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Trisomie 21 : Comment prendre en charge cette anomalie génétique ?

En France, plusieurs enfants naissent avec une anomalie génétique non héréditaire, nommée trisomie 21. Cette dernière se traduit par l’ensemble des manifestations biologiques et physiques provoquées par la présence supplémentaire d’un chromosome 21 dans les cellules des personnes affectées. Tout au long de la petite enfance jusqu’à l’adulte, ces personnes ont besoin d’une prise en charge convenable et d’un suivi médical spécial. Ceci dans l’optique de prévenir quelques pathologies et de leur offrir une meilleure qualité de vie. En quoi consiste concrètement la trisomie 21 ? Quelles en sont les causes ? Comment se fait la prise en charge ? Focus sur la trisomie 21.

Trisomie 21 : qu’est-ce que c’est ?

Définition

Encore appelée le syndrome de Down, la trisomie 21 est une anomalie chromosomique, qui affecte les êtres humains. C’est la première cause de retard de développement cognitif de source génétique. Les personnes touchées par cette anomalie portent trois chromosomes sur la paire 21, plutôt que deux chromosomes normalement.

Cet accident peut être dépisté bien avant la naissance grâce à une échographie effectuée vers la onzième semaine de grossesse. L’objectif du dépistage est de déterminer le risque pour un enfant naissant, de porter la trisomie 21. Plus d’un nourrisson sur deux mille naît avec une forme trisomique en France.

Histoire

Dans l’année 1997, les archéologues grecs ont décrit dans le Journal of the History of Neuroscience, une statuette, qui a été découverte non loin de Thessalonique. Celle-ci présente multiples caractéristiques évoquant le syndrome de Down. Cela fait d’elle la représentation en sculpture la plus ancienne de la maladie.

En ce qui concerne la description clinique de trisomie 21, elle a été faite en 1838 par Jean-Étienne Esquirol, un médecin français, dans son ouvrage Des maladies mentales et médico-légales. Dans ce livre, il a décrit quelques signes cliniques qu’on peut observer chez les personnes atteintes de cette anomalie génétique. En 1846, Édouard Séguin, un médecin français également, a fait une description clinique de l’anomalie dans son ouvrage Traitement moral, hygiène et éducation des idiots en s’inspirant des travaux de Jean-Etienne Esquirol.

La toute première étude clinique approfondie en matière de l’anomalie génétique dite trisomie 21, a été publiée sous le nom du médecin aliéniste britannique, John Langdon Down en 1866. Dans sa recherche intitulée Observations on a ethnic classifications of idiots, il applique une classification des individus atteints des maladies mentales en partant des critères racialistes.

Il distingue dès lors, un des troubles de variété«Éthiopienne», de variété«malaise», de variété «américaine» et de variété «mongolienne». Cette dernière constitue la dénomination des personnes atteintes de trisomie 21, qu’il décrit comme des idiots congénitaux typiquement mongols, dont les cheveux ne sont pas noirs, tous comme les vrais Mongols. Leurs cheveux sont plutôt bruns, étriqués et raides, les yeux en obliques, les joues rondes, le front plissé, la face plate, les lèvres larges, le nez petit, la langue large, la peau de teinte légèrement jaunâtre.

La description faite par John Langdon Down est d’une grande justesse, ce qui a conduit à la désignation de son nom comme nom de la maladie. Toutefois, ses conclusions médicales ne sont pas vraies, car il souligne dans son mémoire, que les caractéristiques ethniques ne sont rien d’autre que le résultat d’une dégénérescence.

La découverte de l’origine chromosomique de la trisomie 21 a été faite le 26 janvier 1959. Cela a été publié par un collège de médecin français (Jérôme Lejeune, Raymond Turpin et Marthe Gautier), qui a présenté 9 cas d’enfants mongoliens. C’est ainsi que la communauté internationale apprend que l’anomalie est provoquée par la présence d’un nombre de chromosomes supérieur au nombre normal, au niveau de la 21e paire.

Elle apparaît comme la première anomalie de type chromosomique, décrite chez les humains et la première affection, qui met en évidence la relation entre le phénotype et le génotype. Le nom est ainsi renommé par Jérôme Lejeune, de Syndrome de Down à la trisomie 21, dont «tri» signifie trois, «some» voulant dire chromosome et «21», la paire 21.

Quelle est la cause de cette anomalie génétique ?

