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Quels sont les médicaments contre-indiqués pendant la grossesse ?

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Quels sont les médicaments contre-indiqués pendant la grossesse ?
Femme enceinte avec des médicaments

La grossesse est un moment crucial pour une femme et son bébé. Durant cette période, elle est invitée à faire beaucoup attention aux médicaments qu’elle prend. En effet, certains d’entre eux peuvent avoir des effets négatifs sur le fœtus et lui causer des dommages irrémédiables. Quels sont donc les médicaments contre-indiqués durant la grossesse ? Décryptage dans cet article.

Médicaments contre-indiqués pendant la grossesse : de quoi s’agit-il ?

Les médicaments sont fabriqués dans le but d’aider des personnes malades à traiter diverses maladies et infections. Cependant, certains ont des effets négatifs lorsqu’ils sont pris dans certaines conditions. C’est la raison pour laquelle ils sont classés au rang de médicaments contre-indiqués. De fait, par définition, un médicament contre-indiqué pendant la grossesse est un produit présentant de gros risques pour une femme et son bébé. Ils provoquent généralement des :

  • Troubles du développement du fœtus ;
  • Malformations congénitales ;
  • Saignements utérins ;
  • Fausses couches.

Il est donc important de bien connaître ces médicaments et ne pas en faire usage pendant la grossesse afin d’éviter d’éventuelles complications. À cet effet, les médicaments qui s’avèrent dangereux pour la mère et son fœtus comprennent les :

  • Anticoagulants ;
  • Anticonvulsivants ;
  • Antibiotiques ;
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ;
  • Antihypertenseurs ;
  • Médicaments destinés au traitement de la thyroïde ;
  • Médicaments psychotropes.

Ces médicaments ont la faculté de passer à travers le placenta et d’affecter la croissance du fœtus. Cela représente un danger certain pour la mère et son enfant.

Pourquoi éviter les anticoagulants pendant la grossesse ?

Les anticoagulants sont des médicaments qui s’opposent à la formation des caillots dans les vaisseaux sanguins. Il faut savoir que ces derniers sont capables de causer de graves problèmes, tels que des embolies pulmonaires, des accidents vasculaires cérébraux et même des thromboses veineuses. On se sert donc des anticoagulants pour prévenir ces complications chez des personnes présentant un risque élevé de caillots sanguins.

Il existe plusieurs types d’anticoagulants qui présentent chacun des mécanismes différents. Les exemples d’anticoagulants incluent :

  • L’héparine : un anticoagulant qui agit rapidement en inhibant la coagulation du sang. Il est souvent administré par voie intraveineuse ou sous-cutanée ;
  • La warfarine : un anticoagulant oral qui agit en inhibant la synthèse de la vitamine K, nécessaire à la formation de certains facteurs de coagulation. Il est souvent utilisé à long terme pour prévenir les caillots sanguins chez les patients atteints de fibrillation auriculaire ;
  • Les nouveaux anticoagulants oraux (NACO) : tels que le dabigatran, le rivaroxaban, l’apixaban et l’edoxaban. Ces médicaments agissent en inhibant directement les facteurs de coagulation spécifiques impliqués dans la formation de caillots sanguins.

L’utilisation d’anticoagulants pendant cette période doit être soigneusement considérée. Ces derniers sont en mesure de traverser le placenta et de provoquer d’éventuels saignements. Pris à forte dose, la vie de la mère ainsi que celle de son enfant sont, en effet, exposées à un véritable danger. Il convient donc d’éviter leur utilisation au cours de cette période ou simplement de demander conseil à son médecin traitant.

Pourquoi une femme enceinte doit-elle éviter les anticonvulsivants ?

Les anticonvulsivants sont des médicaments utilisés pour prévenir ou atténuer les convulsions et les crises chez les patients atteints d’épilepsie ou d’autres troubles convulsifs. Les convulsions sont causées par une activité électrique anormale dans le cerveau, ce qui provoque une perte de conscience et des secousses musculaires. Les anticonvulsivants agissent en régulant cette activité anormale dans le cerveau pour prévenir les crises qui en découlent.

Il existe plusieurs types d’anticonvulsivants, présentant chacun des mécanismes d’action différents. Les exemples d’anticonvulsivants incluent :

  • La phénytoïne : un anticonvulsivant qui agit en stabilisant les canaux ioniques de sodium dans les neurones pour réduire l’excitabilité neuronale ;
  • La carbamazépine : un anticonvulsivant qui agit en réduisant l’excitabilité neuronale en inhibant les canaux ioniques de sodium et de calcium ;
  • Le valproate : un anticonvulsivant qui agit en augmentant la concentration de GABA, un neurotransmetteur inhibiteur, dans le cerveau.

