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Trichotillomanie : comment arrêter de s’arracher les cheveux ?

Certaines personnes aiment passer des heures à se tirer les cheveux et plus, à se les arracher parfois jusqu’à la calvitie. Dans le secteur médical, ce phénomène est appelé la trichotillomanie.

La trichotillomanie est un trouble du comportement récurrent, qui consiste à se déraciner les cheveux ou à s’épiler des parties entières du cuir chevelu. Quelles sont les causes et traitements de cette pathologie ?

La trichotillomanie : qu’est-ce que c’est ?

La trichotillomanie ou « trichomanie » est un trouble chez l’Homme, qui consiste à s’arracher les cheveux. Ce qui mène à la disparition de ceux-ci sur une zone délimitée du cuir chevelu, entraînant une alopécie. Il consiste également à arracher d’autres zones pileuses comme les sourcils, les cils ou les poils de barbe. Si le trouble est désigné par la même appellation pour l’enfant et l’adulte, ses formes sont différentes.

La trichotillomanie de l’enfant

La trichotillomanie de l’enfant correspond à une compulsion récurrente, souvent liée à un stress temporaire. Dans la généralité des cas, elle se rencontre le plus chez les garçons. En effet, le trouble est en général provisoire et s’estompe spontanément.

La trichotillomanie de l’adulte

Plusieurs spécialistes reconnaissent deux formes du trouble qui peuvent cohabiter ou se succéder chez un même patient. Ainsi, la trichotillomanie chez l’adulte est plus délicate et se présente sous deux formes cliniques à savoir :

  • Une forme appelée « concentrée sur le geste »

Cette forme est dite « concentrée sur le geste » parce qu’elle déclenche chez le patient une envie compulsive de s’arracher les cheveux. Cette envie est vécue consciemment. Le geste est suivi soit d’un sentiment de soulagement, soit d’un sentiment de culpabilité. Ceci répond à une symptomatologie d’origine anxieuse.

  • Une forme appelée « automatique »

Cette forme est dite « automatique » parce qu’elle déclenche chez le patient l’envie d’arracher les cheveux inconsciemment dans différentes situations courantes. Il n’est donc pas précédé par une transition de tension et ne procure aucun adoucissement ultérieur.

Dans les deux cas, la rigidité du trouble est changeante d’une personne à une autre. En effet, le trouble peut, chez certaines personnes, créer des zones de calvitie complète sur le crâne, ou les faire s’arracher entièrement les sourcils ou les poils du torse chez les hommes.

Pour les enfants, lorsqu’ils arrachent les cheveux, ce geste peut s’accompagner de « trichophagie ». C’est-à-dire qu’ils mettent en bouche des mèches de cheveux qui se retrouvent dans l’estomac, ce qui peut entraîner des troubles gastriques.

Quelles sont les causes de la trichotillomanie ?

Comme généralement en santé mentale, plusieurs théories sont avancées. En effet, de nombreux facteurs sociaux, psychiques, neurobiologiques et génétiques pourraient être la cause de cette pathologie. La quête sur les causes s’avère plus compliquée, puisque la trichotillomanie n’est pas une maladie « homogène ». L’un des premiers facteurs communs que l’on trouve chez certaines personnes concernées est une dérégulation émotionnelle.  

Par ailleurs, extirper les cheveux permettrait aux patients de régulariser de façon non consciente l’état émotionnel. En plus de ces causes, les symptômes dépressifs, des problèmes scolaires, des agressions et divers traumatismes font partie du cercle des causes retrouvées.  

Chez les enfants, la trichotillomanie est généralement reliée à un stress, ce qui fait donc partie des premiers symptômes d’anxiété. D’autres facteurs participent à l’apparition du trouble tels que l’hérédité, ou encore le cycle mensuel chez la femme. En effet, une régénérescence des symptômes de la trichotillomanie est remarquée à la période mensuelle.

Trichotillomanie : quels sont ses symptômes ?

La caractéristique principale de la trichotillomanie est la présence, de façon phasique (par phases) ou de façon continue, d’une envie irrésistible de s’arracher les cheveux par un ou par mèches.