Tout être humain possède normalement en tout 46 chromosomes (les structures issues du noyau de la cellule). Ces derniers renferment tous, les caractères héréditaires spécifiques à chaque personne. Ils sont composés essentiellement des acides désoxyribonucléiques (connu sous le nom ADN) et des protéines. Les chromosomes sont répartis suivant :

  • 44 chromosomes organisés en 22 paires chromosomiques (dites autosomes) identiques chez les deux sexes ; les paires sont numérotées de 1 à 22 et elles ne portent pas les gènes (plus petite unité d’information génétique) déterminant du sexe ; elles sont classées selon leur taille, de la plus grande à la plus petite ; ainsi, le chromosome 21 à l’origine de la trisomie est la 21e paire ;
  • 2 chromosomes sexuels dits gonosomes : ce sont les chromosomes déterminant du sexe, on observe XX chez la femme et XY chez l’homme.

En effet, chaque être humain reçoit (par le processus de fécondation) les 46 chromosomes de ces parents, à raison de 23 issues du spermatozoïde (chez le père) et de 23 issues de l’ovule (chez la mère).

Lors de la formation du spermatozoïde ou de l’ovule, un accident génétique peut se produire et au lieu que 23 chromosomes, on en dénombre 24, qui se forme, du fait qu’il y ait trois exemplaires de chromosome au lieu de deux en position 21. De ce fait, la cellule qui sera formée comportera 47 chromosomes au lieu de 46 et cela déséquilibrera tout le fonctionnement de l’organisme : d’où l’apparition de la trisomie 21.

Quelles sont les différentes formes de trisomie 21 ?

D’après les recherches, il existe trois formes de trisomie 21 : trisomie libre, trisomie par translocation et trisomie mosaïque.

Trisomie libre

La trisomie libre affecte environ 95% des individus atteints de la trisomie 21. Elle se traduit pas une anomalie de distribution des chromosomes (les 3 chromosomes de la paire 21 sont séparés les uns des autres), qui intervient durant la première division cellulaire. Cela touche l’ensemble des cellules de l’organisme.

Trisomie par translocation

Environ 3% des personnes souffrant de trisomie 21 sont affectées par ce type. La trisomie par translocation se traduit par l’affichage de deux chromosomes 21 libres et le troisième est transloqué (c’est-à-dire accolé à un autre). L’enfant a reçu dans ce cas, le chromosome transloqué dans son matériel génétique de l’un des géniteurs, qui est lui-même affecté, malgré qu’il ne soit pas touché par l’anomalie. Une consultation auprès d’un généticien permet de savoir s’il y a un risque de donner naissance à un autre enfant trisomique.

Trisomie mosaïque

Ce type de trisomie apparaît pendant la deuxième division cellulaire et affecte plus de 2% des personnes touchées par la trisomie 21. Ici, il existe une coexistence entre les cellules ayant 46 chromosomes et les cellules ayant 47 chromosomes. Les individus présentant la trisomie mosaïque affichent des fois des différences comparativement aux individus présentant la trisomie libre. La proportion des deux types de cellules est fonction de la période de l’anomalie dans l’organisme, et cela varie d’un patient à un autre.

Quelles sont les caractéristiques de la trisomie 21 ?

Les individus atteints de trisomie 21 présentent certains symptômes communs. Les caractéristiques les plus marquantes sont :

  • Diminution du tonus musculaire, accompagnée d’hyperlaxité des ligaments ;
  • Visage rond ; nuque aplatie ;
  • Nez petit ; pieds et mains souvent courts ;
  • Fentes des paupières obliques en dehors ou en haut ;
  • Pli palmaire ;
  • Taille inférieure à la normale ;
  • Croissance ralentie ;
  • Déficience intellectuelle ;
  • Retard du développement psychomoteur (varie d’une personne à une autre) ;
  • Variabilité liée au matériel génétique, à l’apprentissage, à l’éducation et à l’environnement.

Dans la population générale, quelques malformations sont fréquentes. Il s’agit des anomalies cardiaques (environ 50% des enfants atteints de trisomie 21), des anomalies du cloisonnement (persistance du canal artériel ou canal atrio-ventriculaire).

Il y aussi des anomalies digestives telles que : imperforation anale, atrésie de l’œsophage (interruption de l’œsophage, chargé de communiquer avec les voies respiratoires), maladie de Hirschsprung (paralysie de la zone terminale de l’intestin, entraînant une obstruction avec un élargissement du colon). Plus encore, le risque de kératocône (déformation de la cornée) et de cataracte congénitale (opacification du cristallin) est élevé. Ces derniers sont deux malformations rares, mais graves et il convient de les rechercher dès la naissance.

De plus, il existe plusieurs autres maladies plus fréquentes chez les individus atteints de trisomie 21.

