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Syndrome de Marfan : diagnostic, traitements et mesures de prévention

Le syndrome de Marfan est une affection génétique très rare, qui affecte particulièrement les tissus conjonctifs du corps. Ces derniers sont les tissus que composent les tendons, articulations, muscles, ligaments, ainsi que le cœur, les yeux et les vaisseaux sanguins. En effet, une atteinte de ce tissu conjonctif provoque des dysfonctionnements oculaires, vasculaires, osseux, pulmonaires, cardiaques, de même qu’une anomalie au niveau du système nerveux central.

Touchant environ une personne sur trois milles à cinq milles, le syndrome de Marfan se manifeste par l’amincissement de la personne  atteinte, avec des doigts et bras longs. Comment définir le syndrome de Marfan ? Quels sont les causes et symptômes du syndrome de Marfan ? En quoi consistent un diagnostic et une prise en charge de ce trouble génétique ?

Syndrome de Marfan : définition et historique

Définition

Le syndrome de Marfan est une affection génétique rare qui touche environ un individu sur cinq mille, dans le monde. Il affecte principalement les tissus conjonctifs, qui ont pour fonction d’assurer la cohésion du corps et le développement corporel. Plusieurs organes du corps peuvent en être atteints : les articulations, les yeux, les poumons, le cœur, et les os. 

Ainsi, le syndrome de Marfan est une maladie héréditaire autosomique dominante. C’est-à-dire qu’environ un enfant sur deux, risque d’être touché, quel que soit le sexe, lorsque l’un de ses géniteurs est affecté. Mais dans environ 30% des cas, il est provoqué par des mutations spontanées (non héréditaires).

La prise en charge optimale des personnes atteintes du syndrome de Marfan garantit une espérance de vie considérable.

Historique

Cette maladie génétique doit son nom au Professeur Antoine Marfan. Celui-ci est un pédiatre français, qui a été le premier à décrire le trouble génétique en 1896, suite à sa découverte chez un enfant de 5 ans à partir d’une dolichosténomélie. Ce n’est qu’à la suite de sa découverte que la maladie fût renommée syndrome de Marfan.

Plus tard, en 1968, Hugh Bentall effectue la première opération chirurgicale sur un patient atteint de ce trouble. Le processus de l’intervention consiste à remplacer l’aorte ascendante  et la vulve aortique par un tube valvulé, puis à réimplanter les artères coronaires. Dès 1971, la prise en charge à base des médicaments bêtabloquants fut proposée. Ce n’est qu’en 1991, que la couche génétique à l’origine de la maladie a été identifiée.

Que retenir des causes du syndrome de Marfan ?

Le syndrome de Marfan a pour origine une mutation du gène nommé FBN1. Celui-ci code la production de la protéine firbtiline-1, qui assure une fonction capitale en matière de fabrication du tissu conjonctif de l’organisme. Ce gène dont la mutation est l’origine du trouble génétique est localisé sur le chromosome 15.

Il existe plus de mille différentes mutations sur ce gène, qui entrainent des maladies plus ou moins sévères. On rapporte également l’existence d’une hausse de l’activité de TGF bêta (Tranforming growth factor), dont le dosage sanguin affiche des niveaux élevés dans le cadre de la maladie de Marfan. Cela constitue un intérêt particulier en ce qui concerne le test diagnostic potentiel.

En effet, une mutation du gène FBN1 est susceptible de réduire le niveau de fibriline-1 fonctionnelle nécessaire pour la fabrication des fibres. Ces fibres qui confèrent la flexibilité et la résistance de la FBN1 aux tissus conjonctifs.

En dehors de la mutation du gène FBN1 qui est à l’origine du syndrome de Marfan dans la plupart des cas, il existe d’autres formes du trouble. Une mutation du gène TGFBR2, qui code le récepteur de TGF bêta, provoque un syndrome similaire, appelé parfois syndrome de Marfan de type 2.

De plus, en termes des facteurs de risque de cette maladie, il faut retenir que les individus les plus concernés sont ceux ayant des antécédents familiaux. Par conséquent, un enfant dont l’un des parents est porteur peut contracter le syndrome de Marfan.

Quelles sont les différentes manifestations du syndrome de Marfan ?

Les manifestions et le degré de sévérité du syndrome de Marfan varient d’un patient à l’autre, et ils peuvent survenir à n’importe quel âge. Les symptômes sont d’ordres musculo-squelettiques, pulmonaires, cardiovasculaires et ophtalmologiques :

  • Les patients sont de grande taille et minces ;
  • Le développement anormal des os, l’ectasie durale ;
  • L’hyperlaxité ligamentaire ;
  • Des pneumothorax spontanés ;
  • La déformation du thorax et de la colonne vertébrale ;
  • La subluxation du cristallin ;
  • Le prolapsus de la valve mitrale ;
  • La présence fréquente de vergeture au niveau des épaules ou encore au milieu du dos ;
  • La dissection aortique et l’anévrisme de l’aorte initiale.

Le symptôme oculaire le plus fréquent est la myopie. Les personnes atteintes du syndrome de Marfan présentent également un risque accru du glaucome, de la cataracte précoce et du décollement de la rétine. Les symptômes musculo-squelettiques correspondent à la croissance exagérée des membres.

Toutefois, tous ces symptômes apparentés à ceux d’autres troubles des tissus conjonctifs, rendent difficile le diagnostic du syndrome de Marfan.