Outre l’envie compulsive d’arracher les cheveux et suivant les indications retenues par le DSM-5, le diagnostic de la trichotillomanie peut être posé, lorsque l’on identifie les critères ci-après :

  • Un besoin impérieux de s’arracher les cheveux, ce qui conduit à une alopécie certaine ;
  • Un trouble obsessionnel, c’est-à-dire une conception d’une tension progressive avant l’arrachage des cheveux et en cas de refus au comportement d’arrachage ;
  • Une sensation d’apaisement après l’arrachage et une disparition de la tension ;
  • La disparition d’autres troubles mentaux ou affections dermatologiques causant ce comportement ;
  • Des problèmes ou des impacts sociaux ou professionnels montrés par le patient.

Le diagnostic de la trichotillomanie

Le diagnostic du trouble porte sur un interrogatoire. Il consiste à analyser les indices cliniques et l’entourage du patient.

Les indices cliniques

Ces critères diagnostiques de la trichotillomanie s’expliquent par l’épilation. Ce qui entraîne une perte pilaire ; l’essai de diminuer ou d’arrêter de s’arracher les cheveux ; être démoralisé ou ne pas pouvoir vaquer à ses activités.

Quelles sont les conséquences de la trichotillomanie ?

Pour certaines personnes, la perte de leurs cheveux peut paraître insignifiante. Pour d’autres, la trichotillomanie peut entraîner une alopécie totale, causant alors une importante détresse.

Nombreuses sont les conséquences somatiques liées à l’indigestion des cheveux. En effet, certains trichotillomanes avalent leurs cheveux, ce qui peut se former dans l’estomac et créer un « trichobézoard ». Il s’agit d’un entassement de cheveux en forme de ballon.  Il existe même des cas d’obstruction intestinale, mais bien rares.

Par ailleurs, ce trouble provoque également un mal être psychique important et pousse certains trichotillomanes à ne plus avoir d’activité professionnelle. De plus, les patients concernés ont très souvent honte et essayent de masquer leur comportement par de nombreux subterfuges comme, les perruques ou les coiffures particulières.

80% des patients auraient des difficultés avec leur image corporelle. Les 20% restant présenteraient un trouble de phobie d’un aspect disgracieux d’une partie de leur corps.

Aussi, n’osent-ils plus sortir de chez eux, redoutant que leur trouble soit découvert et se retirent socialement. La trichotillomanie s’accompagne également d’autres troubles psychologiques notamment, une profonde dépression ou un mésusage d’alcool.

La trichotillomanie : quels sont les traitements ?

Il n’existe pas de traitement miracle pour ce problème. En effet, comme tout trouble mental, la trichotillomanie est reliée à bon nombre d’émotions et d’anxiétés.

Par ailleurs, des études ont prouvé que la TCC (Thérapie cognitivo-comportementale) est le moyen le plus efficace pour soigner les patients. En effet, cette thérapie est une approche personnalisée, qui consiste à se débarrasser des sales habitudes tout en changeant les pensées, la conduite et les réflexes anormaux.

De plus, parmi les méthodes généralement utilisées en TCC, la méthode de « renversement d’une habitude » est la meilleure. Cela consiste à faire un geste lorsque le besoin de s’arracher les cheveux se présente. Elle consiste par exemple à serrer les poings pour empêcher les mains de parvenir aux cheveux. Certes, ces exercices peuvent prendre du temps, mais ils se révèlent très efficaces.

D’autres traitements pour arrêter la trichotillomanie

Les formules de la TCC ont fait leurs preuves pour de nombreux cas de trichotillomanie. Elles se révèlent même plus optimales que les médicaments. Toutefois, il n’est pas facile de vite trouver une place pour un contrôle en TCC. Ainsi, un soutien pharmacologique est indispensable, surtout s’il existe une véritable détresse psychique associée.

Les patients angoissés ou déprimés peuvent utiliser la « clomipramine », le seul euphorisant dont l’efficacité a été nettement établie en cas de trichotillomanie.

Il existe également d’autres traitements très efficaces contre la trichotillomanie. Il s’agit du Minoxidil, un traitement très pratique contre la chute des cheveux. De même, l’hypnose peut être avantageuse dans ce type de trouble, dans la mesure où elle va permettre d’en comprendre même l’origine.

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