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Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?

Vous est-il arrivé de manquer de confiance en vous ? Avez-vous tendance à nier vos propres mérites et succès ? Si oui, vous souffrez probablement du syndrome de l’imposteur. Un tel syndrome n’épargne personne sur son passage ; autorités à divers niveaux, hommes et femmes d’affaires succombent à son emprise. En effet, en 2019 sur 62 études réalisées, 9 à 82% des personnes affirment être victimes du syndrome de l’imposteur. Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur et comment le traiter ?  

Le syndrome de l’imposteur et sa manifestation 

Le syndrome de l’imposteur encore appelé syndrome de l’autodidacte, est défini comme le fait de douter constamment de ses capacités et de se sentir comme un imposteur. En d’autres mots, la personne affectée par le syndrome de l’imposteur ressent un permanent conflit entre sa propre perception et la manière dont les autres la perçoivent. Sur le plan professionnel par exemple, alors que ses collègues louent ses efforts ou ses talents, il accorde son succès au coup de la chance.

Il se sent en réalité comme un faux. Il pousse à croire, qu’à tout moment on peut être découvert.

Le syndrome de l’autodidacte affecte généralement les personnes assez performantes, qui ont du mal à accepter leurs propres réalisations. En fait, ces personnes se demandent si elles méritent leurs distinctions.

L’expression ‘’syndrome de l’imposteur’’ a été utilisée en premier par deux psychologues. Il s’agit des Dr Pauline Rose Clance et Suzanna Imes. A l’origine, on pensait que le concept s’appliquait uniquement aux femmes performantes. Depuis lors, il est reconnu comme plus largement expérimenté.

Les caractéristiques du syndrome de l’imposteur 

Les signes les plus courants du syndrome de l’imposteur sont :

  • Attribuer son succès à un facteur externe ;
  • Saboter ses propres réussites ;
  • Peur constante de ne pas être à la hauteur des attentes ;
  • Le doute de soi ;
  • Se fixer des objectifs assez difficiles et se sentir par la suite déçu, lorsqu’on remarque qu’on n’est pas à la hauteur.

Alors que chez beaucoup de personnes le syndrome de l’imposteur est un parfait facteur d’alimentation des sentiments de motivation, cela a généralement un impact sous la forme d’anxiété permanente.  En effet, vous pourrez beaucoup plus travailler que nécessaire, afin de vous assurer que personne ne découvre que vous êtes en fraude, ce qui peut causer d’autres problèmes de santé.

Le véritable problème avec le syndrome de l’imposteur est que l’expérience de bien faire les choses ne change en rien vos croyances. Même si vous êtes assez performant ou que vous discutez avec vos collègues de service, il y aura toujours cette pensée qui caresse la tête « Ai-je vraiment le droit d’être ici ? En suis-je digne ? ». Plus vous réalisez de performance et plus vous pensez être en fraude. Vos croyances fondamentales sont assez fortes qu’elles ne changent pas, même s’il existe plusieurs preuves qui prouvent le contraire. 

Finalement, ces croyances peuvent aggraver l’anxiété et conduire à la dépression. Les personnes qui souffrent du syndrome de l’imposteur ont, pour la plupart, tendance à ne pas parler de ce qu’elles ressentent avec les autres, elles aiment lutter seules.

Comment identifier le syndrome de l’imposteur ?

Même si le syndrome de l’imposteur n’a pas été reconnu comme faisant partie des troubles mentaux, il atteint plusieurs personnes. En effet, des études estiment que 70% des personnes connaîtront dans leur vie, l’épisode d’un tel phénomène.  

Si vous pensez que vous souffrez du syndrome de l’imposteur, répondez aux questions suivantes :

  • Attribuez-vous vos réussites au coup de chance ou à des facteurs externes ?
  • Avez-vous le sentiment que vous serez découvert comme un faux ?
  • Etes-vous souvent sensible aux critiques constructives ?
  • Vous sentez-vous angoissé par de petites erreurs ou défauts dans votre vie professionnelle ?

Si plusieurs réponses à ces questions sont ‘’oui’’, alors il peut être utile de prendre rendez-vous avec un thérapeute. En effet, l’auto-sabotage, le doute de soi ou encore la pensée négative, peuvent avoir de l’influence sur de nombreux domaines de votre vie, ce qui augmenterait les risques de souffrir du syndrome de l’imposteur.

