment progressivement en cancer du côlon en 10 à 20 ans. Plus vite leur ablation est faite, moins les risques de transformation cancéreuse s’élèvent.

Il existe par ailleurs, une autre forme de polype appelée polypose adénomateuse familiale ou polypose colique familiale. C’est une maladie provenant d’une mutation génétique, qui se caractérise par le développement d’un nombre important de polypes sur le côlon. Les risques de contraction d’un cancer du côlon sont très élevés, à cause de cette grande quantité de polypes.

Parmi les autres polypes à risque de cancer, on note le syndrome de Gardner et le syndrome de Turcot. En outre, les polypes n’évoluant pas vers un cancer présentent des risques de contracter d’autres maladies comme le syndrome de Peuz-Jeghers, la maladie de Cowden et la polypose juvénile.

Causes et facteurs de risque des polypes intestinaux

Plusieurs facteurs de risques peuvent être à l’origine de l’apparition ou du développement des polypes intestinaux.

  • L’âge

Après 50 ans, les polypes deviennent de plus en plus fréquents. C’est pour cela qu’un test de dépistage visant à rechercher du sang dans les selles doit être effectué tous les 2 ans, dès l’âge de 50 ans.

  • Le sexe

Les polypes surviennent plus chez les hommes que chez les femmes.

  • Les antécédents familiaux liés aux polypes ou au cancer du côlon

Certaines familles présentent des prédispositions génétiques au développement des polypes. Le plus habituel est le polype adénomateux familial, qui est marqué par une grande quantité de polypes nécessitant une surveillance rigoureuse.

  • Les facteurs alimentaires

L’apparition des polypes est favorisée par la consommation abusive d’alcool, de tabac, d’aliments riches en graisses, de viandes et charcuterie.

Il existe en outre d’autres facteurs comme le fait d’avoir contracté un cancer colorectal par le passé. L’atteinte des maladies inflammatoires chroniques telles que la rectocolite hémorragique ou la maladie de Crohn, constitue une cause non négligeable. Les autres causes comprennent l’obésité ou l’embonpoint, la sédentarité et l’acromégalie.

Quelques symptômes des polypes intestinaux

Généralement, les polypes intestinaux ne présentent aucun symptôme. C’est pour cette raison qu’il est recommandé d’effectuer des dépistages réguliers. Il peut toutefois arriver que les signes suivants apparaissent :

  • Saignements par le rectum ;
  • Présence de sang dans les selles ;
  • Douleurs aux abdomens ;
  • Anémie par déficit de fer.

Par ailleurs, un polype volumineux peut entraîner des crampes, une occlusion ou une invagination (glissement d’un segment de l’intestin dans un autre). Dans des cas rares, un polype rectal au long pédicule peut s’allonger jusqu’à ressortir par l’anus.

Il ne faut surtout pas attendre ces signes avant de suspecter cette anomalie. En effet, lorsqu’on les attend une fois sur trois, il est souvent trop tard et les polypes sont probablement passés au stade de cancer.

Diagnostic des polypes intestinaux

Les polypes peuvent être parfois détectés simplement par toucher rectal. Il s’agit pour le médecin, d’insérer un doigt ganté dans le rectum afin de sentir les polypes. Cependant, pour un meilleur diagnostic, l’examen de référence reste la coloscopie. Cette dernière consiste en une exploration de l’ensemble du gros intestin. L’intérieur du rectum et du côlon est examiné à l’aide d’une sonde appelée endoscope.

L’endoscope est muni d’une caméra permettant de visualiser les polypes. Il permet aussi de les retirer ou d’effectuer des prélèvements, afin de savoir s’ils sont de nature bénigne ou maligne. C’est un examen à la fois complet et fiable au cours duquel plusieurs polypes sont détectés, enlevés et évacués. La présence d’un éventuel cancer peut aussi être découverte. La réussite de la coloscopie dépend de l’état préparatoire du côlon.

Il est en premier lieu important d’être à jeun avant de subir l’examen. Un régime alimentaire particulier, excluant des aliments comme le pain, les fruits ou légumes, doit être pratiqué des jours avant. Une durée d’au moins 3 jours est souvent recommandée pour le suivi de ce régime. Il faudrait également procéder à une vidange totale des intestins. Il s’agit d’un lavage colique qui s’effectue généralement la veille et au matin de l’examen. Ce lavage se réalise en avalant 2 à 4 litres d’un mélange d’eau et d’une préparation à base de polyéthyléneglycol (PEG).