  • Risque élevé de surdité lié à l’anomalie de l’oreille interne (surdité de perception) ou à des otites séreuses chroniques (surdité de transmission) ;
  • Maladies de la sphère ORL (gorge-nez-oreille) avec grande sensibilité aux infections ;
  • Otites sont fréquentes, notamment les otites séreuses (indolores) pouvant provoquer une baisse de l’audition ;
  • Difficulté de mastication ou de déglutition ;
  • Troubles visuels identiques à ceux de la population générale, mais ils sont plus fréquents ;
  • Épilepsie : la forme particulière d’épilepsie, le syndrome de West, peut se manifester et se masquer par l’hypotonie lors de la première année de vie. Les crises se présentent sous forme de spasmes, qui peuvent être considérés comme des crises de coliques ;
  • Reflux gastro-œsophagien et constipation chronique très fréquents ;
  • Syndrome d’apnée de sommeil, dû à l’hypotonie des muscles du visage et de la bouche ;
  • Maladies auto-immunes comme maladie cœliaque, se traduisant par des douleurs abdominales ou de la diarrhée chronique, diabète et hypothyroïdie ;
  • Hyperlaxité ligamentaire, favorisant les déformations articulaires telles que : scoliose dorso-lombaire, cyphose dorsale, luxation spontanée des hanches, rotules luxables, hyperdolose, scoliose dorso-lombaire, instabilité des deux premières vertèbres cervicales.

D’autres maladies cardiaques hormis les malformations décrites, peuvent aussi s’observer.

Trisomie 21 : est-ce une maladie ?

En définissant l’anomalie comme étant une altération des fonctions des êtres vivants et de la santé, la trisomie 21 est en effet une maladie. D’autant plus que la présence supplémentaire d’un chromosome sur la paire 21 est à l’origine des altérations fonctionnelles et organiques.

Cependant, qui dit maladie, dit traitements ou intervention médicale, ce qui voudra dire qu’on peut donner un espoir plein en ce qui concerne la trisomie 21. Or, dans ce cas d’affection, le suivi médical ainsi que d’autres traitements peuvent intervenir pour offrir une meilleure qualité de vie à la personne touchée. On peut en déduire d’une part que c’est une maladie, c’est pour cela que Jérôme Lejeune la qualifie de maladie intellectuelle.

Trisomie : est-ce une maladie congénitale ?

Une maladie congénitale est une affection qui est présente dès la naissance, quelle que soit son origine (toxique, virale, héréditaire…). La trisomie 21 est une maladie constitutionnelle, parce qu’elle s’associe à une constitution spécifique, notamment un chromosome 21 apparaissant en trois exemplaires. Cette maladie dite constitutionnelle peut s’accompagner :

  • Des anomalies malformatives ou non, congénitales, comme : malformation digestive, cardiopathie, cataracte congénitale, etc ;
  • De la déficience mentale constante ;
  • Des troubles médicaux, qui surviennent au cours de la vie : kératocône, épilepsie, anomalie thyroïdienne, etc.

Tous ces symptômes en rapport avec la trisomie 21 ne s’observent pas à la naissance, elles peuvent apparaître après. C’est pour cela qu’une surveillance régulière doit être faite par des médecins, qui ont une idée des affections à rechercher à chaque âge pour ces patients.

Comment diagnostiquer la trisomie 21 ?

Le diagnostic de la trisomie 21 peut faire objet de suspicion bien avant la naissance à partir des anomalies physiques observées à l’échographie fœtale. Cela peut se faire sur la base du taux anormal des protéines plasmatiques vers la fin du premier trimestre de la grossesse, de bêta-hCG, d’alpha-foetoprotéine, d’estriol non conjugué et d’inhibine au démarrage du deuxième trimestre lors d’un dépistage sérique maternel. L’une des options de dépistage de trisomie 21 est le dépistage prénatal non invasif. Elle consiste à tester l’ADN du fœtus obtenu grâce à la circulation maternelle.

En cas de suspicion à partir d’une échographie ou test sur sérum maternel, il est recommandé de faire un test de confirmation postnatal ou fœtal. Les techniques utilisées pour la confirmation fœtale sont : l’amniocentèse et/ou le prélèvement de villosité choriale avec analyse du caryotype. Ce dernier est un examen de choix permettant d’exclure toute possibilité de translocation associée, pour que les géniteurs puissent bénéficier d’un avis génétique idéal en ce qui concerne le risque de récidive.

American College of Obstetricians and Gynecologists Committee on Genetics and Society for Maternak-Fetal Medicine recommande de proposer aux patients à risque élevé d’aneuploïdie, des tests d’ADN fœtal libre. Il s’agit ici des femmes ayant plus de trente-cinq ans et celles qui présentent un risque au vu des signes échographiques fœtaux.