Comment diagnostiquer le syndrome de Marfan ?

Le diagnostic du syndrome de Marfan peut être suspecté par le médecin, dès qu’il se trouve en face d’une personne inhabituellement maigre et grande. De plus, si le patient présente des symptômes relatifs à ce trouble génétique ou s’il a un des membres de sa famille (père, mère, sœur ou frère) qui souffre du syndrome de Marfan, le professionnel de santé peut évoquer le trouble.

Ensuite, le médecin base son diagnostic sur des facteurs relatifs à l’atteinte des principaux organes, comme le cœur, les os et les yeux. Il peut aussi prélever un échantillon du sang de la personne malade, afin de mener une analyse génétique.

Il est important de surveiller la survenue des complications, puisqu’elles peuvent être à l’origine des manifestations sévères. Pour cela, le patient doit faire un contrôle de son cœur, de ses os et de ses yeux annuellement, dans l’optique de vérifier s’il n’y a aucune aggravation. Le contrôle se fait en général à partir d’une échocardiographie de l’aorte et du cœur, d’un examen ophtalmologique et des examens de radiographies de la colonne vertébrale, des mains, des pieds, du bassin, du thorax et du crâne.

Pour évaluer une atteinte cérébrale ou cardiaque, une IRM serait idéale. Toutefois, à chaque apparition de nouveaux signes cliniques, vous devez effectuer une consultation ophtalmologique et une échocardiographie.

Quel est le pronostic dans le cadre de ce trouble génétique ?

Le pronostic est principalement est lié aux troubles de l’aorte, notamment au risque de dissection aortique et de dilatation. Autrefois, la majorité des personnes atteintes du syndrome de Marfan décédaient vers l’âge de quarante ou cinquante ans, surtout si elles n’ont suivi aucun traitement.

Avec l’arsenal de la thérapie actuel, les patients ont presque une même espérance de vie que les personnes bien portantes. Une hausse d’espérance de vie dépend de la prévention de la rupture et de la dissection aortique.

Il existe plusieurs autres complications plus rares qui peuvent survenir et influer l’espérance de vie des patients : troubles du rythme cardiaque, insuffisance cardiaque sur une insuffisance mitrale, etc. Notez que la grossesse peut augmenter le risque de ces complications, et de ce fait, une surveillance s’avère importante.

Quels traitements pour le syndrome de Marfan ?

Aucun traitement spécifique n’existe pour traiter définitivement le syndrome de Marfan. Les traitements sont donc symptomatiques et visent à prévenir les troubles pour éviter les complications de cette maladie.

Les médicaments dits bêtabloquants (comme l’aténolol, le propanol) permettent de ralentir le rythme cardiaque. Ils favorisent également la réduction des forces de contractions. Ce qui entraine non seulement la diminution de la pression exercée sur le cœur, mais aussi la réduction du risque d’élargissement et de déchirure de l’aorte.

Pour limiter au mieux l’élargissement de l’anneau aortique, le patient peut prendre des antagonistes du récepteur de l’angiotensine II. En cas d’élargissement de l’affection vers la racine de l’aorte et des troubles valvulaires, une intervention chirurgicale peut être effectuée pour remplacer la partie endommagée. En raison de la tension importante que la grossesse confère au cœur, il est recommandé de réparer l’aorte avant la conception chez les femmes enceintes.

Des visites annuelles en ophtalmologie permettent d’effectuer un diagnostic rapide des complications oculaires concernant le syndrome de Marfan. Pour apporter des corrections en cas de troubles oculaires, des verres de contact et des lentilles spéciales sont idéaux, mais une chirurgie peut s’avérer indispensable.

Le recours aux appareils orthopédiques, comme le corset, accompagné d’une physiothérapie permettent de traiter toute déviation anormale de la colonne vertébrale. Cette déviation (scoliose) peut nécessiter dans un contexte plus extrême, une intervention chirurgicale.

Cependant, avant toute chirurgie des dents ou autres conditions pouvant faire propager des bactéries dans la circulation sanguine, des antibiotiques peuvent être indiqués. Cela permet de prévenir toute infection chez les patients qui ont des troubles valvulaires cardiaques ou des valves cardiaques artificielles. Il faut limiter également vos activités sportives aux exercices non exténuants (à la marche, le jogging, la bicyclette).

En outre, il est déconseillé de prendre des décongestionnants ainsi que des aliments renfermant de la caféine. Ceci, pour prévenir toute élévation de la pression artérielle et réduire le risque d’étirement des tissus conjonctifs au niveau de l’appareil cardiovasculaire.

Quelques mesures de préventions

Il est possible de réduire le risque d’apparition d’une maladie de cœur, comme le syndrome de Marfan, lorsque vous avez le contrôle de votre pression artérielle, de votre taux de cholestérol et de votre diabète. Il faut également adopter un mode de vie sain :

  • Éviter de fumer ;
  • Être actif ;
  • Réduire la consommation d’alcool ;
  • Maintenir un poids de santé ;
  • Réduire le stress ;
  • Adopter une alimentation saine et équilibrée : privilégier un régime contribuant à la réduction des affections du cœur.

Enfin, pour maintenir votre état de santé, il faut toujours discuter des changements que vous souhaitez apporter à votre mode de vie, avec votre médecin.

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