Les causes du syndrome de l’imposteur

Selon plusieurs études, certains facteurs peuvent contribuer à l’expérience du syndrome de l’imposteur. Selon des scientifiques, le syndrome de l’autodidacte peut être lié à des facteurs tels que les stéréotypes du genre et la dynamique familiale précoce. D’autres recherches ont montré que ce phénomène peut se produire chez les personnes de tous âges, genres et de tous milieux. 

Education familiale

Plusieurs études ont démontré que la dynamique familiale et l’éducation peuvent jouer un rôle important dans le processus de croissance de toute personne. En effet, les styles parentaux souvent caractérisés par le contrôle ou la surprotection peuvent malheureusement contribuer au développement du syndrome de l’imposteur chez les enfants. Cela peut être possible si, à votre enfance, vos parents vous mettaient la pression pour que vous réussissiez à l’école. Cela peut également arriver s’ils vous comparent à vos frères, sœurs ou à d’autres personnes.

La réussite scolaire dans l’enfance peut également contribuer aux sentiments d’imposteur plus tard dans la vie. Prenons un simple exemple : Peut-être que lorsque vous faisiez l’école primaire ou secondaire, vous n’aviez pas rencontré tant de difficultés. Vous réussissiez facilement et receviez des éloges de vos parents et de vos enseignants. 

Il peut arriver qu’à l’université les choses changent. Vous pouvez finalement vous retrouver à lutter pour la première fois et à ne plus produire de résultats. Vous pouvez dans ce cas, être tenté de penser que vos camarades sont plus intelligents que vous, et que vous n’avez pas votre place à l’université.

D’autres études ont également démontré que les personnes qui proviennent de familles caractérisées par des niveaux élevés de conflits avec de très faibles quantités de soutien, sont plus susceptibles de développer le syndrome de l’imposteur.

Personnalité

Certains traits caractéristiques de la personnalité sont aussi liés à un risque accru de sentiments d’imposteur. Ces traits comprennent :

  • Les tendances perfectionnistes : elles font référence à la recherche permanente du perfectionnisme. Cela peut vous amener à ne point demander de l’aide aux autres ;
  •  La faible auto-efficacité : elle fait recours à votre croyance en votre capacité à gérer et à réussir avec succès vos responsabilités ;
  • Le névrosisme : il fait partie des grandes dimensions de la personnalité et est lié à des niveaux plus élevés d’anxiété, de culpabilité, d’insécurité et de tension.

Anxiété sociale

Une personne atteinte par le trouble de l’anxiété sociale peut constamment avoir l’impression de ne pas appartenir à la société. En pleine conversation par exemple, elle pourrait avoir l’impression que son locuteur va découvrir son incompétence sociale.

Toutefois, il n’est pas établi que le syndrome de l’imposteur entraîne forcément l’anxiété sociale ou inversement.  

Nouvelles responsabilités 

Nous le savons tous, l’entrée dans un nouveau poste de responsabilités peut entraîner le syndrome de l’imposteur. Vous pouvez craindre de ne pas être à la hauteur des nombreuses attentes. Vous pouvez même croire que vos capacités ne correspondent pas au poste.

Cependant, ces sentiments peuvent diminuer à mesure que vous vous familiarisez avec votre nouveau rôle. Mais, ils peuvent aussi s’aggraver si vous ne recevez pas de soutien et d’encouragements de la part de vos collègues.

Le rôle des préjugés dans le syndrome de l’imposteur

En dehors des facteurs ci-dessus, les préjugés peuvent aussi jouer un rôle dans les sentiments d’imposteur.  Le syndrome de l’imposteur a tendance à être plus fréquent chez les femmes et chez les personnes de couleur. Ces deux catégories de personnes sont généralement moins représentées dans les milieux professionnels.

Une prise de conscience des préjugés contre votre sexe ou votre couleur de peau peut indubitablement vous amener à travailler plus fort, afin de réfuter toutes sortes de stéréotypes nuisibles. Ces stéréotypes négatifs peuvent affecter vos performances et vous conduire à plus vous concentrer sur vos erreurs et à douter davantage de vos capacités.

Vous pouvez dans ce cas croire que vous devez consacrer plus d’efforts que toutes les autres personnes, afin d’être pris au sérieux.

