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Syndrome de cushing : causes, manifestations et traitements

Le syndrome de Cushing est une affection rare qui touche environ trois personnes sur un million par an. Il se traduit par l’ensemble des manifestations cliniques apparaissant chez une personne, lorsque l’hormone à action glucocorticoïde augmente dans son organisme.

Affectant majoritairement les femmes, le Syndrome de Cushing se manifeste principalement par une obésité au niveau du cou, du tronc et de la face. Le diagnostic de cette affection est posé par des dosages hormonaux et des examens d’imagerie. La prise en charge est chirurgicale ou médicamenteuse. Qu’est-ce que le Syndrome de cushing ? Quels sont les éventuelles origines et les différents symptômes de la maladie ? En quoi consistent le diagnostic et la prise en charge du syndrome de cushing ?

Syndrome de cushing : Définition

Syndrome de Cushion – © Crédit : informationhospitaliere.com

Le syndrome de cushing est un trouble endocrinien, associé à la présence d’une quantité élevée d’hormone à action glucocorticoïde dans l’organisme d’une personne.

On distingue deux catégories d’hormone à glucocorticoïde :

  • L’hormone naturelle, fabriquée pas les glandes surrénales, nommée cortisol ;
  • Les hormones synthétiques (sécrétées par des laboratoires pharmaceutiques) utilisées dans le cadre du traitement de plusieurs pathologies (asthme, affections rhumatologiques…), en raison de leur action anti-inflammatoire : elles sont appelées des corticoïdes de synthèse.

En effet, lorsque le cortisol (l’hormone naturelle) est sécrété à des taux élevés par les glandes surrénales, il s’agit du syndrome de cushing endogène. Dans le cadre d’une pathologie, si la prise en charge nécessite une ingestion de doses élevées de corticoïdes en plusieurs temps, cela peut provoquer le syndrome de cushing exogène.

Très souvent, le syndrome de Cushing est dû à la prise des antibiotiques anti-inflammatoires.  Toutefois, il peut avoir une origine endogène, comme la maladie de cushing.

Quelles les éventuelles causes du syndrome de Cushing ?

Les origines de cette maladie sont multiples et variées.

Cette affection provient dans la plupart des cas, de la consommation des corticoïdes de synthèse pendant la prise en charge de l’asthme ou d’affections inflammatoires : il s’agit de la cause exogène.

En outre, plusieurs autres circonstances de maladies peuvent être la cause de la sécrétion en forte quantité de cortisol par les glandes surrénales, et provoquer par la suite le syndrome de Cushing (il s’agit de la cause endogène).

Secrètion d’adrénaline – © Crédit : informationhospitaliere.com
  • Le cortisol est sécrété normalement sous l’action d’une autre hormone dite ACTH (Adreno Cortico-Tropic Hormone), qui provient des cellules corticotropes de l’hypophyse. Cette dernière est une glande endocrine localisée sous le cerveau et qui a pour fonction de coordonner les actions hormonales. Une fois que l’hypophyse est affectée par une tumeur bénigne ou un adénome, l’ACTH est produite en grande quantité. Cela entraine immédiatement et parallèlement la sécrétion en excès du cortisol par les glandes surrénales.
  • Dans certains cas, des tumeurs du poumon (malignes ou bénignes) surviennent en dehors de l’hypophyse.  Ces tumeurs peuvent se mettre à sécréter de l’ACTH. Cela entraine également la sécrétion immédiate du cortisol en des quantités excessives par les deux surrénales.
  • Les tumeurs atteignant la surrénale, généralement de type unilatéral et malin ou bénin (adénomes), peuvent également survenir de manière spontanée et provoquer par la suite un excès de cortisol.

Cependant, le syndrome de Cushing n’est généralement pas une maladie héréditaire. Mais, il peut survenir chez une personne, à cause d’une prédisposition génétique aux tumeurs développées au niveau de l’hypophyse, des glandes surrénales ou endocrines

Les hommes sont plus exposés que les femmes au syndrome de Cushing, dans le cas où ce dernier est provoqué par un cancer de poumon. Tandis que, les femmes sont plus exposées que les hommes, lorsque le syndrome de Cushing est dû à une tumeur de l’hypophyse ou surrénale.

Quelles sont les différentes manifestations du syndrome de Cushing ?