Toutefois, le comité souligne que l’ADN fœtal libre ne se substitue pas à la précision, ni à l’exactitude du diagnostic prénatal avec amniocentèse ou villosité choriale. D’autres dépistages systématiques particuliers révèlent d’une grande utilité dans l’identification des pathologies en rapport avec la trisomie 21. Il s’agit :

  • De l’échocardiographie : lors de la naissance ou de la consultation prénatale ;
  • Du dépistage thyroïdien, THS (thyroid-stimulating hormone) : à la naissance, à six mois, à douze mois et chaque année ;
  • Du bilan ophtalmologique : pendant les six mois, et annuellement jusqu’à cinq ans, puis tous les deux ans, jusqu’à douze ans et tous les trois ans jusqu’à vingt un ans ;
  • Du bilan auditif : dès la naissance, puis après, chaque six mois jusqu’à la confirmation d’une audition normale (environ quatre ans) ;
  • De l’étude du sommeil pour l’apnée obstructive du sommeil : à effectuer avant l’âge de quatre ans ;
  • De la croissance : mesure de taille, de la circonférence de la tête et du poids doit être reporté sur une courbe particulière de la trisomie 21, à chaque consultation.

Quant au dépistage systématique de la maladie cœliaque et de l’instabilité axo atloïdienne, elle n’est plus recommandée. Selon les recommandations, les patients qui souffrent auparavant des douleurs radiculaires, de douleur au cou, de la faiblesse ou autres symptômes neurologiques, doivent subir des rx de la colonne cervicale en position neutre. En cas de non-observation d’anomalie suspecte, ils doivent subir des rx en position d’extension et de flexion.

Y a-t-il un risque d’avoir un enfant trisomique ?

Plus d’une dizaine de millions d’individus sont porteuses d’une trisomie 21 dans le monde. Elle apparaît comme la première cause de déficit psychologique d’origine mentale diagnostiquée. En moyenne, cette affection touche un bébé conçu sur sept cents à mille.

Selon les estimations, plus de 50 000 personnes sont porteuses de trisomie 21 en France. L’espérance de vie de ces individus a augmenté ces dernières années et avoisine celle de la population générale.

En effet, toute femme peut avoir un enfant trisomique 21, en raison de son origine, qui est génétique. Plus l’âge évolue, plus le risque d’avoir un enfant avec trisomie 21 augmente. Par exemple, le risque qu’une femme de vingt ans porte un enfant trisomique est moins comparativement à une femme de quarante ans.

Quelle prise en charge pour la trisomie 21 ?

Toute personne trisomique souffre en raison de sa déficience intellectuelle, car cette dernière est un grand handicap, empêchant d’être pleinement autonome et libre. Elle peut être aussi affectée par des complications liées à la trisomie 21 : malformations digestives, cardiaques, visuelles, hypotonicité, difficultés orthopédiques, etc. La rééducation accompagnée de la médecine peut prendre en charge ces différentes complications.

Un suivi médical spécifique et une prise en charge convenable sont indispensables dès la naissance afin d’offrir une vie confortable à tout individu porteur de la trisomie 21. Pour favoriser la socialisation, un planning personnalisé comprenant une intégration scolaire dans un milieu ordinaire, doit être pensé.

En ce qui concerne la prise en charge paramédicale, elle se traduit par un accompagnement fait avec des approches thérapeutiques : orthophonie, kinésithérapie, psychologie, psychomotricité. Dès l’âge adulte, une assistance personnalisée doit être préconisée afin de permettre à l’individu de vivre le plus confortablement possible avec son handicap.

Pour ce qui est de la déficience intellectuelle, il est possible de corriger cela scientifiquement. Il faut retenir que de nombreuses approches sont à l’étude et l’inhibition de quelques gènes liés au chromosome 21 semble être la piste la plus avancée.

Quel pronostic en cas de cette anomalie génétique ?

Le pronostic en matière de trisomie 21 dépend principalement de la prise en charge des malformations cardiaques qui y sont liées. L’espérance de vie dépasse les 50 ans. L’origine des décès est plus pulmonaire et cardiaque.

L’hypothyroïdie est observée dans environ un 1/3 des cas, l’obésité est fréquente et le risque d’ostéoporose est élevé. Les femmes trisomiques peuvent être fertiles et même transmettre l’anomalie à leur descendance dans plus de 50% des cas.

Trisomie 21 et covid-19 : y a-t-il un lien ?

De nombreuses études ont montré que le virus covid-19 touche plus les individus ayant des comorbidités, telles que : obésité, pathologie respiratoire chronique (comme les apnées de sommeil), cardiopathie, immunodépression ou diabète. Ces troubles sont fréquents chez les personnes trisomiques.

De ce fait, la Haute Autorité de Santé considère les individus porteurs de trisomie 21, même en absence de comorbidités sévères, comme faisant partie de la population à risque de développement de la forme la plus sévère du covid-19.

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