Les micro-agressions et la discrimination que vous subissez peuvent aussi renforcer ce sentiment et vous faire croire que vous ne devez normalement pas appartenir à ce milieu.

Les différents types de syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’autodidacte peut apparaître de différentes manières. Voici un examen plus approfondi sur les différents types du syndrome de l’imposteur :

Le perfectionniste

Il n’est jamais satisfait de ses propres efforts et pense toujours pouvoir mieux faire. Au lieu de se concentrer sur leurs forces et de se féliciter pour le travail abattu, les perfectionnistes font généralement une fixation sur les défauts. Tout cela les conduit à l’anxiété et à l’auto-pression.

Le perfectionniste a aussi tendance à éviter de nouvelles expériences, car il se dit qu’il ne peut pas bien les réaliser la première fois.

L’expert 

Il essaie chaque jour d’apprendre davantage et n’est jamais satisfait de son niveau de compréhension. Même quand il est qualifié, il sous-estime sa propre expertise.

Le super héros

Le super héros s’oblige à travailler aussi dur que possible. Il lie la compétence à sa capacité à réussir dans tous les rôles qu’il occupe. Ne pas pouvoir accomplir les exigences de ces rôles prouve selon lui, son incapacité. Les supers héros se poussent à la limite, en dépensant beaucoup d’énergie dans chaque rôle. Malgré l’effort maximal, cela ne résout pas les sentiments d’imposteur. Ils se disent ‘’ je devrais être normalement capable d’en faire plus’’.

Le soliste

Comme le nom l’indique, les solistes sont très individualistes. En d’autres mots, ils préfèrent travailler seuls. Ils pensent être capables de tout gérer en solo. L’estime de soi découle généralement de leur productivité, de sorte qu’ils rejettent systématiquement les offres d’assistance. Selon eux, accepter une offre d’assistance, c’est être faible ou incompétent.

Le génie naturel

Il se fixe des objectifs très élevés, puis se sent écrasé, embarrassé ou honteux, quand il ne réussit pas à son premier essai.

Comment faire face au syndrome de l’imposteur ?

Pour se débarrasser du syndrome de l’imposteur, vous devez d’abord essayer de vous sentir à l’aise devant les nombreuses croyances que vous avez de vous-même. Cela peut vous sembler difficile, parce que probablement vous ne réalisez peut-être pas que vous les détenez. Voici donc quelques techniques qui vous aideront :

Parlez de vos sentiments : Soyez libre de discuter avec d’autres personnes de ce que vous ressentez.

Appréciez vos capacités : Prenez un bloc-notes et notez les domaines dans lesquels vous êtes bon, et comparez cela avec votre auto-évaluation.

Faites de petits pas : Ne focalisez pas toute votre attention sur le fait que vous devez impérativement faire les choses parfaitement. Optez plutôt pour la manière raisonnable et récompensez-vous pour avoir bien agi. Lors d’une conversation de groupe par exemple, donnez votre opinion ou partagez une histoire sur vous-même.

Remettez en question vos pensées négatives : Lorsque vous évaluez vos capacités et que vous commencez à faire de petits pas, essayez de vous demander si vos pensées sont rationnelles. Demandez-vous s’il est logique que vous croyiez que vous êtes un fraudeur, compte tenu de tout ce que vous savez faire.

Aidez vos collègues : Essayez d’aider les autres dans diverses situations. Si vous voyez par exemple quelqu’un qui semble maladroit ou seul, entamez une discussion avec cette dernière et ramenez-la dans le groupe.

Ne vous comparez plus aux autres : Dans le cas échéant, vous vous trouverez sans doute un tas de défauts. Lors des conversations de groupe, portez toute votre attention sur ce que l’autre personne dit et soyez intéressé à en apprendre davantage.

Au lieu de vous focaliser sur ce sentiment d’imposture, transformez-le en un sentiment de gratitude. Considérez tout ce que vous avez accompli et soyez reconnaissant. Ne donnez jamais une autre image de vous, alors que vous êtes autre chose. Laissez les gens découvrir le ‘’vrai vous’’. L’aide d’un thérapeute peut également vous être utile, pour lutter contre les sentiments d’imposteur. Il vous aidera à surmonter tout sentiment d’indignité ou de fraude que vous croyez détenir.

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