Une quantité excessive du cortisol dans l’organisme a pour conséquence de nombreux symptômes et signes. Les principaux signes de manifestation du syndrome de Cushing restent la prise de poids et le changement de la morphologie de la personne malade : un dysfonctionnement dans la répartition des graisses provoque l’obésité facio-tronculaire (accumulation de graisse au niveau du haut du corps, du cou et le visage devient rouge, bouffi et rond).

Plusieurs autres symptômes peuvent être liés au syndrome de Cushing :

  • L’ostéoporose, les fractures (fractures de côtes, tassements vertébraux, etc) ;
  • Les infections, les thromboses veineuses ;
  • La fatigue musculaire (difficultés à monter les escaliers, à se relever….à cause de la perte de force au niveau des cuisses) ;
  • L’amincissement de la peau, accompagné des ecchymoses, des vergetures, des mycoses, des retards à la cicatrisation des ulcères et/ou des plaies ;
  • Le diabète, l’hypertension artérielle, la dyslipidémie ;
  • Les troubles de sommeil, la confusion, la dépression, l’anxiété, les difficultés de concentration, la perte de mémoire ;
  • L’acné, les troubles des règles et l’infertilité chez les femmes, l’hirsutisme ;
  • La réduction de l’activité sexuelle chez les hommes.

Néanmoins, notez que ces manifestations du syndrome de Cushing ne surviennent pas tous ensemble chez le patient, et leurs apparitions varient d’une personne à l’autre.

Quels sont les examens à effectuer lors du diagnostic du syndrome de Cushing ?

Le diagnostic du syndrome de Cushing est posé à partir des tests hormonaux et des examens d’imagerie.

La mesure du cortisol libre urinaire

Les examens débutent par la mesure, sur vingt-quatre heures, du cortisol urinaire libre, dans certains centres de traitements. Chez la plupart des personnes atteintes du syndrome de Cushing, ce niveau de cortisol est plus élevé que 120 mcg par vingt-quatre heures. Toutefois, plusieurs patients affichent un excès du cortisol libre urinaire oscillant entre 100 et 150 mcg par 24 h, et souffrent d’une dépression, d’une obésité ou des ovaires polykystiques, sans être atteints du syndrome de Cushing. Retenez donc que les taux normaux peuvent varier en fonction du dosage.

Une personne suspectée du syndrome de Cushing et qui présente une quantité élevée du cortisol libre urinaire a probablement le syndrome de Cushing. Si vous trouvez deux à trois recueils normaux, le diagnostic est à exclure. Lorsque les taux sont élevés modérément, il convient d’effectuer dans ce cadre des examens supplémentaires pour confirmer le diagnostic. De plus, il faut déterminer le taux matinal de base de cortisol sérique (par exemple à neuf heures du matin).  

L’examen de freination à la dexaméthasone

Le procédé du test de freination à la dexaméthasone est d’injecter entre 1 à 2 mg de dexaméthasone au patient par voie orale, entre vingt-trois heures et zéro heure. Ensuite, il faudra mesurer le cortisol plasmatique dans la matinée du jour suivant, à huit heures ou neuf heures.  

La dexaméthasone freine, chez des personnes bien portantes, la production de cortisol le matin en dessous de 1,8 mcg/dL, tandis que le cortisol n’est pas freiné chez les personnes atteintes du syndrome de Cushing.  Il y a également le test de freinage faible pour lequel vous pouvez opter comme alternative. Il consiste à administrer au patient, 0,5 mg de dexaméthasone par voie orale toutes les six heures durant deux jours.

Dans la majorité des cas, s’il y a absence de freination du cortisol plasmatique pendant le test de la freination faible à base du dexaméthasone, le diagnostic du syndrome de Cushing est posé, sauf s’il y a une suspicion d’anormalité du métabolisme de la dexaméthasone.

La mesure du cortisol de minuit

Si les deux tests précédents ne suffisent pas pour conclure le diagnostic, il est recommandé d’hospitaliser le malade. Cela permettra d’effectuer la mesure du cortisol sérique de minuit.

À cet effet, vous devez effectuer des prélèvements du cortisol salivaire et les garder dans un réfrigérateur à domicile. Le niveau normal du cortisol sérique oscille entre 5 et 25 mcg/dL dans la matinée (entre xis et huit heures) et chute progressivement, jusqu’en dessus de 1,8 mcg/dL à minuit.

Il peut arriver que les personnes qui souffrent de cette pathologie présentent un niveau de cortisol sérique normal dans la matinée, mais ils présentent en général une perte du rythme nycthéméral de sécrétion de cortisol. De ce fait, le cortisol plasmatique est maintenu à son niveau élevé à minuit, et l’augmentation de la sécrétion totale de cortisol des vingt-quatre heures peut être constatée.

