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Spondylodiscite infectieuse : Causes, symptômes et traitements

La spondylodiscite infectieuse est une affection rare, correspondant à une infection grave du disque intervertébral et de quelques corps vertébraux adjacents. Représentant 2 à 7% des infections touchant les ostéoarticulaires, elle apparait comme l’une des origines des douleurs du rachis et du dos. En effet, la spondylodiscite  peut, dans certains cas, provoquer une compression dans la zone de la moelle osseuse. Cette dernière peut se développer et entrainer une destruction des racines nerveuses.

Il convient à cet effet de traiter la maladie dès son apparition, afin d’éviter toute complication possible.  Quels sont les causes et symptômes de la spondylodiscite infectieuse ? Comment se déroulent le diagnostic et le traitement des spondylodiscites infectieuses ?

Spondylodiscite infectieuse : définition

Vertèbre et disque intervertébral  – © Crédit : informationhospitaliere.com
Vertèbre et disque intervertébral – © Crédit : informationhospitaliere.com

L’expression spondylodiscite vient des termes grecs spondulos, traduisant vertèbre, et diskos traduisant disque. Elle se définit comme un mal atteignant une ou plusieurs vertèbres (discite), ainsi que des disques intervertébraux adjacents (spondylite). Ces derniers ne sont rien d’autres que des cartilages fibreux, qui s’insèrent au milieu des vertèbres de la colonne vertébrale, sous forme de coussins. Très souvent, ces disques intervertébraux sont infectés par des bactéries. Mais, l’agent infectieux peut être dans certains cas un champignon.

Aussi appelée discospondylite, la spondylodiscite infectieuse est une maladie moins fréquente, représentant environ 7% des infections ostéoarticulaires. En France, cette pathologie touche environ mille deux cents personnes par an, et la plupart des patients sont des hommes.

Même si le risque de la spondylodiscite infectieuse augmente autour de 60 ans, plus de la moitié des patients ont moins de cinquante ans. Cette maladie touche donc plus les adolescents.

Ainsi, le risque d’infection à la maladie augmente à l’adolescence et à la vieillesse, en raison des changements très remarquables qui s’observent au niveau des os pendant ces deux périodes de la vie.  La spondylodiscite infectieuse est une affection grave, susceptible d’augmenter les risques de séquelles neurologiques et de la déformation rachidienne.

Spondylodiscie infectieuse : quelles sont les causes ?

L’infection à la spondylodiscite infectieuse est faite par voie sanguine, après une septicémie. En général, les origines des spondylodiscites infectieuses sont les bactéries suivantes :

  • Brucelles ;
  • Mycobacterium tuberculosis : il s’agit dans ce contexte de la maladie de Pott ;
  • Pyogènes, comme les Streptococcus (observés dans 10% des cas), les bacilles Gram négatif (comme Escherichia coli, observé dans environ 30% des cas), les Staphylococcus aureus (observé dans environ 40% des cas) ;
  • Salmonelles.

Dans les cas plus rares, l’origine de la spondylodiscite infectieuse  peut être un champignon (principalement le Candida albicans).

Les situations suivantes peuvent provoquer la spondylodiscite infectieuse :

  • Infection cutanée (furoncle, panaris, plaie), urinaire, digestive, dentaire, cardiaque (endocardite), pulmonaire ou une infection de la prostate ;
  • Ponction lombaire ;
  • Une opération chirurgicale dans les environs de la colonne vertébrale ;
  • Geste local peu invasif dans le cadre d’un diagnostic (discographie) ou d’une thérapie (infiltration épidurale).

En fonction du germe, il existe deux modes évolutifs de la spondylodiscite infectieuse : évolution aigüe dans le cadre des bactéries pyogènes, et évolution chronique dans le cadre d’infections à pyogènes prises en charge par une antibiothérapie non suffisante, ou en cas de tuberculose.

Spondylodiscite infectieuse : quels sont les facteurs de risque ?

Le principal facteur de risque de la spondylodiscite infectieuse reste l’altération du système immunitaire de la personne atteinte.

Cependant, environ 30% des patients sont atteints d’un diabète, 10% de l’alcoolisme chronique. Plus encore, les pathologies, comme le cancer, la maladie systémique, la cirrhose hépatique et l’insuffisance rénale terminale, sont observées chez environ 5% des patients.

Comment se manifeste la spondylodiscite infectieuse ?

