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Taux d’immunoglobuline élevé : quelles explications possibles ?

Les anticorps ou immunoglobulines jouent un rôle central dans le système de défense de l’organisme. Ils sont programmés pour détecter, combattre et neutraliser des agents pathogènes très spécifiques. Ces protéines participent ainsi au maintien de l’équilibre physiologique du corps humain, l’homéostasie.  Sur quel principe s’appuie le dosage des niveaux d’immunoglobuline ? À quoi correspond un taux d’immunoglobuline élevé ?

Qu’est-ce qu’une immunoglobuline ?

Les immunoglobulines représentent des molécules de glycoprotéines particulièrement engagées dans la réponse immunitaire. Aussi communément appelés « anticorps », ils sont produits par les lymphocytes B (LB) et constituent la seule classe de molécules capables d’offrir une réponse spécifique aux agents externes (antigènes) établis chez l’hôte. Les principales fonctions des immunoglobulines peuvent être résumées comme suit :

  • Activation du complément ;
  • Agglutination ;
  • Cytotoxicité cellulaire ;
  • Neutralisation ;
  • Opsonisation ;
  • Protection des muqueuses.

Pour faire simple, on peut dire que les immunoglobulines favorisent l’élimination ultérieure de l’antigène en se liant à lui d’une manière spécifique.

Classification des immunoglobulines

Il existe cinq isotypes d’immunoglobulines.

Les immunoglobulines G

Les immunoglobulines G (IgG) représentent environ 75 % du total des anticorps plasmatiques adultes. Elles sont responsables des réponses immunitaires secondaires. On entend par là qu’elles interviennent dans le cadre d’une rencontre antérieure avec l’antigène. Elles possèdent une action défensive d’une efficacité particulière : en raison de leur capacité à neutraliser différentes toxines, empêcher les virus de coloniser les cellules et faciliter la phagocytose bactérienne.

Les immunoglobulines G sont également les seuls isotypes d’immunoglobulines capables de traverser la barrière placentaire et passer de la circulation maternelle à la circulation infantile. Pendant la grossesse, la mère transmet ses IgG au fœtus à travers ladite membrane, donnant au nouveau-né une immunité pendant les 3-4 premiers mois de sa vie.

Les immunoglobulines M

Les immunoglobulines M (IgM) représentent le principal groupe d’anticorps actif de l’organisme. Elles sont les premières à se former au contact d’agents pathogènes ou d’autres substances étrangères. Elles se présentent comme la première ligne de défense efficace contre les micro-organismes dans l’organisme. Après la phase aiguë, la concentration d’IgM diminue à nouveau, puis les anticorps IgG prennent en charge la suite de la défense. Sur la base de la valeur de l’immunoglobine M, une infection aiguë peut être déterminée.

Les immunoglobulines A

Les immunoglobulines A (IgA) sont des anticorps qui représentent environ 15 % du total des immunoglobulines dans le corps humain. Elles sont produites par les plasmocytes dans l’intestin et sont localisées sur les surfaces muqueuses principalement. L’immunoglobuline A est particulièrement responsable de la défense contre les agents pathogènes sur ces surfaces muqueuses. On en retrouve dans le sang, mais aussi dans les sécrétions du tractus gastro-intestinal et du vagin. Elles sont présentes dans les sécrétions nasales, dans les bronchiques, dans le liquide lacrymal et même dans le lait maternel.

Les immunoglobulines E

Les Immunoglobulines E (IgE) sont des anticorps principalement responsables de la défense contre les parasites tels que les vers ou les protozoaires. Cette classe de médiateurs biologiques joue également un rôle clé dans les réactions allergiques de type I. Seule une très petite quantité d’immunoglobuline E libre circule dans le sérum sanguin.