La mesure de l’ACTH plasmatique

Le dosage de l’ACTH permet d’avoir plus de précision sur la cause du syndrome de Cushing. Les taux indétectables, non seulement en situation basale, mais aussi en réponse à la corticotropin releasing hormone (CRH), révèlent une cause d’origine surrénale. Lorsque les taux sont élevés, il s’agit d’une origine ectopique ou une origine hypophysaire.

Lorsque l’ACTH est détectable, il faut effectuer des examens dynamiques dans l’optique de faire une distinction, entre le syndrome de sécrétion ectopique d’ACTH (affection très rare) et la maladie de Cushing. Il a été rapporté que la pratique d’un test de freinage fort à la dexaméthasone, à neuf heures du matin, entraine une réduction du cortisol plasmatique à hauteur de 50%, dans la plupart des cas de maladie de Cushing. Mais le taux ne diminue presque pas chez les personnes qui souffrent d’un syndrome de sécrétion ectopique d’ACTH.

Par ailleurs, après une injection de CRH, on constate que l’ACTH augmente à hauteur de 50% et le cortisol augmente également de 20%, dans la majorité des cas de maladie de Cushing. Ces résultats sont rares, en ce qui concerne le syndrome de sécrétion ectopique d’ACTH.

Examens d’imagerie

Lorsque les examens dynamiques et le taux d’ACTH conduisent à la suspicion d’une origine hypophysaire, il faut pratiquer l’imagerie hypophysaire. Sur ce point, l’examen idéal est l’IRM avec administration de gadolinium.

Lorsque les examens précédents n’évoquent pas une origine hypophysaire, l’imagerie est axée sur la TDM à haute résolution des surrénales, du pancréas et du thorax. Dans ce contexte, les examens d’imagerie suivants peuvent être pratiqués : scintigraphie ou PET scan à l’octréotide, Gallium-68, PET scan au fludéoxyglucose (FDG). Afin de distinguer les origines ectopiques des origines hypophysaires, vous pouvez faire un prélèvement du sinus pétreux.

De plus, il est recommandé d’opter pour l’IRM chez la femme enceinte, afin de limiter l’exposition du fœtus aux radiations. Chez les enfants qui souffrent d’une maladie de Cushing, il faut privilégier le cathétérisme des sinus pétreux, puisque les tumeurs atteignant l’hypophyse ne sont pas bien visibles sur l’IRM.

Comment traiter le syndrome de Cushing ?

Le but du traitement du syndrome de Cushing est de contrôler la sécrétion excessive du cortisol. À cet effet, il existe plusieurs solutions permettant de soulager la personne atteinte de cette pathologie.

Une chirurgie hypophysaire

Il a été démontré qu’une personne souffrant du syndrome de Cushing peut en guérir, suite à la pratique d’une ablation de l’adénome hypophysaire corticotrope. Elle est pratiquée suivant une chirurgie dite transsphénoïdale, qui s’avère délicate, mais moins traumatisante.

Des traitements médicamenteux

Il est possible de faire recours aux traitements à base de médicaments, lorsqu’il n’est pas possible d’effectuer une intervention chirurgicale (surtout si la cause du syndrome de Cushing est d’origine médicamenteuse). On peut se référer aussi aux traitements médicamenteux en cas de non-efficacité et des récidives de la chirurgie. Cette prise en charge assure le contrôle de l’hypercorticisme clinique.

Lorsqu’il n’est pas possible d’éliminer complètement la tumeur à l’origine, vous pouvez faire recours à des médicaments inhibiteurs de cortisol : (les anticortisoliques).

La radiothérapie

Le médecin, en se basant sur la visibilité, la localisation et la portée de la tumeur résiduelle, peut vous proposer une autre intervention basée sur :

  • La radiothérapie conventionnelle (séquence d’irradiations axées sur la tumeur et pratiquées sur multiples séances) ou ;
  • La radiothérapie par gamma-knife (irradiation basée sur des lésions de portée limitée et à distance des voies optiques et pratiquée en une seule séance).

La radiothérapie permet de stopper le développement de l’adénome corticotrope, de même que la sécrétion excessive d’ACTH, par conséquent du cortisol. Il faut néanmoins retenir que l’effet de la radiothérapie n’est pas immédiat.

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