La spondylodiscite infectieuse se manifeste principalement par des rachialgies, autrement dit des douleurs profondes du rachis et du dos. Celles-ci peuvent être liées à :

  • Une raideur rachidienne considérable ;
  • La fièvre (dans environ 70% des cas de la spondylodiscite à pyogènes) et les frissons ;
  • L’altération de l’état général du patient ;
  • Un tassement et une fragilisation des vertèbres ;
  • Des irradiations nerveuses douloureuses : névralgie, sciatique, cervicobrachiale.

La spondylodiscite infectieuse peut, dans certains cas, être à l’origine d’une infection des méninges ou d’une compression de la moelle osseuse, provoquée par un abcès. Cette compression peut atteindre les cellules nerveuses et entrainer leur destruction. En fonction de la gravité de l’infection et de la typologie bactérienne, des conséquences comme le bloc vertébral (soudure de deux vertèbres en face à face), peuvent être observées sur le long terme.

Comment se déroule le diagnostic de la spondylodiscite infectieuse ?

L’établissement du diagnostic de la spondylodiscite infectieuse passe par un interrogatoire et un examen clinique. Des examens complémentaires doivent être effectués par le médecin.

À cet effet, l’examen de référence à effectuer pour poser le diagnostic est une IRM du rachis entier. Ce dernier permet de visualiser correctement les tissus, puisque cela est indispensable à la localisation de la spondylodiscite et son effet sur la colonne vertébrale. En cas de non-disponibilité de l’IRM, une scintigraphie peut être faite.

Les examens complémentaires et alternatifs pouvant être faits pour diagnostiquer la spondylodiscite infectieuse sont :

  • Tomodensitométrie (TDM) injectée ou scanner injecté : un produit de contraste est injecté lors de cet examen, afin de mieux visualiser la spondylodiscite ;
  • Imagerie par rayons X (radiographie) : elle permet de visualiser les tissus osseux ;
  • Hémocultures : elles sont nécessaires, puisqu’elles permettent de déterminer toute présence anormale des bactéries dans le sang. Cet examen consiste à mettre le sang en culture, afin de voir si l’on trouvera des bactéries, après quelques jours ;
  • Ponction avec biopsie : elle doit être faite, sauf si les hémocultures sont positives et concluantes. L’objectif de la ponction avec biopsie est d’identifier l’agent infectieux à l’origine de la spondylodiscite infectieuse.

Quels sont les traitements possibles des spondylodiscites infectieuses ?

La prise en charge de la spondylodiscite infectieuse peut être effectuée par plusieurs moyens. Mais cette pathologie apparait comme une urgence thérapeutique, et nécessite par conséquent une hospitalisation.

Une immobilisation au lit

L’usage d’un corset ou d’une coquille plâtrée vous aidera à calmer les douleurs intenses et d’éviter toute déformation, pouvant provenir d’un tassement vertébral, surtout dans le cadre de la maladie de Pott. Dans ce cas, le traitement est à effectuer pendant un à trois mois. Mais en cas de spondylodiscite, l’utilisation de ces équipements est recommandée jusqu’à la cessation des douleurs.

Une antibiothérapie intense, idéale au germe

Pour traiter la spondylodiscite infectieuse, une antibiothérapie de six semaines en moyenne, et adaptée au germe, doit être effectuée.

  • En cas d’infections à staphylocoques : associations fosfomycine 200 mg/kg-céfotaxime 100 mg/kg et ensuite fluoroquinolone-rifampicine ;
  • En cas d’infections à bacilles Gram négatif : une association d’aminoside et céphalosporine de troisième génération, aminoside et fluoroquinolone ou fosfomycine et céphalosporine de troisième génération ;
  • En cas d’infections issues du milieu hospitalier et qui résistent à la méthicilline : association acide fosfomycine ou acide fucidique-vancomycine.

Dans le cas de la maladie de Pott, une antibiothérapie quadruple antituberculeuse est faite durant trois mois, et ensuite une chimiothérapie pendant les neuf mois qui suivent.

Une intervention chirurgicale

Dans les cas de compression médullaire brutale, une laminectomie décompressive peut s’avérer nécessaire, en urgence. Toujours dans le cadre du traitement des cas exceptionnels de la spondylodiscite infectieuse, le professionnel de santé peut effectuer l’évacuation d’un abcès épidural.

Par ailleurs, en ce qui concerne la guérison, notez que les douleurs spontanées ainsi que la fièvre disparaissent en quelques jours (cinq à dix jours). Les douleurs mécaniques quant à elles, disparaissent au bout de quelques mois.

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