Néanmoins, l’utilisation d’anticonvulsivants pendant la grossesse présente d’énormes risques et doit être soigneusement considérée. En effet, tout comme les anticoagulants, les anticonvulsivants peuvent aussi traverser le placenta et causer des complications pour le fœtus. On note généralement des malformations congénitales, un faible poids à la naissance et des troubles de croissance.

Selon certaines études, il y a de fortes chances que l’utilisation d’anticonvulsivant pendant la grossesse augmente le risque de troubles neuro-développementaux chez les enfants. Les femmes enceintes atteintes d’épilepsie ou d’autres troubles convulsifs peuvent nécessiter des anticonvulsivants pour prévenir les crises pendant la grossesse. Cependant, le choix de l’anticonvulsivant et la dose doivent être adaptés à chaque cas individuel et doivent être étroitement surveillés par un médecin spécialiste.

Pourquoi éviter les antibiotiques pendant la grossesse ?

Les antibiotiques sont des médicaments utilisés pour lutter contre les infections bactériennes. Ils peuvent donc empêcher la croissance des bactéries. Il existe de nombreux antibiotiques, chacun ciblant différents types de bactéries. Voici trois exemples d’antibiotiques couramment prescrits :

  • La pénicilline : cet antibiotique agit en interférant avec la paroi cellulaire des bactéries, les rendant vulnérables à la destruction par le système immunitaire du corps ;
  • La tétracycline : elle agit en inhibant la synthèse des protéines bactériennes, empêchant ainsi leur croissance et leur reproduction ;
  • La ciprofloxacine : un antibiotique de la famille des fluoroquinolones qui agit en inhibant l’ADN-gyrase. Il s’agit d’un enzyme essentiel à la réplication de l’ADN bactérien, empêchant ainsi la croissance bactérienne.

Même si elle paraît sans danger, l’utilisation d’antibiotiques pendant la grossesse est risquée. En effet, certaines classes d’antibiotiques, comme les tétracyclines et les fluoroquinolones, ont été associées à un risque accru de malformations congénitales chez le fœtus. Pour éviter toute complication, il est préférable de demander l’avis d’un médecin avant d’en faire usage.

Pourquoi les analgésiques sont-ils des médicaments contre-indiqués pendant la grossesse ?

Les analgésiques sont des médicaments utilisés pour soulager la douleur en bloquant les signaux de sensations de douleurs envoyés au cerveau. Ils sont utilisés pour traiter les douleurs légères et les douleurs chroniques. Les analgésiques les plus connus sont :

  • Le paracétamol : couramment utilisé pour soulager la douleur légère et calmer la fièvre ;
  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : telles que l’ibuprofène et le naproxène, qui sont utilisées pour traiter la douleur, l’inflammation et la fièvre ;
  • Les opioïdes : tels que la morphine, l’oxycodone et la codéine, qui sont des analgésiques puissants utilisés pour traiter la douleur intense ou chronique ;
  • Les inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline et de la sérotonine (IRSN) : tels que la venlafaxine et la duloxétine, qui sont utilisés pour traiter la douleur chronique et la dépression ;
  • Les anticonvulsivants : tels que la gabapentine et la prégabaline, qui sont utilisés pour traiter la douleur neuropathique.

Cependant, l’utilisation d’analgésiques pendant la grossesse présente des risques pour la bonne croissance du fœtus. Les opioïdes, en particulier, ont été associés à des problèmes de développement fœtal, tels que des malformations congénitales et un faible poids à la naissance.

Les AINS, en particulier lorsqu’ils sont utilisés à des doses élevées pendant une longue période, peuvent également présenter des risques pour le fœtus. On note, entre autres, un risque accru de complications cardiaques et pulmonaires. De fait, l’utilisation d’analgésiques pendant la grossesse doit être limitée autant que possible. Dans certains cas, des alternatives non médicamenteuses comme le massage et les techniques de relaxation peuvent aider à soulager la douleur pendant la grossesse.

Les antihypertenseurs : pourquoi les éviter pendant la grossesse ?

Les antihypertenseurs sont des médicaments utilisés pour traiter l’hypertension artérielle, également connue sous le nom de pression artérielle élevée. Ils fonctionnent en réduisant la pression avec laquelle le sang circule dans les vaisseaux sanguins. Cela a pour effet de réduire la pression artérielle et d’atténuer le risque de complications liées à l’hypertension. Les antihypertenseurs les plus connus sont :

  • Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC) : tels que le captopril et l’énalapril qui réduisent la production d’une hormone appelée angiotensine II. Cette hormone resserre les vaisseaux sanguins et augmente la pression artérielle ;
  • Les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA II) : tels que le losartan et l’irbésartan. Ils bloquent les effets de l’angiotensine II et réduisent ainsi la pression artérielle ;
  • Les bêtabloquants : tels que le propranolol et le métoprolol, qui réduisent la fréquence cardiaque et la force de contraction du cœur.