Les immunoglobulines D

Les IgD représentent environ 0,25 % du total des immunoglobulines sériques. Elles ne peuvent être détectées dans le plasma qu’en très petites quantités et se dégradent rapidement. On sait peu de choses sur leur fonction exacte jusqu’à présent. Cependant, on suppose que les IgD jouent un rôle dans l’activation des cellules dites B, car elles se produisent principalement à la surface des cellules B « au repos », non actives.

Comment se fait le dosage des immunoglobulines ?

Le test quantitatif des immunoglobulines fournit des informations importantes sur l’état de santé du système immunitaire du patient. Il est utilisé dans le but de diagnostiquer diverses pathologies qui affectent la concentration d’une ou de plusieurs classes d’Ig.

Les niveaux des IgG, IgA et IgM sont généralement évalués ensemble. Des résultats anormaux indiquent un dysfonctionnement du système immunitaire et suggèrent la nécessité d’un examen plus approfondi.

À noter que le test quantitatif d’immunoglobuline ne fait pas office de diagnostic, mais il peut être un bon indicateur de pathologie. Un échantillon de sang peut être prélevé dans une veine du bras. Si nécessaire, un échantillon de liquide est prélevé par le médecin au moyen d’une ponction lombaire (au bas du dos).

En ce qui concerne les IgE et IgD, elles sont souvent mesurées dans le cadre du panel de test d’allergie et ne font généralement pas partie du test quantitatif d’immunoglobuline. La raison est qu’elles ne sont présentes dans le sang ainsi que dans d’autres compartiments liquidiens qu’en petite quantité. Les valeurs ne sont pas assez significatives pour qu’un test quantitatif des immunoglobulines soit effectué.

Que peut indiquer une IgG élevée ?

La valeur de l’immunoglobuline G est comprise entre 650 et 1600 mg / dl (6,5 et 16 g / l) dans la plage normale. Des niveaux élevés d’IgG peuvent suggérer la présence d’une maladie auto-immune. Rappelons que les immunoglobulines G sont particulièrement impliquées dans la mémoire cellulaire. Elles interviennent dans le cadre d’une confrontation antérieure avec l’antigène.

Or, les maladies auto-immunes sont des affections dans lesquelles le système immunitaire est dirigé contre les propres structures du corps. Il peut par exemple s’agir de certaines cellules, de tissus, parfois même des muqueuses.

Ici, les lymphocytes tentent en vain de se souvenir d’une rencontre antérieure avec l’antigène, ce qui se traduit par une surproduction d’IgG. En particulier pour les infections aiguës ou chroniques telles que le VIH/SIDA, l’augmentation de la valeur IgG est un indicateur.

Également, les maladies du foie (cirrhose du foie, hépatite) provoquent une augmentation du niveau d’immunoglobuline G. Les patients souffrant de cancer, de sclérose en plaques de lupus ou de polyarthrite rhumatoïde sont susceptibles de connaître une hausse de leur taux d’IgG.

Que déduire d’un taux d’IgM élevé ?

L’IgM est l’un des anticorps que l’organisme produit dans le cadre d’une infection initiale. On observe donc une hausse du taux de cette immunoglobuline au début d’une infection, laquelle peut être causée par des virus ou des bactéries (telles que la chlamydia).

En outre, il peut se produire une élévation des niveaux d’IgM quand certaines maladies chroniques sont en rechute aiguë. C’est le cas par exemple des oreillons et de la varicelle. Comme d’autres causes de l’augmentation de l’immunoglobuline M dans le sérum sanguin, on peut citer :

  • La gammopathie monoclonale ;
  • La maladie de l’agglutinine froide ;
  • Les maladies du foie telles que la cirrhose ou l’hépatite aiguë ;
  • Les maladies auto-immunes telles que le syndrome de sjögren ou le lupus érythémateux ;
  • Le syndrome d’hyper-igm (maladie héréditaire) ;
  • Les maladies adénovirales.