Il existe en outre deux autres examens qui sont effectués, au cas où la coloscopie ne peut être pratiquée. Il s’agit de la coloscopie virtuelle par scanner et de la vidéocapsule colique (avalement d’une capsule contenant une petite caméra). Cependant, ces deux examens ne permettent que de visualiser les intestins. Si un polype est donc détecté, une coloscopie normale sera nécessaire pour son ablation.

Traitement des polypes

Le traitement se fait par chirurgie et dépend de la nature des polypes. S’il s’agit des polypes de type bénin (faciles à retirer), une ablation peut être pratiquée au cours de la coloscopie. On parle dans ce cas de polypectomie. Pour les polypes trop nombreux ou de type cancéreux, une ablation par laparoscopie (chirurgie abdominale) peut s’imposer. Cependant, la pratique d’une telle ablation pour des polypes cancéreux dépend du risque de propagation du cancer.

Ce risque est déterminé à l’aide d’un examen microscopique des polypes. Quand il est faible, une simple ablation devrait suffire. Par contre, si le risque est élevé, une intervention chirurgicale abdominale est requise. Elle a pour but d’éliminer la partie du gros intestin affectée par les polypes. Les extrémités de l’intestin qui ont été coupées sont par suite rattachées.

Après cela, ou lors du retrait d’un polype, les médecins effectuent des coloscopies de suivi pour garder un œil sur l’ensemble du rectum et du gros intestin. Ces coloscopies sont réalisées à des intervalles de temps différents, en fonction de certains critères tels que le type, le nombre et la taille des polypes. S’il n’est pas possible de pratiquer la coloscopie, on peut visualiser le gros intestin par radiographie avec lavement baryté, ou par colonographie tomodensitométrique.

Prévention des polypes intestinaux

Pour prévenir l’apparition et le développement des polypes intestinaux, certaines mesures peuvent être mises en place.

  • Être physiquement actif

L’intégration de diverses activités physiques dans son mode de vie favorise la prévention de nombreuses maladies, y compris les polypes.

  • Adopter une bonne alimentation

Il est important de privilégier les aliments riches en céréales complètes, en fruits et légumes.

  • Réduire la consommation de viandes ou de charcuteries

Elles augmentent considérablement les risques de cancer du côlon. Par portion de viande de 100 g/j consommée, le risque augmente de 29 %. Son augmentation est d’environ 20 %, par portion de 50 g de charcuterie consommée.

  • Éviter de fumer

Plus on fume, plus les risques de polypes et de cancer colorectal s’élèvent.

  • Éviter la consommation abusive d’alcool

Déjà à partir d’un seul verre consommé par jour, le risque de polype et celui d’un cancer colorectal augmentent de 9 %.

  • Prendre du calcium

La prise de calcium, notamment dans les produits laitiers, favoriserait la réduction des risques de polype.

En outre, les traitements à base d’estrogènes (traitement de ménopause, contraception) diminuent le risque de cancer colorectal de 20 % et celui de polypes de près de 45 %. La diminution des risques s’estompe cinq ans après l’arrêt du traitement. Des mesures de dépistage doivent également être prises pour une bonne prévention. Ces mesures impliquent la réalisation d’un test de dépistage tous les 2 ans après l’âge de 50 ans. Le dépistage débute généralement par une hémoculture des selles qu’on recueille au préalable dans un bocal stérile prévu à cet effet. Si l’hémoculture est positive, le diagnostic sera confirmé ou non par une coloscopie.

La coloscopie doit être pratiquée chaque fois que le médecin l’exige. Le spécialiste déterminera la fréquence en fonction de la situation. Il serait aussi judicieux de s’informer sur d’éventuels cas de polypes ou de cancer du côlon dans sa famille ou dans une famille proche. Cela permet d’adapter le dépistage en conséquence, et de l’effectuer bien avant les 50 ans.

Pour prévenir l’apparition de nouveaux polypes chez les personnes déjà atteintes, les médecins peuvent faire une prescription d’aspirine et de coxibs.

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