Cependant, certains antihypertenseurs, tels que les IEC et les ARA II, peuvent entraîner des anomalies congénitales graves. Plus particulièrement s’ils sont pris pendant les deuxième et troisième trimestres de la grossesse. Les bêtabloquants présentent également un risque accru de difficultés respiratoires et un faible taux de sucre dans le sang. Les diurétiques peuvent, par ailleurs, causer des anomalies congénitales et une naissance prématurée.

Il est donc préférable d’éviter de les utiliser pendant la grossesse. À cet effet, les médecins recommandent un changement de style de vie, notamment l’adoption d’une alimentation saine. La pratique d’une activité physique régulière permet également d’éviter le recours aux antihypertenseurs pendant la grossesse.

Quels sont les dangers des médicaments destinés au traitement de la thyroïde pendant la grossesse ?

Les médicaments destinés au traitement de la thyroïde sont principalement des hormones thyroïdiennes synthétiques. Ils sont généralement utilisés pour traiter l’hypothyroïdie, un état dans lequel la glande thyroïde ne produit pas suffisamment d’hormones thyroïdiennes. Ces médicaments peuvent également être utilisés pour traiter l’hyperthyroïdie. Il s’agit d’une condition de production massive des hormones thyroïdiennes par la glande thyroïde. Les médicaments destinés au traitement de la thyroïde les plus connus sont :

  • Levothyroxine (Synthroid) : il s’agit de l’hormone thyroïdienne synthétique la plus couramment prescrite pour traiter l’hypothyroïdie. Elle agit en remplaçant la thyroxine manquante dans le corps pour réguler le métabolisme et maintenir un équilibre hormonal sain ;
  • Liothyronine (Cytomel) : c’est une autre hormone thyroïdienne synthétique qui peut être utilisée pour traiter l’hypothyroïdie. Elle est plus rapide à agir que la lévothyroxine, mais elle a une durée de vie plus courte et doit être prise plus fréquemment ;
  • Propylthiouracil (PTU) : comme le méthimazole, le PTU est un médicament antithyroïdien utilisé pour traiter l’hyperthyroïdie. Il agit en bloquant la production d’hormones thyroïdiennes dans la glande thyroïde ;
  • Methimazole (Tapazole) : ce médicament est utilisé pour traiter l’hyperthyroïdie en inhibant la production d’hormones thyroïdiennes dans la glande thyroïde. Il est souvent utilisé en conjonction avec d’autres médicaments pour aider à contrôler les symptômes de l’hyperthyroïdie.

Toutefois, il est important de noter que l’utilisation de médicaments thyroïdiens pendant la grossesse peut présenter des dangers pour la mère et le fœtus. Des niveaux élevés ou bas d’hormones thyroïdiennes pendant la grossesse entraînent de sérieuses complications pendant l’accouchement. Il peut même arriver qu’une femme enceinte fasse une fausse couche après avoir utilisé ce genre de médicaments. D’où l’importance d’éviter leur utilisation pendant cette période.

Les médicaments psychotropes : pourquoi les éviter pendant la grossesse ?

Les médicaments psychotropes sont des médicaments qui affectent l’état mental et émotionnel d’une personne en agissant sur le système nerveux central. Ils sont souvent utilisés pour traiter les troubles psychiatriques tels que la dépression, l’anxiété, les troubles bipolaires, les troubles du sommeil. Ils peuvent également traiter les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et les psychoses. Les médicaments psychotropes les plus connus sont :

  • Les antidépresseurs : ils sont utilisés pour traiter la dépression et certains troubles anxieux. Les types d’antidépresseurs les plus couramment prescrits sont ISRS et les IRSN ;
  • Les benzodiazépines : elles sont utilisées pour traiter l’anxiété, les troubles du sommeil et les convulsions. Les benzodiazépines agissent en réduisant l’activité cérébrale et en produisant un effet calmant ;
  • Les antipsychotiques : ils sont utilisés pour traiter les psychoses, notamment la schizophrénie et le trouble bipolaire. Les antipsychotiques agissent en modifiant les niveaux de neurotransmetteurs dans le cerveau ;
  • Les stabilisateurs de l’humeur : ils sont utilisés pour traiter le trouble bipolaire. Les stabilisateurs de l’humeur agissent en régulant les niveaux de neurotransmetteurs dans le cerveau ;
  • Les hypnotiques : Ils sont utilisés pour traiter l’insomnie. Les hypnotiques agissent en induisant le sommeil.

Il y a plusieurs raisons pour lesquelles les médicaments psychotropes ne doivent pas être utilisés pendant la grossesse. En effet, certains médicaments psychotropes peuvent affecter le développement et le comportement de l’enfant à long terme. Ils peuvent notamment augmenter le risque de troubles du développement neurologique ou de troubles du spectre autistique. D’autres encore augmentent le risque de complications médicales pour la mère en causant de l’hypertension artérielle et le diabète gestationnel, d’où leur contre-indication pendant la grossesse.