Par ailleurs, avec une forte surproduction d’immunoglobuline M, un manque d’anticorps se produit à long terme. En conséquence, les agents pathogènes pénètrent sans entrave dans le corps et se multiplient. Les personnes présentant un niveau élevé d’IgM sont donc plus susceptibles de développer plus tard des infections. Il convient de rappeler que la valeur de l’immunoglobuline M chez l’adulte est comprise entre 0,4 et 2,3 grammes par litre (g / l) ou 40 et 230 milligrammes par décilitre (mg / dl) dans la plage normale.

IgE élevée : quelles explications possibles ?

Les niveaux d’IgE (immunoglobine E) peuvent être élevés pour de nombreuses raisons. La présence d’une condition allergique est l’une des raisons les plus courantes. Les conditions allergiques comprennent la dermatite atopique, la rhinite allergique, l’asthme et l’allergie alimentaire.

Aussi, les affections et syndromes suivants peuvent entraîner une élévation des niveaux d’IgE :

  • Infestation de vers ;
  • Cancers ;
  • Infection à protozoaires (par exemple, leishmaniose ou infestation de plasmodies).

Il est important de comprendre qu’une surélévation des niveaux d’IgE ne signifie pas forcément qu’il y a une anomalie ou maladie sous-jacente. Mais, tester des IgE spécifiques peut aider à en exclure la possibilité.

Les antécédents médicaux sont importants pour poser ce diagnostic. La valeur IgE est mesurée dans le sérum sanguin, elle est exprimée en UI/ml (unités internationales/millilitre) ou en μg/l (microgrammes par litre). Des valeurs allant jusqu’à 100 UI/ml (240 μg/l) sont considérées comme normales.

Que peuvent signifier des valeurs élevées d’immunoglobuline A ?

Des valeurs IgA élevées peuvent indiquer une inflammation chronique ou une infection. La plupart des laboratoires considèrent que les valeurs supérieures à 400 mg / dL chez les adultes sont élevées. La limite supérieure varie selon l’âge et est plus faible chez les enfants ainsi que chez les adolescents. Les IgA sont également élevées chez les personnes atteintes de :

  • Lésions hépatiques et inflammation ;
  • Hépatite B ;
  • Diabète et complications diabétiques ;
  • Obésité ;
  • Syndrome métabolique (niveaux élevés de sucre dans le sang, une pression artérielle élevée, des triglycérides élevés, un faible taux de cholestérol hdl et un excès de graisse autour de l’estomac) ;
  • Alcoolisme ;
  • Néphropathie ou maladie de berger ;
  • Myélome multiple (cancer d’un type spécifique de globules blancs appelés plasmocytes).

Il n’y a généralement aucun symptôme particulier associé à une hausse des niveaux d’IgA. Les personnes sujettes ne présentent que des symptômes d’infections ou de troubles inflammatoires en relation avec leur problème de santé sous-jacent.

Deux conditions symptomatiques qu’il convient cependant de mentionner sont la purpura rhumatoïde (vascularite) et la néphropathie. Dans la vascularite, des immunoglobulines A se déposent dans les petits vaisseaux sanguins où elles provoquent une inflammation.

Les symptômes courants sont : une éruption cutanée, des douleurs articulaires et un gonflement. La vascularite est plus fréquente chez les enfants, où la maladie disparaît généralement en quelques semaines sans aucun traitement. Chez les adultes, elle peut être plus accentuée, plus durable, et peut causer une maladie rénale plus grave. Dans la néphropathie, les complexes IgA se déposent dans les reins. On estime que 20 à 50 % des patients développent une insuffisance rénale progressive.

Que peut indiquer une hausse du taux d’immunoglobulines D ?

On sait peu de choses sur la fonction normale des IgD et peu de signes ou de symptômes cliniques sont associés à la hausse de leur taux. Pour cause, les protéines IgD monoclonales sont souvent en faibles concentrations et n’ont pas de valeur quantifiable sur l’électrophorèse des protéines sériques. Cependant, la présence d’une protéine monoclonale IgD est presque toujours révélatrice d’un trouble plasmocytaire malin tel que le myélome multiple ou l’amylose primaire.

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